‹ Notice biographique sur La FontaineChapitre 115 sur 153 · CLX NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

CLX NOTICE BIOGRAPHIQUE

Ce n'est point pour mes vers que ses faveurs sont faites; Il ne m'appartient pas d'importuner les Dieux,

C'était cependant frapper à leur porte, avec quelque défiance sans doute dans le succès et en donnant à une supplique, trèsclaire d'ailleurs, la forme d'un gémissement discret, Walckenaer dit* que la porte ne s'ouvrit pas, et que ce fut surtout Mme de Maintenon qui la tint fermée, n'aimant pas à se souvenir du temps où la Fontaine l'avait vue chez le surintendant. Ce ne peut être qu'une conjecture, dans laquelle nous voyons seulement ceci de probable, que le poète en fut pour ses frais d'encens. Il avait beau faire de son mieux, la royauté le tint toujours, non sans quelque raison, pour un très-imparfait courtisan.

Dans la retraite dont il vantait les douceurs, on savait trèsbien qu'il avait lieu de se dire oublié de la fortune. Ce fut pour cela, dit-on, que des amis voulurent lui faire quitter la France :

Si nous quittions notre séjour?

Vous savez que nul n'est prophète En son pays : cherchons notre aventure ailleurs*.

Plusieurs personnes lui conseillèrent de faire ainsi, et de passer en Angleterre. Mais fut-ce dès cette année 1687 oii il écrivait à M. de Bonrepaux, ou même plus tôt encore? Walckenaer le donne à entendre ^, sans nous mettre sur la voie d'un autre témoignage que celui de des Maizeaux dans la Fie de M. de Saint-Évremond'^ . Or des Maizeaux ne dit rien qui ait autorisé Walckenaer à croire que Mme Harvey se soit faite, en i685, «la négociatrice du parti » qui cherchait à nous enlever la Fontaine. Voici textuellement ses paroles : « Mme la duchesse de Bouillon étant venue en Angleterre, en 1687, pour voir Mme Mazarin, sa sœur, M. de la Fontaine lui écrivit une

1. Histoire de la vie.,., de J, de la Fontaine, tome II, p, i4i et 143.

2. L'Homme qui court après la Fortune et P Homme qui l'attend dans son lit, fable xii du livre VII, vers a 5-27,

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