V impromptu de rUàtêl de Condé^ soène m
SUR MOLliRE. 3oi
eette ligne de mëdiocrités enrieases, < rivaux obtcorcis », pour parler comme Boilean*, qui croassaient autour d'une gloire importune.
Ces cruautés marquent pour nous le commencement des chagrins que le mariage de Molière aurait dû lui faire prévoir. Ce mariage était trop récent à la fin de i663 pour qu'une conduite coupable d'Armande Béjart ne soit pas, à cette date, une invraisemblable invention de la haine; mais elle s'était présentée facilement à l'esprit de ceux qui, sans s'inquiéter de la vérité, ne cherchaient qu'à mordre. Ds n'avaient eu qu'à se souvenir des prédictions de Ghrysalde àAmolphe :
Comme sur les marii aceosët de souffrance,
De tout temps Totre langue a daubé d'importance,
Gare qu'aux carrefours, on ne tous tjmpanise*.
Mais en faisant rire des maris trompés, suivant la vieille tradition de nos comédies et contes, Molière n'avait daubé que sur des personnages de fantaisie, sans jamais désigner quelqu'un. Il suffisait cependant qu'il eût ridiculisé les Sganarelles, pour que l'idée vint de tourner contre lui la prédiction de Ghrysalde; ce n'était certes pas là une légitime application de la peine du talion.
Si l'auteur anonyme de la Fameuse Comédienne n'était pas le témoin le plus indigne de foi, les comédies de l'Hôtel de Bourgogne n'auraient pas beaucoup antidaté les malheurs de Molière. C'est avant le mois de mai 1664, date des Plaisirs de tiie enchantée^ que le libelle donne pour a&ant à sa femme l'abbé de Richelieu, et note même le prix dont il payait par jour ses faveurs'. Armande se vendant avec cette impudence, après moins de deux ans de mariage, lorsqu'elle portait déjà dans son sein le fils, né le 19 janvier I664^ et lorsque Molière était assez riche pour ne rien refuser à