I. Rêle de Mascarille, acte V, scène m
a. Acte II, fin de la scène ti. Molière jouait donc le r^le d'Albert, et non celui de Mascarille, qu'il arait sans doute joué en proTince.
3. Le personnage du jeune premier Éraste arait donc été donne à Josepl^ Béjart, dont le bégayement n'était probablement pas tiès choquant.
SUR MOLIÈRE. aog
El de tous les cfttëft chacun cria tout haut : Ceit là faire et jouer des pièces comme il faut.
Chalassay, dans ce dernier vers, nous paratt changé, pour un moment, en on Balaam. Soyons-lui reconnaissant d'une louange de si grande valeur dans sa bouche, qu'il n'avait oorerte qae pour la raillerie méchante ; et pardonnons-lui, s'il n'est pas invraisemblable qu'il ait un peu exagéré les mésaventures de la troupe dans les pièces de Corneille. H se peut d'ailleurs que ces représentations tragiques aient été réellement accueillies par quelques sifflets, qui devaient laisser reconnaître la cabale des tragédiens rivaux ; mais pour qu'il ait entendu aussi les Ah! ah! soulevés, non seulement par le jeu des acteurs du Dépit amoureux^ mais par le comique, un comique jugé comme il faut^ de la pièce elle-même, nous devons tenir pour bien prouvé que le public avait, â son grand honneur, été plus que content, vraiment transporté. D est curieux d'avoir à chercher aujourd'hm' dans une satire le témoignage contemporain des premières journées triomphantes qui donnèrent courage à Molière, et de ne pas les rencontrer ailleurs.
Ceux qui s'étonnent, bien qu'il n'y ait pas de quoi, de trouver la justice si tardive, auront peine à comprendre que la révélation faite à Paris d'un génie comique sans égal semble n'avoir pas fait le moindre bruit hors de la salle où éûe fut vivement applaudie. Déjà la représentation du Louvre, qu'avec ses promesses de la plus haute faveur nouï avons peine à ne pas nous imaginer aujourd'hui comme nne grande fête littéraire, n'avait pas même eu l'honneur d'une mention dans la Gazette^ très exacte d'ordinaire à nous faire suivre le roi partout où il se montre, et à ne pas oublier ses moindres divertissements. Loret non plus, dans sa Muse historique, n'en avait soufQé mot; et lorsque les deux charmantes comédies, accueillies avec enthousiasme au Petit-Bourbon, ouvrirent à notre théâtre une ère nouvelle de chefs-d'œuvre, on interroge en vain chez le gazetier rimeur ses lettres de novembre et de décembre i658. En fait de spectacles, il n'ouvre les yeux que pour admirer un géant qui attirait la foule au bout du Pont-Neuf. La cécité, trop fréquente chez les messagers de la Renommée, MoLiiBX, X i4
aïo NOTICE BIOGRAPHIQUE
n'explique pas tout peat-être. Il est permis de soupçonner une conspiration du silence machinée autour de Molière par l'Hôtel de Bourgogne. En se voyant l'objet de tant de jalousie, le poète ne se fût pas trompé, s'il eût dit comme son Alceste :
Ce m'est un fort bon signe, et ma joie en est grande*.
Nous ne savons si sa philosophie alla jusque-là; mais certainement il eut assez de confiance dans ses forces pour ne pas désespérer du jour de l'eùtière justice.
Ses camarades eux-mêmes, en dépit de la sourde guerre de l'envie, n'avaient aucun sérieux motif de découragement; et s'il y eut quelques désertions, on n'y saurait voir le sauve-qui-peut de gens qui auraient eu la vision d'une prochaine déroute. Du Fresne sortit de la troupe, parce que, fatigué, il jugea l'heure venue de la retraite, qu'il alla chercher à Argentan, son pays natal. La du Parc, entrainant avec elle Gros-René, son mari, passa dans la troupe du Bfarais, sans autre raison probablement qu'une de ces piques féminines comparées dans la lettre de Chapelle h. celles des déesses de l'Olympe. Au reste, la première fuite de la belle Marquise ne l'éloigna pas pour longtemps. Ces changements, auxquels il ne faut pas chercher un autre sens, sont placés par La Grange au temps de Pâques iôSq. Ils n'ébranlèrent point la fortune du théâtre, qui combla heureusement les vides par l'engagement du vieux Jodelet, le farceur si populaire, et de son frère l'Épy, l'un et l'autre sortis du Marais ; par^celui aussi de deux excellents acteurs, La Grange et du Croisy, celui-ci venu avec sa femme.
Quelques jours avant la rentrée de Pâques, qui n'eut lieu que le 218 avril, la troupe alla en visite au château de Chilly', ou le maréchal de la Meilleraye, grand-maître de l'artillerie, recevait le roi, rentré à Paris à la fin de janvier. Nous ne devions pas omettre cette visite, qui pour la seconde fois donna l'occasion à Molière de paraître devant Louis XIV, non plus alors avec une petite ébauche de pièce, mais avec