‹ Notice biographique sur François de Laval de Montmorency [microforme]Chapitre 62 sur 110 · TREMBLAY · texte numérisé non relu

TREMBLAY

* M. Bouteville qui avait été ordonné prêtre à Québec en 1696, passa en France et fut destiné aux Missions de la Louisiane, mais il tomba malade avant de s'embarquer. Il paroit être revenu bientôt en Canada ou il mourut en 1711 à 39 ans,et fut inhumé 4 la cathédrale,

f M. Gaulin natif de la Ste. Famille, Isle d'Orléans, fut ordonné le 21 décembre, 1697. Il desservit Beaumont en 1698 et fut envoyé à la mission de Pentagoët. En 1700 il se rendit à la Louisiane : Il revint en 1702,fit naufrage sur les cotes du Maine; ce qui lui donna occasion de travailler à la mission Abenakise, et après plusieurs années, 1l revint à Québec où il mourut le 6 mars 1740 à 67 aus, et fut inhumé dans la cathédrale,

f Philippe Rageot fils de Gilles, fut ordonné à Québec en 1701, il desservit Pentagoet jusqu'en 1704,et fit des missions au Cap St.Ignace et à l’Islet de 1704 à 1707, à Kamouraska de 1709 à 1711. Il paroit être mort dans cette année.

Le Meme Au Meme.

L'année dernière, Monseigneur a esté bien malheureux pour notre Séminaire qui a tout perdu, pour le Canada dont tant de vaisseaux ont été pris, et pour la France toute entière par la perte de la bataille d'Hochtet, qui nous a réduit bien bas.

J'avais mis dans le vaisseau la Seine, toutes les provisions pour le Séminaire, ce qui vous fait tort de plus de 20,000 1b. Nos bonnes Religieuses de l'Hotel Dieu y perdent aussy plus de 3000 Ib. *

Vous apprendrez cette année qu'outre la Seine prise par les Anglois le jour de Ste. Anne, le vaisseau du Nord a esté pris et tout le castor et les pelleteries qui estoient dedans, que de plus 12 vaisseau de M. Pascault a esté pris en revenant de Bilbao en Espagne où il avoit deschargé ses castors, en Fr£sre où il revenoit chargé de fer, et qu'on ne scait encore ce qu'est devenu‘un vaisseau parti de Québec cet automne dans lequel on prétend qu'il y a encore pour 200,000 livres de castor, et où sont pur malheur les enfans de M. de Longueil, ce qui m'’añflige fort,

Nous avons un nouvel Intendant ou plus tost deux pour un: car comme M.de Pontchartrain a donné à M.de Beauharnoïs l'Intendance générale de la marine vacante par la mort de M. d'Hervieux, il a nommé À sa place pour intendant du Canada le jeune M. Rodot qui n’a pas plus de 28 ans et qui estoit inspecteur de la marine à Dunkerque; il a engagé M. son père qui est un ancien conseiller de la cour des Aydes d'aller avec lui au moins pour trois ans. Le ministre » eu en cela plusieurs veues; la première d'avancer ce jeune homme qui est sun parent; la seconde, de fuire du bien à cette famille que l’on dit n’estre pas aisée; la troisième, de faire donner par un magistrat stilé depuis longtemps à rendre la justice quelque forme au Conseil souverain de Québec. Tous les deux, le père et ie fils, me paraissent de fort honnêtes gens.

Le fils n’est pas marié; le père laissera madame son épouse en

4 avril, 1705.

* “Les vaisseaux marchands laissèrent la Seine aux prises avec l’ennemiet comme c'était une grosse flute très richement chargée et que les passagers qui y étoient en grand nombre se trouvcient intéressés aux marchandises qui embarrassoient entre deux ponts, par une compassion mal réglée pour quelques particuliers, on n’osa jeter à la mer ce qui empêchoit qu'on put se servir de plusieurs canons. Ainsi ne pouvant quasi se remuer, ils se virent bientot hors d'état de se défendre. Or vint à l’abordage et en fort peu d'heures les Anglois se rendirent maitres de ce gros vaisseau qui portait presque toutes les richesses du Canada.”

(ist, de l'Hotel Dieu, p. 416.)

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France prendre soin de leurs affaires, et pourra méner Mlle sa fille qui n’a que 17 ou 18 ans avec lui pour prendre soin de leur maison à Québec. On dit que cette demoiselle est fort sage.

Je n'ay reçu de M. de St. Cosme * qu'une petite lettre des Natchez du 4 may 1704; il souhaite qu'on ne fasse pas de nouveaux établissemens jusqu'à ce qu'on ayt payé toutes les dépenses faites, et qu'on imite en cela les Jésuites. Il ajoute que le fruit qu'il a fait ne lui paroïst pas encore bien grand, qu’il fait consister à avoir sauvé quelques petits enfants. Il faudroit d’abord rassembler*les sauvages, et rendre ces barbares hommes avant que d’en faire des chrétiens. Les Jésuites voyant le peu de fruit et les grands frais ont abandonné les Oumas.

La lettre de M. Davion est du 10 sept. 1704. ÆEn voicy le précis. Que le pais où il est un fort bon climat et qu'il s’y trouve de trèsbelles contrées de terres. Que l'essentiel est de bien establir la colonie, et pour cela y hien envoier du monde, et du bestail: qu'en ne manque pas de lui envoier cette année un confrère qui ayt de la disposition à apprendre les langues.

Quand à M. de la Vente et Huvé, Ÿ nous en avons reçu trois lettres. Ils nous mandent que leur voiage a été plus heureux qu'ils ne pensoient et que la conduite de ces filles a esté plus facile qu’ils r’avoient appréhendé, Ÿ Ils se louent fort des officiers du vaisseau qui ont esté fort sages et modestes et fort charitables. Que le 10

* Deux St. Cosme ontété au Mississipi.

10. Jean-François Buisson, fils de Gervais et de M. Léreau, né à Québec 9 no. vembre 1660; ordonné prêtre le 30 nov. 1683, nommé chanoine le 8 nov 1684. 20. Son frère Michel, ordonné en 1703.

Le premier se noya dans le Mississipi en 1707. Le dernier s'y rendit avant sa prêtrise. (Voir la lettre ci-dessus du 15 juin 1703), et vint se faire ordonner prètre en 1703 à Québec par Mgr. de Laval.

Il retourna à la Louisiane, suivant quelques uns, mais M. Shea ne donne pas son nom dans son ouvrage sur les missions. 1 mourut à Québec le 18 févr. 1712, âgé d'environ 30 ans, et fut inhumé dans la cathfdrsle.

t Les noms de ces missionnaires ne sont pas mentionnés dans la liste du clergé : L'Hist, des Missions parle d'eux pour la première fois. C: sontautant de membres des missions étrangères dont les travaux serainet restés inconnus.

+ “Pour peupler ce pays (la Louisiane) on y transporta de France un certain nombre de jeunes femmes et des soldats bien portans qui furent mariés avec elies et dispensés du service militaire ; on leur donna queiques acres de terre, une vache un veau, un coq et des poules, une petite quantité de grains pour semer, un fusil, une demi livre de poudre et deux livres de plomb qui leur furent délivrés chaque mois et des provisions pour l’espace de trois ans.”

(Bossu, nouveaux voyages aux Indes Occidentales, vol, 1, p. 23.)

juin 1704, ils prirent terre au Cap François à St. Domingue, et le 7 juillet à la Havane en l'Isle Cuba où l'Evesque Espagnol les

reçut parfaitement bien, logea les filles dans un conservador, etles ( y fit rafraich’. Qu'ils en partirent le 14 juillet, et ne laissè- ‘ rent pas en 8 jours d'y prendre le mauvais air des Isles, qui a fait

mourir plusieurs de leur équipage, que le 20 juillet ils arrivèrent à l l'entrée de la Mobile et au fort Louis le ler jour d’aoust, Qu'ils ont 1 trouvé M. Davion * logé dans une maison neuve, mais sans porte P ni fenêtres : qu'ils y ont trouvé le R. P. Dongé, Jésuite, f qui les

a reçus avec cordialité et dont ils se louent fort, Qu'ils ont faiten c arrivant 15 ou 20 mariages de ces filles dont 3 ou 4 moururent peu 4 après estre arrivez. Que le 20 aoust ils tombèrent malades cinq ou le six qu'ils étoient n'ayant que du lard pour faire des bouillons, b Qu'ils n’ont point trouvé d’Eglise pour la paroisse, que M. de Pont- Pi chartrain a ordonné qu’on en bastist une et qu’on y fasse contribuer

les habitans, mais qu’on ne s’en servira pas si tost, et qu'ils se ser- : V1 vent de la chapelle du fort trop petite pour tout le monde. Qu'ils ne ont trouvé M. Davion fort cassé, résolu cependant de retourner à va

la mission. Que par toutes les perquisitions qu'il a fait du bien à faire parmi les sauvages, il a trouvé qu'il y en a peu de fait, mais beaucoup à espérer, et qu’il croit qu'il y a plus de fonds à faire sur ces missions que sur celles de la Chine et des Indes. Qu'il y a surtout beaucoup à espérer de la nation des Chatta à sept jours au-dessus d’eux sur la Mobile qui est de 7 à 800 familles qui composent 8 à 10 mille âmes où la poligamie est plus rare, et qu'il seroit facile de rassembler en deux ou trois villages. M. de la Vente croit que ce pays là peut devenir très-bon et que si on pouvoit y entvoier bien du monde et des hommes surtout qui travaillassent à la terre qu on en tireroit du profit. Il prétend que ces basses terres qui sont M. tous les ans inondées par les ehux seroient excellentes à y cultiver sue des ris qui y viendroient en abondance, Il se loue fort de M. Huvé,

* D'après Shea, Davion était chez les Tonicas. Après le meurtre de Foucault, il se retira à Mobile, mais revint à son poste on 1704 et y demeura plus de 12

ans.

a Sept missionaires du Séminaire de Québec furent eruployés à la conversion des “1 Indiens du Mississipi. Le plus distingué d’entre eux étoit Montigny, Grand Vicaire àla] de De la Val le premier Evêque de la Nouvelle France qui visi‘a le fort de la Sale: frère pendant la guerre des Natchez avec les Indiens du Nord.f ges a

(Warden, Tableau des Etats-Unis, vol. 4, p. 259.)

t “M. d'Iberville y mena les PP. Dongé et du Ru, Jésuites, et le P. Limoges y vint du Canada,” +“ (Charlevoix, vol. 2, p. 244.)

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son confrère, qui aurait accompagné M. Davion aux Tonicas si le P, Dongé ne s’en fust pas allé. Il nous «pprend qu'ils sont surchargez de travail quoique infirmes, et surtout par plus de 200 Apalaches chrétiens espagnols que les Anglois avec 15 ou 1600 sauvages ont fait fuir de leur pays; que ces pauvres sauvages leur demandent les sacremens et leur donnent tous les signes de bons chrétiens, mais qu'ils sont fort embarrassez, n'ayant aucun interprète et ne pouvans les entendre.

Comme le vaisseau le Pelican est parti à la fin de septembre de ce pays là, il est revenu à la Havane où il s'est fait carenner; et ayant appris que deux frégates angloises devaient aller attaquer le fort Louis à la Mobile et Pensacola, M. DeCoudray envcia un brigantin à M. de Bienville * lui en donner avis, ce qui nous a procuré encore une lettre de M. de la Vente du 2 janvier 1705.

Il m'apprend qu'ils ont presque toujours esté muiades de fiàvres et autres maladies dont il croit qu'il anra peine à revenir. Il nous apprend aussi la mort du P. Dongé Jésuite arrivée à la Havane, Ÿ ce qui est une perte pour ces missions,

M. Da ‘on emmène les deux petits garçons que je luy ay donnés et espère en garder un et envoier l’autre à M. Bergier. Il me mande que los sauvages de M. Davion doivent descendre le Mississipi à 80 lieues plus près de la mer dans u: lieu où il y a de belles terres, et se rassembler tous ensemble. Ils promettent beaucoup aux officiers et aux missionnaires. Il ajonte qu'il faudrait scavoir si les Jésuites abandonnent les Nomas ; que cette mission est belle, bien ramassée et qu’il faudrait ne la pas laisser sans missionnaire, les sauvages estans bien disposez. 11 continue à estre si infirme qu’il craint que sa machine n'’aille pas loing. IL exhorte fort M. Gervaise à le venir joindre. Il dit qu'ils ressentent la rigueur de l'hiver, comme on le fait en France,

Je vis hier, dernier mars, M. d'Hiberville qui est toujours malade et n’a pas encore reçeu ses lettres. ? Il ne croit pas qu’on puisse envoier de vaisseau là de plus de trois mois, parce que le Roy n'en a point.

* (M, de Bienville frère cadet de M. d'Hiberville,qui a le premier établi nos affaires à la Louisiane, y commandait alors comme Lieutenant du Roi en l’absence de son frère qui en était Gouverneur” (KRelation de la Louisiane, vol. 5 du Recueil de voyages au Nord.)

En (704.—M, Shea dit que le bon père mourut à la Mobile.

“D'Iberville se préparait à un troisième voyage, lorsqu'il mourut après avoir rempli une carrière spacieuse pour lui, mais trop limitée pour sa patrie.” (De Vergennes, mémoire sur la Louisiane.)

Nous devons le voir et raisonner sur tout cela aves lui. Vous voyez, Monseigneur, qu’il y a quelque espérance dé faire du bien en Ces pays.

Après midi ler Avril, j'ay rendu visite à Mrs. Rivorin ot Macart anciens députés de la colonie.

Ils m'ont appris des choses bien affligeantes et'qui vont à la ruine de la colonie entière et de chaque communauté en particulier, Ils prétendent que le ministre souhaite qu'on trouve à lever dans le pays mesme de quoy payer l’état du pays qui monte à près de 80,000 ou à retrancher ce qui y est porté et comme ce sont les communautés qui y ont les plus fortes parties, vous jugez quel effet cela fera,

On parle de lever sur tout le pays une capitation. J’ay fort représenté les inconvéniens et le foible secours qu'on en retirera, car pour lever 15,000 1bs, il faudra escorcher 5,000 familles bonnes et mauvaises l’une portant l'autre, et il n’y en a pas 5,000 dans tout le pays. *

Je prévois qu'on pourra bien en venir à un entier retranchoment,

M. l'abbé de Laval f a resigné son canonicat de Tournay contre un de Cambray, et cet archevesque, qui comme vous scavez vous est allié, ? l'a appelé auprès de lui pour en faire son Grand Vicaire. Il loge, est nourri à l’archevesché, et ce prélat l'estime et le chérit,

19 Juin 1705.

Monéeigneur,

Vous scaurez quand vous recevrez celle-cy que tous ceux saisis sur la Seine par les ennemis et qui ostaient prisonniers en Angleterre ont esté relaschés hors Mgr. de Québec et ses ecclésiastiques. ÆEt ce qu'il y a de fâcheux c'est que ce prélat et ses ecclésiastiques pourront bien n’estre *endus qu’à la paix, car l’Em-

(*) D'après le recensement de 1706 il n’y aviit en effet dans le pays que 17321 habitants.

(t) Charles françois Gui de Laval de Montmorency, neveu de l’£vêque de Québec, que K'énélon proposa à la Daterie pour l’archidiaconé de Cambrai, en alléguant ses services dans les diocèses de Tournay et de Cambrai dont il était chanoine, ga haute naissance et ses qualités personnelles. Il fut nommé à l'Evêché d'Ypres en 1713, mais ne le garda que 8 mois, étant mort a mois ‘’uoût de la même année.

[+] La fille du Marquis de Fénélon avait épousé le Marquis ue Montmorency Laval. Voir l'Histoire de Fénélon par le card. Bausget, T. 1, p. 15.

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poreur « prié la Roine d'Angleterre ot les Hollandois de ne pas rendre Mgr, de Q: qu'on ne leur rendist M. Mean, Doyen du chapitre de Liége, ennemy personnel du Roy, créature du feu Prince d'Orange, et pensionnaire des Etats, que M. l’Electour de Cologne comme Evesque de Liége tient prisonnier d’estat et est résolu de ne le relascher jamais. On demande encore pour les Ecclésiastiques certains ministres français pris avec les camizards dans les Sevennes, et condamnés aux galères, Nous plaignons le prélat qui mesne une vie fort triste et qui n’a pas beaucoup de consolation, * M. de Langeon, trois prêtres de St, Sulpice, et M. Bouteville entre autres partagent sa captivité,

Le P, Varier, Récollet, à Mar. DE LAVAL.

A Versailles Avril, 1702.

Monseigneur,

Je souhaite que cette lettre vous trouve dans une santé aussy parfaite que je la demande tous les jours pour vostre Grandeur, vostre conservation est d'autant plus prétieuse qu'elle est utile à vostre Eglise. Vous m'avés fait l'honneur de me confier vos sentimens sur vostre démission, la providence vous remet en place par l'absence de vostre successeur que l'on croit icy devoir estre longue. Il se flatte cependant de repasser l’année prochaine,

Depuis le 9 Décembre que je suis débarqué, j'ay esté occupé dans l’Anjou à faire des missions de l'ordre de Monseigneur d’Angers. Je ne suis arrivé icy que depuis six jours, n'ayant presque point séjourné à Paris. L'on m'a appelé à Versailles en diligence pour y travailler pendant le Jubilé de l’année sainte qui durera jusques à l’occasion.

Il y icy plus qu'ailleurs de quoy exercer son zèle, Je n'aurais pas encore veu Monseigneur, s’il n’étoit venu icyou par occasion. Je l’ay rencontré, je ne luy ay parlé qu'un moment en présence de mon Provincial à qui il a demandé de me reconduire en Canada, lorsqu'il y répasseroit, rien ne s'est conclu. Cette espérance me

* (Pendant ce temy: là il s'employa avec un grand zèle à consoler les catholiques, à administrer les Sacremens à recevoir les visites des prêtres et des religieux cachés dans ce Royaume, et celles que lui firent les premières personnes de la Cour, qui le traitèrent toujours avec des marques d'une singulière estime.”

[Hist. de l’Hotel-Dieu, d. 419]

consolavoit dans le cagrin que je ressens encor d’avoir esté arrachéd’suprès de vous, Monseigneur. Je ne m’en console que parce que je n’ay point eu de part à mon retour. Mes supérieurs ne l’ont voulu si ardemment que pour m'engager dans les missions de l’armée, J’ay desjà ordre de me tenir prest à partir pour la fin du mois, Falloit-il que la guerre des princes sur la terre m'empeschat de la faire au démon. Quoy qu'il arrive, je ne perdray que per la mort l’inclination et la volonté de retourner au Canada. Je ne doute pas mesme que la Providence ne conduise les choses d’une manière qui facilitera l’accomplissement de mes désirs.

Je suis sensiblement mortifié de n'avoir pu encore aller au Séminaire des Missions Etrangères y rendre mes devoirs à Messieurs les Supérieurs. Vous m'’avés permis, Monseigneur, de me regarder comme membre de ce St. corps. Je m'en glorifie et par ce droit d’association dont l’on m'a honoré, j'en partageray volontiers les travaux du Canada qui est le seul endroit où je: puisse avoir cette relation; n’ayant point ailleurs d'établissement de mon ordre.

J'espère au retour des vaisseaux recevoir des nouvelles conformes aux vœux que je fais sans interruption à Dieu pour vostre: conservation utile à la pauvre église dont vous avés jetté les fondemens... Essayés avant votre mort de placer des prestres séculiers dans toutes les missions des costes.J'ay souvent entretenu nos Messieurs de l’importance dont cela étoit. Je sens plus de vocation à ” entretenir les domestiques de la foy.

Je suis avec un profond respect et une reconnoissance parfaite, Monseigneur,

Votre très-humble et très- obéissant serviteur,

* F. Laurent Vatier.

* Laurent Vatier, natif de Liesse en Picardie, vint à Québec en Juillet 1696.

Il desservit St. Nicolas pendant quatre ans, passa quelques semaines à Beauport et à Charlebourg en 1701, et fut envoyé en France comme on le voit par sa lettre.

D'après M. Noiseux, il en revint dans la même année 1702, et fut chargé de la garnison de Cataraquoi pendant quelques années. En 1705, il passa par le Détroit pour aller à Michellimakinac, et gagna de 1à chez les Renards et les Sioux. Il y prêcha l'Evangile avec zèle et succès. de Un sauvage le tua en Février 1713; le bon Père n'avait que 43 ans.

té arra- (.) parce eurs ne nissions pour la la terre ) ne perirner au conduise t de mes

aller au rs à Mesur, de me xlorifie et artageray roit où je plissement

velles conour vostre 6 les fondes séculiers u nos Mesvocation à

ce parfaite,

atier.

illet 1696.

M. TREMBLAY à M. GLANDELET. *

Ce 20 juin 1705.

Monsieur,

Je crois inutile de vous mander l’accident arrivé à la Seine et la manière dont tout s’est passé. Comme plusieurs séculiers, qui sont revenus d'Angleterre, passeront à Québec avec cette lettre, ils vous apprendront la témérité et l'envie de piller de uos Canadiens.

La Ronde et Tilly, qui ont conseillé à M. Maupeou d'aller attaquer une flotte présumant que ce n’estoient que de petits vaisseaux et vous scaurez par eux la manière dont on a eschangé les prisonuiers, hors le prélat et ses ecclésiastiques. On a mesme renvoyé une Ursuline de Quimper, que Mgr. de Québec menoit au Canada pour les 3 Rivières, et dont on dit du bien, et une autre fille séculière qu'il destinoit pour l'hôpital général, parce qu’elle scait soigner et panser les m‘lades et qu’elle se mesle un peu de pharmacie.

Lui seul est donc resté en Angleterre avec ses ecclésiastiques. Je n’ay pas cependant encore veu M. D’Esgly, capitaine, et je ne scais pourquoy il est retenn, mais pour le prélat, c’est l'empereur qui en a été la cause, et comme Dieu vient de l’appeler à lui, il à présentement rendu compte à Dieu s’il a eu raison ou non, mais son prétexte a été de prier la reine de ne pas renvoyer M. l’Evêque de Québec qu'on ne rendit M. Mean, doyen de Liége + que M. l’Electeur de Cologne, comme Evèque et Prince de Liége, tient prisonnier; car ce M. Mean est l’ennemy personnel du Roy, quia toujours esté lié avec le Prince d'Orange et les Hollandois et qui a engagé Liége contre la France. Mgr. de Québec a protesté que tant qu'on demanderoit pour lui, prisonnier de guerre, un prisonnier d’Estat, il ne pouvoit estre délivré. Quant à ses ecclésiastiques, qui sont au nombre de 16 ou 18, ils sont tous avec lui dans une petite ville ou un village qui est à six lieues de Londres, où ils sont

* Quoique cette lettre ne soit pas adressée à Mgr, de Laval, on l’a placée à Ia

es à Beauport t par sa lettre.

suite de la précédente, parce qu’elle la complète, et ensuite parce que les lettres étaient pour ainsi dire communes entre Myr. de Laval et les prêtres du Séninaire,

chargé de la et que la lettre adressée à l’un était censée destinée à tous les autres.

r le Dé- Mr pe a Sioux. t “Ce fut de la part de Louis XIV, que l’on enleva le Baron de Mehan en habit ni de chœur, lorsqu'il sortait de l'Eglise, sans lui donner le temps «d'entrer chez lui

2% pour y prendre ses papiers: il fut conduit dans un château.”

Hist. de l'Hôtel-Dieu, p. 419,

logés chacun dans des maisons particulières, et Mgr. de Québec est logé avec trois vu 4 qu'il a retenus avec lui.

Il y a 2 sulpitiens pour Montréal, fort honnestes gens, et M. Boutteville. 11 y faut joindre M. de Langeon, prestro de très bonne famille, de la maison de Beauveau, qui est un saint prestre, et un autre prestre de mesme qualité qui demeuroit à St. Sulpice, avec Mgr. de Québec. M. Ollivier qui, depuis, a voyagé à Kome en estun; etun autre qui a demeuré au Séminaire, il y a 10 ou 12 ans.

Il y a quatre jeunes gens qui ne sont pas dans les ordres sacrés et qu'on m'a dit estre fort modestes et fort sages, Voilà ce que j'en connois. J’ay appris que Mess. de Langeon et de Fraize s'estoient encore séparés d'eux, mesme de lui, en prenant une chambre à part, ce qui fait qui doit actuellemer.: avoir peu ou point de ses ecclésiastiques avec lui.

La Reine d'Angleterre donne pour chaque ecclésiastique 12 sols, et 24 sols pour Mgr. *

* “Le peu de vaisseaux qui vinrent en 1709 nous apprirent que Mgr. de Québec étoit sorti d'Angleterre dès le printemps. 1lfut rendu pour le Baron de Méan, Doyen de Liége, après une captivité d'environ 5 ans.

(En 1713) “M. l’'Evêque qui bruloit de zèle de revenir dans son diocèse, d'où il étoit absent depuis 13 ans, s'embarqua sur un très petit vaisseau marchand, nommé le Manon, qui arriva ici heureusement le 18 août... ; il amena plusieurs ecclésiastiques qu’il ordonna prêtres.”

(Hist. de l’Hotel-Dieu.)

Québec est

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chambre à joint de ses

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'Hotel-Dieu.)

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