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attendant que l’on promit de tenir ferme; le Roi fit examiner la question par l’Archevèque de Paris et le Père La Chaize, et, se rendant à leurs conclusions, fit défendre très-expressément aux Français de porter des boissons enivrantes dans es bois et dans les habitations sauvages. Ce n’était pas tout ce que l’Evèqne désirait, par ce qu’il était encore assez facile d'éluder une pareille loi ; mais Colbert en la transmettant à Frontenac, enjoignit à l’intendant de tenir la main à la faire ponctuellement exécuter. Ayant ainsi obtenu gain de cause au moins en principe, Mgr. de Laval revint en Canada en 1680. *
Bientôt il s’occupa de combattre le luxe qui s’introduisait rapidement et publia un mandement aussi onctueux que persuasif, (26 février 1682); puis un autre mandement pour s'opposer aux désordres des chsrivaris (3 juillet 1683).
“ Aujourd'hui que los passions de l’époque, dit M. Ferland, + se “sont tues depuis longtemps, il est impossibles de ne pas admirer “l'énergie que déployait le noble évêque, implorant la pitié du 4 monarque pour les pauvres sauväger de la Nouvelle-France avec “tout le courage quo montrait Las Casas, lorsqu'il plaidait la cause # des sauvages de l'Amérique espagnole. Dédaiïgnant les hypo- “ crites clameurs de ces homines qui prostituaient ie nom de com- #merce pour couvrir leurs spéculations et leurs rapines, il s'exposa ‘aux mépris et aux persécutions pour sauver les restes de ces vieilles nations américaines, pour garantir son troupeau de la conta- “ gion morale qui menaçait de s’appesantir sur lui,et pour ramener “dans la bonne voie les jeunes gens qui allaient se perdre au milieu ‘des tribus sauvages.”
MM. de la Barre et de Meules furent respectivement les nouveaux gouverneur et intendant: leurs instructions portaient qu'ils devaient vivre en parfaite intelligence avec l'Evèque et l'appuyer de leur autorité. Ecrivant à M. de Seignelay au ministère de 11 marine, Mgr. de Laval lui exprimait sa satisfaction de ses rapports
* La traversée fut orageuse ; et M. Dudouyt en parlant de ce voyage dans une lettre du mois de mars 1682,exprime son bonheur de son heureuse arrivée dans son église : “Je bénis Dieu avec tous vos amis de vous avoir conservé pour le bien de son église, et le prie de vous donner des grâces et des années pour affermir ce que vous avez si heureusement établi. Votre âge et vos indispositions ne vous permettent pas de supporter de gi granis travaux : i1 faut les modérer et prenare les soulagements nécessaires pour travailler plus longtemps au salut des âmes que N.S. vous a confiées,”
+ Cours d'Histoire du Canada, t. 2, p. 111.
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avec ces fonctionnaires. ‘M, le Gouverneur, dit-il, a passé tout «l'été au Montréal, où il a connu à fond les désordres que cause le ‘“ commerce des boissons enivrantes chez les sauvages, ce qui l'a “obligé de faire des ordonnances t:ès sévères qui arrêteront le mal “ pourvu qu'on les exécute.” On voit aussi par cette lettre que “ Le Roi avait donné ce qui était nécessaire pour faire passer de France quatre ecclésiastiques.”
L'Evèque s'inquiétait alors de l’avis qu'il avait reçu du missionaire de Port Royal (Louis Petit), * portant que des hérétiques de La Rochelle prétendaient s’y établir sous prétexte de pêche. “Ces gens ont déjà trop de communication avec les Anglais de “ Boston, ajoutait Mg. de Laval, et je vo. ::ralie très humble- “ment de ne pas souffrir ce désordre dont vous v&. + bien les sui- “tes.” Ces huguenots avaient obtenu l’autorisatiou d'établir une pêche sédentaire à l’Acadie sous le nom de 2 ou 3 catholiques de Paris, et profitaient de ce moyen pour faire passer cent hommes dont 5 seulement étaient catholiques. C'était une infraction directe à l'édit d'établissement de la colonie : mais des officiers même bien intentionnés fermaient les yeux, disant ‘‘ qu'il fallait des hommes en Canada et que le pays s'établit.” On leur répondait avec raison que ‘le mélange des huguenots avec les catholiques est très per- “ nicieux, surtout dans un pays éloigné; qu'il corromprait la foi et “les mœurs des peuples, surtout des nouveaux convertis qui pas- “ saient en Canada, qu’il causerait de ia division entre les catholi- “ ques et les huguenots dans le pays; qu'il empêcherait la conver- “sion des sauvages en leur inspirant l'aversion des catholiques, “comme faisaient les hollandais de Manate et les Anglais de Bos- ‘ton, en haine de la religion et par intérêt pour avoir leurs pelle- ‘“‘teries. Enfin on exprimait la crainte que les hérétiques, en cas “de guerre, ne 8e joignissent à leurs co-religionnaires des colonies “ voisines.” L'exemple de la Tour éiait trop récent pour avoir été oublié, lui qui, d'après Halibu:ton, auteur protestant, était en rapport constant avec ses ennemis de Boston. f On devait savoir d’ailleurs ce que les huguenots avaient fait souffrir à la France.
Ces représentations que Mgr. de Laval faisait au Ministre furent en partie écoutées, surtout lorsque l'on vit les pêcheurs An-
* En 1676,Mgr. de Laval nomma M. Petit son Grand Vicaire pour Port Royal, Pentagoet, le Fleuve St, Jean et les Côtes de l'Acadie.
Les Anglais prirent M. Petit et le gardèrent prisonnier jusqu'en 1691. Il monrut à Québec en 1709 à 90 ans. Il avait été capitaine au régiment de Carignan avant de prendre les ordres.
t Lettre de M. Dudouyt à Mgr, de Laval, 26 mai 1682. À Histoire de la Nouvelle-Ecosse, t. 1. p, 59.
glais tenter de s’introduire dans les eaux de l’Acadie. Berger, directeur de l'établissement, fit saisir huit barques que l’on conduisit à LaRochelle pour y être confisquées. Les gouverneurs Lamothe-Cadillac et Perrot, qui se succédèrent dans l’Acadie, ne se montrèrent pas à la hauteur de leur position, et l'Evêque eut lieu de se plaindre de leur peu de concours pour le bien de la religion.
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