‹ Notice biographique sur François de Laval de Montmorency [microforme]Chapitre 75 sur 110 · L. fS$. Dumont, secrétaire · texte numérisé non relu

L. fS$. Dumont, secrétaire

Lorsque Ia paix fut signée, M. Briand n’hésita pas à faire chanter un Te Deum pour ce bienfait, et à recommander l'obéissance et la fidélité envers le nouveau gouvernement, Voici son mandement,

Jean-Olivier Briand, chanoine de l'Eglise cathédrale de Québec, et vicaire général du diocèse pendant la vacance,

Au clergé séculier et régulier et aux fidèles du gouvernement de Québec, Salut en notre Seigneur J.-C,

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Rendons, N. T, C. F., de solennelles actions de grâces au Dieu tout-puissant que nous adorons et servons sui rant l'Evangile de Jésus-Christ son Fils unique, et bénissons son saint nom avec les sentiments d'une parfaite soumission.

La paix signée à Paris le 10e do février dernier et ratifiée le 10e du mois suivant, vient enfin de terminer une cruelle guerre qui ayant divisé entre elles presque toutes les puissances de l'Europe, avoit allumé un feu, qui s’est communiqué aux quatre parties du monde et y a fait les plus affreux ravages; vous en avez. éprouvé vous-mêmes de funestes suites que je ne vous rappelerai pas dans ce jour consacré à la reconnaissance, et où il ne s’agit que de rendre à Dieu de sincères actions de grâces de nous avoir accordé la paix, bienfait inestimable que nous désirions avec tant d’ardeur et que nous ne cessions, depuis tant d'années, de lui demander par des prières publiques et des vœux continuels: Ils n'ont peut-être pas été exaucés ces vœux dans toute leur étendue : le Canada avec toutes ses dépendances ayant été irrévos. cablement cédé à la couronne de la Grande-Bretagne; mais rapportez.vous en, N. T.C. F., aux soins de l’adorable Providence dont la conduite est très-souvent d'autant plus miséricordieuse qu'elle est moins conforme à nos désirs et flatte moins nos inclie nations. N'en avons-nous pas une preuve manifeste dans la conduite que nos vainqueurs ont tenue à notre égard depuis la conquête de la colonie.

La reddition de Québec vous laissait à la disposition d’une armée victorieuse; vous fûtes sans doute d'abord alarmés, effrayés, consternés, Vos alarmes étaient fondées ; vous scaviez ce qui se passait en Allemagne, et vous crûtes voir déjà fondre sur vous les mêmes malheurs. Vous ignoriez que l’aimable et toujours attentive Providence vous avait préparé un gouverneur qui, par sa modération, son exacte justice, ses généreux sentiments d’hus manité, sa tendre compassion pour le pauvre et le malheureux, et une rigide discipline à l'égard de ses troupes devait faire dispa= raitre toutes les horreurs de la guerre. Où sont en effet les vexations, les concussions, les pillages, les onéreuses contributions qui marchent ordinairement à la suite de la victoire? Ces nobles vainqueurs ne vous parurent-ils pas, dès qu’ils furent nos muitres, oublier qu'ils avaient été nos ennemis, pour ne s'occuper que de nos besoins et des moyens d'y subvenir? Vous n'avez sûrement pas perdu le souvenir des mouvements que s'est donné Son Excellence l’illustre et charitable général Murray, et des aumônes

considérables qu’il a procurées pour la subsistance des pauvres! Vous n'avez pas oublié ses sages et efficaces précautions pour empêcher la disette dans son gouvernement,

Après de pareils traits, ne devons-nous pas être convaincus que Dieu n’a point cessé de nous aimer et qu'il ne tiendra qu'à nous de goûter sous ce nouveau gouvernement les douceurs d'une paix heureuse et durable ? Soyez exacts à remplir les devoirs de sujets fidèles et attachés à leur prince; Et vous aurez la consolation de trouver un Roy débonnaire, bienfaisant, appliqué à vous rendre heureux, et favorable à votre religion à laquelle nous vous voyons avec une joye inexprimable si fortement attachés.

Au reste, N.'T. C. F. ce ne sont pas vos seuls intérêts temporels qui exigent de vous cette entière ot parfaite fidélité, c’est un devoir que la foy vous prescrit.

L'Apôtre St. Paul répète en plusieurs endroits cette obligation indispensable et en devenant prévaricateurs non seulement vous encourriez l’indignation de notre légitime souverain, vous perdriez sa protection, vous seriez dépouillés de tous les priviléges qu’il a eu la bonté de vous accorder, mais encore vous vous rendriez très coupables aux yeux de Dieu; et d'autant plus criminels que vous nous exposeriez à être privés du titre et plein exercice de notre très sainte et seule véritable religion, qui nous est permis et accordé par le traité de paix. Considérez donc attentivement N. T.C. F,, combien il vous importe d'être soumis et fidèles, et que rien ne peut vous dispenser d'une parfaite obéissance, d’une scrupuleuse et exacte fidélité, et d'un inviolable et sincère attachement à notre nouveau Monarque et aux intérêts de la nation à laquelle nous venons d’être aggrégés.

À ces causes et selon les ordres à nous communiqués par Son Excellence le Général Murray, nous avons ordonné et ordonnons.

1er. Que le mardy 15 Juin, vers les dix heures du matin, il sera chanté solennellement dans l'église des Ursulines de Québec,servant actuellement de cathédrale et de paroisse un 7e Deum en action de grâces auquel assistera le clergé séculier, et régulier de la ville; laÿmême chose sera observée par les Religieuses de ce Gouverne. ment.

2nd. Que dans les paroisses de la campagne le Te Deum sera pareillement chanté solennell:ment à l'issue des vespres le dimanche après la publication du présent mandement, 3èm. Nous avertissons Messieurs les curés de l’étroite obligation

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où ils sont d'expliquer à leurs peuples les motifs qui doivent les porter à l’obéissance et à la fidélité envers le nouveau gouvernement, et de leur faire comprendre que leur bonheur, leur tranquillité, l'exercice de leur religion et leur salut en dépendent.

4èm, Quoique nous termini*:3 les prières publiques, nous vous exhortons à ne point cesser de lever los mains vers le ciel pour le besoin de cette Eglise,

Sera notre présent mandement lu et publié au prône des messes paroissiales, le premier dimanche après sa réception.

Donné à l'Hôpital Général, sous notre seing, celui de notre Socrétaire et le sceau du diocèse, le 4 Juin, 1763,

BRianD, Chan, Vic. GI. Par Monsieur le Vicaire Général,

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