‹ Notice biographique sur François de Laval de Montmorency [microforme]Chapitre 24 sur 110 · REP TE SEEN · texte numérisé non relu

REP TE SEEN

esserte des missions— gources—Maison pour 8g—Bourses pour huit nd Séminaire pour les »ns—Lettre de Mgr. de in Pontife—Difficultés epris à St. Joachim — s règlements du Sémi- 18 sur les co-opérateurs —Hugues Pommiers— -D'Urfé—Louis Petit— my—Perret—Bruslon—

difficultés que rension et encore peulus grand nombre

? Chez les Hurons thez les Iroquois il janiel, de Brebœuf risés. Le Père Bu- | que le P. Garreau.

ontagnais, autant à tréal, était menacé

ormer un Séminaire en demander consie de mission, passa

n de la Cour et » l'établissement du nes à son entretien ; nee de tous les eccléqu’en santé, et pres-

crivit que ce qui pourrait rester de revenu serait employé à la construction des églises, en aumônes et autres bonnes œuvres pour la gloire de Dieu et pour l'utilité de l’église, Voici ce document historique,

Francois, par la Grâce de Dieu et du Srint Siége, Evîque de Pétrée, Vicaire- Apostolique en Canada, dit la Nouvalle-France, nommé par le Roi premier

Evêque du dit pays, lorsqu'il aura plu à N. S. P. le Pape y ériger un Evèché,

A tous ceux qui ces présentes lettres verront. SALUT.--

Les Saints Conciles et ceux de Trente particulièrement, pour remettre efficacement la Discipline Ecclésiastique dans sa première vigueur, n’ont rien trouvé de plus utile que d’ordonner le rétablissement de l'usage ancien des Séminaires, où l'on instruit les clercs dans les vertus et les sciences convenables à leur état. L’excellence de ce décrêt s’est fait voir par une expérience toute sensible, puisque le grand St. Charles de Boromée qui l’exécuta le premier, bientôt après ce Concile, et plusieurs Evêques qui ont suivi son exemple ont commencé de redonner au Clergé sa première splendeur, particulièrement en France; ce moyen si efficace pour réformer la conduite Ecclésiastique dans les lieux où elle s’étoit affoiblie, nous A fait juger qu’il ne seroit pas moins utile pour l'introduire où elle n’est pas encore, qu'il l’a été dans les premiers siècles du Christianisme ; À ces causes considérant qu'il a plû à la Divine Providence nous charger de l'Eglise naissante du Canada dit la Mouvelle France ; et qu’il est d’une extrême importance dans ses commencements de donner au Clergé la meilleure forme qui se pourra pour perfectionner des ouvriers, et les rendre capables de cultiver cette nouvelle vigne du Seigneur, en vertu de l’autorité qui nous a été commise, nous avons érigé et érigeons dès à présent, et à perpétuité, un Séminaire pour servir de Clergé à cette nouvelle Eglise, qui sera conduit et gouverné par les supérieurs que nous ou les Successeurs Evéques de la Nouvelle-France y établiront, en suivant les règlements que nous dresserons à cet effet; dans lequel on élèvera et formera les jeunes Clercs qui paroîtront propres au service de Dieu, et auxquels, à cette fin, on enseignera la manière de bien administrer les sacremens, la méthode de catéchiser et prècher apostoliquement, la Théologie morale, les cérémonies, le plain-chant grégorien, et autres choses appartenantes au devoir d'un bon Ecclésiastique ; et en outre, afin que l’on puisse, dans le dit Séminaire et Clergé, former un Chapitre qui soit composé d’Ecclésiastiques du dit Séminaire, choisis par nous, et les Evêques du dit pays qui succèderont, lorsque le Roi aura eu la bonté de le fonder ; ou que le dit Séminaire de soi, aura le moyen de fournir à cet établissement par la bénédiction que Dieu y aura donnée, nous désirons que ce soit une aontinuelle Ecole de vertu et un lieu de réserve, d’où nous puissions tirer des sujets pieux et capables pour les envoyer à toutes rencontres, et au besoin dans les paroisses, et tous autres lieux du dit Pays, afin d'y faire les fonctions curiales, et autres, auxquelles ils auront été destinés, et les retirer des mêmes paroisses et fonctions quand on le jugera à propos, nous réservant pour toujours et aux Successeurs Evêques du dit Pays comme aussi au dit Séminaire par nos ordres, et des dits Sieurs Evêques, le pouvoir de révoquer tous les Ecclésiastiques qui seront départis et délégués dans les paroisses et autres lieux, toutes fois et quantes qu’il sera jugé nécessaire, sans qu'aucun puisse être titulaire, et attaché particulièrement à une Paroisse, voulant au contraire qu'ils soient de plein droit, amovibles, révocables et destituables à la volonté

des Evêques et du Séminaire par leurs ordres, conformément à la sainte pratique des premiers siècles, suivie et conservée encore à présent en plusieurs Diocèses de ce Royaume ; et d'autant qu'il est absolument nécessaire de pourvoir le dit Séminaire et Clergé d'un revenu capable de soutenir les charges et les dépenses qu'il sera obligé de faire, nous lui avons appliqué et appliquons, affecté et affectons dès à présent et pour toujours toutes les Dixmes de quelque nature qu'elles soient, et en la manière qu'elles seront levées dans toutes les Paroisses et lieux du dit Pays pour être possédées en commun et administrées par le dit Séminaire suivant nos ordres et sous notre autorité, et des successeurs Evêques du pays, à condition qu'il fournira la subsistance de tous les Ecclésiastiques qui seront délégués dans les paroisses et autres endroits, du dit Pays, et qui seront toujours amovibles, et révocables au gré des dits Evêques et Séminaire par leurs ordres; qu'il entretiendra tous les dits Ouvriers évangéliques, tant en santé qu'en maladie, soit dans leurs fonctions, soit dans la Communauté, lorsqu'ils y seront rappelés; qu'il fera les frais de leurs voyages, quand on en tirera de France, ou qu'ils y retourneront, et toutes ces choses suivant la taxe qui sera faite par nous et les Successeurs Evêques du dit Pays, pour obvier aux contestations et aux désordres que le manque de règle y pourroit mettre ; Et comme il est nécessaire de bâtir plusieurs Eglises pour faire le service divin, et pour la commodité des fidelles, nous ordonnons, sans préjudice néanmoins de l'obligation que les peuples de chaque par. isse ont: de fournir à la bâtisse des dites Eglises, qu'après que le dit Séminaire aura fourni toutes les dépenses annuelles, ce qui pourra rester de son revenu sera employé à la construction des Eglises, en aumônes et en autres bonnes œuvres pour la gloire de Dieu, et pour l’utilité de l'Eglise, selon les ordres de l’Evêque, sans que toute fois, nous ni les successeurs Evêques du dit pays, en puissions jamais appliquer quoique ce soit à nos usages particuliers, nous Ôtant même et aux dits Evêques la faculté de pouvoir aliéner aucun fonds du dit Séminaire en cas de nécessité, sans l’exprès consentement de quatre personnes du corps du dit Séminaire et Clergé, savoir, le Supérieur, ses deux Assistants et le Procureur,

En foi de quoi nous avons signé ces présentes, et y avons fait apposer notre sceau.

Donné à Paris, le vingt-six mars, mil six cent soixante-et-trois.

(Signé,) t FRANCOIS, Evèque de Pétrée.

Et scellé du sceau de ses armes.

(ns. Cons. Supr. Régistre A, fol. 3.)

PTS nn PQ Dane

On retrouve l'esprit apostolique de Mgr. de Laval dans les premiers règlements faits conformément à l'ordonnance d’érection ; les voici dans toute leur simplicité.

‘1, Tous les ecclésiastiqu:s seront très-soumis à la conduite du Supérieur, sous l'autorité de l’Evêque.

2, Ils ne se regarderont pas comme propriétaires de ce qui leur sera assigné pour leur subsistance, mais afin de pratiquer le détachement, ils rendront compte tous les ans de leur temporel.

8. Ils méneront une vie si pure qu'on n'ait pas sujet de les retrancher d'un corps dont ils sont comme les membres.

4. Pour entretenir leur ferveur, ils viendront tous les ans faire

Lors

, à la sainte pratique plusieurs Diocèses de pourvoir le dit Sémiet les dépenses qu'il ffecté et affectons dès ure qu’elles soient, et s et lieux du dit Pays éminaire suivant no08 pays, à condition qu’il ont délégués dans les rs amovibles, et révoes; qu'il entretiendra ladie, soit dans leurs ppelés; qu'il fera les ou qu'ils y retourr nous et les Succesaux désordres que le ire de bâtir plusieurs fidelles, nous ordones de chaque pari isse le dit Séminaire aura > son revenu sera eM- 8 bonnes œuvres pour de l'Evêque, sans que puissions jamais applime et aux dits Evêques een cas de nécessité, s du dit Séminaire et reur., ns fait apposer notre

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tous les ans faire

une retraite au Séminaire qui, pendant ce temps-là, fera desservir leur paroisse.

7 5. Le Séminaire les regardera comme les enfants de la maison,

ils y seront reçus et traités avec charité quand ils viendront à Québec pour maladie ou affaires nécessaires,

6. On pourvoiera à leurs besoins en santé et en maladie, et l'entretien sera uniforme pour tous les ecclésiastiques, de quelque rang qu'ils soient.

7. Pour les soutenir et les consoler dans l'éloignement, on entretiendra avec eux une parfaite correspondance de charité.

8. Si l’âge, les travaux, les infirnités les rendent invalides, ils trouveront un asile assuré dans le Séminaire jusqu'à leur mort,

| après laquelle on fera pour eux les prières communes.”

Ce règlement expiique suffisamment l’état de choses établi par le premier Evêque et qu‘ lui procurait des missionnaires dévoués. Le Séminaire était un centre, un point de ralliement,

June pépinière, une retraite, une ressource assurée. La plus pure charité et une confiance mutuelle extrême avaient pu 2 seules présider à une institution se rapprochant beaucoup d'un ordre religieux sans en imposer plusieurs des obligations.

Si le Séminaire, vû le changement des circonstances et des

“besoins n’a plus fourni, après l’épiscopat de Mgr. de Laval tous les missionnaires, il a conservé les mêmes traditions de charité cnvers le clergé, le même empressement à recevoir les confrères “qui veulent faire des rotraites isolément ou en corps. Les “membres ont conservé la même abnégation, le même esprit de pauvreté, d'après lequel ils ne reçoivent encore aujourd'hui que

“le vêtement et la nourriture. Du fonds de sa tombe le fon- “dateur de cette maison doit se réjouir et être fier de ses enfants, comme eux se glorifient de le reconnaître pour leur père ! *

4 Aussi ont-ils gardé fidèlement le souvenir du spectacle que pré- “sentait le Séminaire de Québec, il y a deux siècles.

… ‘Rien, dit l'histoire manuscrite du Séminaire de Québec, ne repré- “sente mieux la primitive Eglise que la vie de ce clergé. Ils “n'étaient tous qu'un cœur et qu'une âme sous la conduite de

* Ce grand homme, Messieurs, cette gloire sereine, Fut le premier anneau de cette noble chaîne

Que vous continuez aux bords du St. Laurent.

Gardant comme un trésor, loin de toutes atteintes, De l’immortel Laval les traditions saintes,

Vous êtes parmi nous un soleil bienfaisant.

OoTaAvE CRéMAZIE.

Monseigneur de Laval, Ils ne faisaient qu'une seule famille dont il était le père. Biens de patrimoine, bénéfices simples, pensions, présents et honoraires, ils mirent tout en commun. | Monseigneur de Laval ne faisait rien de considérable que de 1! concert avec tout son clergé; ses biens étaient aussi en commun. Il n’y avait ni riches, ni pauvres, ils étaient tous frères.” Le Roi approuva hautement cette belle institution et donna ses | lettres patentes qui furent enregistrées au Conseil Souverain de Québec (avril 1663).

C'était le point de départ. Mais il s'agissait de bâtir: Mgr. rassembla ses ressources et obtint même de la Compagnie 6000 livres destinées à la construction d’un presbytère, On éleva | une maison en colombage, et on se hâta de la dédier à la Ste Famille, Pour attirer les bénédictions du Ciel sur ces humbles com- | mencement, on fit une neuvaine, et M. de la Tour remarque que

cet établissement ‘ les a souvent éprouvées d'une manière qui tient du prodige.” Cette maison était assez spacieuse pour contenir 100 personnes, avec facilité et un certain bien-être.

Les édifices n'étaient rien dans la pensée du prélat, naturellement inquiet de l'insuffisance du personnel: cependant sans se laisser arrêter parles difficultés qui accompagnent tous les commencements, il voulut tout de suite inaugurer le Petit Séminaire. Il en

| fit solennellement l'ouverture le 9 octobre 1668, jour de $. Denis ;

les élèves allaient en classe chez les Jésuites. Mais parmi eux se

trouvèrent dans les commencements un bon nombre d'enfants sau-

vages; et on s'aperçut bientôt que l’on ne réussirait pas à les

| former aux études.

| Pour donner plus de consistance à tout l’ensemble, Mgr. (le Laval unit son Séminaire à celui des Missions Etrangères de Paris dès le 29 janvier 1665, renouvela l'union en 1675 et en obtint la confirmation par le Roi l’année suivante. (1676).

Le couronnement d’une si grande œuvre était la dotation; le généreux prélat le comprit, et, dès le 12 avril 1680, il fit faire à Paris une donation de tous ses biens * pour être employé à l’entretien du Séminaire de Québec.

Mgr, de Laval établit un troisième Sém'nair Beaupré, dans une maison de campagne roisse de $t. Joachim): c'était une espèc l'i le,

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Voir à l’'appendice l'état de ces biens.

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siques, apprenaient à lire, à écrire, et à chiffrer, tout en s'appliquant aux travaux de la terre et à différents métiers, ‘“ Le zélé prélat, dit l’Annaliste du petit Séminaire, * comprenait la salutaire influence que ne manqueraient pas d'exercer dans un nouveau pays des pères de famille élevés dans la piété et doué d'une certaine éducation.”

On y élevait 31 jeunes gens dès le principe; Mgr. de St, Va. lier, le marquis de Denonville, et M. Louis Soumande montré. rent un grand intérêt pour cet établissement. Ce dernier qui était chanoine de la cathédrale, et chargé de desservir la côte depuis la Baie St, Paul jusqu’au Château Richer, en eut la direction, assisté par M. Denis, auquel on venait de donner la soutane,.

Ce furent ces élèves qui, en 1690, lors de la tentative faite par les Anglais de s'emparer du Canada, sollicitèrent avec instance et obtinrent la permission de venir s'opposer aux ennemis de la patrie. Endurcis par les travaux, habitués à la chasse, ils aidèrent le brave St. Denis à empêcher les envahisseurs de débarquer de la flotte sur los battures de Beauport et à s'emparer de six canons,

La Topographie du Canada a donné à ce fait la forme romantique. Elle transforme cette maison d'éducation en un ‘“ Monastère de fiers Récollets qui, armés de pieds en cap, comme les anciens Templiers ou les Chevaliers de Rhodes, auraient voulu chassæ les Anglais du Canada, et par leur témérité auraient attiré la ruine de leur habitation.” La vérité est que les Franciscains n’ont jamais eu de monastère dans la côte de Beaupré: mais la fable est lancée et elle sera répétée par plus d’un écrivain sans critique.

Ce qu’il faut conserver, c'est le souvenir du patriotisme de ces jeunes gens et la mort glorieuse du jeune Pierre Mauñils âgé de 23 ans, qui, après avoir achové sa philosophie, mourut d'une blessure qu'il reçut au bras par les Anglais qui assiégeaient Québec. Il s'était volontairement exposé avec plusieurs de ses camarades pour le motifde la gloire de Dieu et du bien du pays.

Tels étaient les mâles sentiments que l'on puisait dans la maison fondée par Mgr, de Laval.

Le digne prélat ne chargea son Séminaire que de l'éducation de huit pauvres enfants à son choix. De 1674 à 1685 il eut le bonheur de voir huit prêtres sortir de cette pépinière qu’il avait plantée: ce furent MM. Pierre et Charles Volant, Jean Pinguet, Paul:

* L’Abeille, 9 Juillet 1849.

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MERS “Farss

Vachon, Jean Guyon, Pierre Thury, Jean Frs. Buisson de St. Càme et Philippe Boucher.

De 1688 à 1700 Mgr de Laval paraît avoir ordonné 25 prètres. Parmi eux six étaient natifs du Canada; c'étaient MM. Jean Frs. Buisson de St. Côme, Jean Daniel Tètu, Ignace Germain Hamel, Nicolas Michel Boucher, Gervais Lefebvre, et Michel Antoine Gaulin.

Un autre canadien M. Fleury Deschambault qui avait reçu la tonsure, fut ordonné prêtre en Europe et revint au Canada. Il était fils du procureur du roi, et fut missionnaire dans l’Acadie.

Plusieurs furent v:ctimes de leur zèle, et massacrés par les sauvages en 1718: M. Nicolas Foucault du côté des Arkansas; M, Jean Frs. Buisson de St. Côme comme il se rendait à la Mobile ; M. Jean Daniel Testu, sur le Mississipi.

Après 1700, et pendant l’absence de Mgr. de St. Valier, douze autres prêtres furent ordonnés par Mgr. de Laval malgré son âge avancé, Huit d’entre eux étaient nés en Canada : c'étaient MM. J.-Bte. Gauthier de Varennes, Philippe Rageot, Pierre René Le Boulanger de St. Pierre, Chs. Jos. Deschamps de la Bovteillerie, Antoine Chabot, Chas. Plante, Michel Buisson de St, Côme et Pierre Picard.

Ainsi se réalisaient les espérances du premier Evêque de Québec dans le Séminaire qu'il avait fondé, Si les épreuves matérielles n'avaient pas manqué à cette maison, en revanche la Divine Providence lui avait fourni les élémeiits d’un clergé indigène. Avant de terminer sa carrière Mgr. de Laval contemplait avec consolation les fruits abondants de l'arbre qu'il avait vu grandir et qui avait été l’objet de toute sa sollicitude,

De son côté la Congrégation de St. Sulpice exerçait son zèle dans l’Ile de Montréal et les environs; Mgr. de Laval, qui avait connu le vénérable M. Olier, bénissait la Providence qui lui avait envoyé des auxiliaires aussi puissants que remplis de vertus. Ces hommes formés par un saint étaient placés dans la position la plus favorable pour former un établissement important, encourager les nouveaux colons et jeter les bases de la ville, à laquelle ils donnaient le nom de Marie et qui était destinée à un si grand avenir. M. de Queylus fut quelquefois qualifié de “ Supérieur des ecclésiastiques associés pour la conversion des sauvages.”

Mgr. de Laval n'était pas homme à se rebuter devant une tâche quelque ardue qu'elle fût, et il le prouva jusqu’à la tin.

Il s’"cupait des sauvages avec une tendre sollicitude : on voit

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même par le journal des Jésuites qu’en 1665, allant faire la visite à l'Ile d'Orléans ; il se fit accompagner de deux petits sauvages.

La mère de l’'Incarnation raconte que, l’année précédente, il avait donné la confirmation à une Algonquine dans son monastère.

Le journal des Jésuites rapporte qu’en 1667 il baptisa onze Anniés et Oneouts ; et qu'en 1668 il descendit exprès à Tadousac pour en confirmer un grand nombre.

Le Chef Garakonthié fut baptisé solennelleraent et confirmé par lui chez les Ursulines en 160; et l’année suivante Samchiogoua chef Goyogoen eut le même 1vantage.

Quel bonheur n’éprouvait-il pas à se transporter de temps en temps à Sillery pour voir de ses yeux les progrès que ces enfants de la forêt faisaient dans la vertu ?

Rien n'aurait été plus conforme aux vœux de Mgr. de Laval que de pourvoir à l'instruction des sauvages en attirant quelques-uns de leurs enfants au Collége : mais les guerres avaient présenté un obstacle insurmontable à la réalisation de ce projet. La première tentative fut celle d’une bourgade d’Iroquois et de Hurons, audessus de la Chine près de Montréal. MM. de Fénélon et d’Urfé en étsient chargés. Les Pères Jé suites en établirent une à La prairie de la Magdeleine. Auprès de Québec aussi il y avait le village de Ste. Foye composé da Hurons. Il serait difficile de raconter tous les mécomptes, les déboires et les obstacles que présentait l'instruction des enfants sauvages. Tout le dévouement des missionnaires ne pouvait souvent triompher de la légèreté de ces esprits et de leur indépendance effrénée. Mais à Paris on croyait ia civilisation de ces tribus bien plus facile, comme le fait voir la lettre suivante de Colbert à Mgr. Laval.

Monsieur,

J'ai reçu les deux lettres que vous avez pris la peine de m'é crire l’année passée en date des lesquelles j'ay lues au Roy a mon ordinaire. Sa Mate. après m'avoir tesmoigné qu'elle estoit tres aise de voir la suite de votre zèle et de votre application, pour conserver la pureté de la foy parmy les habitans de la Colonie pour la faire porter aux sauvages, et pour entretenir tous les colons dans la piété et les bonnes mœurs, a estimé à propos de vous faire connoistre ses intentions sur le sujet des nations sauvages qui sont soumises à son obéissance, et de l'éducation à donner à leurs enfans, poar leur apprendre nostre langue ct les élever dans les mesmes coutumes et façons de vivre que les Français, à quoy elle se promet que vous con-

ju DE TER

tribuerez de toute l’estendue de votre pouvoir, veu qu'il n’y a rien qui puisse en moins de temps et plus efficacement ayder à augmenter la Colonie; et sur tout si une fois ayant embrassé la vie civile, ils se joignent par mariage avec nos colons ; et comme c’est assurement l’une des choses de la plus grande considération et du plus grand effet qui puisse estre à présent exécutée en Canada, la paix y estant à present bien affermie, et la tranquillité fort assurée ; je vous conjure en mon particulier d'y travailler vous-mesme afin que par vostre exemple, tous les Ecclésiastiques et mesme les principaux pères de familles soient conviez à s’y employer aussy avec la chaleur et l'affection, qui est à désirer pour une fin qui sera si avantageuse. * Cependant sa dite Mate. vous a accordé, ainsy que les années précédentes six mil livres pour les besoins de vostre Eglise, qui sont envoyez à la Rochelle pour vous estre remis par M. Colbert de Terron, et je demeure de tout mon cœur, Monsieur,

Vostre très-humble et très-obeisst. serviteur, (Signé) COLBERT.

A St. Germain en Laye le 7 mars 1668,

M. l'Evesque de Pétrée.

Dans une lettre de 1668, Mgr. de Laval informe un ami + qu'il a formé un Séminaire où il a pris un nombre d'enfants sauvages avec le dessein de les élever à la manière de vie des Français. Pour y mieux réussir ily joignit de petits français, afir que les sauvages apprissent plus aisément et les mœurs et la langue en vivant avec eux ; mais il ne cache pas que le succès lui paraît douteux. ‘Les prêtres de notre Séminaire, dit-il, ne nous ayant pas fait paraître moins de soin et de vigilance dans l'éducation des enfants de ce pays, que nous leur avons donnés à former à l’état ecclésiastique, qu'ils nous ont donné des marques de leur zèle dans les travaux qu'il y a à souffrir dans tous los lieux des

* Le digne prélat fit connaître au Souverain Pontife de quelle manière il se proposait de remplir le désir du Roi: ‘“ Comme le Roi, écrivait-il en 1668, m'a témoigné qu’il souhaitait qu'on tâchât d'élever à la manière des Français les petits enfants sauvages pour les policer peu à peu, j'ai formé exprès un Séminaire, ou j'en ai pris 1n certain nombre à ce dessein ; et pour y mieux réussir, j'ai été obligé de mesler avec eux des petits Français, desquels les sauvages apprendront plus aisément et les mœurs et la langue en vivant avec eux.”

t M. Poitevin, curé de St. Josse à Paris, 8 Nov. 1668,

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