M. DE BRISACIER À M. DE GLANDELET
à Paris, le 9 mai 1688.
Monsieur,
Je me réjouis avec vous de ce que craignant la supériorité du Séminaire de Québec au point que vous la craigniez,elle est tombée sur des épaules que vous jugés plus fortes que les vôtres; nous sommes persuadés avec vous que M. DesMaizerets sera un très digne supérieur, mais nous espérons que si la Providence permet un jour que pour le soulager vous luy succédiez, elle vous donnera la cap’::té dont vous croyez estre dépourveu. Abandonnez vous à Dieu, mo. cher Monsieur, et rien ne vous fera peur que sa disgrâce; on peut tout avec son secours,et il donne la force avec l’employ, quand c'est lui qui nous y applique,
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Vous aurez cette année la jc"e de revoir nos deux prélats; vous trouverez l’ancien plus saint et plus mort que jamais à luy mesme, et le nouveau vous paroistra aussy tel que vous le pouvez désirer pour la consolation particulière du Séminaire et pour le bien général de la Nouvelle-France. Comme il m'a témoigné beaucoup de bonté, j'ay aussy pour luy autant de tendresse que de respect, et je
ne doute pas que Nostre Soigneur ne verse avec le temps bien des bénédictions sur son gouvernement,
J.C. DE BRISAO!IER.
M. TREMBLAY A M. GLANDELET, 1703.
Mgr. de Québec partit pour Rome vers le commencement de septembre et se rendit en moins de rien à Rome où il fut reçu parfaitement bien du Pape et de ses ministres et encore mieux du Cardinal de Janson. Son voyage fut le plus prompt qu’on puisse faire et suivant les impressions de sa vivacité ordinaire. Il a plus fait en 3 mois qu’il est resté à Rome, qu’on en fait ordinairement enï10 ans.
En effet, dès le commencement, le Pape déclara qu'il vouloit contenter M. l’Evèque de Québec :et le renvoier content dans son diocèse. Sa Saintoté ne voulut pas que son affaire fût portée à la Cong. des Evèques où elle n'auroit jamais passé, mais il fit une Cong. particulière sur cette affaire qu'il composa de 7 prélats. Ce fut quand on l’examina qu’on trouva qu’elle avait été refusée 3 fois sans que nous en eussions rien seus.
Les Frélats de cette Cong. s’assemblèrent 8 fois pendant qu'il estoit à Rome et sous différens prétextes ils ne conclurent point, Le, Pape leur témoigna qu'il vouloit accorder cette grâce et enfin on;examina les propositions de M. l’Evèque de Québec qui remarqua que les Cardinaux n’estoient pas beaucoup touchés de fonder un jChapitre Episcopal. Vous remarquerez en cela combien la Cour de Rome aime l'antiquité et observe les anciennes règles de l'Eglise qui n’a point autrefois établi d'Evêché sans chapitre.
Ces prélats demandoient pourquoy on vouloit oster aux religieux les manses con ntuelles pour les donner à des chanoines. Ils se figuroient des chanoines comme ceux d'Italie et de France qui sont comme on les appelle (absit verbo injuria) les cochons du bon Dieu, Enfin après bien des difficultés ils proposèrent d’unir
* L'Evéque de St, Valier,
à l’Evêché de Québec la Manse abbatiale de Meobec qui l’est déjà et celle de Bénévent en y joignant les rentes qui sont sur l'hôtel de Ville aux Abbayes de Meobec et de Lestrées.
Voilà le premier lot. 20. de destiner tous les revenus de l’Ab- Laye de Lestrées, savoir la Manse Monacale et l’abbatiale au Chapitre de Québec, en laissant à ces Religieuses de Lestrées les lieux réguliers et le bien qui leur a été cédé, 30. De donner aux missions du diocèse de Québec les Manses conventuelles de Meobec et de Bénévent.
Voilà les trois parts qu'ils se sont proposés. Mais pour parvenir là, la Cong. a demandé qu’outre le procès-verbal qui avoit été fait par les ordinaires des lieux de ces abbayes, du revenu des charges, des fondations, du nombre des Religieux, etc., il en seroit encore dressé un par M. le Nonce juridiquement en entendant des témoins. Or, vous scaurez que les Nonces en France n’ont aucun pouvoir de faire de semblables informations et qu’il est très sévèrement deffendu de concourir à de semblables informations.
Mgr. de Québec eut beau se récrier auprès du Pape, il n’y gagna rien. Le Pape lui dit seulement qu’il falloit faire cette information sans bruit sur des pièces qu’on présenteroit à M. le Nonce, sans faire aucun acte de jurisdiction: Mgr. de Québec ne put faire passer par-dessus cette difficulté.
C’estoit après les Rois que cette information fut décernée par la Cong. Je ne vous redis pas icy tout ce que Mgr. eut à souffrir de certains prélats qui lui dirent des choses très fortes d’avoir joui et son chapitre trente ans d’un bien qui ne leur appartenoit pas. Des secrets qu'il eut pour entrer dans la confidence de plusieurs espèces de favoris qui approchoient de Sa Sainteté, des accueils favorables qu'il en reçut, de la facilité qu'il avoit à avoir audience, et à escrire tous les jours au Pape, des distinctions qu’il fit de lui en le faisant Evesque assistant, le faisant manger avec son frère et le faisant entrer au Vatican pour se promener avec lui familièrement dans les galeries de ce palais. Il vous mandera sans doute tout cela, aussi bien que toutes les paroles obligeantes que le Pape luia souvent dites. d
Mgr. de Québec ayant veu la résolution de la Cong. de ne rien accorder sans une information de M. le Nonce a pri tout d’un coup la résolution de revenir en France. Il partit de Rome et fut assez heureux d’en sortir huit jours avant que les tremblemens de terre agitassent cette pauvre ville et la missent à deux doigts d’une ruine entière. Il revint si promptement qu’il fit en quatre jours
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le chemin de Livourne à Marsoïlles, que M. l'abbé de Lionne, Evêque de Marseille, n’a fait dans ce temps là, de Marsoille à Livourne, qu'en un mois. Nous fümes tout surpris de le voir arrivé à Paris. Nous luy présentâmes tous les actes sur lesquels l’union a été proposée à Rome, Mgr. le Nonce verbalisa sur ces actes et les envoya à Rome ; mais on n’a pas trouvé cette information suffisante et la Cong. s'étant assemblée en a demandé encore une autre pour terminer l'affaire.
Je voudrais vous envoyer la vie de M. de la Trappe, mais vous êtes si délicat sur le Jansénisme que vous croiriez un livre estre dangereux * parce qu’il parle avantageusement des personnes qui ont passé pour telles, quoiqu'elles aient protesté très hautement ne l'être pas; il y a assurément de belles choses dans cette vie composée par M. l'abbé Marsollier qui a composé aussi depuis pou la vie de St. François de Sales.
Vous allez voir bien du changement dans le conseil. M. de Lotbinière est premier conseiller. M. de la Martinière f est à sa place; M. de la Colombière est conseiller clerc, et ainsi vous serez en état d'entrer au Conseil comme Grand Vicaire, outre M. de la Colombière. f M. Hazeur || et M. Monseignat sont conseillers à la place des deux morts et on en a créé quatre nouveaux,
M. de la Durantaye, + de Repentigni, ++ Aubert= et la Cardonnière. $
* M. Glandelet se trouve ainsi bien vengé de l'accusation de Jansénisme portée contre lui par l'historien Garneau.
+ M. de la Martinière était vraisemblablement Claude de Bermen de la M, fils de Louis et de Françoise Juchereau, de St. Nicolas de la Ferté Vidam, Evêché de
Chartres ; il épousa à Québec en 1664, Aune Desprez, veuve de Jean de Lauzon, grand Sénéchal du Canada.
} L'archidiacre.
Il François Hazeur, de Tours, épousa à Québec, en 1672,
Anne Soumande,
+ Olivier Morel de la Durantaie, de N. D. du Jaure, Nantes, épousa à Québec en 1670, Françoise Du Lucé.
++ J. Bte. Le Gardeur de Repentigny, fils de Pierre (venu en 1636.)
= Charles Aubert üe la Chesnaye, de St. Michel, ville d'Amiens.
Il épousa à Québec en 1664, Catherine E. Couillard.
& Joseph Villeray de la Cardonnière, n6 à Niagara, et qui fut plus tard chevalier de St. Louis, capitaine commandant au Rég. de la Martinique.
Mar. DE LAVAL A M. DE DENONVILLE, * A Québec, ce 20 novembre 1690.
Je vous suis bien obligé, Monsieur, de l’intérest que vous prenez à ma santé qui est si inutile en toute manière à ce pays. I1 me semble néantmoins que la volonté est bonne; mais je ne suis propre à rien. Vous avez bien raison de qualifier ce pays cy du nom d’un pays de miracles, jamais Dieu n’a fait plus paroistre sa puissance que cette année sur lui, Nous y avons eu depuis votre départ une famine presque universelle, et par sa miséricorde, il n’y est mort personne de faim.
Nous y avons veu en mesme temps une armée navale d’Anglais mettre le siége devant Québec, avec trente-deux voiles, quelques. uns disent trente-quatre. Ils ont sommé la ville de se rendre, et tout lo pays; n’ont donné qu’une heure de temps à délibérer, après quoy, ils passeroient tout par le fil de l’espée, et mettroient à feu et à sang tout le reste. Et, en effet, ils commencèrent à vouloir foudroyer la basse et haute ville à coups de canon, dont ils ont tiré, à ce que l’on dit bien deux mille coups. Nous avons eus recours à Dieu, à sa sainte Mère, à tous les bons anges, et à tous les saints patrons de cette pauvre Eglise affligée en toutes façons, et le plus grand déplaisir qu’eurent les ennemis fut d'entendre, pendant le siége, le service divin sonner comme à l'ordinaire, d’où ils inféroient que nous n'avions pas grande peur d'eux, quoy que la plupart fussent fort consternés. Toutes les pelleteries et les meubles de la basse ville estoient presque tous dans le séminaire, et bon nombre de familles qui s'y estoient retirées, jusqu’à celle de M. l’Intendant. Cette maison n'a pas pu refuser dans une nécessité semblable, tous les offices de charité qui estoient possibles au dépens d’une grande partie des provisions que l’on y avoit. Les soldats et autres y ont pris et con ammé bien cent cordes de bois, plus de quinze ou seize cents planches qui ont esté bruslées et rompues; bref, en bestiaux et autres dommages, la perte du séminaire va bien à mil escus, mais il faut dans des occasions de cette nature, prendre patience et faire tout le bien que l’on peut, sans avoir esgard aux besoins où l’on est.
Les ennemis firent une descente entre Québec et Beauport de
* M. de Denonville était retourné en France l’année précédente 1689, ‘ le roi l'ayant choisi pour gouverneur de 3 princes, Mgr: le duc de Bourgogne, Mgr. le duc d'Anjou et Mgr. le duc de Berry, enfans de Mgr. le Dauphin, ” (Histoire de l'Hôtel Dieu, page 303.) Il était gouverneur du Canada depuis le mois d'août 1685.
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Beauport de
e 1689, ‘‘ le roi ogne, Mgr. le (Histoire de bis d'août 1685.
plus de deux milles, Ils ont fait plusieurs efforts pour s’estendre devers Québec, afin de l’enfermer.
Deux gros vaisseaux estaient montés dans la rivière jusqu'à moitié chemin de St, Michel, pour joindre ceux qui l'entouroient par terre et pour favoriser la venue d’une armée qui devoit venir d'Orange et de Manatte, composée d’'Anglois et de Sauvages Loups et Iroquois, au nombre, disait-on, de quatre mille, à laquelle | dé armée ils avoient donné rendez-vous pour se trouver dans le temps qu’ils ont assiégé Québec. Si l’armée navale fut venue huit jours plus tost, et que Dieu lui eust permis, elle se seroit infailliblement emparée de Québec, où il n’y avoit pas 150 hommes, y comprenant | tout; vous pouvez bien juger qu'ils n’auroient pas eus de peine, n’estant aucunement fortifiez, comms vous savez. L'on envoya nouvelles sur nouvelles à Montréal où M. de Frontenac, et M. l'Intendant* estoient et toutes les troupes, attendant quoy k on ramassa comme l’on put quelques habitans, et enfin mon dit qu Sr. de Frontenac arriva, et M. l'Intendant avec des soldats, L'on a mis quelques batteries de canon en divers endroits, qui ont assez endommagé les vaisseaux des ennemis qui furent obligéz de s'esloigner de la portée du canon, et ne perdirent pas néantmoins la résolution de continuer leur siege, en sorte que Québec estoit assiégé doublement d'ennemis et de famine ; et sans que les | babitans de Beaupré, de Beauport et de l’Isle d'Orléans se sont «| signaléz en courage, en les attaquant dans leur camp, il y a appa- f rence qu'ils auroient demeuré plus de temps à terre, et qu'ils 11 auroient réduit tout le monde qui estoit dans Québec à la dernière {al extrémité, Ils les obligèrent à se rembarquer la nuit en confusion, | ayant laissez dans leur camp cinq pièces de canon et un drapeau, dont les habitans s'emparèrent à la faveur des coups de fusil qu'ils tirèrent aux ennemis qui n’ozèrent approcher avec leurs chaloupes pour les enlever, et ensuite par une protection particulière de Dieu qui mit la consternation dans leurs esprits. Ils se sont retiréz,
à quoy ils ont esté forcez en partie par les mauvais temps qui ont esté fort extraordinaires eu esgard à la saison; mais en quoy Dieu a fait paroistre une protection plus particulière et toute miraculeuse. Ca esté dans la venue de trois de nos navires qui venoient dans le temps que les ennemis se retiroient à leur rencontre, et n’eust esté qu'ils furent avertis à la baye St. Paul, ils seroient tombéz entre leurs mains. Ils ne purent néantmoins si bien
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* De Champigny.
faire qu'ils ne fussent apperçus des ennemis qui les virent entrer dans la rivière du Saguenay, n'ayant point d'autre refuge, et comme les ennemis les poursuivoient pour y entrer après eux, le vent qui avoit esté favorable aux nostres, se changea en un moment, et s’estant eslevé une brume ot un tourbillon de neige, ils furent rejettez du Saguenay, l'entrée duquel ils tentèrent jusqu'à quatre fois cinq jours durant, sans en pousvoir venir à bout, et enfin une manière de tempeste et foudre de neige survint, qui les obligea de quitter prise ot de disparoistre. Ces trois navires sont le St. François-Xavier, le Glorieux et une frégate chargée le farine et de lard, et dans les deux premières estoit tout l’urgent que le roy envoye en ce pays cy, se montant à deux cents tant de mille livres en espèces. L'on estime que la perte de ces trois navires n’auroit esté guères moins d’un million, qui auroit réduit le pays dans la dernière extrémité de misère et de pauvreté, Il y a encore sept navires derrière dont on n’a point eu de nouvelles, et desquels, à moins d’une protection de Dieu, toute semblable à celle de ces trois navires, une partie aura tombé entre les mains des ennemis.
La dissipation de l’armée qui venoit de Manatte, d'Orange et de toute la Nouvelle-Albanie, composée d’Iroquois et d'Anglois, n’est pas moins miraculeuse, Ils sont venus jusqu'au lac du St. Sacremen* où ils ont esté apperçus par de nos Sauvages . découvreurs, ‘ais Dieu y a mis la division, les Sauvages prétendant estre meslez avec les Anglois, lorsque l'occasion se présenteroit de se battre avec les François, par une défiance qu'ils avoient que les Anglois ne les abandonnassent dans le combat, et disans que les François en usoient ainsy avec leurs sauvages. Les Anglois, au contraire, prétendans se battre séparément, sur cette contestation, les Sauvages s’en retournèrent, et sur le chemin ayans rencontrez trois magazins où les Anglois avoient cachez tous les vivres nécessaires, en cas qu’ils fussent forcez à se retirer, ils les pillèrent, et furent attaquez en mesme temps de la petite vérole, dont on rapporte qu’il est mort trois cents Sonontouans et cent Onontaguez, et que toutes les nations des Iroquois ayant attribuez cette mortalité aux Anglois qu’ils croyent avoir empoisonné tous ces vivres pour les faire mourir, ils se sont brouillez ensemble. Dieu veuille que le pays fasse un meilleur usage de toutes ces grâces qu'il n’a fait de celles du passé. L'on a fait de continuelles prières icy pendant l'espace de trois mois qui auront sans doute attiré toutes ces bénédictions.
entrer ge, et eux, en un neige, tèrent enir à arvint, y trois régate estoit tant à que la aillion, sère et on n’a tion de partie
ange et nglois, lac du uvages prétenprésen- » qu'ils abat, et uvages.
ont, sur chemin cachez retirer, a petite uans et s ayant ir emrouillez
sage de.
, fait de auront
L'on a escrit conformément à ce que vous avez eu la bonté de mo mander, et l’on a eu sujet de se persuader que l'on déféreroit au sentiment des personne: qui ont escrit, Mais on a trouvé le moyen d’éluder, et ainsy cotte maison ayant été privée de tout secours humain, chargée de vingt ot vingt-cinq ecclésiastiques, et présentement jusqu'à trente-quatre, outre toutes les autres charges, est réduite à de grandes extrémités qu'elle porte avec le secours de nostre Seigneur très-patiemment, attendant que la divine Providence y apporte un remède efficace, qui est d’une nécessité absolue...
Mgr. de Québec* passe en France.
La saison cependant est très-rigoureuse pour le froid qui est plus grand que je ne l’ay point encore vou depuis que je suis en Canada. Tout est plein de glaces et beaucoup de neiges sur la terre, ce qui a fait qu'on l'a voulu dissuader de s'embarquer. M. de Frontenac{ ne s’y est pas épargné pour l'en destourner; mais il passe par dessus toutes sortes de difficultéez. M. de Grécourt f qui est venu icy il y a un an repasse en France et aura l'honneur de vous voir. Toute cette maison, et moy spécialoment, avons bény nostre Seigneur et sa Sainte Mère de vous avoir fait arriver heureusement en France, et de ce que la Providence
divine a disposé de vous, et vous à mis dans un poste qui est bien
important pour la religion et pour tout le royaume. Nous vous sommes sensiblement obligez des sentimens que vous conservez pour nous. Plus il semble que l’on apporte d'opposition à l’union que vous connaissez estre si utile, et si absolument nécessaire pour le bien de cette Eglise et du salut des âmes, plus il paroist
que la grâce de cette union prend un nouvel accroissement, et se fortifie de plus en plus dans le cœur de tous les ecclésias-
tigees qui en reconnoissent les avantages et la nécessité.
J'ay une grande confiance que Notre Seigneur et sa sainte Mère continueront à protéger cette pauvre Eglise que vous connoissez bien remplie de son esprit. Je ne doute point que vous n'ayez la charité et la bonté de lui rendre tous les bons offices que vous poure rez selon les ouvertures que la providence de Dieu vous en four. nira et les besoins pressans qu'elle en a, Accordez-nous le secours
© * Mgr. de St. Valier.
f Gouverneur pour la seconde fois.
t Le Séminaire de Québec.
races
de vos prières à cet effet et soyez persuadé qu'il n'y a personne qui vous honore plus que moy et qui soit plus véritablement en l'amour de Nostre Seigneur et de sa sainte Mère,
Vostre très humble et très obéissant serviteur,
FRANOOIS, ancion Evesque de Québec:
LE MEME AU MEME, De St. Joachim au Cap Tourmente, ce 16 avril 1691,
Depuis, Monsieur, que je me suis donné l'honneur de vous escrire par la frégate qui partit au commencement de décembre de Québec, nous n’avons point eu d’ennemis au dehors, sinon depuis le commencement de ce mois que l’on craint une armée d'hyrocois,
I ya plus de deux mois que je me suis retiré icy pour n’estre pas présent à ce qui se passe de la part de ceux qui se déclarent au dedans et font beaucoup souffrir cette pauvre Eglise.
N. * qui avoit pris la résolution de passer. en France l’automne dernier a différé jusqu’à ce printemps qu’elle prend l'occasion de deux vaisseaux qui ont hyverné à Québec %* *%* %* %* * * %*
Beaucoup de lieux pour lesquels il y a des suppléments marquez
demeurent abandonnez voulant que des ecclésiastiques entreprennent beaucoup au-delà de leurs forces, lesquels ruinent leur santé en deux ou trois ans. M. Dubos f par obéissance a été réduit à manger de la viande en tout temps et à demeurer un pilier d’infirmerie au Séminaire, pour le reste de sa vie, M. Boucher Ï qui
* Mgr. de St. Valier. Dans les copies le nom du prélat n’était pas écrit tout au long.
+ M. Nicolas Du Bos, natif de St. Gilles d’Abbeville; fut ordonné prêtre à la Cathédrale de Québec, par Mgr. de Laval, deux joursavant son départ pour la France, le 11 novembre 1684. Il fut chapelain et secrétaire du Chapitre, tout en étant curé de Charlebourg. Pendant le siége (1690) il revint au Séminaire.
Mgr. de St. Valier l'employs à faire des missions ; mais sa santé ayant fait défaut, il revint au Séminaire, fut fait chanoine Grand Pénitencier le 14 août 1698, et mou“ rut l’année suivante à l’âge de 40 ans,
+ M. Philippe Boucher, fils de Pierre et de Jeanne Crevier, étant né à Québec où {1 fut ordonné prêtre le 26 mars 1689. Mgr. de Laval l'avait fait chapelain du Chapitre en 1684, lorsqu'il n’était que miroré ; on le dispensa d'assister à cause de ses études, Aussitôt qu'il fut prêtre, Mgr. de St. Valier le chargea de toute la côte du sud, En 1694 il se démit de sa chapelleine et fut nommé curé de S. Joseph de la Pointe Lévis.
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Quéais le OCois, ’estre nt au
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à la Ca- France, ant curé
n’est prestre que depuis deux ans, que N, avoit mis à la coste de Lauzon : pour avoir par le conseil qu'on luy en a donné pour le bien de la paix entrepris, la première année, au-dessus de ses forces et de desservir jusques à la Durantaie en descendant sans l’estendue qu'il y a en montant, il est demeuré depuis six mois comme perclüs, pour avoir passé des eaux froides et des glaces, Il est actuellement dans les remèdes au Séminaire, à l'infirmerie et il y a fort sujet de craindre qu'il n’en aye pour sa vie, * %# % %# %X %X % %
Nostre Seigneur, par sa miséricorde, me fait la grâce de jouir d'une grande paix intérieure de cœur et d'esprit, ayant une entière confiance, avec le secours de sa très sainte mère et des S$. Anges et SS. protecteurs de cette Eglise, qu’il fera tout réussir pour sa gloire.
Comme je scay qu’il vous a donné une grande tendresse et affection pour ce pays, je vous conjure, M., de luy offrir tous les besoins de cette Eglise qui sont pressans et venus à une extrémité bien fascheuse, Ayez, je vous supplie, la bonté ét charité de me donner aussi quelque part en vos prières, dont j'ay plus de besoin que jamais, y ayant bien del’apparence que la fin de mes jours est bien proche. Je suis attaqué depuis deux ans d’éblouissemens accompagnés de maux de cœur qui sont très fréquens et augmentent notablement, J'en ay eu tout récemment un icy, le lundy de la passion qui me prist à trois heures du matin et me dura jusques à neuf heures du soir sans pouvoir lever la teste du chevet du lit.
Je suis avec un véritable respect, M., vostre très humble et très obéissant serviteur.
M. DE BRISACIER À MGR, DE LAVAL
À Baron, diocèse de Senlis en mission, le 20 mai 1689. Monseigneur,
Je fus bien surpris hier au soir, quand je reçus une lettre de Paris qui m'apprenoit que la Cour ayant pris de nouvelles résolutions, avoit ordonné à M. de Frontenac (qu'elle a nommé pour succéder à M, de Denouville) de se rendre incessamment à la Rochelle pour s’embarquer sans délay.
M. de F. a dit au R. P. de la Chaise qu'il porteroit dans la Nouvelle France des sentiments tous differens de ceux qu’il y a eu autrefois, et qu’il y vivroit de manière que ses pères et tout le monde en seroit content,
Je ferai ménager son esprit par M. et Mad. de Menars de laquelle il a épousé la demi-sœur. Dieu ne permettra pas qu'il nuise à la religion dans une conjoncture où elle va estre violemment attaqnée avec la colonie par les sauvages et les anglois. Jamais on a eu plus grand besoin de confiance en Dieu, de courage, de patience et de prières dans vostre chère église qu’à présent. (C'est la cause du Seigneur; il scaura bien ia défendre, et pendant que le Roy soutiendra icy tout l'effort de l’Europe entière contre luy, en protégeunt luy seul cette même religion, dars la personne du Roy d'Angleterre qui a esté détrosné par le P. d'Orange et qui est maintenant en Irlande, à la teste d’une puissante armée pour remonter sur le throsne et subjuguer, s’il peut, l'Ecosse et l’Angleterre, vous aurés de vostre costé de quoi exercer votre vertu et de quoi occuper toutes les forces de la Colonie en résistant aux ennemis de J. C., dont il ne faut pas craindrs les entreprises. Si vous engagés Dieu dans vos intérêts par l'union parfaite de tous les corps qui, en cette occasion, doivent se réunir ensemble par le bien de la plus estroite charité, pour faire teste en même temps aux barbares et aux hérétiques.
La découverte de M. de lu Salle, dont nous a parlé M. Cavelier, son frère, doit donner de la joye à toutes les personnes zélées.*
Le retour de M. de Denonville, gouverneur, est une terrible perte pour le Canada, mais Dieu scait bien pourquoy il ordonna ce changement. L'important est de se tenir exactement à tout ce quiaesté réglé. % % %# 3% % % 4 4 OX OH K XX %
On a délibéré à la Cour si on n'en retireroit pas les troupes pour les faire passer ailleurs, et bien loin de vous envoyer de nouveaux secours On à creu vous faire une grande grâce de vous laisser celuy que vous avez.
Il faut faire prendre quelques mesures douces par M. de Denouville avent sn départ de Québec. M. le ciuc de Beauviliers luy recommande ae ne poin: partir, s'il se peut, qu'il n’aie mis 1es choses sur le pied d’une narfaite intelligence et il est très important qu’en revenant icy il puisse rendre témoignage qu’'ii n’a irouvé de résistance en rien de nos Messieurs. Il vaut mieux qu'ils
* On trouve le détail des explorations de Lasalle en descendant et en remontant le 'ississipi, dans les relations des Pères Zenohe Membré, Chrétien Leclercq, et Anastase Douay, tous trois Récollets.
M. J. G. Shea, de New York, en a donné une triduction anglaise avec des notes très intéressante dans son bel ouvrage intitulé : Descovery and Exvloration of the Missinsipi Valley.
rrible donna out ce *X * s pour veaux
relaschent très considérablement de leurs intérests par un excès de modération, que de faire entrevoir le moindre attachement à leur sens et à leurs petites prétentions en quoique ce puisse estre, de tout ce qui ne sera point évidemment contre Dieu, qui scaura bien les dédommager tost ou tard des pertes qu'ils auront bien voulu faire pour le bien de la paix et pour l'édification de tout le monde dans la Nouvelle et l’Ancienne France.
Vous trouverés dans ce paquet une copie imprimée de l’arto d'association que le Chapitre de $. Martin de Tours nors a accordé. Je vous prie de la ratifier et faire ratifier var nos Messieurs.
J'en envoie autant à Mgr. de Québec, qui, comme j'espère ne nous refusera pas aussi son agrément. Nous avons dressé de nostre part un acte d'association réciproque pour ce célèbre Chapitre qui l’a ainsi désiré de nous.
M. de Frontenac, M. Chevalier de Callières et M. Perrot partent demain Ge Paris et j'achève aujourd'huy cette lettre le 19e juin
Je suis avec tout l'attachement et la vénération possible, Mgr, vostre très humble et très obéissant serviteur,