J. C. DE BRISACIER
M. SouMANDE A MGR. DE LAVAL.
A $. Joachim, le 9 novembre 1693.
Monseigneur,
Je croy que V. G.ne sera pas faschée de la découverte que j'ay faitte.
J’oy pris avec moy trois habitans et Robert Dufour qui sont des plus expérimentez dans le pays. Nous avons trouvé deux costes chaquune le long d’une rivière.*
Dans le première il y a bien de quoy placer 50 habitants, à trois arpents chaquun et dans la seconde il y a du terrain pour en mettre au moins quarait. : le plus beau pays du monde, ou il est facile d'y faire un chemin. J'ay foit pour cinquante francs de despentr, car outre les journées des habitants que j'avois mené, il y en retourne encore deux pour plaquer et marquer un chemin, et pour
2 Ces côtes derrière le Cap Tourriente sont sans doute celles de 8 Ferréol.
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y abattre deux arpents de bois afin d’y pouvoir semer ce printemps pour esprouver la terre. Cette dépense a donné ouverture à plus de 20 personnes sans compter ceux qui se présenteront, si tost que la chose sera esvantée, à me tourmenter pour leur permettre d'y aller prendre une habitation.
Il serait à propos d'envoyer icy M. Buisson * avec un arpenteur, Le Rouge est le plus habile pour y tirer les lignes. Il faut
battre le fer pendant qu'il est chaud, il ne faut pas laissvr refroidir le monde; car quoique ce soit de très belles terres, elles ne sont pas des meilleures. Elles sont bonnes, mais non pas des plus fortes ; il est toujours certain, selon le sentiment des habitans que j'avois mené, et de quantité d'autres qui m'en ont parlé, que l’on y recueillera de fort bon bled, il ne faut pas abriter la chose.
Je crois aussi que V. G. sera bien contente d’une autre nouvelle qui est que j'ay fait faire à la petite ferme quatorze arpents de terre neuve, trois semaines devant la Toussaint,
Je n’ay pas sorti de la petite ferme, où j'ay poussé l'affaire vivement et j'ay eu jusqu’à quinze hommes par Jour. J'y suis encore actuellement pour la faire labourer d'automne ; J’ay pris Charles Lessard pour cet effet et encore dix hommes pour la nétoyer et brusler le bois qui est sur la terre. Je ne la quitteray pas jusqu’à ce qu'elle soit achevée, si le temps nous le peut permettre.
J'ay fait aussi travailler aux bois que vous savez.
Je suis, avec tout le respect possible, de V, G, Monseigneur, etc.
J. SOUMANDE, P.
MGR. DE ST. VALIER À MGR. DE LAVAL
Paris, 25 mars 1696.
Comme je cognois, Mgr., les bonnes intentions que vous avés pour l'église dont vous avés esté le premier père et pasteur, je n’ay pas eu de peine à croire que ce qui vous a faict avancer de donner l’habit noir à vos jeunes gens a esté le désir de les conserver à l'églis: du Canada, dont je ne doute pas qu’ils ne soient un jour de bons ministres. Je mettray sur l’estat de distribution des 80001b
* M. Jean Frs. Buisson, prêtre du Séminaire de Québec, était né à Québec. Il y fut ordonné prêtre en 1683, et fut du nombre des premiers chanoines eu 1684. 11 mourut en 1712, âgé de 51 ans,
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destinés à l'entretien des curés et missionnaires une somme 1000ïb si le je puis, pour ayder le Séminaire à les entretenir. J’espère trouver des moyens plus efficaces pour qu'ils ne soient point à charge au Séminaire, quand je seray une fois de retour en Canada. J'avais compté, Monseigneur, que ce seroit cette année, que j’aurois l'honneur de vous y voir, mais la Providence ayant réglé la chose autrement, je me soumets amoureusement à ses ordres... Je vous crois plus capable que personne de demander et d'obtenir mon retour dans mon diocèse; ma disposition présente est cependant de me soumettre entièrement aux ordres de Dieu, non seulement pour une année d'absence, mais pour plusieurs années si telle est sa sainte volonté.
J'’ay fait cette année l'acquisition de la terre de l’Islets pour l’h6pital général, laquelle m’a coustés 6000 de France. Ilest vray qu'on m'a donné des termes pour les p. ‘er fort commodes, ayant bien voulu diviser le payement en plusieurs années.
Je trouve l'effort que M. le curé de Charlesbourg a fait pour establir son église si admirable qu’il mérite assurément d’estre secondé. J'écris à M. de Montigny * d'engager M. de Villeray à lui donner une bonne partie de ce qui pourra dépendre de moy sur l’estat des 40001Ïb. Je le prie aussi de vous menager une somme pour le vicaire de Québec dont vous puissiez estre satisfait.
Je recommende à vos prières un frère et un neveu qui me sont morts, comme aussi les principaux fermiers de nos abbayes, ce qui ne doit pas accomoder nos affaires temporelles,
Le Sr. Boucher estait fermier de l’abbaye de Bénévent: Le Sr. Beloche étoit fermier du prieuré de Chezelles ; et l'on m’apprend que M. Dupuis fermier général de l’abbaye de Maubecq est à l’extrémité et compte pour mort.
Je laisse aux autres à vous apprendre la prise de Namur et le bombardement des villes de Bruxelles et Dinant,
Je me borne à vous dire que par crainte de la révolution qui se doit faire en Angleterre pour le rétablissement du Roi Jacques dont on attend tous les jours des nouvelles, le Prince d'Orange a fait arrester et mettre en prison 14 milords,
Comme vous comprené mieux que personne le besoin que j'ay
* Ce passage fait cor prendre clairement que M. de Montigny était au Séminaire de Québec en 1696; c'est a là qu'il partit pour la Louisiane avec deux autres ecelésiastiques du Séminaire, comme le dit le P. Charlevoix dans son Hist, Gén. de Nouy.-France, vol. 3, p 264.
de vos prières et saints sacrifices, jo vous prie de ne me les pas refuser et d’estre persuadé du véritable respect avec lequel, etc.,
JEAN, Evesque de Québec.
M. DE DENONVILLE A MGR. DE LAVAL, À Versailles, le 23 mars 1696.
Dieu soit bény, Monseigneur, de ce que vostro santé parmy vos infirmités ne laisse pas d’estre bonne. Le Sgr. vous visite par les endroits les plus sensibles de vostre cœur, vous avez donné vostre bien, vustre vie et tout vostre travail pour une église que vous aiméz: vous y recevéz des croi mais en vous sanctifiant, elles seront les fondemens et l’appuy de cette mesme église, Je ne voy à faire de vostre costé que de prendre patience avec confiance que Dieu ne détruira pas ce que vous avez commencé pour contribuer à le faire honorer et à donner l'exemple pour le servir... Y1 faut laissor faire le bon Dieu qui aura égard à vos bosoins et qui ne délaissera pas ceux qui ont confiance en luy.......,,.,...,,,........, Laissez tous les intérais de vostre maison entre les mains de Dieu Je finiray en vous demandant la grâce de prier Dieu pour le repos de l’âme de mon père que Dieu a retiré de ce monde à l’âge de 89 ans après douze années de paralisie. Il y a soixante ans que par la miséricorde de Dieu il se convertit par sa propre étude et attira avec lui ma mère en abjurant tous deux l’hérésie, N'oublié pas je vous suplie toute ma famille, la carmélite ma fille ainée est toujours contente de sa vocacion, et aussy gaye que si elle était dans le monde au milieu des plaisirs.
Je suis très touché des maux que j'aprens qui désolent le pauvre Canada, c’est une grande pitié que aui que ce soit icy n’ause parler et en informer les ministres. Vous devez estre très-content du R,. P. de la Chaize qui fait très-bien son devoir. Je suis sans réserve et ax ec bien du respect, Monseigneur,
Vostre-obéissant serviteur,