‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 100 sur 236 · Let Homme* illustres^ p · texte numérisé non relu

Let Homme* illustres^ p

io4 NOTICE BIOGRAPHIQUE

Sa Ifajesté, en des termes très modestes, de U bonté qn'EUe avoit eue d'excuser ses défauts et ceux de toute sa troupe, qui n'avoit paru qu'en tremblant devant une assemblée ù auguste, il lui dit que Penpie qu'ils avoient eue d avoir thonneur de divertir le plut grand roi du monde leur a»oit fait oublier que Sa Majesté apoit à son service ttexeeliesUs origi' naux^ dont ils nétoient que de très foibles copies; mais que, puisqu'Elle apoit bien voulu souffrir leurs manières de campagne, il la supplioit très humblement Savoir pour agréable qu'il lui donnât un ite ces petits divertissements qui lui avaient acquis quelque réputation, et dont il régaloit les provineerK »

n est regrettable que nous n'ayons là qu'un abrégé do petit discours, et qu'on nous en ait seulement donné à peu près le sens, sans que nous puissions regarder comme textuelles les paroles mises dans la bouche de Molière. « Le plus grand roi du mande », déjà! Cette flatterie trop prophétique étonnerait à cette date. Ce que l'on peut tenir pour sûr, c'est que la harangue fut très spirituelle. Louis XIV, en l'écoutant, put se dire, avec son droit sens, que Vesprit de ce comédien de campagne n'était pas sans urbamté m de qualité médiocre. Il allait aussi, quoique dans une petite farce, se faire une idée de la Yerve plaisante de l'auteur comique. Laissons encore parler les auteurs de la Préface, dont le récit continue ainsi : « Ce compliment... fut ai agréablement tourné et si favorablement reçu, que toute la cour y applaudit, et encore plus à la petite comédie, qui fut celle du Docteur amoureux.,,, [Elle] divertit autant qu'elle surprit tout le monde. Monsieur de Molière faisoit le Docteur*. »

Mais quoi I dans une si grande occasion , n'étaitH:e pas TÉtourdi ou le Dépit amoureux qu'il eût fallu représenter? Molière, n'en doutons pas, savait ce qu'il faisait. Il n'y avait place que pour un petit acte après Nicomède, et lorsqu'on paraissait pour la première fois devant des personnes royales, une tragédie avait dû sembler de rigueur. Elle pouvait seule, d'ailleurs, permettre quelque comparaison entre

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