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plus tout à fait le même, était devenu Panulphe, et, ce qm le déguisait un peu plus sérieusement, il se montrait sons l'ajustement d'un homme portant épée, grand collet et dentelles. Malheureusement le premier président et beaucoop d'autres avaient trouvé que, pour avoir reçu une façon nonvelle, le bâton n'en frappait pas moins au même endroit et a peu près aussi fort. Des corrections cependant avaient adouci quelques passages. Molière se flattait que c'était assez pour oser réclamer la permission qu'on l'avait autorisé à espérer. Sachant combien le roi goûtait ses comédies, il eut la hardiesse de lui faire craindre sa retraite, qu'il disait assurée, « si les Tartuffes ont l'avantage». Dans ces paroles, déjà citées plus haut, on peut remarquer qu'il leur rendait leur nom, déjà passé dans la langue; voilà ce qu'ils avaient gagné à l'acharnement de leur persécution.
Les bonnes paroles apportées de Lille par les comédiens ambassadeurs devaient dbnner confiance. Ce qui arracha des mains de Molière la victoire qu'il croyait tenir, ce fut évidemment l'ordonnance publiée le 1 1 août par l'archevêque de Paris, Hardouin de Péréfixe. Elle faisait défense à toutes personnes de son diocèse « de représenter, lire ou entendre réciter ladite comédie, soit publiquement, soit en particulier..., sous peine d'excommunication ». Le roi ne se crut plus libite de donner suite à ses favorables intentions. L'auteur de Twiufjfè ne pouvait se dissimuler qu'il avait prédit son sort en parlant des gens assassinés avec un fer sacré.
Depuis le 6 août, jour où M. de Lamoignon avait fermé le théâtre à V Imposteur^ la troupe, jusqu'au aS septembre, cessa de jouer. Le Registre n'explique l'interruption que durant le voyage de La Grange et de La Thorillière. Il est probable que, si elle fut plus longue, c'est qu'après le coup dont l'avait frappé la foudre épiscopale, Molière eut un de ces dépits qui appellent vers la retraite^ suivant une expression du Sosie de son Amphitryon^. Mais Louis XIV était revenu de l'armée dans la première quinzaine de septembre. Une lettre en vers de Robinet, datée du 1 1 septembre, dit qu'il était alors rentré à Saint-Germain. Peut-être Molière fut-il rengagé par
f. Scène I, Yen 181 et i83.
« la faveur d'nn coup d'œil caressant* », mienz qae cela, par des paroles qui lui rendirent courage, par la perspective d'un temps prochain qui serait moins contraire. Le théâtre se rouvrit, et recommença ses représentations par le Mi" santkrope^ joué les a5, 27 et 3o septembre. Robinet annonçait le 8 octobre que Molière avait reparu :
J*oubliois une nouTeautë
Qui doit charmer notre cité.
Molière reprenant courage.
Malgré la bourraaque et l'orage,
Sur la scène se fait rcToir.
Au nom des dieux, qu'on Taille voir.
On ne doutait donc pas qu'il ne se fût tenu éloigné de la scène par ressentiment de la nouvelle proscription de sa comédie. II devait attendre encore un an et quelques mois avant ce qu'il a appelé « la grande résurrection de Tartuffe^ », Nous en parlerons à sa date.
Le temps de fatigue et de découragement pendant lequel Molière ne reparut pas au théâtre et qui put même faire craindre de le voir s'en éloigner définitivement (car il était au-dessus du soupçon de ce que l'on appelle dans les comédies une fausse sortie) fut peut-être bien celui où, dans son besoin de repos, il prit le parti de chercher, comme Alceste, « un endroit écarté ». On sait du moins que ce fut à peu près à ce moment-là qu'il alla vivre à Auteuil. Des pièces ont été publiées' qui, aux dates des ai et aa août 1667, constatent qu'il y était établi dans une maison appartenant à Jacques de Grou, sieur de Beaufort, et donnent à penser qu'il avait, depuis peu, loué une partie du logis et du jardin. Ce serait beaucoup exagérer que de le représenter enseveli là dans une profonde solitude. Chapelle s'était fait avec lui locataire de la maison. Baron y était aussi, comme le prouvent des anecdotes contées par Grimarest, entre