‹ Notice biographique sur La FontaineChapitre 123 sur 153 · Lettre à Bonrepaux, du 3i août · texte numérisé non relu

Lettre à Bonrepaux, du 3i août

a. Imprimé à Cologne, chez Adrien l'Enclume, i vol. petit in- 12, 1708. — Voyez, pour l'iiistoire de Mme Ulrich, aux pages 96 et i3o-l4o de la Seconde par tie de la nouvelle.

CLXxiv NOTICE BIOGRAPHIQUE

d'Auvergne, chez lequel il se peut que la Fontaine l'ait connue. Ulrich, ayant l'intention de faire d'elle sa femme, la plaça dans un couvent, pour qu'elle y reçût une bonne éducation. Là elle eut une intrigue avec Dancourt, le célèbre comédien auteur. Ulrich, averti, la fit sortir d'une maison où elle était si mal gardée, et très-imprudemment l'épousa. Une fois dans le monde, sa conduite fut plus mauvaise encore; elle devint fameuse par ses débauches. Elle était cependant logée dans une noble maison de la rue de l'Université, où « bien d'honnêtes gens alloient lui rendre visite*. » Mais cette maison était celle de la duchesse de Choiseul, célèbre par « ses galanteries sans mesure*. » Quant aux honnêtes gens, ils n'étaient pas toujours de moeurs honnêtes. Sous le tf)it donc de la nièce de Mlle de la Vallière, jour et nuit on jouait chez Mme Ulrich. Des mousquetaires et toute sorte de petits-maîtres y venaient faire le tapage, casser les porcelaines et les vitres. La galante personne fit mourir de chagrin sa mère par ses déportements. Elle avait une fille vertueuse, que la Fontaine appelle « une fière petite peste, » et qui, par l'entremise d'une grande dame, obtint une lettre de cachet pour enfermer Mme Ulrich dans le couvent d'Evreux, oij elle-même était religieuse. L'abbesse refusa de recevoir une pensionnaire si décriée; on prit le parti de la mettre à l'Hôpital général. Cette fin de sa triste histoire ne laisse pas de doute. Plusieurs rapports du lieutenant de police, René d'Argeuson, adressés, en 1700 et en 1702, au contrôleur général Pontchartrain*, constatent les dérèglements de Mme Ulrich. Dans le rapport qui est daté d'avril 1702, il est dit que les scandales de sa conduite, qui avaient déjà forcé de la renfermer aux Madelonnettes, étaient devenus plus intolérables encore et plus dangereux, tout âgée, laide et infirme qu'elle était alors. D'Argenson sollicitait donc l'ordre de la faire conduire au Refuge de la Pitié, dépendant de l'Hô-

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