‹ Notice biographique sur La FontaineChapitre 124 sur 153 · Pluton malfdtier, p. i3i · texte numérisé non relu

Pluton malfdtier, p. i3i

2. Voyez les Additions de Saint-Simon au tome I"' des Mémoires (édition de M. de Bolslisle), p. 3fio; et les Mémoires mêmes, ibidem^ p. 118.

3. Notes de René d" Àrgenson^ lieutenant général de police^ Paris, 1866, in-i2 : voyez aux pa^es 33, 34, 70 et 71.

SUR LA FONTAINE. clxxv

pital g<'ii<'r;il, (|irclle avait in('rit(; mieux encore (jiic l'iK-ioïne du roman dt; laljlx* Pn'vost.

Les deux lettres de la Fontaine, dont elle-même a divulgué impudcmmcut le secret, auraient souvent besoin d'un commentaire, (ju'elle seule aurait pu donner. Ce qu'elles ont de parfaitement clair, c'est (pie la Koulaiiie était en très-intime liaison avec elle, avec le mar(|iiis de Sablé, un de ses amants, et l'abbé Servien, frère de celui-ci. De ces deux (ils du surintendant des linances Servien, Saint-Simon a dit : « Rien.,., de si débordé que la vie de ces deux frères, tous deux d'excellente com|)agnie et de beaucoup d'esprit*. » Parmi les spirituelles et excellentes com|)aguies, notre poète , voilà une nouvelle occasion d'en convenir, ne cboisissait pas les mieux famées. \ous croyons comprendre que, lorsqu'il écrivait à Mme Ulrich, absente de Paris, elle était cachée quelque part avec les deux Servien. La Fontaine ne montrait aucune jalousie. Il parle cependant de certaines remontrances qu'il avait faites à la belle, sans doute sur l'imprudence de son train de vie. Walckenaer explique ces remontrances^ dans le sens de quelque résistance aux avances de la dame. L interprétation est un peu trop charitable pour la Fontaine, dont la vertu ne se défendait pas si bien. Le seul commencement de sagesse que la lecture de ses lettres puisse faire trouver chez lui, c'est la crainte du maître, nous voulons dire du mari. Avec une sincérité comique, il avoue qu'il meurt de penr à la pensée du retour de ce diable d'Ulrich, quelquefois un peu mutin : il n'en dort point. En attendant, il reçoit volontiers le vin de Champagne et les poulardes, qui, de la retraite de Mme Ulrich, lui étaient envoyés ; il accepte aussi une chambre chez le marquis de Sablé. Ces amis du |)!aisir, supciieurs aux rivalités, faisaient bon ménage. Nous sommes dans la chronique scandaleuse ; qu'on nous le pardonne : il n'y a pas de secret à garder sur les égarements de la Fontaine, qu'il n'a lui-même jamais dissimulés. Mme Ulrich d'ailleurs, en imprimant les lettres du poète, et en se faisant l'éditeur

1. Mémoires de Saint-Simon, tome IX, p. 336. — Voyez aussi au tome VIII, p. 45, et au tome X, p. 117.

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