Tome I, p. a4 (Lyon
SUR 1>A FONTAINE. ci.xxxiii
jïirtic (le ses reuvres, avoil jiccès par Fc-iicloii justiu'aii duc de Bourgogne. » On |)cut craindre <|ue le pieux ljiogra])lie n'ait obéi à qucKpio scrupule étroit, lorscpi'il u si fort avancé l'époque de la conversion de la Fontaine on reculé celle des bontés que l'élève de Fénclon eut pour lui. La fable des Compagnons (V Ulysse a été publiée' à la (in do iGyo. Elle est dédiëe au duc de Bourgogne. Dans celle (jui est intitulée le Loup et le Renard'^, la Fontaine dit qu'il en doit au jeune Prince « le sujet, le dialogue et la morale : »
Ce qui m'étonne est qu'à luiit ans Un prince on fable ait mis la chose.
Le petit apologue dont le duc de Bourgogne a été le collaborateur est donc aussi de 1G90, au plus tard de 1691; car le fils du Grand Dauphin était né le 6 août 1682. Ce ne fut pas, on le voit, dans un temps où le fabuliste était, comme dit l'abbé Proyart, « uniquement occupé du soin de son salut, » qu'il commença d'être admis près du duc de Bourgogne. « Il lui contoit une de ses fables, et le jeune Prince lui en récitoit une autre qu'il avoit apprise de son précepteur, ou qu'il avoit lui-même composée ^. » Sans avoir jamais renoncé aux petits poèmes, qui ont fait sa meilleure gloire, la Fontaine s'en laissait trop distraire. Il fut bon pour lui d'y être rappelé par des protecteurs dont il valait mieux prendre conseil que de ceux du Temple, Il avait présenté au duc de Bourgogne une des dernières fables qu'il avait composées. Le Prince lui ordonna de continuer*: ce qu'il fit, selon ses propres expressions", par le « devoir de lui obéir » et par « la passion à&lui plaire. >) Relevons encore ces paroles, qui suggèrent en même temps une autre remarque : « Il faut que je me contente de travailler sous vos ordres. L'envie de vous plaire me tiendra lieu d'une imagination que les ans ont affoiblie *. j) C'est ainsi qu'il disait dans les vers qui servent de préface aux Compagnons d'Ulysse:
I. Dans le Mercure de décembre 1690, p. io5-ii4. a. Fable ix du livre XII.