‹ Notice biographique sur François de Laval de Montmorency [microforme]Chapitre 69 sur 110 · LES ETES · texte numérisé non relu

LES ETES

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Lanouiller, Conseiller, faisant les fonctions de procureur général depuis le décès du Sieur Collet, jusqu’à ce qu'il ait plu à Sa Majesté de faire savoir ses intentions.

Sur le tout, voulons que notre présent ordre soit porté au Con: seil Supérieur au premier jour d’assemblée pour y être lu par l’un de nos secrétaires à haute et intelligible voix, et en suitte publié à 8on du tambour, et affiché en tous lieux où besoin sera, tant dans cette ville de Québec, qu’en celle des Trois-Rivières et Montréal, et partout ailleurs où nous le jugerons nécessaire, à ce que per- Sonne n’en prétende cause d'ignorance. En foy de quoy nous avons signé le présent ordre, à iceluy fait apposer le sceau de nos armes et contresigner par l’un de nos secrétaires. Fait à Québec le huit Mars, mil sept cent vingt-huit.

(Signé,) BEAUHARNOIS.

Le ministre informé de ce qui s'était passé, écrivit à M. de Beauharnois le 3 Juin, 1728.

‘“ Sa Majesté a été très surprise que le Chapitre ait ignoré le droit de l’Archidiacre d’officier à l’inhumation du corps et aux grandes fètes, prérogative à laquelle seule il s’est fixé et dont le refus a donné occasion à tout co qui s’est passé dans ia suite.

Les termes dont M. Dupuy s'est servy dans les Ord. qu’il a rendus sont si peu mesurés ot il paraît tant de passion dans sa conduite, que Sa Majesté qui n'avait pas lieu d’ailleurs d’en être satisfaite, s’est déterminée à le révoquer... Sa majesté lui marque que son intention est qu’il ne fasse plus les fonctions d'intendant du C. et de remettre les papiers de l’Intendance à M. d'Aigremont.”

Sur la question de la vacance du siége M. de Lotbinière s'était trompé.

I] se trouva en effet qu’au mois de mars 1728, et avant d’avoir appris la mort de Mgr. de St. Valier, Mgr. de Mornay donna sa démission de la Coadjutorerie, ct le roi nomma l'abbé Machuco de Presnaux. Mais bientôt de son côté la cour fut informée que le siége même de Québec était vacant depuis plus d'un an, et par conséquent que la nomination d’un coadjuteur était nulle, * Mgr. de Mornay se trouvant réellement Evêque de Québec, et apprenant

* Pour les difficultés sugcitées au vicaire capitulaire par M. de Lotbinière et les mesures violentes prises par le conseil supérieur pour s'opposer à l'exercice de sa jurldiction légitime, voir chap. 28, Cours d'hist, du Canada.

les difficultés que causait son éloignement, adressa une procuration à M. de Lotbinière pour prendre possession du siége en son nom. Il le fit le 15 septembre 1728 avec le titre de grand vicaire,

Les fonctions de M. Boulard cessaient par là-même, et M. de Lotbinière gouverna jusqu’à l’arrivée de l’Evêque de Samos, nouveau coadjuteur (23 août 1729).

M. Boulard qui était toujours curé de Québee et Théologal, avait subi en grande partie le désagrément des difficultés du temps et les reproches des ennemis du Chapitre. Il était âgé et n'avait peutêtre pas l'esprit de conciliation si précieux dans les circonstances épineuses.

Sa santé s’altéra profondément, il se fit transporter à l'Hôtel Dieu et y mourut le 28 septembre 1733. M. Valier le remplaça comme théologal. Mgr. Mornay bien décidé à ne pas traverser la mer, obtint pour coadjuteur M. Dosquet, tout-à-fait étranger à ce qui s'était passé en Canada, et peu préparé à remédier aux maux véritables qui divisaient la petite église dont Mgr. de Mornay était " d’ailleurs encore chargé. L'’Evêque de Samos sentit le danger de suivre les vues de M. de Lotbinière très impliqué dans les différends et qui n'avait pas les mêmes idées que lui sur les lois canoniques. *

11 s'appuya d'avantage sur M. de La Tour qu'il avait amené avee lui et qui était bien disposé à le seconder. Malheureusement, il n'avait que 28 ans, et on reprochait sourdement à l’Evèque ‘“ de lui renvoyer tout le détail du diocèse.” +

Ce fut lui que l’Evèque revêtit de la fonction d’official vacante par la résignation de M. Dufournel,curé de l’Ange Gardien, et très âgé, qui tenait cette charge du chapitre durant la vacance. Il le fit aussi nommer doyen du chapitre par le Roi, en remplacement de M. Glandelet mort en 1725: de manière que la présidence du chapitre qui appartenait depuis la mort de M. de Varennes (décédé en 1726), à M. de Lotbinière en qualité d’Archidiacre, passa entre les mains de M. de la Tour le nouveau doyen. La visite des communautés religieuses lui fut confiée et il s’en acquitta avec un grand zèle. Il rencontra des difficultés nombreuses, qui le firent renoncer à la pensée de 8e fixer en Canada. Le chapitre qui ne

* Michel Eustache Gaspard, le plus jeune de ses fils, resta seul pour perpétuer son nom. Il fut fait chevalier de St, Louis, et créé Marquis. Etant à New-York en 1799, il y mourut de la fièvre jaune, Cette famille est éteinte,

t Lettre de M. Delorme, 23 Octobre 1730.

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pouvait le retenir, le chargea de sa procuration en France (15 oct. 1731). On essaya plus tard de le rappeler dans ce nouveau diocèse qui : aurait eu un si grand besoin de ses lumières, et on le nomma à la cure de Québec, mais il ne put se déterminer à l’accepter. On,doit à M. de la Tour la publication des annales de l'Hotel Dieu de Québec, Voici comment une religieuse de cette communauté en parlait dans une lettre du 3 nov. 1752:

‘“ Je ne veux pas finir cette lettre, sans vous dire que M. l’abbé de la Tour doyen &e Montauban, qui a été autrefois Grand Vicaire en Canada, a fait imprimer nos annales sous le nom d'Histoire de lHotel-Dieu de Québec. J'espère que vous ne les lirez pas sans plaisir, et sans être édifié, quoiqu'il y ait bien des fautes d'impression. Il y est rapporté bien des événements qui regardent l'établissement du pays. Je tâche d'engager un libraire de Paris à en faire venir quelques exemplaires.”

M. Latour est aussi l’auteur de la Vie de Mgr. de Laval dont le premier volume seulement a été publié.

Nommé conseiller clerc le 17 mai 1720, il avait une position dans l’état civil comme dans l’église.

Mgr. Dosquet sentit aussi son courage faillir. Les principales difficutés roulaient sur la fixation des cures, sur la jurisdiction des biens ecclésiastiques, sur l'interprétation du droit canonique touchant les chapitres, sur l’état des communautés religieuses et en général sur les attributions des différentes dignités ecclésiastiques.

11 résulte de l’ensemble des faits que l’Evêque ne réussit pas à concilier les esprits; il repassa en France au bout de deux ans. (1730)

Il obtint, avant de partir, la renonciation de M. Voyer à la cure de Ste Anne, qui lui avait été accordée en 1728, après une érection en forme par le Chapitre sede vacante. Cette nomination et les prétentions du Chapitre basées uniquement sur des arrêts du Parlement et du Conseil privé du Roi * étaient insoutenables au point de vue canonique. Mais quoique non fondées en droit, elles. donnèrent lieu à une procédure devant l’offic.à1lité diocésaine, et à un appel devant le Conseil Supérieur. Le brave curé finit par lâcher prise après bien des débats, et en fut quitte pour accepter par accommodement la paroisse des Grondines voisine de celle de $te Anne, à laquelle fut ajoutée celle du Cap Santé.

* Arrêts du Parlement de Paris, 6 sept. 1642 et 25 juin 1683. Arrêt du Conseil privé du Roi, mars 1688.

La cure de Québec menaçait de causer des difficultés; M. de la Tour ayant refusé d'accepter, fut obligé de faire un acte de résignation., * Le Séminaire proposa M. Lyon de St. Ferréol son Supérieur, et Mgr. lui donna des lettres en forme ; mais la prise de possession n'eut pas lieu sans opposition. Le Séminaire avait cessé de dominer par le nombre dans le Chapitre. M. Hamel, procureur du Séminaire, était mort, Ÿ et avait été remplacé par M. Pierre

de Gannes Falaise ; le Chapitre força M. Leclair, curé de St.Valier,

à résigner son canonicat et le remplaça par M. Yves Leriche, alors curé de St Laurent,

Le nouveau curé de Québec n'étant pas chanoïne titulaire, le canonicat resté vacant par la mort de M. Boulard fut donné à M. Jean-Pierre Miniac. Quelques jours après, à l'occasion de l’installation du curé de Notro Dame, Mess. Valier, Plante, Leriche et Falaise protestèrent de la part du Chapitre, mais ce fut tout. Cependant sur les instances de tout le clergé et du Roi, Mgr.de Mornay résigna le siége de Québec; M. de Lotbinière chargé de procuration du nouvel Evèque Mgr. Dosquet, prit possession en son nom le 8 août 1734. Le prélat arriva bientôt pour administrer son diocèse, mais se voyant entouré de difficultés inextricables, il ne demeura qu’un an, fit deux voyages à Rome et résigna son évêché, Au mois d'octobre 1737 il fut décidé dans un chapitre général que l'indépendance nécessaire au chapitre exigeait que les chanoines n'appartinssent pas à des communautés; cette mesure n’eut pas cependant d'effet rétroactif, et Messrs Valier et Plante ne furent pas exclus, quoique membres du Séminaire ; ils furent les derniers de cette maison admis dans le chapitre.

En 1738 le Séminaire des Missions Etrangères de Paris voulut nommer un curé de Québec;et jeta les yeux sur M. Jacq. Dartigue du diocèse de Lescar en Béarn. Mais il ne se trouva pas propre à cette charge, comme le marquait M. Delorme à son frère Hazeur (le 14 mai 1739). Il s’en démit le 27 nov. 1738, demanda à aller à la Chine, ce qui lui fut accordé ; et M. Chs. Plante qui desservait la cure de la cathédrale depuis longtemps en qualité de vicaire fut nommé curé en titre. Il résigna son canonicat en 1740 et mourut curé de Québec le 20 mars 1744.

Le 28 février 1735, Mgr. Dosquet adressa un mandement à tous les prêtres séculiers et régliers leur prescrivant de s'adresser à ses

* 8 mai 1734.

+ 5 sept 1732.

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Grands Vicaires pour demander la renovation par écrit des pouvoirs de jurisdiction qui leur avaient été confiés, etrévoquant à cet effet tous ceux qu'ils tenaient de lui, de ses prédécesseurs, de ses grands Vicaires et de ceux du chapitre le siège vacant, cette révocation devant avoir lieu 3 mois après que le mondement serait parvenu à leur connaissance, Le promoteur était chargé d'en envoyer dans les paroisses, et le mandement devait être lu dans une assemblée capitulaire du vénérable chapitre et dans les communautés. Les Supérieurs étaient chargés d’en faire tenir des copies aux missionnaires de leur corps. |

Cette mesure indisposa le clergé; maïs elle remédia à la faute du chapitre qui avait érigé des paroisses et des bénéfices et les avait conférés, mais sans le désigner trop ouvertement.

Mgr. Dosquet montrait un grand zèle: ne pouvant faire luimême la visite du diocèse, il chargea M. de Lotbinière par mandement du 17 février 1735, de visiter la côte sud, comme il l’y avait autorisé pour tout le diocèse en 1730. *

Quoique M. de Lotbinière fût devenu Grand Vicaire, il n’y avait pas eu de racommodement complet entre lui et le chapitre. Le Chapitre députa pourtant M. Lepage auprès de Mgr. Dosquet pour savoir son sentiment sur les contestations au sujet du revenu de sa prébende, La réponse fut favorable à M. de Lotbinière.

Celui-ci parut disposé à faire la paix, alla trouver le général et lui demanda d'adresser aux chanoines un écrit ainsi conçu :

“ M. l’Archidiacre m'a proposé de le mener à Mess, du Chapitre et que je dirois: Messieurs, voilà M. l’Archidiacre qui est fâché de ce qui s’est passé; et si Messieurs vous avez fait quelque chose “contre luy que vous en estes fâchés.”

Le Général ayant écrit cette note de sa propra main, l’envoya au chapitre qui ne voulut pas l’agréer, maïs dressa lui-même des propositions , 1i furent remises au général. (Celui-ci en fit part à M. de Lotbinière, mais sans résultat.

De retour à Paris après son premier voyage de Rome, Mgr. Dosquet avait nommé M. Miniac archidiacre ; ille chargea de ses pouvoirs avec M. Normand. Ce furent aussi ces deux Gran 1s Vicaires qui reçurent du chapitre les pouvoirs nécessaires, lorsque l'on apprit à Québec la résignation de Mgr. Dosquet et la nomina-. tion de son successeur. Mgr. de l’Auberivière ayant reçu ses Bul-

* Le fils de M, de Lotbinière passa en France er 1741, se fit ordonner prêtre et revinten 1746. Il mourut le 17 octobre 1786.

les fut consacré à Paris par Mgr. de Mornay. En sorte qu'il y eut en France dans ce moment trois Evêques de Québe c. Le nôuvel élu adressa sa procuration à M. Thierry Hazeur qui prit possession en son nom le 20 juin 1740. La joie causée par la nouvelle de son arrivée quelques semaines après, se changea bientôt en deuil. ÆEnlevé par une épidémie, ce jeune Evèque laissa l'Eglise de Québec encore veuve: voici le détail de ce mulheur.

Mgr. de l'Auberivière s'embarqua pour le Canada sur un vaisseau du Roi, accompagné de plusieurs ecclésiastiques. La fièvre clara à bord et fit bien des victimes, entre autres M. Mass 0 Montbrae, prêtre de St. Sulpice que l’on débarqua en passant à Kamouraska et qui y mourut leG6août, Le vaisseau arriva à Québec le 7, et Mgr. l'Evêque déjà malade, fit son entrée, au milieu des craintes les plus alarmantes; en effet, après avoir été tant désiré il mourut de la contagion le 20 et fut enterré le même jour par le doyen du chapitre, en conséquence des représentations du Gouverneur et de l'Intendant. D'après l'acte de sépul- “ture, le prélat avait 29 ans, et avait donné de grandes preuves de “vertu et de sainteté, ayant gagné la maladie à soigner les mala- “des au service desquels il s'était sacrifié avec un grand zèle.”

M. Pierre Paris, son Secrétaire et aumônier, retourna en France presque aussitôt,

La jurisdiction tombait de nouveau entre les mains du c} ve qui dut attendre patiemment et non sans inquiétude, le choï \ nouvel Evêque qui serait fait par le Roi. Le 20 août, le chapitre nomma (Vicaire Capitulaire), non M. de Lotbinière son doyen, mais M. de Miniac, archidiacre, qui passa en Europe quelque temps après à cause du mauvais état de sa santé, Il demeura quelque temps à l’Acadie comme missionnaire.

Par une lettre de M. Delorme de 1762, on voit que M. de Miniac était encore vivant alors. Il habitait Paris, ses infirmités s’aggravaient surtoutson mald’yeux ; il en envoya un certificat du Médecin

De là nouvelle élection d'un Vicaire Capitulaire dans la personne de M. Hazeur, Grand Pénitencier, qui demeura en charge près d’une année,

L'acte de son élection renferme des détails intéressants, quoiqu'il s’y trouve des clauses qui ne sont pas conformes au droit canonique, en voici la teneur,

‘“ Aujourd'huy vingt-troisième aoust mil sept cent quarante, le chapitre s’est assemblé au son de la cloche et selon la forme ordinaire, après avoir célébré la messe du Saint Esprit, où se

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sont trouvés M. de Lotbinière, doyen; M, Miniac, archidiacre ; M. Eazour, pénitencier; MM. Plante, Mauñils, Fornel, Tonnancour, Falaise, chanoines ; M. Poulin absent à cause de la paroisse qu'il dessert, au sujet du décès de Monseigneur François-Louis Pourroy de l'Auborivière, Evêque de Québec, qui est mort ce matin À sept heures, et comme il est nécessaire de pourvoir à la jurisdiction et de nommer des grands vicaires pour avoir la conduite du diocèse, le chapitre a déclaré le siége vacant, et a procédé à l'élection des dits grands vicaires, et à la pluralité des voix on a nommé M. Miniac, archidiacre du chapitre, pour vicaire général de tout le diocèse, M. Courtois prestre, puur grand vicaire dans le gouvernement de Montréal, et on a remis à nommer les grands vicaires pour la Louisiane, Louisbourg et l’Acadie avant le départ des vaisseaux, attendu qu’on ne scait pas si ceux qui avoient été nommés cy-devant y sont actuellement résidents ou non, On a ensuite procédé à la nomination des supérieurs des communautés religieuses auxquels le chapitre attribue les pouvoirs de grands vicaires chacun dans la communauté dont ils seront chargés, et l'on a nommé à la pluralité des voix M, Miniac supérieur des Ursulines de Québec et des Trois-Rivières, M. Plante, supérieur de l'hôpital général, et M. Tonnancour, supérieur de l'Hôtel Dieu, auxquels grands vicaires et supérieurs des communautés le chapitre donnera des provisions qui seront enregistrées sur les registres du chapitre. L'on # aussy nommé pour official M. Miniac, et M. Fornel promoteur axquels le chapitre donnera des provisions. Le chapitre se réser » pendant la vacance de pourvoir aux cures qui sont vacantes duns le diocèse et de leur nommer des titulaires. Fait les jour et an que dessus. Ainsy signé: Chartier de Lotbinière, doyen. Miniac, Arch.; Hazeur, Pe.; Plante, Maufils, Pte, Che; J, Fornel, Pte.; &, de Tonnancour, Chan-secrét, ad hoc. De Gannes de Falaise, Ptre Chan.”

Il est à remarquer que d’après le droit canonique, le chapitre ne doit se réserver aucun de ses droits d'administration pendant la vacance, qui appartiennent au vicaire capitulaire.

Cette observation s'applique également à l’acte suivant.

” Le septiesme novembre mil sept cont quarante, le chapitre s'étant assemblé extraordinairement après vêpres, ainsy qu'il avoit été indiqué au son de la cloche avec les cérémonies ordinaires, où se sont trouvés MM. de Lotbinière, doyen; M. Haz,. Pénit. MM. Mauf,, For., Ton., Fal. et Poulin, Chan., pour procéder à l'élection d'un Vic. Gén. du Ch. sede vac, au lieu et place et

en l'absence de M. Miniac, archidiacre, parti pour France, sans l'agrément et consentement du chapitre qui a jugé à propos de luy révoquer les pouvoirs de G. V. à luy cy devant donnés depuis la vacance, laq. révocation luy sera signifiée à Paris à la requête du ditchap. par M. Hazeur de Lorme Grand Chantre et agent du chapitre La d. élection a 4té faite à la nluralité des voix et l'on & élu M. Hazeur pénitencier, pour Grand Vicaire dans toute l’étendue du diocôse, aux réserves de ne rien faire de considérable dans les paroisses pour le changement des curés et r .ssionnaires sans l'agrément du chapitre, se réservant le dit chapitre de faire chaque année la distribution des suppléments, les visites des monastères et des paroisses, si le cas y échet, et le dit Sr. Hazour a été élu supérieur du monastère des Ursulines de cette ville et de celle des Trois-Rivières. Fait à Québec en l'assemblée capitulaire Îles jour et an que dessus.

Chartier de Lotbinière doyen du chapitre ;

Tonnancour Chan. Hazeur,

Maufils, Ptre Chan. J. Fornel, secrét,.

De Gannes Falaise Chan.”

Le 28 novembre M. Fornel fut élu official à la place de M. Miniac, le chapitre reçut son serment en la dite qualité.

On lira avec intérêt le mandement par lequel le Vicaire Capitulaire s’efforça de raviver la dévotion en la très-sainte Vierge Marie.

‘ Mandement de Mr. Hazeur, nommé Vicaire Général par le Chapitre de Québec, le Siége vacant,

Joseph Thierry Hazeur, Grand Pénitencier, Vicaire Général du Diocèse, le siége vacant.

À. tous ceux qui les présentes verront Salut en Notre Seigneur:

Nous ayant été représenté que dans la pratique anciennement observée dans ce diocèse, on avait sagement établi que pour les nécessités et besoins particuliers et publiques du pays, on disait à la fin de la messe les litanies de la Ste. Vierge, ce qui ne s’est point pratiqué depuis quelques années pour y avoir suppléé par d’autres prières, mais afin de ne point laisser tomber plus longtemps un &i saint usage, rendre solide, stable et permanent une si louable coutume, même augmenter la dévotion à l’Immaculée Mère de Dieu pour obtenir par son moyen et son crédit la conversion des pécheurs et des infidèles, l'augmentation et la conservation de la religivn, l'union et la paix entre les princes chrétiens, l’avantageux départ et l’heureuse arrivée de nos vaisseaux, généralement

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tous les besoins spirituels et corporels, particulièrement afin que cette mère de miséricorde prie et intercède pour nous auprès de son fils N. S. J, C. qui, par son sang précieux répandu sur la crcix pour le salut de tous les hommes dont le Saint Sacrifice de la messe nous renouvèle tous les jours la mmoire, sera pour nous un puissant avocat auprès de Dieu son père pour obtenir ce que nous demar:dons, surtout la grâce de la persévérance finale, pour vivre et mourir dans son saint amour. Nous avons cru ne pouvoir mieux faire de l’avis et consentement du Chapitre, que de rétablir et mottre en vigueur un si ancien et si saint usage,

A ces causes ordonnons à tous prêtres séculiers et réguliers de réciter les litanies de la très Ste. Vierge, ensuite le Sub tuum, le ver set Ora pro nobis, l’oraison Concede, celle des Anges et Deus refugium, à la fin de la messe, depuis le lundy inclusivement de la Quasimodo jusqu’à la veille de Noël inclusivement, excepté aux messes des fidèles trépassés, à commencer de ce jour douzième de Novembre. Exhortons tous les fidèles de l’un et de l’autre sexe à se joindre aux prêtres et assister aux litanies que le public demande avec instance,

Sera notre présent mandement lu et publié le jour de la Quasimodo au prône et enrégistré aux Registres des paroisses et missions du diocèse pour être exécuté selon sa forme et sa teneur.

Donné à Québec ie 12 Novembre 1740, scellé du sceau du diocèse et contresigné par notre Secrétaire.

(Signé,) Hazeur, Vicaire Général.

Par Monsieur le Vicaire Général,

Beaudoin, Ecclésiastique.”

L’Abbé de Pontbriand désigné par le Cour pour remplir le siége, fut préconisé le 6 mars 1741 et consacré le 9 avril suivant dans la chapelle de l’Archevèque de Paris. Il arriva à Québec dans le mois d'août et prit possession le 30. M. René Allenou de la Villangevin, qui l’accompagnait comme son grand Vicaire, reçut des lettres de chanoine du Roï à la demande de l'Evêque, qui l’installa luimême le lendemain, avec Mess. Briand et Gosselin pourvus chacun d’un canonicat,

Informé dea troubles suscités par la fixation des cures et mis en demeure de se prononcer par les plaintes de quelques curés, le nouvel Evèque en écrivit au ministre. M, dr Maurepas lui répondit le 20 avril 1741:

‘“ On ne peut que beaucoup louer votre façon de penser sur le parti que le chapitre de Québec a pris de fixer, depuis la mort de Mgr. de l’Auberivière, quelques cures du diocése. L'intention du Roi n’est pas que cette fixation irrégulière subsiste et j'écris par ordre de Sa Majesté, à Messieurs de Besuharnois et Hocquart d'engager le chapitre à retirer les lettres des curés qu'il a fixés. Si cependant il y avait quelques difficultés du côté du chapitre ou de la part des curés, Sa Majesté désire que vous fassiez valoir vos droits, qu’elle est toujours disposée à soutenir, sauf à pourvoir dans la suite à la fixation des cures qui vous paraîtronidevoir être mises sur ce pied.”

C'était un malheur que de ne pouvoir rien régler sans avoir recours aux séculiers ; mais les concordats donnant une certaine autorité à la Couronne pour les Evêchés de France, les Evêques de Québec, quoique dépendants seulement du St. Siége en vertu de leurs bulles, étaient forcés pour éviter de plus grands maux de consulter les ministres et ceux-ci saisissaient l’occasion de prendre le ton de maîtres absolus surtout lorsqu'ils croyaient apercevoir des dispositions obséquieuses.

Du reste la régularité était parfaite, Aussi est-il à propos üe citer ici le témoignage que le nouvel Evêque crut devoir rendre au chapitre en pleine séance le 13 oct. 1741. Sa Grandeur déclara “ qu'elle n'avait que lieu de se louer de l’assiduité üe MM. du chapitre à l'office divin et de la manière dont se font les cérémonies, du bon exemple qu’ils donnent tous dans cette ville, et qu’il espérait qu'ils continueraient avec Ja même ferveur et la même édiication.”?

Dès le mois de décembre, le nouvel Evêque annonça par mandement qu'il ferait la visite de la Cathédrale et du Chapitre.

Cette visite eut lieu dans toutes les formes l’année suivante.

Le Chapitre complèta son organisation.

M. Gosselin fut nommé Trésorier en remplacement de M. de Miniac absent et M. Falaise reçut la permission de passer en France pour sa santé. Il s'agit de le remplacer: ce qui souffrit quelque retard, và qu'il fallait une résignation,

Mgr. de Pontbriand avait amené avec lui un jeune ecclésiastique, du nom de Pierre Boucault, en qualité de son Secrétaire : il lui donna (l’année suivante) les ordres et le premier canonicat qui vaqua, le 8 avril 1743 par la mort de ]M. Maufils. Le chapitre perdit dans la même année, le sous-diacre Grouard l’un

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de ses chapelains; et 8e trouva réduit à 6 chanoines qui, ne pouvant chanter l'office, se contentaient de le réciter en commun.

En hiver on tenait le chœur à la sacristie et l’on y observait quelques cérémonies autant que possible. La cathédrale toute délabrée tombait en ruines. ÆEn 1744 l’on commença à on hâtir une nouvelle et le chapitre bieu pauvre pourtant y contribua de ses deniers 200 1bs en 1745 et 672 1bs en 1748. [1 y eut une in terruption dans les travaux en 1745, provenant de la crainte d’être attaqué par les anglais. Les maçons étant rares furent tous employés aux fortifications qui avaient besoin de réparations. Cependant l'édifice fut livré au culte en 1749, et on y chanta le 16 juillet un Te Deum pour la paix d’Aïx-la-Chapelle, et un service solennel pour le repos de l’âme de ceux qui étaient morts à la guerre. Pendant sept mois les offices du chapitre s'étaient faits dans l’église des PP. Récollets.

M. Boucault résigna son canonicat et entra au Séminaire: M. Gaillard le remplaça dans le chapitro en 1749.

Le dernier chanoine appartenant au Séminaire était M. Valier, homme d’un grand mérite: déjà revêtu quoique jeune de la dignité de Théologal et de la charge de Conseiller Clerc. *

Ses confrères l'avaient choisi pour leur Supérieur, malgré sa faible santé qui l’avait obligé à passer Ceux ans à Paris et à Marseilles. Il revint à son poste et s’y consuma par l'exercice de la plus pure charité ; il mourut, le 17 janvier 1747, âgé d’environ 39 ans. Le Registre du chapitre lui rend le plus beau témoignage,

“ Il était doué de toutes les vertus et avait toutes les bonnes qualités et les talents qu’on peut désirer dans un parfait ministre de J.-C. Il était doux et affable, avec un esprit vif et pénétrant, un grand jugement et une prudence sans pareille qui le rendait toujours égal et tranquille. Il joignait surtout ure profonde humilité à une grande et très étendue érudition, une vraye mortifi. cation, et un mépris de soy-même à un entier détachement, une charité sans bornes envers tous les affigés à un zèle infatigable de la gloire de Dieu, et du salut des âmes, qui fut toujours réglé par l'obéissance. Sa dévotion envers la très sainte Vierge, qu’il appelait sa bonne mère, était solide et tendre. Il est mort dans une pleine confiance en Dieu et une résignation parfaite.”

* Ses provisions de Conseiller-Olerc étaient datées de Versailles le 1 avril 1743, I1 était théologal depuis le 18 février 1732.

M. Valier faisait les fonctions de curé à Québec. Dans l’automne de 1746, M. de Ramezay employé au service du Roi dans l’Acadie, renvoya à Québec une partie de ses canadiens avec les prisonniers que lui avait remis M. de Vignan, commandant de vaisseau. Malheureusement les uns et les autres avaient contracté des fièvres à Chibouctou, * et furent mis à l'Hôpital en arrivant à Québec. La maladie contagieuse se propagea dans la ville, et le curé se livra au service des malades avec un zèle admirable, IL se dévoua surtout à l'instruction de quelques uns des soldats. protestants qui voulaient mourir dans le sein de l'Eglise. Ceux qui savaient la langue anglaise étaicnt rares, et la connaissance que M. Valier en avait acquise dans le but de travailler plus effcacement au salut de ces âmes, lui fournit l’occasion de s’employer tout entier et même de sacrifier sa vie pour eux:

Mgr. Dosquet en proposant M. Valier au Roi comme Théologal, faisait son éloge ; “C’est” disait-il, “le meilleur sujet que je connaisse, il à un esprit supérieur, des talents extraordinaires pour i les sciences et justement celui de se faire aimer de tout le monde ; : Il a fait sa philosophie à 12 ans, et a enseigné dès son enfance.” ;

Le rédacteur des notes sur le Célébration du 200e. anniversaire L de la fondation du Séminaire de Québec (1863), après avoir cité ces fl paroles, aioute : “ Son mérite était bien au-dessus de ces éloges. 1 Le Séminaire dut en grande partie le bon ordre de son tem-

(s porel à l’activité et à la sage administration de cet homme à vraiment supérieur. Par sa sagesse et sa piété la régularité la L plus parfaite y régna.” rs

Il était en France pour sa santé déjà bien délicate, lorsque Mgr. qu de Pontbriand fut nommé à l'Evèché de Québec, et l’acccompagna. 1 “Il a vécu peu, dit un chroniqueur, mais il a rempli par ses im- en “ portans et continuels travaux du confossionnui, de la chaire et “ des leçons de théologie, beaucoup d'années ;—et sa vie pure et q “gaint' lui tient lieu d’une vieillesse vénérable et consorimée y

“ que nous espérons que le Seigneur juste juge, mais aussi père m

“ de miséricordes, aura couronnées de la gloire immortelle,” + d L'Evêque de Québec voulut lui administrer lui-même les der-

niers sacrements. L’Intendant et tout le Conseil Snpérieur assis- S

tèrent à ses funérailies qui eurent lieu à la Cathédrale,

* Cours d'histoire du Canada Ferlnd, t. 2 p. 480.

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Au milieu de l’afilictin que lui causait la perte d’un sujet si précieux, Mgr. de Pontbriand songea à le remplacer sans délai comme théologal, et le 10 juillet il choisit M. de la Villangevin, Quant à la prébende ot au canonicat vacants, ils furent donnés à M. Jos. M. de la Corne, le 12 du mêruce mois (1747). Ce jeune Canadien * avait été tonsuré par Mgr. Dosquet en 1735; peu de temps avant son départ définitif pour la France, ne sachant quand il pourrait être ordonné, il était passé en France lui-même dans l'automne de 1738, avec MM. Mercereau et Guillory, séminaristes comme lui. Ils furent tous trois ordonnés à Rennes.

Le ler mai 1749, M. de la Corne fut aussi nommé conseiller-clere en remplacement de M. Valier, et dès le mois d'Octobre 1750, le Chapitre le députa en France comme son agent,

La charge de doyen du Chapitre devait aussi lui écheoir bientôt en partage, M. de la Tour ayant résigné, le Roi avait nommé M. de Lotbinière doyen du Chapitre en 1738. Lorsque le siége vaqua, il (M. de Lotbinière) eut la mortification de n'être pas chargé d’exercer les fonctions de vicaire capitulaire dont il avait contesté les prérogatives à son prédécesseur à l’époque de Mgr. de St. Valier. Comme pour lui faire une leçon, ou plutôt afin de rendre tout conflit impossible, l’Archidiacre fut élu Vicaire Capitulaire deux fois. M. de Lorbinière remplit dignement sa fonction de président jusqu'à sa mort, (C'était le 14 février 1749; ses infirmités l'avaient obligé de se retirer à l'Hôpital Général quoiqu'il n’eût que 60 ans Le Roi qui s'était réservé la nomination du doyen, donna la préférence à M. Cabanac Tauanel, neveu de M. le marquis de la Jonquière, alors gouverneur. Mais à la mort de ce fonctionnaire (en 1752) M. de Cabanaec, chargé des affaires de la succession, passa en France, donna sa démission et ne revint pas en Canada,

J'est alors que M. de la Corne fut nommé doyen, sans néanmoins quitter son poste d'agent du Chapitre en France (1755). Nous verrons plus tard la part importante que le chef du Chapitre prit même en ce qui concernait la perpétuité de l’épiscopat dans l’église de Québec.

Le Secrétaire du Chapitre, M, Boucault, qui étaiten mème temps Secrétaire de l’Evèché, ayant donné sa démission de chanoine pour entrer au Séminaire,l’Evèque conféra son canonicat,le 12 oct. 1749, à M. Jos. Ambroise Gaillard, prètre canadien.f

* Fils de Jean Louis de la Corne et de Dame Marie de Contrecœur,

t Il est qualifié, dans un acte de vente 3 1744, de Seigneur de l'Ile et Comté St. Laurent, (aujourd’hui, Ile d'Orléans.)

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Le nom de M, le chanoine Charles Plante n'a été guère prononcé jusqu’à présent ; il est à propos de rapporter ici ce qui le concerne. Il était aussi né dans le pays (à Beauport) ; de 1718 à 1739, il desservit la cure de Québec en qualité de Vicaire; le 25 avril 1739, l'Evèque lui donna le titre de curé, dont il aurait pu se passor et qui ne lui valut que le désagrément d’une contestation, Il était déjà assez usé et ne remplit cette charge que 5 ans, étant mort le 20 mars 1744, à l’âge d'environ 64 ans.

La cure continua à être administrée par des vicaires jusqu'au 3 novembre 1749; l'Evêèque nomma alors curé en titre M. Rêcher, qui prit possession, le lendemain, à l’autel de la chapelle Ste. Famille; le chapitre le reçut comme chanoïne honoraire. Le nouveau curé voulut prendre l’étole pour faire ses prônes et Mgr. de Pontbriand décida qu'il ne la porterait pas.

Ici se placent quelques difficultés entre le curé de Québec, le chapitre et le Séminaire. M.Rècher qui avait besoin d’un presbytère entreprit de le faire bâtir sur un terrain appartenant au chapitre et où il est encore aujourd’hui. Les chanoines se proposaient d'y plages des maisons prébendales pour s’y loger eux- “mêmes. Ces détails n'auraient aucun intérêt aujourd'hui.

M. de la Villangevin était théologal et prenait ses fonctions au sérieux ; il demanda à l’Evèque d’être admis à donner des leçons d’'Ecriture Sainte dans la Cathédrale. L'Evêque y consentit volontiers et limita à certains jours son droit de prècher.

C'était un homme d’un grand mérite:il avait fondé les filles du St. Esprit de la maison et école charitable de Plérin, diocôse de $t, Brieuc, en Bretagne, Son dévouement seul pour M. Briand qu'il avait baptisé et qui suivit Mgr. de Pontbriand, l’engagea à laisser sa paroisse. Il était infirme depuis assez longtemps : le chapitre lui donna un infirmier. Il succomba le 16 novembre 1753, et l’Evêque pour lui montrer son estime jusqu’au bout se réserva de l'administrer lui-même. Dans l’acte de sépulture les chanoines déclarent qu’il les a autant édifiés par sa conduite et ses rares vertus qu’il a honoré le ministère par son zèle apostolique, sa patience, son humilité, sa justice, sa science et sa prédication.

Le 29 novembre, 1757, Mgr. de Pontbriand déclara aux chanoines réunis “qu'il avait été très édifié du zéle que MM. du Chapitre avaient fait paraître pour aller assister les moribonds qui étaient à l'Hôpital Général, attaqués d’une maladie très contagieuse qui avait déjà enlevé des confesseurs qui s’y étaient prêtés avec le

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même zèle, *et qu'il espérait trouver dans le Chapitre lo mème secours, si malheureusement il était obligé de prendre los mêmes mosures.”?

Aussi le 31 mai, 1759, l'Evêque ayant demandé au Chapitre si, dans la supposition d’un siêge en forme, il resterait à Québec et se prêterait au ministère, les chanoines répondirent qu’ils resteraient et travailleraient selon le désir de Monseigneur.

Le prélat qui était malade, se retira à Charlesbourg pendant le siége, et adressa de là, le 13 Septembre 1759, des lettres de Grand Vicaire à M. le Chanoïne Briand, qui était à l'Hôpital-Général, “ Connaissant, lui dit-il, combien vous êtes capable de nous aider dans notre état d’infirmité et dans la situation présente de cette colonie à supporter le fardeau de ce diocèse, dont la Providence nous a chargé, nous vous nommons notre Vicaire Général, etc.” Puis il l’autorise à exercer ses pouvoirs ‘“ même en le cas où il serait absent du diocèse.”

Les prévisions de l'Evêque se réalisèrent: les calamités du siêge furent grandes et le ministère des ecclésiastiques fut amplement requis de tous côtés.

. Le chapitre eut une large part dans les œuvres de zèle, surtout après les engagements, et en particulier, à la suite de la bataille décisive.

C’est ainsi que la sépulture du général Montcalm fut faite par les soins de deux chanoines. L'acte qui fut dressé trouve naturellement sa place ici:

L'an mil sept cent cinquante-neuf le quatorzième du mois de Septembre, a été inhumé dans l’église des religieuses Ursulines de Québec, haut et puissant Seigneur, Louis Joseph, Marquis de Montcalm, Lieutenant Géneral des armées du Roi, commandeur de l’Ordre Royal et Militaire de St. Louis, commandant en chef des

* Les prêtres qui succombèrent en cette circonstance méritent une mention ; voici leurs noms :

25 Janvier, Jean Marie Mathias Duruman, Pierre Michel Guignas, Pierre Elie Dupéret, 17 Avril, Jean Maurice Breul, 2 Avril Thierry Hazeur, Septembre, J. Bte. Rousseau, 30 Septembre, Chs. God. de Tonnancour, 7 Octobre, Franc. Lamiq, 8 Novembre, Gélase de L estage, Michel Claude Poulin de Courval.

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pu

troupes de terres de l'Amérique Septentrionale, décédé le même jour de sos blessures au combat de la veille, muni des sacrements qu'il a reçus avec beaucoup de piété et de religion. ÆEtaient présents à son inhumation Messieurs Resche, Cugnet et Collet, chanoines de la cathédrale, M. de Por commandant de la place et tout le corps des officiers.

(Signé,) Resoue, Ptr, Chanoine,

Cozzer, Chanoine.”

Aussitôt après le siége, l’'Evêque se hâta de s'éloigner de la scène du désastre, qui rendait inutiles les sacrifices et les travaux de tant d'années.

La cathédrale, son Evêché, les Eglises des communautés, tout était ruiné. Sa santé déjà compromise reçut le dernier coup, lorsqu'il contempla ces décombres de ses propres yeux. Il partit pour Montréal, emportant avec lui le germe de la mort,

Il ne négligea pas pour cela ce que les circonstances requéraient de lui, il écrivit une lettre remarqable qui est comme son testament. Il la confia à M, Montgolfier, Supérieur du Séminaire de St. Sulpice de Montréal, pour être lue après sa mort. Lorsqu'il mourut le 8 Juin, 1760, l'infortuné prélat était non seulement affecté de la pensée que la conquête avait couvert le pays de désolation, mais encore qu’elle causerait la perte de la religion dans la colonie.

Ses yeux, quoique exercés à deviner les vues de la Providence, ne pouvaient pénétrer le sombre voile qui lui cachait l'avenir.

C’est le sentiment qui perce dans la lettre datée du 19 mai, dont nous donnons des extraits et qui ne fut remise aux Chanoïines que longtemps après la nomination du Vicaire Capitulaire et des Vicaires Généraux des trois gouvernements : c

Messieurs,

Depuis plus d’un an et demi vous me voyez attaqué d’une maladie mortelle, et moi-même je me persuadais que chaque mois serait la fin de ma carrière. Dispersés que vous êtes par -ma permission et la nécessité du temps, je crois devoir comme en qualité de père, d'Evèque, j'ose dire d'ami, vous communiquer mes sentiments J'ai toujours été et je le suis, pénétré d’une amitié sincère pour vous en général et en particulier... esse so covesore vo

Quoique vous soyez tous séparés et qu’il paraît que vous ne fassiez

: le même acrements taient préjollet, chala place et

ine.

Chanoine.”

de la scène travaux de

iautés, tout rnier Coup, Il partit Ort.

requéraient e son testaéminaire de , Lorsqu'il n seulement ays de désoigion dans la

Providence, avenir.

19 mai, dont nanoines que *e et des Vi-

d'une malae mois serait a permission alité de père,

sentiments re pour vous

ous ne fassiez

plus un corps, quoique j'aie donné à mes Grands-Vicaires,suivant les priviléges du Pape, des pouvoirs qu’ils peuvent exercer après ma mort, comme je vous ai autorisé à cette dispersion, je crois que, quand vous apprendrez ma mort, vous devrez vous réunir dans l'endroit le plus facile et pourvoir à la vacance du siôge, en nommant des Grands-Vicaires ; sur quoi je vous prie d'avoir attention: 10. de continuer mes grands vicaires, parce qu’ils ont des connaissances essentielles et presque toutes celles que j'ai. Par ce moyen on ne pourra faire la moindre difficulté sur votre nomination, sauf à vous d'en nommer d’autres; 20. de ne multiplier pas les charges de promoteurs et d’officiaux : tout cela comporterait quelque confusion.

La nomination faite, .….... comme les Chapitres ne peuvent rien quo par les Grands-Vicaires, je crois que vous pourrez vous disperser, étant presque impossible dans les circonstances présentes que vous vous réunissiez,et j'ose dire que propter difficilem recursum à cause des circonstances présentes, j'ai pouvoir de vous y autoriser jusqu’à ce qu'il en soit ordonné autrement par qui il appartiendra,

Je me recommande, Messieurs, à vos prières, avec la même instance qu’un Evèque moribond a coutume de le faire et avec une confiance toute particulière ; étant avec le plus tendre et parfait attachement, Messieurs, votre très-humble et très-obéissant servi! teur,

(Signé) H.M, Evèque de Québec.” À Montréal, ce 19 mai 1760.

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