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jhrêgé de la vie de Molière et de F histoire de set awFrmges jmsfa^e* i663^^ie« NouTKLUS sovmus, troisième partia^ p» at8-i4o dm tome IIl).
ff .... Comme* il peut passer pour le Tërence de notre siède, qu'il est grand auteur, et grand comédien lom^u'il joue se» pièces, et que ceux qui ont excellé dans ces deux choses, ont toujours eu place en l'histoire, je puis bien tous faire ici un abrégé de l'abrégé de sa rie et tous entretenir de celui dont l'on s'entretient presque dans toute TEurope, et qui fait si souTent retourner à l'Ecole tout ce qu'il 7 a de gens d'esprit à Paris.
e Ce fameux auteur de PÉeole des jfarû, ayant eu dès sa jeunesse une inclination toute particulière pour le théâtre, se jeu
I. C'est StrstOB, ua des iateriocatean da dialogas, qai parie d'abord.
PIECES JUSTIFICAÏIVES. 465
dam la eomWe quoiqu^il te pût bien passer de cette oeespa* tion et qn*il eût asses de bien pour vivre bonorablement dans le monde. Il fit quelque tempe la comédie à la campagne* et quoi» qu'il jouât fort mal le sérieux, et que dans le comique il ne fù% qu'une copie de TriTelin et de Scaramouche« il ne laissa pas que de derenir en peu de temps par son adresse et par son esprit le chef de sa troupe et de l'obliger à porter son nom. Cette troupe, ayant un chef si spirituel et si adroit, effaça en peu de temps toutes les troupes de la campagne, et il n'y aVoit point de comédiens dans les autres qui ne briguassent des places dans la sienne. JJ fit des fmrtês qui réussirent un peu plus que des fKrees et qui furent un peu plus estimées dans toutes les villes que celles que les autres comédiens jouoient. Ensuite il voulut faire une pièce en cinq actes,, et les Italiens ne lui plaisant pas seulement dans leur jeu, mais encore dans leurs comédies, il en fit une qu'il tira de plusieurs des leurs, à laquelle il donna pour titre FJSsUnirdf OM U$ Comtreiêmpt, Ensuite il fit U Dépit tmoureu*^ qui valoit beaiip coup moins que la première, mais qui réussit toutefois à eause d'une scène qui plut à tout le monde... ; et après avoir fait jouer ces deux pièces à la campagne, il voulut les fiûre voir à Paris, où il emmena sa troiq>e. Comiàe il avoit de l'esprit, et qu'il savoit ce qu'il ialloit faire pour réussir, il n'ouvrit son théâtre qu'après avoir fait plusieurs visites et brigué quantité d'approbateurs. Il fut trouvé incapable de jouer aucunes pièces sérieuses; mais l'estime que l'on commençoit à avoir pour lui, fut cause que l'on le souffirit. Après avoir quelque temps joué de vieilles pièces et s'être en quelque façon établi à Paris, il joua son JSsiourdjr et son Dé'» pit amaunus^ qui réussirent autant par la préoccupation que l'on commençoit à avoir pour lui que par les applaudissemens qu'il reçut de ceux qu'il avoit priés de les venir voir. Après le succès de ces deux pièces, son théâtre commença à se trouver conti« nuellement rempli de gens de qualité, non pas unt pour le divertissement qu'ils y prenoicnt (car Ton n'y jouoit que de vieilles pièces) que parce que le monde ayant pris habitude d'y aller, cefix qui aimoient la compagnie, et qui aimoient à se fiûre voir, y trpuvoient amplement de quoi se contenter. Ainsi l'on y venoit par coutume, sans dessein d'écouter la comédie, et sans savoir ce que l'on y jouoit. Pendant cela, notre auteur fit réflexion sur ce qui se passoit dans le monde, et surtout parmi les gens de qualité, pour en reconno)tre les défauu; mais comme il n'étoit encore ni assea hardi pour entreprendre une satire, ni assez capable pour en venir à bout, il eut recours aux luliens, ses amis, et accommoda /m Précieuses au théâtre françois, qui avoient été MoLiiaK, X 3o
joaëet tur le leur, et qui leur aToient été dosnëet par ua ahkté des plus gilants. Il les habOk admirablement bien k la fraaçoite, et la rëttMdte qu'elles eurent lui fit connottre que l'on aimott la •atire et la bagatelle.... Il apprit que les gens de qualité ne roa* lotent rire qu'à leurs dépens, qu'ils Touloient que Ton fil Toir leurs défauts au public, qu'ils étoient les plus dociles du monde et qu'Us auroient été bons du temps où l'on faisoii péaiteaee à la porte des temples.... Jamais homme ne s'est. si bien su aerrir de l'oceasion ; jamais homme n'a su si naturellement décrire ni représenter les actions humaines.... Il fit, apr^ Ug Prédmum^ U Cocu immphairê^ qui est, à mon sentiment et à oeini de beaucoup d'autres, la meilleure de toutes ses pièces et la mieux écrite....
« Notre auteur, après aroir fait cette pièce, reçut des gens de qualité plus de mémoires que jamais.... Je le ris bien embanassé un soir après la comédie, qui chereboit partout des tablettes pour écrire ce que lui disoient plusieurs personnes de condition dont il étoit enrironné.... Ces Messieurs lui donnent sourent è diaer, pour aroir le temps de l'instruire de tout ce qu'ils veulent lui faire mettre dans ses pièces ; mais, comme ceux qui eroyem aToîr du mérite, ne manquent jamais de vanité, il rend tous les repas qu'il reçoit, «on esprit le faisant aller de pair avec beaucoup de gens qui sont beaucoup au-dessus de lui.... VÉecU eu tmaris fut [la pièee] qui sortit de sa plume apiés U Cocu ûmyÛMira.... Les vers en sont moins bons que ceux du Cocu inuigmmrc ; mais le sujet est tout à lait bien conduit, et si cette pièce avoit eu cinq actes, elle pourroit tenir rang dans la postérité après U Menteur et Us Fishnruùros» Notre auteur, après avoir fait ces deux pièces, xeçut des mémoires en telle confusion que de ceux qui lui rettoient et de ceux qu'il recevoit tous les jours il en auroit en de quoi travailler toute sa vie, s'il ne se fut advisé, pour sadsfidre les gens de qualité et pour les railler, ainsi qu'ils le sonbsiloient» de faire une pièce où il pût mettre quantité de leun portraits. U fit donc la comédie des Fdcheas^ dont le sujet est autant méchant que l'on puisse imaginer, et qui ne doit pas être appelée une pièce de théâtre. Ce n'est qu'un aAïas de portraiu détachés, et tirés de ces mémoires, mais qui sont si naturellement repré* sentes, si bien touchés et si bien finis, qu'il en a mérité beaucoup de gloire.... Le peu de «uecès qu'a en son Dom GureU ou U Primco joUux m'a fait oublier de vous en parier a son rang; mais je crois qu'il suffit de vous di^e que c'étoit une pièce sérieuse et qu'il en avoit le premier r^e, pour vous faire connottre que l'on ne s'y devoit pas beaucoup divertir.
< La dernière de ses comédies, celle dont voua soubnitei le
plot ipie je TOttf entretienne, parce que c*ett celle qui fait le phii de bruit, t'appelle Vtcolê des fmmmu. Celte pièce a cinq aetei. Tout ceux qui l'ont me sont demeures d'aeoord qu'elle est mal nommée et que c'est pfaitAt tteoU des maris que FÉcoie dês femmes. Mais comme il en a déjà fait une sons ce dire, il n'a pu fan donner le même nom. Elles ont beaucoup de rapport ensemble; et dans la première il garde une femme dont il Teat faire son épouse, qui, bien qu'il la eroye ignorante, en sait plus qu'il ne croit, ainsi que. l'Agnès de la dernière, qui joue, aussi bien que lui, le mAme personnage et dans VÈeoU des wsûns et dans rÉeoU des femmes; et toute la différence que l'on 7 trouve, c'est que l'Agnès de Fteole des femmes est un peu plus sotte et plus ignorante que l'Isabelle de FteoU des mmris. Le sujet de ces deui pièces n'est point de son inrention; il est tiré de divers endroiu, à saroir de Boccace, des contes de Douville, de /« Prêcatuiom inmiile de Scarron; et ce qu'il 7 a de plus beau dans la dernière est tiré d'un K^re intitulé ies Nuits fmeétieuses du seigmeur StraparoUe, dans une histoire duquel un rival vient tous les jours faire confidence à son ami, sans savoir qu'il est son rival, des laveur» qu'il obtient de sa maltresse; ce qui fait tout le sujet et la beauté de PÉeoie des femmes. Cette pièce à produit des effets tout nouveaux ; tout le monde Ta trouvée méchante, et tout le monde 7 a couru. Lies dames font blâmée, et l'ont été voir. Elle a réussi, sans avoir plu, et elle a plu à plusieurs qui ne l'ont pas trouvée bonne; nuds pour vous en dire mon sentiment, c'est le sujet le plus mal conduit qui ftjlt jamais, et je suis prêt de soutenir qu'il n'7 a pas de scène où l'on ne puisse &ire voir une infinité de fitutes. Je suis toutefois obligé d'avouer, pour rendre justice a ce que son auteur a de mérite, que cette pièce est un monstre qui a de belles parties, et que jamais on ne vit tant de si bonnes et de méchantes choses ensemble. Il 7 en a de si naturelles, qu'il semble que la nature ait travaillé ellr-même à les faire. Il 7 a des endroiu qui sont inimitables et qui sont si bien exprimés que je manque de termes assez forts et assez significatifs pour vous les bien faire concevoir.... Ce sont des portraitt de la nature qui peuvent pasèer pour originaux. Il semble qu'elle 7 parle eUeméme. Ces endroita ne se rencontrent pas seulement dans ce que joue Agnès, mais dans les rôles de tous ceux qui jouent à cette pièce* Jamais comédie ne fut si bien représentée ni avec tant d'art; chaque acteur sait combien il 7 doit fiJre de pas, et toutes ses eiiilades sont comptées....
« Tout ce que vous venez de dire est véritable, repartit Cio*
nate; mais tt tous Toalex fcroir pourquoi, presque dans tontes ces pièces, il raille tant les eoeus, et dépeint si naturellement les jaloux, Vest qu'il est du nombre de ces derniers. Ce ^'est pas que je ne doire dire, pour lui rendre justice, qu'il ne témoigne pas de jalousie hors du théâtre; il a trop de prudence, et ne Toudroit pas s'exposer à la raillerie publique.... Nous Tenons dans peu, continua le même, une pièce de lui, intitulée la Cri" tlquê de F École des femmes^ où il dit tontes les fautes que l'on reprend dans sa pièce et les excuse en même temps.
« Elle n'est pas de lui, repartit Straton, elle est de Vâbbé âa Buisson, qui est un des plus galants hommes du siècle,
« raToue, lui répondit Clorante, que cet illustre abbé en a ùil une, et que l'ayant portée à l'auteur dont nous parlons, U trofura des raisons pour ne la point jouer, encore qu'il arouât qu'elle fit bonne.... Il a fait ime pièce sur le même sujet, croyant qu'il étoit seul capable de- se donner des louanges....
« Quoique cet auteur soit assex fameux... pour obliger les personnes d'esprit à parler de lui, c'est assez nous entretenir sur un même sujet. J*aTouerai toutefois que tous m'aTcx fait conoe- Toir beaucoup d'estime pour le Peintre ingénieux de beaux tableaux du siècle. Tout ce que tous aTex dit de lui m'a paru fort sincère ; car tous l'aTex dit d'une manière i me faire croire que tout ce que tous aTcx dit à sa gloire est Téritable ; et les ombres que TOUS aTcs placées en quelques endroits, de Totre portrait n'ont fait que relcTcr l'éclat de tos couleurs, s