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Quoiqu'il en soit, on s’en tint à ce qui était fait; le Séminaire présentait des sujets pour la cure de Québec, et l'Evêque leur donnait des lettres. Cet ordre de choses subsista jusqu’en 1768, comme on le verra par lasuite de ce récit.
Comme le principal but de l'Eglise en créant les chapitres est de pourvoir à la jurisdiction après la mort de l’Evèque il est à propos de rapporter ce qu’elle a réglé à ce sujot.
Ses intentions 8e trouvent exprimées dans un Bref de la $. Cong. de la Propagande sous la date do 1743; lequel détermine les facultés plus amples que le Vicaire capitulaire sede vacante peut exercer en sus de la jurisdiction dans les pays de missions, lorsque l'Evêque en mourant n’a pas nommé un administrateur. Ce bref veut que si l’Evêque a communiqué à des prêtres idoines de leur diocèse les pouvoirs qui ne! requièrent pas l’ordre épiscopal ni l'usage des SS. huiles, le vicaire capitulaire s’abstienne de l’administration et se borne à la jurisdiction.
Lors de la démission de Mgr. de,, Laval, le chapitre n’eut pas à pourvoir à l'administration, parce que l’ancien Evèque ne fut pas
déchargé de suite par le St. Siége, Du 3 juin 1688, date de l'arrivée de Mgr, de Laval à Québec au 1er août suivant, où Mgr. de St. Valier débarqua à Québec, il est probable que le chapitre fut dispensé encore de pourvoir à la jurisdiction, parce que le nouvel Evèque était consacré quand son prédécesseur quitta la France.
Presque immédiatement après avoir organisé son chapitre, Mgr. de Laval se rendit en France ; il était accompagné de M. Jean Guyon l’un de ses chanoines, tout jeune prêtre du pays, qu’il avait ordonné le 21 Novembre 1683; celui-ci, après avoir passé quelques mois à l’Acadie, était revenu malade à Québeo, et alla mourir à Paris le 10 janvier 1686.
Par une délibération du 26 Octobre 1685, l’on voit que le chapitre créa bientôt des chanoines honoraires. M. l'abbé d’Urfé avait quitté le doyenné du chapitre du Puy, pour venir servir l’église du Canada, et M. Trouvé avait pareillement renoncé à un bénéfice considérable dans son diocèse. Le chapitre leur accorda une place au chœur après les dignités et immédiatement avant les autres chanoines. La cure de Québec était occupée par M. de Bernières chanoine; mais l'Evêque ayant nommé, en 1687, M. François Dupré pour lui succéder, le chapitre orut devoir accorder aussi à celui-ci une place de chanoine honoraire parmi les chanoines prébendés, selon l’ordre et le temps de sa réception. La prise de possession 8e fit solennellement le 22 mars, à certaines conditions mentionnées dans l'acte qui en fut dressé,
Le 30 Décembre 1689, Mgr. de St. Valier nomma M. Jean Françgois Buisson chapelain du chapitre: d'autres chapelains ne paraissent pas avoir été nommés après lui. *
Il fallut bientôt remplir des vuides parmi les chanoines titulaires; en l’absence de l’Evèêque, les Grands. Vicaires de Bernières et de Maizerets crurent avoir le pouvoir de donner à M. Guillaume Gauthier, curé du Château Richer, le canonicat vacant par la mort de M. Guyon. L'installation eut lieu le 3 octobre 1687.
Un mois après, M. Thomas Morel mourait à Québec, âgé de 51 ans ; sa place resta vacante jusqu'à l'année suivante (30 Déc. 1688,) et fut alors remplie par “. Jean Foucques que Mgr.de St. Vriier venait d'ordonner prêtre et de faire promoteur de l'officialité diocésaine; mais il passa en France en 1691, et donna sa démission à Abbeville le 15 Mai 1694. On apprit aussi en 1688, la mort du grand chantre M. Dudouyt, retenu à Paris pour les affaires du chapitre depuis 11 ou 12 ans. Il était Grand Vicaire de l’'Evêque depuis 17 ans; et ce prélat lui témoigna son affection, en apportant son cœur qui fut inhumé le 26 juin, dans la cathédrale sous le marchepied de l'autel de Ste. Anne. Le chapitre perdit aussi M. Duplein, dont on trouve la signature au registre du chapitre jusqu'au 10 octobre 1687.
Ce fut vraisemblablement M. de Merlac qui fut reçu chanoine le premier après cette mort (1690). Arrivé avec Mgr. de St. Valier au commencement de 1689, en qualité de son grand vicaire, il demanda la première place et séance au chœur dans la cathédrale en l'absence de l'évêque, et celle d’après le doyen, lorsque l’évêque serait présent. Le chapitre étonné de la proposition, désira retarder sa décision jusqu'à plus amples éclaircissements de France sur l'usage suivi. Il aurait mieux
fait de s'appuyer sur le droit commun. On consulta de part et d'autre en France et, pour éviter de plus longs débats : le chapitre admit M. de Merlac en qualité de grand chantre, en remplacement de M. Dudouyt; mais ce ne fut qu'au bout de quinze jours de nouvelles délibérations fondées sur ce que cette dignité avait vaqué en régale, et sous le bon plaisir du Roi. Cette clause ne fut pas admise par l'évêque, et la prise de possession fut différée jusqu’au 22 août 1692. L'’évèque lui-même installa son protégé; mais les difficultés ne s’arrêtèrent pas là. Le 6 décembre M. de la Colombière, sulpicien d'un grand mérite, fut attiré à Québec,
* Voir Reg. du chapitre de Québec,page 203 vo.
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et installé chanoine par le doyen. M. de Morlac prétendit que cette prérogative d'installer les chanoines lui appartenait en sa qual‘é de grand chantre; et fut soutenu par une ordonnance de l'évêque déclarant qu'a l'avenir, l'installation des chanoines serait faite par le grand chantre (24 avril 1692). Le chapitre ne put se soumettre à cet acte d'autorité fait contre le droit; mais, au lieu d’en appeler au Saint Siégo, il suivit la coutume française, et en appela comme d’abus de cette ordonnance auprès du conseil supérieur. C'était se mettre dars son tort; aussi M. de Merlac profitant de cette faute, ne parut-il devant le conseil que pour décliner sa jurisdiction; et le lendemain l’évêque (suivant son droit incontestable en pareil cas), adressa à M. de Bernières, de Maizerets et Glandelet, chefs du chapitre, une lettre pour leur interdire le ministère de la prédication et de la confession dans son diocèse. Le 20 cet interdit fut signifié à ces hommes, trèse estimables d’ailleurs, et que toute la colonie respectait.
Ce débat était d'autant plus fâcheux que l’on savait le Conseil disposé à revendiquer une jurisdiction absolue sur les ecclésiastiques, même en matières purement sacrées, à l'exemple des parlements de France. On crut qu’il fallait nécessairement en venir à un accommodement; c’est à quoi Mgr. l’ancien et le supérieur de Jésuites travaillèrent de concert; mais ils ne purent fléchir l’évèque. Des lettres de la cour qui arrivèrent sur ces entrefaites (et qui renvoyaient par devant les commisssaires à Paris les difficultés qui pourraient survenir entre l‘évèque, le chapitre et le séminaire, routes choses demeurant en même état en attendant) purent seules calm<r les esprits, et décidèrent le chapitre à se désister de son appel. L'évèque n'eut plus qu’à lever son interdit, et fut obligé de passer en France au sujet de ces difficultés, l’archevêque de Paris lui ayant écrit : “ que le Roi approuvait qu'il fit un voyage en France cette année, et que son intention était qu'il ne différât pas son départ. ”
Ces ordres chagrinèrent beaucoup le prélat qui n'était à Québec que depuis cinq ans. M. de Merlac demeura seul grand vicaire jusqu'à son départ du Canada (1698). La petite tempête soulevée à son occasion s’apaisa peu-à-peu; M. Glandelet fut alors rétabli dans cette charge de grand vicaire qu'il était capable de remplir avec honneur, et M. de Maizerets nommé grand chantre, à la place de M. de Merlac qui s'était démis. L'évêque rendit à M. de Maiïzerets, quelques jours après, son titre de vicairegénéral,
Les rangs du chapitre s’éclaircissaient rapidement; M, de Caumont mourait au séminaire vers 1693, M. Guillaume Gau. thier résigna le 7 novembre 1692, pour prendre la cure du Château Richer, M. Charles-Amador Martin également, mais sans avoir aucune cure, Ils furent remplacés par MM. Le Valet*, Deleuze, et Germain Morin, prêtre résident au séminaire ; M. de la Colombière fut nommé archidiacre à la placede M. de Maizerets promu à la chanterie. Ces nominations furent faites par les grands vicaires Glandelet et Ango.
En 1687 M. François Dupré, qui n’était pas du corps du cha- Ditre, fut nommé curé de Québec et en remplit les fonctions jusqu’en 1707. Il se démit alors et fut remplacé par M. Pierre Poquet, qui était chanoine depuis 1698. La mort vint l’enlever en 1711 à l’âge de quarante-quatre ans seulement,
L'Evèque était passé en France et s'était rendu à Rome pour tâcher d'obtenir l'union finale des trois abbayes ; il obtint une partie de ce qu'il demandait, maïs la Congrégation, prévenue contre le plan de mettre les trois abbayes entre les mains du Chapitre, donna à la Bulle qui prononçait l’union une forme conditionnelle, en l’adressant à l'official de Paris et en faisant dépendre son exécution de certaines formalités qui ne furent jamais remplies. Par acte passé pardevant notaires à Paris lo 16 août 1697, il avait été fait un partage de tous les revenus des trois abbayes “entre lo Sieur Evêque pour soutenir sa dignité et pour subvenir à tous les besoins qui se présentaient, et le Chapitre pour faire subsister ceux qui le composaient.” Le Chapitre eut l’abbaye de l’Estrée. Ce partage était approuvé par le Roi. Les prieurés unis au Séminaire
de Québec étiaent: dans le diocèse de Bourges, coux de Bénévont :
(St. Barthélemi,) d'Habilly (St. Sébastien,) de Buzençais (Notre Dame de St. Honoré,) dans le diocèse de Tours, ceux de Pereux (St. Pierre) et de l’Ile (St. Ambroise.)
L’Archevèque de Tours consentit à cette union par décrets du 6 octobre et du 16 de novembre 1674, et l’Archevêque de Bourges donna un décret d’acquiescement le 29 Xbre 1689.
Le tout fut confirmé par Lettres Patentes du Roi en date de Juillet 1696.
Mais ce qui n'était pas aussi facile, c'était d'obtenir l’approbation du St. Siége. Ce fut l’objet du voyage de Mgr. de St. Valier
* Jeune prêtre qui venait d'être ordonné. Il passa en France avec l’évêque et y mourut en 1711.
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à Rome; on lui proposa des modifications considérables exprimées dans la Bulle du 7 Septembre 1704. Le Séminaire de Québec devait entrer en partage de ces biens, et le Chapitre être réduit à une dignité élu > par les chanoines, et à six canonicats et prébendes à la nommation de l’Evèque. Les trois autres dignités et les six canonicats et prébendes qui vaqueraient les promiers, devaient être supprimés.
Cette proposition ne fut agréée ni du Chapitre ni de l’Evèque ; le Conseil du Roi s’opposa à ce que l’official de Paris la mît à effet, et elle demeura une lettre morte. Mgr. de St. Valier voulant revenir en Canada, fut fait prisonnier par les Anglais et retenu à la tour de Londres de 1704 à 1711.
Le 17 Octobre 1712 on apprit à Québec qne la paix était faite entre la France et l'Angleterre. Le Conseil s’assembla aussitôt et délibéra que le dimanche suivant, jour de la solennité de N.D, des Victoires, il assisterait au Te Deum qui serait chanté à l'issue des Vêpres en l'Eglise Cathédrale de cette ville en action de grâces de la délivrance de ce pays, par le naufrage des ennemis dans la Rivière St. Laurent l’année dernière 1711......qu'en mémoire de la dite délivrance, il se rendrait à l'avenir tous les ans en la même église ‘ à pareil jour et heure et à même fin, où les officiers de la Prévosté de cette ville seront avertis de se trouver.”
Le Gouverneur était convenu de tout cela avec le Chanitre, et en conséquence tous les ans ce Te Deum fut chanté avec la même solennité jusqu’au renouvellement des hostilités et à la cession du pays.
Le diocèse fut administré par le Grand Vicaire de l’Evèque, et le chapitre ne sc réunit guères dans l'intervalle. Rendu à la liberté à la fin de la guerre, l'Evêque passa en France et s’occupa des intérêts de son chapitre. Il rendit compte de ses mouvements dans une lettre du 25 Juin, qui ne parvint à Québec qu’en Octobre, Quoiqu'il lui restât quelqu’espérance d'obtenir une nouvelle Bulle plus conforme à ses désirs, il demanda et obtint de la Cour des lettres patentes confirmant la Bulle primitive d'établissement de l’Evèché et du Chapitre en date du ler Octobre 1674. Le Roi les signa à Fontainebleau en Septembre 1713. Par ces Lettres Pa-
. tentes le Roi donnait au Chapitre la somme de ‘3000 Ibs par cha-
cun an sur le domaine qu'il possédait en la Nouvelle-France pour être employées année par années à commencer du ler Janvier 1714, sur l’état des charges du dit pays sous le nom du dit chapitre à perpétuité.”
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‘ Comme fondateur de ces bénéfices, le Roi 8e réservait à perpétuité la nomination du doyen et du grand chantre, et réglait que dans aucun cas les eanonicats ne devaient être possédés par des individus attachés à des communautés séculières ou régulières de quelque nature qu'elle fût, ni aux séminaires établis dans la Nouvelle-France,”
Le Chapitre était alors bien réduit, M. Louis Soumande était mort le 19 avril 1706, M. Pierre Poquot, le 16 avril 1711, M. Charles Amador Martin mourut le 19 juin suivant et M, Jean François Buisson, le 15 mars 1712. M. Guillaume de la Colombière avait été nommé Grand Pénitencier le 26 novembre 1712, en remplacement de M. Du Bos, mais il mourut avant d’avoir pris possession, le 22 oct. 1713. M. Le Vallet était mort en France en 1711. M. de Leuze résigna pour aller curé à Ste. Anne de la Pérade en 1712,
Des remplaçants furent nommés sans délai: M. Goulvin Calvarin, vicaire de la cathédrale, M. Ignace Hamel, procureur du Séminaire, M. Charles de la Bouteillerie, curé de St. Augustin, M. Jacques Leblond, curé de St. Antoine, M. Picris Le Picart, et M. Charles Plante, curé de Beaumont; M. Thiboult fut créé pénitencier, (1713).
A l'arrivée de Mgr. de St. Valier, en octobre 1714, le Chapitre était ainsi composé, plus les anciens chanoines au nombre de six: Messieurs Glandelet, Ango, Pinguet, de Varennes, de la Colombière, archidiacre, éloigné de 60 lieues de Québec, et Boulard, théologal, infirme.
Au sujet de M. Thiboult, il est à propos de ra»porter ici la difficulté que le Chapitre eut avec Mgr. de St. Valier, par ce qu'il donna un canonicat honoraire à M. Thiboult, sans en parler à l'Evêque.
Celui-ci fit remettre une ordonnance en date du 9 décembre 1716 à M. Glandelet, doyen du Chapitre: elle était dan les termes suivants.
“ Nous, Jean, Evèque de Québec, sur la nouvelle qui nous a été apprise par l’un des M. Chanoines de notre cathédrale, de la place de chanoine honoraire, devant tous les autres chanoïnes, qui a été demandée par le Sr. Thiboult, curé de Québec, sans nous en avoir parlé, et qui a été accordée par ceux du fhapitre qui demeurent dans ie Séminaire, sans notre participation, quoiqu'il soit porté expressément par le Règlement du Roy que l'on n'innovera rien dans le dit Chapitre, sans le consentement de l’Evêque, ce qui est conforme aux Canons de l'Eglise, surtout à l'égard des chapitres
à perpéglait que 1 des inilières de
la Nou-
nde était [, Charles çois Buisavait été placement sion, le 22 1, M.de n 1712.
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les termes
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entièrement soumis à l'Evèque comme est celui de Québec, établi par Mgr. de Laval, notre prédécesseur: Nous déclarons que nous nous opposons à la dite place, comme demandée ot obtenue sans notre aveu et consentement, et que nous nous opposons de plus à toutes les délibérations qui ont été faites jusqu'icy touchant le règlement du revenu qui doit être donné en gros à chaque chanoine et en distributions pour les assistances du chœur et à la nomination qu'ils ont fait de quatre enfants de chœur pour remplir la place de chantres et à ce qui a été réglé aussy pour la sacristie,
Ce que nous ne trouvons pas avoir été assez proportionné et n'avoir pas deub être fait sans notre participation ; lesquels délibérations, comme non compétentes, nous déclarons nulles deffendant à nos dits chanoines d’y avoir égard, et de faire dans les suittes aucuns règlements généraux concernant l'office divin, la manière de chanter le dit office, le temps de les dire, et la part qu'ils doi. vent mettre en distribution, pour les assistances, sans notre participation,
Donné à l'Hôpital Général, sous notre soin, celuy de notre secrétaire et scellé du sceau de nos armes, ce 9e décembre 1716.
JEAN, Evêque de Québec, Par Monseigneur,
Armand, Ecc.”
‘ La présente opposition sera signifiée au Chapitre de Québec, en la personne de M. le doyen, par le Sr. Armand, l’un de nos ecclésiastiques enregistrée dans notre secrétariat et dans le greffe de notre officialité.
JEAN, Evèque de Québec.”
“Je, soussigné, Ecclésiastique de ce diocèse de Québec, ai signifié par ordre de Monseigneur l'illustrissime et Révérendissime, Jean Baptiste de la Croix de St. Valier, Evèque de Québec, la présente opposition, pour les raisons en icelle contenues au Chapitre de sa cathédrale, en la personne de Monsieur Glandelet, le doyen à qui j'en ai laissé copie suivant l'ordonnance, ce dixième décembre mil sept cent seize.
Armand, Ecc.”
Voici la réponse que fit le Chapitre, le 11 du même mois sous lo titre d’hwmble remontrance.
“Monseigneur, permettez-moi qu'avec tout le respect que je dois à V. G. je lui représente ce qui suit:—-Pour répondre à l'article qui regarde M. Thiboult, touchant la place qu’il occupe dans le chœur, je vous dirai, Mgr., qu'il n'y a eu de sa part aucune demande au Chapitre, ni aucune délibération de la part du Chapitre qui s’en est tenu à ce qui fut réglé aussitot après l'installation du chap. en l’année 1664 par Monseigneur votre Prédecesseur et ses chauoines à l'égard do celui qui administreroit la cure, ce qui s'est toujours observé depuis. Ainsi on n'a rien innové à cet égard dans la dernière assemblée qui s’est tenue comme on l’a mal fait entendre à votre Grandeur,
On n’a rien fait non plus, Monseigneur, sans votre participation dans les assemblées capitulaires qui se sont tenues dep'is deux mois touchant les points énoncés dans l'ordonnance de votro Grandeur qui concernent les devoirs du Chap. et l'application qui s'en est faite par provision seulement et sans conséquence poui ‘’avenir, ainsi que Votre Grandeur nous le roproche.
E; pour l'en convaincre, je le supplie humbl:mcnt de se souvede la visite que j’eus l'honneur de lui rendre aussitô après l’assemblée capitulaire où l’on parla de cette affairo par manière de projet seulement pour sçavoir ce qu’on exposeroit à Votre Grandeur à cet égard, afin de sçavoir son sentiment, ne voulant rien arrêter sans cela. Quand on se comporte de la sorte, l’on est bien éloigné de vouloir faire les choses à sa tête.
J'eus donc l'honneur, Monseigneur, de vous faire présenter co projet afin de sçavoir si vous l'agrériez, je vous invitay à vouloir bien nous honorer de votre présence dans l'assemblée suivante qui devait se tenir pour régler la chose de concert avec Votre Grandeur et vous me le fites espérer.
Ce jour même, Votre Grandeur étant venue à Québec pour assister au service du feu Roy de glorieuse mémoire, je luy demandai si elle nous feroit l'honneur de se trouver au Chapitre, elle me répondit qu'elle en seroit empêchée par des affaires, que nous pouvions le tenir sans elle, vu que ce n'étoit que par provision qu’on devait régler les choses.
Nous tinmes donc notre assemblée, et nous arrêtâmes les choses par provision seulement. Ce qui après toutes les démarches dont je viens de parler ne doit pas passer pour avoir été fait sans votre participation,
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A l'égard du temps de chanter la mosse du Chapitre les jours ouvriers, l'on n’u pareillement rien innové en reprenant la coutume de la dire sur les neuf heures, comme on m'a dit que Votre Grandeur l’a souhaité et qu’il fut réglé par Monseigneur votre prédécesseur, conjointement avec ses chanoïnes lors de l'installa. tion du Chapitre, ce que l'on avait seulement interrompu pour des raisons qui ne subsistent plus,
Après cela, Monseigneur, je supplie très humblement Votre Grandeur d’avoir pour son Chapitre et pour les sujets qui le composent, les sentiments d'estime et de bienveillance, dont ils ne croient pas s'être rendus indignes par tout ce qui s’est passé, touchant les points énoncés dans votre ordonnance, et qu'ils tâcheront de mériter de plus en plus par leur profond respoct etleur parfaite soumission.—le 116 décembre 1716,
GLANDELET, doyen,
On a cru devoir mettre le détail de cette affaire pour faire voir qu'après tout la difficulté dont on a tant parlé s’arrangon assez facilement.
Sur les informations apportées d'Europe, par l’Evêque, le Chapitre délégua le rSnitencier en France, prircipalemuat pour recevoir les comptes de son procureur, M. Tremblay, prêtre du Séminaire, Après 21 mois d'absence, il revint et se démit de sa dignité de pénitentier, qui fut accordée & M. de Varennes, M. Thiboult mourut bientôt (1724,) à la fleur de l’âge (43 ans), comme son prédécesseur, M. Poquet. Le Chapitre nomma M. Boulard, curé de la Catr ‘drale, malgré ses 68 ans.
M. Leblond, chanoine, qui était curé de la Baie St. Paul, y mourut le 29 juillet 1715 ; M. Jean Pinguot mourut au Séminaire le 20 mars 1715, âgé de 60 ans, Ces deux pertes dans la même année donnèrent lieu à la nomination de Messieurs Pierre Girard de Vorlay ot Thierry Hazeur ; M. Paul Armand Ubric, reçut deux ans après, le canonicat vacant par la promotion de M. de Varennes. Il n’était alors que diaerce, maïs ses lottres portaient la clause “ in anni curriculo presbyteri.” Mgr. l'ordonna en effet le 5 décembre 1717, et le chargea d’une mission à 60 lieues de Québec.
Dans ce même automne, M. Le Picart fut député en France pour recevoir les comptes d’un M. Pepin, avocat, ci-devant procureur du Chapitre à Paris; mais il y mourut au bout d’un an, le 20 septembre 1718. Malgré les dépenses que ces voyages causaient, le Chapitre persista dans ce système et nomma un nouveau procu-
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reur chargé de résider à l’abbaye de Meaubec. Ce fut M. Hazcur De Lorme, qui représenta le Chapitre en France pendant 30 ans.
Voici comment M. Hazeur De l'Orme, dans une lettre au Chapitre, datée de Paris le 8 juin 1728, raconte la Sception qui lui avait été faite à l’abbaye de Meaubec :
“ Notre vaisseau, aussi bien que tous les autres, partis du Canada l'automne dernière, sont tous arrivez à bon port à la Rochelle, et tous les passagers en bonne santé,
“ Après 8 ou 10 jours de repos à la Rochelle, je fus sur le point d'aller droit à Paris avant que de passer par l’abbaye de Meaubec, ne trouvant personne qui sçut les routes et qui püt, par conséquent me les indiquer ; la providence qui conduit toutes choses mo suscita heureusement une personne qui allait jusque sur les confins du Berry, ce qui me donna occasion, après lui avoir parlé de mon dessein pour Paris, qu’il n’approuvait en aucune manière, de sui- -re son avis qui était de me guider dans les chemins et même de m'accompagner jusque dans novre abbaye, ce qu'il a fait de la meilleure grâce du monde.Nous arrivâmes heureusement chez M. de Bienassez, auquel Mgr. de St. Valier avait, il y a longtemps, donné des provisions de Bailly de Meaubecq, comme le croyant plus propre pour exercer cet employ, lequel charmé de voir une personne députée du Chapitre de Québec, que luy et tous les tenanciers de l’abbaye attendaient depuis la mortde M. ie Picard, en 1719, avec impatience, me reçut avec d’aucant pl''s de plaisir que les procureurs ot les fermiers de l’abbaye l'avaient fort chagriné et molesté, jusqu’à le vouloir déposséder de sa charge de bailly, sans avoir eu aucun fondement ny raison pour le faire, suivant ce que j'ay découvert
et que je le découvre encore tous les jours ; mon arrivéo a causé uno joye universeile parmy tous ces pauvres habitants de Maubecq, lesquels me 1 :qurent (le jour de St. Thomas, 21 décembre, sans que je leur eusse donné aucun ordre) sous les armes, tirant à mon arrivée dans le bourg une quantité de décharges de coups de fusil, ce que faisaient les femmes et filles comme les hommes,criant hautement, voici Monsieur l'Abbé de Maubecq. Je vous avoue, Messieurs, que toutes ces acclamations ne laissaient pas que de ne donner beuucoup à penser, et me firent dès :ors connaître qu'il fallait nécessairement que ces gens-là eussent été molestez: Car les Evèques autres qui sont passé icy n’«nt jamais été reçeus comme je l'ay été; mon idée ne s’est pas trouvée fausse, comme vous le remarquerez ci-après ; le curé du Bourg vint au devant de moy, me mena à l’église et y chanta un Te Deum, pour remercier
Hazeur , 30 ans.
au Chaà qui lui
u Canada -helle, et
r le point Meaubec, ar Conséchoses me les confins rlé de mon re, de guit même de , fait de la : chez M. de MmpS; donné nt plus pro- 1e personne ciers de l’ab- ), avec iMmparocureurs ©t esté, jusqu'à bir eu aucun 14 découvert o à causé uno He Maubecq, bre, sans que irant à mon oups de fusil, es criant haus avoue, Mes- 8 que de ne nnaître qu'il olestez: Car is été reçeus usse, comme au devant de our remercier
Dieu de mon arrivée; quelque temps après le Te Deum chanté, ils firent un grand feu de joie, où ils tirèrent encore une quantité de décharges de fusii ; la cérémonie finie, ils vinrent tous me saluer et me témoigner la joye qu'ils avaient de voir une personne du Chapitre en ce pays, et me comptèrent les sujets de peine contre notre procureur et nos fermiers; je vis plusieurs curez auxquels M. Pepin a fait des procez sans beaucoup ie raisons qui me dirent hautement que si je n'étais pas venu, de concert avec les autres personnes qui sont dans les dépendances de l'abbaye, auraient envoyé à leurs frais et dépens un exprèsen Canada, avertir de ce qui se passoit icy.”
Ses rapports avec la Cour lui obtinrent la dignité de Grand Chantre vers 1724; ce titre joint à la qualité d'abbé de Meaubec, qu’on lui donnait volontiers, l’attachèrent au Berry. Ses infirmités rendaient aussi son retour difficile. Le Chapitre délégua M. Joachim Fornel en 1728, pour examiner ses comptes, ét reçut son rapport l’année suivante ; mais il semblait que l’éclaircissement n’était pas parfait. En 1731, M. de la Tour, doyen du Chapitre, fut député à son tour pour tirer le bon agent d’embarras.
Il s'y employa de son mieux, et rendit compte de sa mission dans le plus grand détail. La correspondance de ce savant chanoine mérite d’être lue ; elle dénote un homme d’esprit, attaché à la justice et respectant les droits d'autrui, comme il voulait faire respecter les siens.
La composition du Chapitre était déjà bien changée depuis quel. ques années. M. Jas. Leblond s'était démis, M, Gira:d de Vorlay le remplaça et M. Lepage succéda à M. Le Picart. Tous deux se démirent pour entrer dans le ministère. M. de Maizerets, grand chantre, mourut le 23 avril 1721. M. Joachim Fornel dont il a été question comme agent en France, et M, Chs. God. de Tonnancourt devinrent Chanoines le 4 janvier 1724. Deux autres vacan-
ces furent remplies, le 2 octobre 1725 par M. Michel Poulin, nou. veau curé de Laprairie, et le 9 octobre 1729 par M. Bernardin Joseph Boulanger, Secrétaire de Mgr. Dosquet, qui n'était quo tonsuré. M, Calvarin était mort vers 1721, MM. de Varennes et de la Bouteillerie en 1726, ils furent remplacés par MM. Maufñils, Pierre Leclerc et Eustache Chartier de Lotbinière, nommé archidiacre par le Roi. M. de Lotbinière ps:ait avoir contribué activement à faire signer par le Chapitre et le Clergé, le Formulaire exigé par le St. Siége. En 1719, Mgr. do St. Valier avait bien publié la Bulle Unigenitus (Voir son Mandement), mais l'on avait
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omis d'exiger l’acceptation du Formulaire par tous ceux qui recevaient quelque charge ecclésiastique. Le Chapitre, voulant se conformer aux injonctions du St. Père, passa une résolution en forme le 30 Novembre 1730. Tous les Chanoines pour donner l’oxemple en signèrent l’acte solennel.
Mgr.de St. Valier décéda à l'Hôpital Général le 26 décembre 1727. Voici l'éloge que fait de lui un contemporain: ‘“ Tout le Canada lui a des obligations pour l'éducation de la jeunesse à quoi il a été appliqué pendant près de 50 ans. Dieu a donné bénédiction à ses travaux par le grand nombre de prêtres et d’autres qui ont pris parti dans le monde selon leur naïssance et qui se sont comportés en bons chrétiens, tous sortant du Petit Séminaire qu'il à institué et soutenu malgré toutes les contradictions, avec une affection et un zèle tout particulier, ayant eu pour tous les enfants une tendresse de mère. Nous avons été témoins de toute l'estime que le peuple a fair paraître de sa vertu et de sa sainteté, par le grand convoi qu’il y a eu à son enterrement, un chacun désirant avoir quelote chose qui lui eût appartenu, et faire toucher à son corps, chapelets, croix, etc., preuve de l'estime qgr’on a de sa sainteté, Le Séminaire perd un digne Supérieur, les enfants un véritable père.”
M. Dupuy, l'intendant, était exécuteur testameutaire de Mgr. de St. Valier ; sa gostion de ses affaires ne fut pas heureuse.
Le Chapitre avait député Mess. de Lotbinière, archidiacre, et Fornel, chanoine, auprès de l'Evêque, malade, pour l’assister, leur donna ordre après la mort du dit Seigneur, de requérir exécuteur testamentaire de vouloir au nom du Chapitre, apposer les scellés sur le cabinet du dit Seigneur où étaient les papiers du diocèse et de leur remettre les sceaux et registres du diocèse.
M. Dupuy fit ce qui lui était demandé et dans son procès-verbal reconnut la vacance du siége.
Le jour même de sa mort (26 déc.) le Chapitre s’assembla à 9 heures du matin, et après avoir chanté la messe du St. Esprit, élut tous par scrutin d’une voix, M. Boulard (curé de Québec et official) Hazeu: (pénitencier) et Plunte (chanoine) pour ler, 2nd, et 3e Vicaires Généraux dans le gouvernement de Québec, et Messieurs de Belmont (Sup. du Sem. de $. Sulp. de Montréal), La Godalie et Courtois, (prètres du Séminaire,) vicaires dans le gouvernement de Montréal, le tout sous la présidence de M. de Lotbinière.
M. Boulard fut informé de l'élection, chanta la messe et le
Te Deum à la suite.
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décembre « Tout le eunesse à 1 a donné es et d’aunce et qui tit Sémiradictions, pour tous témoins de a et de sa rement, un enu, et faire stime g’on eur, les en-
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Le 31, le Chapi , pitre s’assembla d M. de HR e nouveau sous j Fr Lane et les actes furent signés Le AN de « À 4 ét suivant le procès verbal du. St sa ujourd’hui 31 décembre 172 à Chapitre s’ À 7 sur les huit he Û re “ = ue assemblé au son de la cloche AU e : ut de l'Eglise bi Messrs, les dignitez et Chanoïnes oi qsile De Las ‘e Lu dk Monsr. de Lotbinière, Rs ou u doyenné auquel bé no ; el le ; Fa st por absence de M. Hazeur A ce Aro pour les affaires du Chapitre en France . Frs , nsr. Hazeur
grand pénitencier, te , tenant la se conde dans l’assemblée par la va-
cance du théologat, Messrs. Hamel, PI nancourt ; ‘ , Plante, Maufñil lin . Foy cal tous chanoïnes présents, Mrs. . es Montréal qui n’ont per dans les missions du ne oula saison, de la cv : Le : ; rR de ie .
chanoines : i piscopal; lesquell RTE paies ci représenter le br ne ie et Me do Due ne le vingt-six de ce mois, jour du décà . par lequel il a que SR de St. Valier, Evesque ae Québ e Chanoine, avaient . dé ‘de Lotbinière, Archidiacre et ne 1 d. Seigneur Evesque j PEER pe le d. Chapitre pour assiste Aa ne le d. décès a de son décès et se aie es ra : be piers conceraant lé à ao a it Chap ec can on er du de Le dt : ar de l’Hopital Général (dont il ss) de can A 1 dIÉTEZ de a mort mon d. Seigr. Evesque) ont e fonarrivé le vingt-six du ppisangrenlclesid Ghassinen: du ds transportés LAVER ME mois, lesquels à l'instant à 7 lequel la messe du St E es ue chanté! le De Profundis a laquelle on a chanté lo a “ commentement de tion innt aux fins de procé ie Een nt attendu tn vaancs da Sn à l'élecsuivant les formes pure s'étant assemblé au son de Dr MO Sue ss spa les d. Sieurs Chanoiïines aurole : 7e caire de feu mon on “ares Lx de Québec et “LP à l'i —, , pour Vicaire 6 sant fs rs LE ut Ale a signé le d. jour rs CHE le d. procès verbal n’a pas été fi Palo jour vingt-six de ce mois et devenant nul de alt à . n droit
* Extrait du Reg. B. p. 271.
manque et faute de cette formalité, le Chapitre après avoir demandé les lumières du St, Esprit suivant les formes ordinaires et ayant colligez'les voix a nommé et confirmé le d. Sieur Bculard pour Vicaire Général du diocèse, lequel Vicaire Général gouvernera le diocèse en la d. qualité avec tous les droits, priviléges et prérogatives que le d, Chapitre peut luy donner pour l'administration générale du diocèse, tant que la dite vacance du siége épiscopal aura lieu et pour cet effet le Chapitre luy en expédiera la commission suivant la teneur du dit put procès-verbal, se réservant le d, Chapitre de pouvoir nommer seul aux Bénéfices vacants tant simples qu’à cl arge d’âmes, comme aussy de nommer les official, vice gérant, promoteur de la justice ecclésiastique et tel nombre de grands vicaires qu’il jugera nécessaire, lesquels auront pendant la vacance du d. siége la méme jurisdiction et jouiront des mêmes droits sous mon d, $. vicaire général qu'avoient auparavant les grands vicaires du vivant de mon d. Seigr. Evêque dont il leur sera délivré des commissions par le d. Chapitre,lequel a été conclu, arrêté et signé par les d. 8, dignités et Chanoïnes susd. et so'1ssignés à Québec le jonr et an que dessus. Aïnsy signé. Chartier de Lotbinière, archid., Hazeur, grand pénitencier, Hamel, Piante, Maufñils, J. Fornel, G. Tonnancourt et Leclerc.
Dans la même assemblée MM. Plante, Hazeur, de Belmont, de la Goudalie et Courtois, déjà Grands Vicaires sous l’Evèque défunt, reçurent des pouvoirs du Chapitre.
Cependant un des chanoines qui avait pris part à cette élection, l'archidiacre Chartier de Lotbinière, en contesta la légitimité. Il prétendit d’abord que le siège n'était pas vacant, parceque Mgr, de Mornay, Coadjuteur cum futura successione, était vivant. Il nè voulait pas comprendre que ce prélat pouvait être mort même avant son titulaire, qu'il pouvait avoir résigné, comme il en avait été fortement question ; et que d’ailleurs il ne pouvait se faire représen. ter par un vicaire général et prendre possession de son siége avant un temps considérable,
M. de Lotbinière qui demeurait à l'Hôpital, fit la sépulture à la réquisition de M. Dupuy, le 5 Janvier, (1728).
Le 2 Janvier, le Chan. Leclerc avait été député aux Religieuses pour leur dire qu’il n'avait pas l'intention d'inhumer je corps de l'Evèque dans la cathédrale, ni de s'emparer de sa crosse, de sa mitre, ete., comme on l'en accusait,
M. de Lotbinière était chapelain de l'Hôpital Général, et se prétendait curé de N. D. des Anges.
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M. Leclerc était présent à l’inhumation, mais protesta au nom du Chapitre, dont il demanda acte qui lui fut refusé.
Ce même jour à 3 heures P. M. se croyant froissé par ce procédé de l’archidiacre, le Chapitre chargea Messieurs Boulard, Hazeur et Fornel, de se transporter à l'Hôpital Général, ce qu'ils firent avec M. Chase, curé de Beaumont,et dressèrent procès-verbal, dont ils laissèrent aux Religieuses une copie portant interdiction de l’église et de la Supérieure, ce qui semble un procédé un peu rigoureux.
L’intendant sur requête de M. de Lotbinière, ordonna que les vicaires généraux lui exhibâssent leurs lettres.
Ce qui fut fait le 4, L’Intendant parapha les lettres ne varie. dur,
Le même jour le Chapitre annonça au peuple un service solennel pour le lendemain. (1)
De cette difficulté entre M. Dupuys et M. De Lotbinière d’une part, et le chapitre appuyé du gouverneur de l'autre part, il s’ensuivit une espèce de procès devant le Conseil Supérieur par suite d’un appel comme d'abus. Il ne fallut rien moins que l'intervention publique du gouverneur pour arrêter le scandale que l’Intendant donnait à toute la Colonie depuis plusieurs mois; suivant l'ordonnance fut affichée partout et montra les bonnes intentions
dont M. de Beauharnois était animé, comme on le voit par cette pièce.
DE PAR LE Roy.
“ Charles Mis. de Beauharnois,” Chevalier de l’ordre Militaire de St. Louis, Gouverneur Particulier des Villes et Château de Québec, Gouverneur et Lieutenant Général pour le Roy en toute la Nouvelle France.
Nous avons veu avec un extrême déplaisir ce qui s’est passé en cette Colonie depuis la perte qu’elle a faite de M. l'Evéque ds Québec, nous avons été très surpris d'apprendre par des voyes indirectes que le Conseil Supérieur de cette ville se fut attribué le droit de connoître et décider souverainement de matières d'autant plus délicates et dangereuses qu’elle interessent tout le corps ecclésiastique de ce pays, sans avoir sçu de nous qui occupons pour le Roy la première place de cette Compagnie, quel est notre sentiment sur la conduite qu'elle avoit à tenir et sur les mesures qu'il convenoit prendre dans les affaires de cette importance. Le Conseil ne pouvait ignorer les ordres de Sa Majesté qui y ont été
enregistrés par lesquels il luy est défendu de faire aucuns règlemens généraux qn’en présence du Gouverneur Général et de l’intendant, nous avions lieu de no‘: flatter que dans des matières aussi importantes et aussi extraordinaires que le sont celles dont il est question, il n’auroit pas pris des résolutions aussi viv:s que: celles qu'il a prises sans nous avoir demandé auparavant notre avis.
Nous espérions aussi que cette Compagnie informée du mauvais effet que ses arrêts multipliés faisoient dans tous les esprits, se porteroit à cesser toutes ses poursuites et à attendre la décision de Sa Majesté sur des matières aussi douteuses et aussi contestées (comme le pense seul le Conseil Supérieur qui agit en conséquence), ainsi que le Conseil Supérieur a fait du temps de nos prédécesseurs dans des affaires moins importantes et moins délicates, Cette Compagnie si sage et si soumise aux ordres du Roy voudroitelle aujourd’huy les ignorer pour nous dérober la connoissance du parti qu’elle a pris de continuer ses procédures et de soutenir un ouvrage qu'elle se repent peut-être d'avoir commencé, Enfin nous apprenons que lundy dernier, premier de ce mois, elle a rendu un arrest contre le Sieur Boullard, curé de Québec, (que le Chapitre de cette ville a nommé vicaire généra: du diocèse) et que: cet arrêt (qui ne tend pas à moins qu’à attentor à la personne du Sieur Boullard) jette un trouble général dans la Colonic et y excite des murmures dont nous ne sentons que trop les dangereuses conséquences, et comme il est de notre devoir de prévenir les suites fâcheuses qui pourroient s’ensuivre et d'employer à cet effet toute l'autorité qu'il a plu à Sa Majesté de nous confier, pour arrèter le cours d’une procédure aussi contraire au repos public et au bien de la Colonie ;
Nous deffendons de la part du Roy aux officiers du Conseil Supérieur de Québec de recevoir dès à présent aucune requeste ou requisitoire, ny aucunes réponses de la part des parties citées, et de rendre directement ou indirectement aucuns arrêts sur les matières en question, et nous suspendons de la même autorité, l'exécution de toutes les ordonnances ou arrests ci-devant rendus sur cette matière, jusqu’à ce qu’il aye plu à Sa Majesté d’en ordonner, deffendons pareillement au greffier d’en écrire et expédier, et aux huissiers, archers et autres d’en signifier, publier, ny afficher aucuns de ceux qui ont été cy-devant rendus à ce sujet sous peine de désobéissance.
Nous imposons silence sur toutes ces matières au Sieur de