Ihidem^ p
un argument contre la représentation de V Étourdi en i655. Mais quand on la daterait de iG53, comment la pièce n'anraitelle paa été reprise pendant le long séjour de i655? La diffiôilté resterait donc à peu près la même. Nous penchons \ croire que si l'on faillit déjà grand cas de l'esprit de Molière, la première révélation de son rare génie ne frappa point autant qu'elle aurait dû. Au reste, il ne faut peut-^tre pas s'étonner plus que de raison qu'un homme du caractère de Dassottcy, si amusé qu'il ait pu être par les drôleries de Masearille, se soit attaché de préférence au souvenir de l'excellente cuisine et des bons vins de la troupe. D'autres distractions encore, aussi peu littéraires, furent ses grandes a/Taires à Lyop : sa musique à faire entendre, le jeu, doqt il avait la fureur là comme partout, les querelles de ses misérables pages. Quant aux chefs-d'œuvre poétiques, le seul dont il ait alors aimé à constater le succès, fut son Ovide en htUe humeur^ dont il prétend avoir trouvé des copies dans tQys les couvents des « Religieuses chantantes >• Quelque maudit témoin qu'il soit, il faut bien, puisqu'il s'est attaché aux pas de Blolière, que nous le suivions pour guide au delà de Lyon.
£n quittant cette ville, la troupe se ;*endit à Avignon. Alors Dassoncy, nous l'avons dit, s'embarqua sur le Rhône avec elle, saisissant l'occasion de voyager aux frais d'une si obligeante société. Cela venait fort à propos, les cartes ayant, comme d'ordinaire, allégé sa bourse. Dans Avignon il ne manqua pas de se faire encore dépouiller de quelques pistoles. Il fut tiré de peine {iar les comédiens , ce qui prouve et leur charité et l'état florissant de leur caisse. « Gomme un lu>imne, dit-il, n'est jamais pauvre tant qu'il a des amis, ajalit Molière pour estimateur et toute la maison des Réjards pour aipie, en dépit du diable... , je me vis plus riche et plus content que jamais*. »
Molière était-il vraiment si estimateur de Dassoucy ? Faisons la part de la vanterie. Nous ne serions cependant pas étonné qu'il n'ait jamais été aussi sévère que Roileau pour l'empereur du burlesque, cet original dont l'esprit jetait bien