SUR LA FONTAINE. XI
lui*. Ce ne serait pas à ChAteaii-Tliicrry, mais à Reims, si l'on s'en rapportait à l'Vi'ron, qui a dit dans sa Vie delà Fontaine''- : « On croit qu'il lit ses premières études à Reims, ville qu'il a toujours extrêmement chérie. » Quand on admettrait que Fréron tenait ce renseignement, comme il paraît en avoir tenu quelques autres, de Cliarles-Louis de la Fontaine, il se pourrait que celui-ci n'eût nommé Reims, sous forme dubitative d'ailleurs, que parce qu'il savait que son grand-père avait étudié avec l'un des deux futurs chanoines de cette ville, peutêtre avec l'un et l'autre.
A Reims, ou à Château-Thierry, le bon et sage garçon la Fontaine fut-il un studieux écolier, et, dès le collège, un brillant humaniste ? Le Lucien, et le satisfecit donné par le camarade, ne nous l'apprennent pas. Goûta-t-il beaucoup les leçons de ses maîtres ? Sans être en droit d'affirmer qu'il ait gardé d'eux un médiocre souvenir, on le supposerait, si l'on ne voyait pas simplement une boutade de poète dans ces vers d'une de ses fables ^ :
Certain enfant qui sentoit son collège, Doublement sot et doublement fripon Par le jeune âge et par le privilège Qu'ont les pédants de gâter la raison.
. . Ne sais bête au monde pire Que l'écolier, si ce n'est le pédant.
1. François de Maucroix était né le 7 janvier 16 19. Nous ne trouvons pas la date de la naissance de Louis de Maucroix ; mais, comme il fut pourvu d'un canonicat à Reims le 16 février lôSy [Maucroix, sa vie et ses ouvrages, p. Li, à la note), il semble bien qu'il faille lui donner quelques années de plus qu'à son frère ; et, si c'est lui qui a écrit la note sur la garde du Lucien, étant alors au collège avec la Fontaine, celui-ci devait alors être bien enfant. Mais ne pourrait-elle être de François de Maucroix, dans les mains de qui le livre aurait passé, après avoir été dans celles de son aîuè ?
2. En tête des Fables clioisies mises en vers..., Paris, Barbou, 1806, p. VI, — Nous citons, d'après cette édition, la Fie de la Fontaine par Frèron; mais elle a été imprimée d'abord en 1748, dans les Observations sur les écrits modernes, au tome XXXII, p. 74-90.