VILLE
râce de e m'in-
former des choses dont je vous avois parlé dans mes lettres, et particulièrement de l’estat de vostre santé, à laquelle je prends bien de la part, j'ay esté bien ayse aussy de scavoir les employs saincts auxquels vous vous estes occupé. Je souhaite que vous ayés pû résister aux fatigues que vous vous serés données cette année par vos continuelles prédications. Je suis asseuré par avance du fruict qu’elles auront produict, Si le père De la ferté Jésuite passe comme il souhaite, et comme on me la voulu deja faire entendre pli:ieurs fois il pourra vous solager l’année prochaine dans laquelle je ne doute pas que vous ne continués à travailler dans l’église de la basse-ville, si vostre santé vous le peut permettre. La mienne est si parfaitement rétablie que je me dispose à mon retour en Canada pour continuer à servir une église dans laquelle, comme vous le scavéz très bien, on trouve bien des moyens de sanctification, mais la providence qui scait le besoing que j'ay de prières et de retraite, m'a encore voulu ménager une année de temps pour me mettre en estat de mieux servir mon diocèze. Jeus la consolation l’année passée ire deux fort belles missions dans les dépendances de l’s° 3 de Rénévent. Le bon Dieu me ménagea pour l’une et po .autre mission un bon nombre de bons cuv:iers, et j'en eus jusqu’à douze, quinze et dix-sept. Jemployeray celle’ cy à en faire faire deux autres dans les paroisses de la dépendance de ceile de Maubecq, dans lesquelles je puis vous assurer qu'il y à d’extrêmes besoings..........
Si la providence continue mon exil une troisième année j'en pourray faire à l’abbaye de L’'estrée.
Je crois inutile de vous apprendre la manière dont le Roy m'a faict signifier l’ordre de retarder mon retour ; la cause de mon exil m'a beaucoup plus affligé que l'exil mesme. Quand la Providence voudra que j'y retourne, elle scaura bien employer les moyens les plus efficaces pour m'y ramener.
Comme je ne doute pas que Monsoignour l'ancien ne vous fasse part de ce que je luy écris la dessus, je n’adjouteray rien pour vous engager à demander mon retour, dont je laisse toute la disposition à Nostre Seigneur.
Je vous écris celle cy par le premier vaisseau qui partira plus promptement que nous n'avions espéré: vous voulez bien que cette lettre vous soit commune avec Monsieur de Maizerets, auquel je n’ay pas le temps d'écrire. Je fais aussy de bon cœur dans cette lettre mes complimens à Monsieur le curé de Québec, à Monsieur Dubos, et autres ecclésiastiques qui demeurent dans vosire Séminaire,
Continuez Monsieur à demander pour moy à Nostre Seigneur la grâce d’estre parfaitement conforme à sa sainte volonté. Ne doutés pas que je ne vous offre continuellement à luy dans l'amour duquel je suis parfaitement tout à vous.
(Signé,) JEAN, Evesque de Québec.
25 mars, 1696.
Mon. DE LAVAL A LA SUPERIEURE de la Congrégation de N. D, de Montréal, 1700.
J'ai reçu, ma très chère fille, votre lettre qui m'apprend la mort de la Sœur Bourgeoys. (C'était un fruit meur pour le ciel, elle a été d’édification pendant sa vie, elle nous doit servir d'exemple après sa mort, Elle était simple et humble, et Dieu lui a bien fait des grâces ; nous n’aurons pas manqué et nous continuerons de nous souvenir d'elle; nous avons sujet de croire qu'elle jouira bientost du bonheur des saints, et qu’elle servira auprès de Notre $Seigneur d’un grand secours à votre Communauté.
M. DE BRisAoIER À MGR. LAVAL.
A Paris 17 Juin 1701.
Nous avons reçue vos trois lettres de 1700, Monseigneur, l’une du 9 Aoust, l’autre du 19 Octob. et la 3e. sans datte,
La 1ère nous a été rendue par le Père Commissaire des Recollets et elle est toute entière sur la mission du Mississipi et sur le present que vous luy avez fait en y envoyant M. Foucault * en qui vous avez trouvé toutes les bonnes qualités d’un missionnaire propre à travailler avec succès. Il faut espérer avec vous, Mgr, qu'estant joint avec ses confrères et agissant de concert avec eux l’œuvre de Dieu s’avancera. Nous joindrons aussy de nostre côté nos prières et nos soins aux vôtres pour obtenir les secours du ciel et de la terre. Jusqu'icy il paroit que Dieu nous accorde les uns et les autres, puisqu'il donne tant de zèle aux premiers missionnaires que vous avés choisis pour cette nouvelle mission et qu’il a inspiré au Roy la bonne volonté de nous continuer cette année les mille écus de gratification dont on nous envoya hier
*M. Nicolas Foucault fut ordonné prêtre à Québe cen 1689. Ilfut chargé de la cure de Batiscan et des lieux voisins, avant de partir pour les missions du Mississipi, On verra plus loin les circonstances de sa fin tragique.
(2) sipi ( Mgr.
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1 la mort iel, elle à ’egsemple bien fait erons de le jouira de Notre
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avec eux ostre côté bcours du corde les iers misission et uer cette roya hier
fut chargé missions du
l'ordonnance, et il y a lieu de croire que si nous sommes fidèles à notre vocation la cour sera constante dans ses bienfaits.
La seconde lettre ajoute que vous avez mis M. Bergier (1) en la place de M. de Montigny (2) qui par parenthèse est parti au commencement de cette année avec M. l'abbé de Cicé Evèque üe Sabul, et Vicaire Apostolique de Siam, et qui malgré tous les efforts que nous avons faits très sincerement auprès de luy pour le renvoyer à Mississipi, nous a suppliés de le faire passer dans nos autres missions des Indes Orientales.
Il a remporté du Mississipi une idée si peu avantageuse du bien qu'on pourroit y faire qu’il n . pu se résourdre a y retourner. Apparamment Dieu ne l'y jugeoit pas propreetles ouvriers évangéliques qu'il y a laissez y travailleront avec plus de bénédiction qu’il r’auroit fait, Entre ces douze jeunes gens dont vous nous parlez, Mgr, qui devoient entrer en théologie et qui vous paroissent si bien disposez, il y en aura sans doute quelques uns qui soutiendront un jour cette mission là, et vous avez bien raison de dire que c’est là votre plus douce et votre plus solide consolation dans le grand âge où vous êtes, et dans la pensée que Dieu vous donne des approches de la mort,
Il est juste de luy demander tous les jours peur nous tous la * grâce de bien mourir, mais nous espérons qu'à votre égard ce dernier moment ne viendra pas encore si tost. A la vérité 78 ans complets sont un âge bien avancé, et la foiblesse de vos jambes peut vous oster quelque agrément dans la vie, mais la teste et l'estomach estant bien et la santé paroissant d’ailleurs très forte, il nous semble que nous n'avons rien a craindre de longtemps si vous voulez bien un peu vous ménager.
J’écriray un mot à M. Begon l’Intendant sur l'avis que vous a
(1) M. Shea dans son excellent ouvrage, intitulé Catholic Missions, paraît croire que M. Bergier s’alla dans ces missions qu'en 1704 L'époque est précisée par ette lettre, c'est-à-dire 1700.
(2) M. de Montigni Grand Vicaire de l'Evesque de Québec s'était rendu au Mississipi en 1699 avec M. Ant. Davion. C’est peut être ce neveu de Mgr. de Laval! que Mgr. de St. Valier ordonna prêtre à Paris le 3 Avril 1688. (Voir sa lettre du 2 Avril). M. Shea, d’après M. Noiseux, croit que c'était un autre neveu de Mgr. de Laval ordonné prétre à Québec le 8 Mars 1093, qui fut ur an chargé de la desserte de l'Ange Gardien, et repassa en France en 1694, Ilest vraisemblablement celui que M. Tremblay appelle l'abbé de Laval, dans sa lettre de 1705 à Mgr. de Québec, Uet mort à Paris en 1725,” dit Shea. (voir St, Cosme voyage, p. 52.)
donné le Charpentier du Roy qui est à la Baye St. Paul de faire charger sur ces vaisseaux avec les mats qu’on porte de ce lieu là. en France, du bordage et des planches.
| Je suis, etc. [ DE BRISAOIER. 4
M. TREMBLAY À MGR, DE LAvaL. , €
Monseigneur, ;
Nous apprismes l’an passé par la voye d'Angleterre la mortalité 1 qui s’estoit répandue dans le Canada à la fin de 1700, dans laquelle te nous avons perdu M. de Bernières * et M. Doucet. f C'est assu- n rément une grande perte et je l'ay ressentie vivement... Dès que D j'en fus seur je l’escrivis à la Supre. des Ursulines de Caen pour de procurer à M. de Bernières des prières de sa famille et nous ne ti manquasmes pas d'en faire dans le Séminaire à Paris pour lui coe Y nous y sommes obligés. til Du 11 may 1702. à
Du MEME AU MEME.
Monseigneur,
Je vous escris celle cy par fla Perle coe je l'espère, pour vous apprendre ce que nous avons fait depuis l’arrivée de M. Jonquaire en france. Il arriva au Séminaire le 26 avril, et nous apporta la
| plus triste nouvelle que nous pussions apprendre. Cependant Et quand on me dit qu’un courrier venoit d'arriver de Canada et À: | apportait de fâcheuses nouvelles du Séminaire, { j'appréhenday
que nous ne vous eussions perdu et je fus plus disposé à soutenir la
* Henri de Bernières, Supérieur du Séminaire de Québec, Grand Vicaire, Oficial et Doyen du Chapitre de la Cathédrale, mourut le 4 Décembre 1700 à 68 ans. ve Son corps enterré dans la chapelle du Séminaire, fut transporté à la cathédrale le du 21 Juillet 1728, à
t Alexandre Doucet, curé de Charlebourg.
f “ Quoique les vaisseaux ne fussent pas loin, (le 15 nov. 1701) il futimpossible de se servir d'eux pour faire savoir en France cet accident; ces Messieurs envoy- ser èrent par l'Angleterre un courrier,” pa
(Hist, de l'Hiel Dieu, p. 397.)
rtalité quelle b ASSUès que n pour ous ne lui coe
tenir la
aire, Ofià 68 ans.
npossible
triste nouvelle de l'incendie de notre Séminaire quand je scus que que V. G. se portait bien et avoit veu en saint la destruction d’un ouvrage de quarante ans qui avoit rendu tant de gloire à Dieu et estoit capable de lui en rendre. J’ay été convaincu dans les diverses réflexions que j'ai faites sur un si grand accident que Dieu voulait de vous avant votre mort ce grand sacrifice: vous ne lui en pouviez faire un plus grand. Le feu consumait votre cœur en consumant ce bâtiment, mais c’estoit un feu bien différent, Vous sacrifiiez un œuvre de Dieu aux ordres de Dieu et votre sacrifice en cela alla plus loing que celui du Père des croians en ce que Dieu ne lui demanda que la préparation du cœur ; vous l'aviez depuis longtemps. Il a demandé de vous la réalité du sacrifice, Ce que vous m'avez mandé m'a beaucoup fait d'impression: que l’œuvre que Dieu vous a fait la grâce d’édifier n’est pas un œuvre de pierre et de bois, mais d'esprit at de grâce qui se conserve encore tout entier et mesme plus parfait depuis que notre Séminaire est bruslé. Votre courage pendant le sacrifice et votre force après m'ont fortifié moy mesme, tout foible que je sois, et j'ay admiré votre ardeur à vouloir dès cet hiver travailler au rétablissément de cet œuvre.
Je vous avoue cependant ma foiblesse. Cette nouvelle fit beaucoup d'impression sur moy et me jeta dans un fonds de tristesse dont j'ay eu bien de la peine à sortir: car tout m'y paroissoit accablant. Cependunt pourveu que Dieu vous &it conservé pour notre consolation, j'espère tout: car coe je suis industrieux à me faire de la peine j'en ay ressenti une plus vive de l’appréhension que jay eu que cet hyver vous ne vous soiez laissé abattre par l'affliction du renversement d'un si bon œuvre, que de la perte du Séminaire. Si Dieu vous conserve pour nous, j'espère que nous nous relèverons et malgré la misère des temps qui est très grande et le peu de secours qu'il y à à espérer, nous tâcherons peu à peu à nous remettre.
On peut dire qu’il faut quelquefois que de semblables malheurs arrivent pour connoistre les sentiments des personnes. Je n’ay veu aucun de ceux qui connaissent le bien que ce bon œuvre produit, qui n’en ait été très vivement touché, M. le Chancelier, M, de Pontchartrain nous ont dit que c’estoit la perte du public et non*pas la notre, que ce seroit la ruine de la colonie si cet œuvre ne se rétublissoit, et que tout le monde y devoit contribuer, Il seroit à souhaiter que ce rétablissement se pust faire par ces belles paroles,
2 a po a
M. pe BrisAoter À Man. pe LAVAL.
À Paris 20 May 1702.
Monseigneur,
Le ton sur lequel vous m'avez fait l'honneur de m'écrire par M, Joncair l'accident arrivé à votre chère maison de Québec * m'a beaucoup moins donné de tristesse que de consolation. La grâce que Dieu vous a faite en cette occasion do luy sacrifier de bon cœur en un moment tout ce qu’il vous avait donné durant tant d'années ; la part sincère que tout le pays a prise à cette disgrâce, qu'il a regardé beaucoup plus comme un mal publie que comme une perte particulière pour nos Messieurs ; la soumission parfaite qu'ils ont témoignée aux ordres de la divine Providence, ét l'émulation qui a paru entre les puissances, les communautés et les peuples pour vous secourir dans le temps du feu, et pour vous recueillir charitablement après avoir tout perdu, tout cela est un enchaisnement de tant de faveurs que, bien loin de nous aflliger, nous ne pensons comme vous, Mgr.,qu’à bénir Dieu, tant de ce qui s'est passé en Canada que de ce qui s’est fait en France, f Mgr. de Québec s’est mis jusqu’au cou pour nous obtenir du Roy de plus grands secours, mais Sa Majesté ne l’a pas voulu, et le maître a eu ses raisons pour borner ses grâces dans un temps où il faut avouer que ses finances sont épuisées par la guerre. Mad, de Maintenon m'a fait l'honneur da me dire qu'elle avait même été surprise que S. M. ne nous avait pas refusé tout secours dans la conjoncture présente. Prenons courage, malgré le mauvais temps où nous sommes. Monseigneur, tout âgé que vous estes, je ne désespère pas que vous ne viviez encore assez longtemps pour voir votre ouvrage réparé ou en tout, ou en plus grande partie. Dieu récompensera par là cet abandon héroïque à sa Divine Providence que
* “Le 15 Novembre 1701, le feu prit au Séminaire de Québec et consuma en fort peu de temps cette belle maison pendant l’absence de tous les prêtres qui étaient allés à S. Michel.’ (Anse S. Michel à Sillery.)
(Histoire de l'Hôtel Dieu, p. 396.)
t “L'on porta aussi à l'Evêché M. de Laval, ancien Evique que l’on avait fait sortir de chez lui à demi vêtr pour le sauver, Il supporta cette aflliction avec une soumission parfaite aux voloi.cés de Dieu sans former aucune plainte. Cela devait lui être d'autant plus sensible que c'était lui qui avait érigé et fait bâtir le Séminaire et qu’il en était le père et le fondateur; et qu’il voyait ruiner en un jour le fruit de ses travaux de plusieurs années.”
[Hist. de l'Hôtel Dieu, p. 396.]
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nos Mess, pratiquent avec vous en continuant votre charité ordinaire envers ces enfans du Pays que vous élevez en si grand nombre dans vos maisons, et la pluspart gratuitement, J'ose vous dire Mgr, que c’est cette charité qui a fait le plus d'impression à la cour et qui vous attirera peut-être dans la suite plus d'aumônes de I notre France. !
DE BrisActen.
Les extraits suivants de plusieurs lettres sont intéressantes sous F e le rapport des noms de missionnaires qui y sont mentionnés et qui accompagnèrent d'Iberville le héros, ll
D'Iberville était né à Québec, comme l'atteste l'acte suivant: | “ Le 8 oct. 1693, Pierre Le Moyne, Sr. d’Iberville, cap- de frégate hihi “ du Roi, fils de Chs. Le Moyne, Sr. de Longueuil, Chateau Gué et | | | “de M. Primot, àpousa M, Thérèse Pollet, fille de François Pollet, | ‘Sr. de la Combe, Pocatière, capt, du Régt. de Carignan et de ‘“ dame M. Anne Juchereau. En présence de LesMoyne de Céri- : “gny, enseigne de vaisseau du Roi, de la Forest, gouvernéur du “ fort des Illinois, &e, François Dupré, curé.” | Voici en quels termes deux écrivains ont parlé de cet honme dont la réputation aurait droit d'être plus répandue en Europe et surtout en Fiance, à cause de ses glorieux faits d'armes et de ses découvertes. Dans tous les cas le Canada, sa patrie, honore avec | ‘aison sa mémoire, l ‘ Lemoine d’'Iberville, officier de marine de grande réputation, fut le premier qui entra dans le Mississipi par la mer en 1699. Après avoir foudé la première colonie sous le nom de Biloxi sur la Baie du même nom, il remonta le Mississipi jusqu'à Natchez, lieu qu'il choisit pour la Métropole, et qu’il nomma Rosalie, en l'honneur de l'épouse du Chancelier Pontchartrain.” (Warden—Description des Etats Unis. Vol. IV, p. 258.
En 1697, un gentilhomme canadien nommé d'Iberville,parvint à réveiller sur le pays l'attention du ministère, On le fit partir de Rochefort avec deux vaisseaux et il entra dans le Mississipi, le 2 juillet, 1699: Ce navigateur remonta le fleuve assez haut pour se convaincre lui même de la beauté et de la fertilité de ses rives.” (L'Itinéraire des François dans la Louisiane par Dubroca).
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M. TremgLay de Paris à M. de MarzerEers, 9 Juin 1699.
‘M. d'Iberville partit le 30 décembre de St. Domingue pour aller à ln découverte de l'embouchure du Mississipi, et or attend tous les jours le retour de quelqu'un des vaisseaux qui nous en apporte des nouvelles. Je suis persuadé que si M. d'Iberville fait cette découverte, il envoiera quelque canadien en remontant le fleuve porter cette nouvelle à Québec, ev si ces canadiens trouvent M. de Montigny * il ne manquera pas de descendre aussstôt auprès de M. d’Iberville.
M.TrEmBLAYy de Québec à M. GLANDELET, 1699.
Le P. Bigot est party pour vousaller rejoindre ; Le P. Rafeix était parti longtemps avant lui: M. Fredin est aussi parti le lundy de Pasques.
Il se hastent de se rendre à la Rochelle avant le vingt, parce que M. d’Iberville espère partir avec deux vaisseaux seulem nt dans la fin de ce mois, et la flotte sera retardée à six semaine après.
Je crains bien qu'il n’en parte plus du tout, car nous n’aurons point cette année d'armée navale en mers sur l'océan. C'est pourquoy nos enn‘wis en seront les maîtres et empescheront qu'il ne sorte un seul vaisseau de France; cela rompt et renverse toutes nos mesures. Je fais ce que je puis pour faire embarquer dans ces derniers vaisseaux tout ce qui est prêt pour nous à la Rochelle.
LE MEME AU MEME, 7 mai 1700.
M. d'Iberville n'a pas encore trouvé une belle embouchure du Mississipi, Ÿ ni une belle rade, ,
* François Jolliet de Montigny, chef de la mission, était né à Paris, et fut ordonné à Québec, le 8 mars, 1693. Après avoir été curé de l'Ange Gardien et directeur des Ursulines de Québec, il partit pour le Mississipi avec le titre de Vicaire Général de son Evêque, et accompagné de MM. Davion et St. Cosme. Les frais d'installation ne coûtèrent pas moins de 10,800 livres. La première mission fondée fut celle des Tamarois.
M. de Montigny retourna en France, se consacra aux missions de la Chine devint le secrétaire du Cardinal de Tournon, partagea son exil, et l’assista à la mort dans sa prison de Macao. Il revint au Séminaire des Missions Etrangères de Paris et y mourut an 1725 à 64 ans.
t ‘Les anciens navigateurs avaient toujours évités les Isles qui remplissent l’espace qui est depuis la Baie de l’Ascension#jusqu’à la Baie St. Louis d’Iberville plus hardi, hasarda de les reconnaitre et y trouv:, des canaux aboutissans au Missisaipi, jusqu’à lors ignorés à cause des dangers qui se trouvent à son embouchure. (De Vergennes, Mémoire sur la Louisiane.)
e pour et on ux qui d'Iberremonnadiens scendre
, Rafeix parti le
rt, parce ulem “nt 16 après:
n’aurons . C'est scheront renverse nbarquer ous à la
chure du
Paris, et fut b Gardien et
le titre de St. Cosme.
emière mis-
de la Chine l'assista à la s Etrangères
plissent l'essg d’Iberville boutissans au
gon embou-
Une barre qui règne tout le long de cette coste, plus de 800 lieues, empêche les vaisseaux d'approcher de terre de deux lieues, et il n’y a que de petits vaissaux qui ne tirent que quinze pieds d’eau, qui puissent passer par dessus les endroits. M. d'Iberville a rapporté que le pays lui avait paru en remontant le fleuve près de 30 lieues ou très marécageux ou très sablonneux et ingrat, très peu peuplé de sauvages, peu de chasse et de pesche, en un mot il en a fait un portrait si différent de ce qu’en ont rapporté ceux qui ont esté avec M. de la Salle, que c’est le jour et la nuit, ‘On l'y a renvoié pour parcourir toute la coste, pour visiter le lieu mesme où M. de la Salle a fait raufrage, et s'il ne +"svait pas l'établissement avantageux, l’abandonner; s’il le trouve. h2:. s'y fortifier. J'ay mis dans le vaisseau pour 3 ou 400 livres de poudre, plomb, haches, etc., pour nos Messieurs, dont M. d’Iberville s’est chargé avec plaisir. Nous attendons son retour dans ce mois cy ou dans le prochain. On a bien grossi les objets quand on vous a dit que M. d'Iberville avait laissé au bas du Mississipi 250 français ; il n’y en a que Eu avec son frère qui les commande.
M. TREMBLAY à M. De Marzerers, 1703.
Peu avant que je partisse pour le Berri, M. d'Ibervillo .estoit arrivé à ia Rorbelle, et M. le Sueur estoit venu devant lui à Paris.
M. d'Tberville devait partir vers Juillet ou Août de cette année avec une vetite escadre pour establir cette colonie. Le dessein de M. d’Iberville est de rassembler les nations sauvages et les réunir afin de les rendre suscoptibles d'instruction et de discipline,
M. De LoRMe de Paris, à son frère à Québec.
Juillet, 1704.
M. de la Vente est arrivé heureusement à la Mobile avec M. Huvé et ses filles, vers le mois de Juin ou Juillet; mais ils ont pris la maladie des Iles en passant à St. Domingue et l'ont portée à la Mobile. M. de la Vente se plaint fort des coureurs de bois et des canadiens qui sont à la Mobile: mais il espère beaucoup des missions aux sauvages. Il prétend que les missionnaires aux Chakta et aux Chicacha, trouveraient de quoi s'occuper et auraient lieu de besucoup espérer de fruit. J'ai envoyé es lettres à M. Gervaise qui me manda que si l'on partait cet été et surtout si l'on avait la paix, il s’y destineraitencore quoiqu'il soit déjà un peu
âgé.
M. de la Vente se plaint du choix que M. Bouteville * a fait d'un emplacement à la Mobile pour le Séminaire, et il prétend qu’il faut passer un lieu inaccessible pendant les pluies pour y venir. Il expose que M. Le Sueur f étant mort et ayant un emp::cement sur la place publique près le fort, il y faudrait mettre la paroisse,
M. de la Vente a acheté une vache à la Havane et l’a amenée avec lui: elle lui ser2 très-utile pour subsister.
I1 prétend que ces pays noyés de la Louisiane le long de la Mobile et du Mississipi seraient excellerts à y faire du riz et à en recueillir de grandes quantités, si on si appliquait. Il a aussi acheté à la Havane un noir.
M. TREMB"AY À MGR, DE LAVAL, Paris, 18 juin 1706.
Monseigneur,
Nous avons appris par vos lettres et par celles de tout le monde votre grande foiblesse et la privation où vous estes à présent de dire la sainte messe. Vous avez la consolation du moins de l’entendre.
J'ay escrit à Mgr. de Québec sur ce que vous me proposiez, Mgr. si ayant près de votre chambre une chapelle bien ornée, vous n’y pouviez pas avoir le St. Sacrement, pour votre consolation ne pouvant plus aller à l'Eglise; ce prélat trouve très-bon, Mgr., que vous l'y aiez, et on convient que cela se peut en une pareille occasion pour un Evesque comme veus. Je souhaite que le bon Dieu vous veuille conserver encore plusieurs années pour que vous aiez la consolation de voir rétablir notre Séminaire.
M. le Maire est parti le 19 janvier avec l'escadre de M. d’Iberville qui a 6 ou 7 vaisseaux armez avec lui, Ï C’est une entreprise de 800,000 livres pour laquelle il est, dit-on, pour un quart.
* Balthazer Michel Bouteville, ordonné prêtre en 1696. Il revint à Québec et y mourut à 39 ans en 1711.
t C'est de lui qu'il est parlé dans la lettre précédente de M. Tremblay: où croit qu’il fut Suipicien et mourut à Montréal en 1752. Il était remarquable pour l'austérité et la simplicité de 8a vie.
+ “D'Iberville tira la Louisiane de l'oubli en s’offrant pou son second fondateur: on ne lui refusa rien de ce qui pouvait être ut'le à ses desseins, et personne n'était plus propre que lui à faire fleurir la province qu'on lui confiait: mais il ne vécut pas assez pour remplir les idées que l’on avait à justes titres de som expérience et de sou courage” (De Vergenner, Mémoire sur la Louisiane.)
K à fait Il faut qu'il soit bieu seur de son fait. Nous avons appris que son j Fi } rétend dessein estoit de piller les Isles Anglaises. Il a trouvéen arrivant u? pour y à ia Martinique que M. de Cabanac avoit déjà pillé St. Christophe. ï fil
ant un Ils se sont joints ensemble et ont pillé l'Isle de Nièves le jour de js | st met- , Pasques. J'ay receu de M. Le Maire une lettre de la rade de Nièves +. M
qui me mande tout ce pillage. na Î amenée M. le Maire * croyoit que M. de Sevigni iroit avec lui à la 1 HU Louisiane. I] me mande que le dessein est changé ot que c'estun : Hoi
g dela A autre Capitaine. Sans.doute que M. d'Iberville a besoin de son A] et à en frère pour quelque autre entreprise, mais enfin nous n’avons aucune
a aussi nouvelle de l’arrivée de M. le Maire à l& Louisiane ni d’aucun de
nos Messrs qui y sont, | pue J’ay appris par les lettres de M. Bergier que le P.Murais, Jé- “si , suite f estoit descendu au fort Louis de la Mobile pour y prendre [Ia a la place du P. Dongé. | Hi Vous nous demandez, Mgr., dans toutes vos lettres de demander ELU pour vous à NS. la grâce d’une bonne mort, Nous avons sujet d’es- Re monde pérer que Dieu vous l'accordera, mais nous ne scaurions nous em- AE Et
Li pescher de demander votre conservation pour la consolation et le A |
de l'en- soutien de nos enfans. Il faut espérer que Dieu qui a voulu accrois- fi tre votre couronne en vous faisant passer par le feu deux fois,
es, no l'œuvre qui vous est le plus cher, vous donnera le temps d’en voir |
Ada le rétablissement avancé avant que de vous appeler à lui. Je me qe
Aa sx reco.nmande très particulièrement à vos prières et à vos souffran- He
oo ces, puisque je ne puis plus me recommander à vos saints sacrifi- Hi
i “} ieu vous Pause
Z la con- * (Premier Chapelain sur l'Ile Dauphin.’ Charlevoix. Docum. de Paris sur le
Canada, ii, 640,
. d'Iber- t Le nom du P.Marais ne se trouve pas dans la liste des missionnaires de la Loui-
1e entre- siane donné dans ZZist. of Cath. Missions, La présente lettre remplit encore cette Fine
n quart, "oi ce même Jésuite qui alle à la Baie d'Hudson et dont deux relations sont 1 |
Québec et publiées dans leg Lettres édifiantes. Il y racconte ies circonstances édifiantes de la s jL Pt
mort de Mgr. Bergier, c'était en 1712. in | mblay: où 1 “ Depuis 4 ans on travaillait à remettre le Séminaire ; on n'éparguait rien pour le | faire avancer, on achevait le dedans avec de grandes dépenses quand, par la négli-
JL ALR geance d’un ouvrier qui fumait, le feu prit dans une chambre ou étaient les menui-
giers. Il éventa le feu au lieu de l’éteindre..…....M. de Laval, ancien Evêque, eut en
fondateur: | cette occasion un grand sacrifice à faire parce qu'il voyait encore détruire son ou- à
sonne n'é- vrage, 11 prit cette affliction en saint. On le porta chez les Jésuites ou il demeura
t: mais il quelques jours pendant qu'on lui dressait un petit appartement dans l'endroit du
res de som Séminaire que les flammes avoient épargné.”
».) (ist, de l'Hotel-Dieu, p. 423.) 4
LE MEME AU MEME
1703, Juin 15.
Cette année il n’y aura pas un seul marchand qui aille au Canada, et il n’y aura d'autre vaisseau que celui du Roi qui encore sera équipé par M. de la Chenaye-Aubert pour aller cuercher les mats et les apporter en France.
Je plains beaucoup le Canada; dans l'état où il se trouve, quel secours peut-il tirer d'un seul vaisseau comme la Seine qui encore court bien risque d’estre pris et par conséquent le pais d’estre privé de tout secours ? J’ay longtemps balancé si je vous envoierais nos ballots par ce vaisseau, mais quand je considère l'embarras où vous seriez si ce vaisseau arrivait à bon port, lorsque vous ne recevriez rien par lui, je m'abandonne à la divine providence. Je crains seulement que Dieu ne punisse mes peschez par ce malheur qui me seroit très sensible dans le triste estat où est notre Sémipaire et acheveroit de nous accabler. Mon Dieu ! que je crainsque la Seine ne soit prise!
J’ay receu, Monseigneur, de vous une potite lettre du Montréal qui me surprit de vous voir entreprendre ce voyage dans un âge si avancé. Mgr. de Québec m'a dit qu'il vous estoit très-obligé d'avoir été confirmer dans ce voiage, et que cela le met en repos sur le séjour qu’il est obligé de faire en France pour les unions.
Je vous avoue que je ne suis pas sans crainte sur votre santé après la maladie que vous avez eue cet automne et ces faiblesses de jambes qu'on me marqne que vous avez. Rion ne m’inquiôte d'avantage, Mgr. que la crainte de vous perdre; vous nous estes trop nécessaire dans l’estat où nous nous trouvons. J'espère que Dieu aura égard à nos besoins et au prières que nous lui en faisons et vous conservera comme le St. homme Job pour voir le rétablisse
-ment de votre œuvre dont Il a: voulu de vous le sacrifice, afin de
vous eslever par la grâce au-dessus de tout ce qui est sur la terre. Vous apprendrez la triste mort de notre cher M. Foucault que
des sauvages d’une nation au-dessous des Akansas nommez Coulois
* qu’il avait pris pour le descendre aux français avec trois autres
13M. Shea nomme ces sauvages Xoroas : Il place la mort de M. Faucault au moi. d'oct. 1702. Üet excellent prêtre avait été ordonné à Québec le 3 décembre 1689, et fut plusieurs années curé de Batiscan avant de partir pour la Louisiane. ‘ De la Louisiane, écrivait plus tard M. Tremblay à Mgr. de Laval, M. Bergier me mande que quand M. Foucault a esté tué il avoit pour plus de 1000 escus d'effets avec lui Quelle perte outre celle de la personne qui est inestimable.”
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ult au mois mbre 1689, he, ‘ De la me mande ts avec lui
français malades qu'il avait aux Akansas, ont massac.és pour avoir sans doute leur butin ou poussez peut-estre par les Akansas de dépit de ce qu'il les abandonnoït. Nous nous attendons que le jeune M. St. Cosme sera revenu cet esté à Québec'et aura été ordonné par vous et sera renvoié aux missions du Mississipi et, si M. Bergier quittoit les Tamaroa et descendait plus bas, ce seroit un bon second pour M. Davior. ou pour M. St, Cosme son frère,
Nous attendons cet hiver M. Bouteville * en Frauce, et il’retournera en Canada l’année prochaine. Je crois qu’il faut tascher à laisser Mrs. Gaulin + et Rageot Ï dans les missions de Pentagoet; ce qui m'en fait le plus de rer.’e,c’est qu’on ne donne pas à ces missionnaires de quoi subsister,car asscurement pour 3001b chacun il leur est impossible d’y vivre.
M. l'abbé de Laval se fait toujours fort estimer à Tournay où il est chanoine et official, mais il est toujours m°tade et l'air de Flandre ne luy vaut rien. Il est cependant obligé de rester,
Je n’ay point adressé à M. Bonnet l'attestation que vous avez envoié sur feu M. Vincent. J'en ay gardé un exemplaire et j'ay envoié l’autre directement à St Lazare, de quoy ces messieurs vous sont fort obligez.
Vous apprendrez la mort du bon M. Boudon dont M. Thomas a fait graver le portrait et vous en envoie des estampes par M. Glandelet,
Je suis obligé, Mgr. de tinir celle-cy qui est déjà assez longue et de vous conjurer auparavant de me donner votre bénédiction comme les patriarches la donnoient à leurs enfans et de m'obtenir par vos prières cette force intérieure dont j'ay besoin pour vivre comme un bon prêtre au milieu de tous mes embarras.