Yoyet ei-deisus, p. sûç
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son lue même, c'est mettre dans la calomnie une absnrdtté qui la dénonce.
Nous devrons revenir tout à l'heure, à roccaMon de la Princesse dÉUde^ sur cet abbé de Richelieu, au nom duquel deux autres ont été joints; et Ton verra que, pour flétrir la femme de Molière, tous trois ont été pria aa hasard, avec autant d'ignorance que de mauvaise foi, parmi ceux des gens de la cour les plus fameux par leurs galantes aventures. Ces fables écartées avec mépris, nous ne refuserons pas de croire que la jeune comédienne tarda peu à se montrer coquette. Elle était avide d'amoureux hommages et de plaisirs ; et il semble que Molière s'en doutait un peu lorsqu'il l'épousa. Sans cette connaissance de son caractère, aurait-il pris soin de la rassurer, dans t École des maris, sur les libertés qu'il croyait sage à un mari de permettre, sur les « mouches et rubans » , sur les permissions de courir les bals, et même de recevoir des « visites muguettes^ » ? Moins tôt venu qu'on ne s'est plu à le dire, le moment toutefois où la méthode, très exagérée pour le moins, de son Ariste, eut pour lui un malheureux succès, ne devait pas se faire beaucoup attendre. Le trouvant encore trop lent à venir, les ennemis, nous venons de le voir, se hfitèrent de faire croire qu'il était arrivé.
Lorsque Molière avertissait la meute aboyante qu'il avait mieux à faire que de lui faire tête, on ne pouvait le soupçonner de reculer devant la lutte. S'il était décidé à ne pas la continuer, c'est qu'il était assuré d'avoir porté aux Zolles de trop rudes coups pour que toutes leurs méchancetés ne Assent pas désormais ridiculement impuissantes. On allait avoir la preuve qu'il avait réellement, ainsi qu'il l'avait dit, à employer son temps à tout autre chose qu'à achever des gens à terre. Si les premiers ouvrages qui suivirent f Impromptu de FersaiUes, petites pièces rapidement écrites pour les divertissements de la cour, ne le montrent pas occupé de soins importants, il n'en est pas de même du chef-d'œuvre qu'il fit éclater presque en même temps, ainsi que nous le verrons tout à l'heure.
I» Acte I9 scène u, vers sis-is8.
SUR MOLIÈRE. 3o3
Tonjoors obéir aux ordres du roi était une nécessité, un peu gênante sans doute, mais qui dut être acceptée sans regret. Plus la haine tentait de semer deB obstacles sur la route du poète, plus il avait besoin d'être défendu par la haute faveur, qui lui offrait de brillantes occasions d'y acquérir de nouveaux titres et de la rendre manifeste.
Le 29 janvier 1664, il fit représenter au Louvre, devant le roi, dans l'appartement bas de la reine, une comédieballet, qui y fut reprise le suilendemain. C'était le Mariage forcé. Le ballet, dans lequel le roi figurait en Égyptien, était du président de Périgny, la musique de Lulli. Lorsqu'il fiit permis à Loret de voir au Louvre la seconde des représentations, celle du 3i janvier, la comédie de Molière lui parut « un eiquis divertissement ». Il la nomme un im^ promptu. Elle n'était certainement pas autre chose. Voltaire 7 trouvait plus de bouffonnerie que d'art et d'agrément. Cest un peu trop de dédain. Molière, si pressé qu'il fût, étant toujours Molière, la main du mattre se reconnaît, dans deux scènes surtout du léger ouvrage, un de ceux probablement dont il gardait depuis longtemps le canevas dans son cabinet, et qu'il n'avait plus alors qu'à refaire avec son art plus expérimenté. Très dignes de lui et, comme nous avons eu déjà l'occasion de le dire, du savoir philosophique dont il avait fait provision chez Gassendi, sont le docteur aristotélicien Pancrace et le docteur pyrrhonien Marphurîus, pédants qui n'étaient pas nouveaux au théâtre, mais dont il a rajeuni et caractérisé, comme on ne l'avait jamais fait, les figures, en mêlant tant de vérité aux exagérations des anciennes farces.
Joaé chez Madame, le 4 et le 9 février, le Mariage forcé parot pour la première fois, le 1 5 du même mois, sur le théâtre du Palais -Royal, « avec le ballet et les ornements ». La douzième représentation fut la dernière, les Irais étant trop onéreux.
Lte roi, fort en goût des fêtes, ne tarda pas à mettre de nouveau à contribution le zèle, toujours prêt, de Molière. Ce fut pour les fêtes données à Versailles au mois de mai i664« et connues sous le nom de Plaisirs de ttle enchantée, Ellea ont une célébrité que l'on peut dire historique. Yol-
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taire a jugé que leur soavenir méritait une place dans son SiMe de Louis XIF^, où il les vante comme très sapèrienrés à celles qn'on invente dans les romans. Ainn qu'U le dit, l'intention du roi était de donner le spectacle de ces enchantements à la jeune fille de la maison de Madame qu'il aimait passionnément, lUle de la Vallière : « La fête était pour elle seule ; elle en jouissait confondue dans la foule. » Ce n'était un secret pour personne, bien que le prétexte fût de déployer ces magnificences pour les reines. Nous ne sortons pas de notre sujet en rappelant, d'après Voltaire, quel fut le caractère de ces galantes journées de Vile enchaniée, auxquelles Molière fut appelé à prendre one très grande part.
Sa troupe était partie pour Versailles le 3o avril, et y aé« jouma jusqu'au aa mai*. Elle figura dans plusieurs des divertissements. La première journée vit Mlle du Parc sur un cheval d'Espagne représenter le Printemps, eC, dit Loret', charmer tout Versailles. Mlle Molière aussi y avait brillé dans le personnage du Siècle d'or. Elle reparut, dans la troi* sième journée, comme une des Nymphes de la smte d*Alcine. Sans elle, nous n'aurions pas eu à entrer dans de si petits détaHs, qui seraient de trop ici, s'ils ne nous montraient le danger que courait Molière en laissant sa jeune et très coquette femme exposée à l'admiration peu discrète des cour^sans. Ce danger, sur lequel on dit qu'il ouvrit alors les yeux, fut pour lui le point noir au mih'ea de l'éclat que par ses comédies il jeta sur ces fêtes. Ses regrets étaient tardifs; il se les était inévitablement préparés en épousant une femme dont il est évident que l'on avait pensé de bonne heure è faire une comédienne ; et si ce fut à Versailles que pour la première fois son bonheur lui parut menacé, il était aisé à prévoir que sur n'importe quelle scène sa femme, un jour ou l'autre, inspirerait la fantaisie de le troubler. Pour un homme qui cherchait honnêtement dans le mariage la parfaite union de deux existences, il avait été singulière-