‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 105 sur 236 · Gazette du ig avril · texte numérisé non relu

Gazette du ig avril

3. Mlle de ViUeroi, fille de Nicolas de NeufriUe, duc de Vflleroi, maréchal de France, et saur du marquis de Villeroi {te Charmant).

aia NOTICE BIOGRAPHIQUE

nurent n'avoir eu sous les yeux rien de plus digne de mémoire que les charmantes scènes dont Téclat fut alors le seul qui ne dût pas rapidement s'éteindre.

L'Étourdi, qu'il restait à faire connaitre au roi, tarda peu à être joué pour lui. Il le fut le lo mai 1659 S au Louvre. La représentation ne put avoir tout son agrément. Joseph Béjart, s' étant trouvé malade, acheva son rôle, probable* ment celui de Lélie *, mais avec peine. Souvent la scène est pour les comédiens comme un champ d'honneur où le soldat blessé ne laisse pas tomber son arme, tant qu'il n'est pas à bout de forces.

Le Registre de La Grange marque une représentation de V Étourdi^ le même jour, au Petit-Bourbon. On aura beau trouver un peu singulier que l'on commençât par la ville, au risque de ne présenter au Louvre que des acteurs fatigués, il ne saurait y avoir de doutes sur l'ordre des deux représentations. Le Petit-Bourbon ne jouait que dans la journée; ce fut donc le soir que l'on joua devant le roi'. Il est d'ailleurs impossible que Béjart ait été en état de remonter sur la scène du théâtre public après un accident des plus graves et que la mort suivit bientôt. L'avenir, s'il s'était pu dévoiler, eût montré Molière, par une destinée semblable,

I. Le Registre dit : c le samedi 11 v. Le lamedi ëtait le 10. La Grange a perséTëré dans son erreur de dates depuis le jeadi 8 mai jusqu'à la fin du mois.

3. On croit qu'il Pavait créé à Lyon. Dans le Dépit «mourewt il jouait un rôle du même emploi, celui d*Éraste, comme nous rapprend VÈlomire kypoeondre :

Quand on TÎt

Mon bègue dédaigneux déchirer ses poulets.

3. Diverses mentions que fait Dangeau du divertissement de la comédie dans les demeures royales marquent le soir. C'était peut-être le plus ordinaire dès le temps très antérieur à celui dont il a fait la chronique. On verra ci-après toutefois un nouvel exemple d'une comédie de Molière représentée deux fois le même jour, devant le roi d'abord à Fontainebleau, puis ches le surintendant le soir. Il n'y avait pas la même difficulté pour une visite que pour le théâtre public.

SUR MOLIERE. ai3

emporté expirant de la scène en jouant sa dernière comédie. Béjart, mis liors de combat dans une représentation de la première, ne mourut pas tout à fait aussi vite, mais au bout de quelques jours, dans la seconde quinzaine de mai S Telle était dans la troupe la grande place des Béjart qu'à l'occasion de la mort de Joseph (La Grange l'atteste), il j eut une longue interruption des représentations, depuis le lundi

19 mai jusqu'au lundi a juin.

LÉtourdi, s'il avait été joué au Louvre avec moins de maiencootre, était bien fait pour donner au roi une plus liante idée de Molière que le Docteur amoureux. Une preuve cependant que, pour faire goûter son talent, la petite pièce avait suffi, c'est qu'ayant été appelé de nouveau au Louvre, le 19 mai, il avait fait voir au roi le Médecin volant et Gros- René écolier^ deux farces, dont l'une est maintenant jointe à %eê OEupres complètes^ l'autre, restée inconnue, pourrait bien ^va^ être de lui.

Quelques mois plus tard et avant la fin de cette année 1659, ^ ^^^ stt^ ^c théâtre du Petit-Bourbon donner une nouvelle farce, s'il est permis de la nommer ainsi, quoiqu'elle ne souffre aucune comparaison avec celles de sa première manière qui nous ont été conservées, et dont on

I. Jai a relevé sur le registre de Saint-Germain-rAuxerrois la date de aon convoi : 96 mai iGSg. — Gui Patin, dans une lettre éeriie le 17 mai, nomme Bëjari Taîné parmi ceux qui étaient morts c depuis trois jours s. Il laissait, dit-il, vingt-quatre mille éctti d'or; ce qui lui remet en mémoire les vers de Juvënal (5atirt m, y. 58-65) sur la lie asiatique et les vils histrions, en grande faveur dans Rome corrompue :

JoM priiem Sfrus in Tiberim defluxit Oronies.

Voilà son oraison funèbre. Gui Patin s'y est mis en dëpeàse inutile d'indignation. Cette prodigieuse fortune que Joseph Béjart n'aTiit pu gagner ni au théâtre ni par son Recueil de titres, est un conte ridicule. IMarie Herré, sa mère, fit faire, le 10 juillet lôSg, rinventaire de ses biens meubles, dont elle ëuit héritière, et qui étaient, sniTant sa déclaration, c tout ce qu'elle savait de sa succession • • Ils furent prisés 348 livres 7 sols. (Voyez U MoUériste de juillet i885, p. 119-iaa.)

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ne sait, il est vrai, jusqu'à quel point le texte a été exactement recueilli. Lorsque les Précieuses ridicules furent imprimées pour la première fois, au commencement de 1660, elles le furent sous le titre de comédie^ qui, depuis, leur a toujours été donné, et auquel elles ont le plus incontestable droit. Il n en est pas moins à remarquer que Mlle Desjardins, dans le Récit qu'elle en a fait, la nomme la Ftsrce des Précieuses^ et probablement Molière lui-même l'avait ainsi nommée en province, si, comme il ne nous a pas semblé impossible, c'est là qu'elle a d'abord été représentée^ Noos ne serions pas étonné qu'il n'eût pas eu pour elle l'ambîtion d'un autre titre, lorsque, le 18 novembre iSSg, il la fit jouer pour la première fois à Paris : le nom de farce n'était pas pour l'effrayer.

n n'y a, dans la vie de Molière, rien de plus intéressant que l'histoire de ses ouvrages. Nous voudrions cependant ne pas trop répéter ce qui en a été dit dans les notices dont notre édition a fait précéder chacune de ces pièces. Il est permis de compter un peu sur la différence du point de vue dans une étude biographique où il convient d'omettre quelques détails, de donner à quelques autres un peu plus de développement. D'après la règle que nous nous efforcerons d'observer partout, nous ne ferons à la Notice très complète d'Eugène Despois sur les Précieuses ridicules^ que les emprunts nécessaires ici.

U a expliqué pourquoi la première représentation, donnée le 18 novembre, n'a été suivie de la seconde, comme le Registre le constate, qu'à la date du a décembre. Somaize, dans le Grand Dictionnaire des Prétieuses*^ prophétise que celles-ci « intéresseront les galants à prendre leur parti », et qu' « un alcôviste de qualité interdira ce spectacle pour quelques jours ». La prophétie était sûre, étant faite après l'événement; car le Grand Dictionnaire ne fut imprimé qu'en 1661 , et ses prédictions n'étaient qu'une forme plus

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