‹ Notice biographique sur Jean-Odon DebeauxChapitre 2 sur 2 · SÉANCE DU 8 AVRIL · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 8 AVRIL

jeune alors, je nouais avec lui les amicales et fructueuses relations qui devaient durer quarante ans.

En 1872 nous le trouvons à Perpignan; il en fait connaître non seulement les environs, mais encore nombre de localités très intéressantes pour la Botanique. Nommé ensuite pharmacien en chef de rhôpital d’Oran de 1880 à 1886, il herborise beaucoup dans la région et répand dans les herbiers bien des endémiques qu’il était fort difficile de se procurer. C’est en quittant l’Algérie qu’il vint se fixer à Toulouse où il prit sa retraite, avec le grade d’officier de la Légion d’honneur et de pharmacien principal de l’armée.

Dans sa retraite, il met en ordre les notes recueillies dans ses voyages et les documents à lui adressés par les savants du monde entier avec (jui il était lié. C’est ainsi qu’il publie successivement : le Synopsis de la Flore de Gibraltar, la Flore de la Kahylie et du Djiirdjura, la Révision de la flore agenaise et surtout la Flore de Lot-et-Garonne. Il avait été aidé dans ses recherches et ses travaux par son fils aîné, le D'' G. Debeaux, qui contracta dans une herborisation à Libreville (Congo) le germe de la maladie qui devait l’emporter quelques jours après et le ravir à l’Histoire naturelle pour laquelle il était si bien doué.

Odon Debeaux a beaucoup écrit sur la Botanicpie, et ses ouvrages seront toujours consultés avec fruit. Ils sont indispensables à quiconque veut étudier la dore de la France, de l’Espagne, de l’Algérie et de la Chine ; ils le sont également pour ceux qui désirent suivre l’évolution de l’espèce dans ses diverses phases et connaître la description d’un grand nombre de plantes nouvelles créées par l’école analytique, à laquelle il appartenait et dont il soutenait les principes avec l’autorité que donne une science de bon aloi.

Il faudrait une plume d’or et de diamant pour décrire la bonté souveraine, l’inlassable dévouement de Odon Debeaux, l’ami fidèle, le conseiller discret qu’il fut. Travailleur infatigable, notre confrère augmentait sans cesse l’importance et la valeur de ses connaissances : valeur accrue ainsi pendant soixante ans et qui, sans qu’elle s’ignorât, ne fut pourtant jamais définitivement contente d’elle-même. Hors de France, elle était tenue pour rare, aussi les ouvrages de notre confrère sont-ils cités avec honneur dans les grands recueils scientifiques.

C’est en partie de sa culture éminemment classique et, pour le reste, de son goût naturel, qu’il tint, je crois, le bon ton perpétuel de toute sa critiipie botanique dans laquelle il excellait. S’il avait quelque adversaire contradicteur de sa conviction, il ne savait pas songer à le réduire par l’emploi de mots trop colorés; mieux lui seyait d’y tendre par la seule force des bonnes raisons, soutenues de la dignité sereine dont il écrivait sa très belle langue. Et, où se voyait sa conscience, c’est au fait que

J.-A. BATTANDlEll.

SUU QUELQUES SAUSOl.AUftES DU SAIIAHA. lOîi

partout, en les devoirs de sa profession eonnne dans ses études scienlifitiues, il ne pouvait traiter (pi’à fond, même les détails, (jiie d’autres, pressés par la vie, franchissent.

Enfin, de mon ami, je serais tenté de dire (pie, si |)our ressembler à tout le monde, il eut des laeuues, je Fai connu très dillérent du plus l-u’and nombre par la prescpie totale absence devrais défauts.

Ouvrages botaniques de Odon Debeaux.

Hoghar et sa végétation, 1859.

Catalogue des plantes de Boghar, 1861.

Herborisations aux environs de Flarèges, 1864.

Descriptions d’espèces nouvelles de Shanghaï et du Nord de la Ctiine, 1864. Contributions à la llore de la Chine, 1875-1879.

Notes sur quelques espèces nouvelles ou peu connues du littoral chinois, 1880.

Becherches sur la llore des Pyrénées-Orientales, 1878-1880. Knuméi’ation des Algues maritimes du littoral de Bastia, 1876. Excursion botanique à Saint-Paul-de-Fenouillet, 1880.

Herborisation faite à Casas-de-Pena, 1876.

Description d’une espèce nouvelle de Pose {Rosa Gandoneriana 1875. Matériaux pour servir à l’étude monographique des Bosiers des Pyrénées-Orientales, 1878.

Des plantes caractéristiques de la llore méditerranéenne dans le Boussillon, 1882.

Observations sur deux espèces du genre Erica, 1877.

Note sur quelques rares variétés de la flore Oranaise, 1888.

Synopsis de la flore de Gibraltar, 1889.

Bégions botaniques de l’arrondissement d’Oran, 1890.

Flore de la Kabylie et du Djurdjura, 1894.

Note sur plusieurs plantes nouvelles ou peu connues de la Bégion méditerranéenne, 1891-94.

Plantes l’ares ou nouvelles de la flore d’Aragon, 1896-97.

Notas botanicas a la llora espanola, 1892 (avec .M. Pau).

Bevision de la flore Agenaise, 1898.

Flore de Lot-et-Garonne, 1898.

Quant aux ouvrages malacologiques de O. Debeaux, ils intéressent les Pyrénées, la Corse, l’Algérie et la Chine.

Sur quelques Salsolacées du Sahara algérien;

PAR M. J.-A. BATTANDIEB.

M. le comte de Solms-Laubacii, à la suite d’un séjour à Biskra pendant le printemps de l’année 1900, fut amené à étudier les Chénopodées spirolobées de cette région avec la minutieuse exactitude (|u’on lui connaît, 11 a jtublié sur ce sujet

Page 1