‹ Notice biographique sur La FontaineChapitre 145 sur 153 · SUR LA MORT DE LA FONTAINE · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DE LA FONTAINE

Hélas! il n'est plus le poëte enjoué, nouvel Esope, et supérieur à Phèdre dans l'art de badiner, celui qui a donné une voix aux bètes, pour qu'elles fissent entendre aux hommes les leçons de la sagesse. Hélas! la Fontaine a expiré. 0 douleur ! Ont expiré avec lui les Jeux pleins de malice, les Ris folâtres, les Grâces élégantes, les savantes Muses. Pleurez, vous qui aimez le naïf enjouement, la nue et simple nature, l'élégance sans apprêt et sans fard. A lui, à lui seul, les doctes ont tous permis la négligence. Combien chez lui cotte belle négligence se montre supérieure à un style plus poli ! Que de regrets

I. « .... Vacui, sive quid urimur.... » (Horace, livre I, ode \i, vers 19.) a. Si l'on avait trouvé la traduction du duc de Bourgogne, elle eût été curieuse à donner ici, au lieu de celle que nous avons hasardée.

ccxir NOTICE SUR LA FOMAINE.

iiuTÏte une tête si chère ! Pleurer., nourrissons des Muses. Et cependant Tirent et %-ivront toujours les beautés qui brillent dans les jeux de sa muse, et les uiinables badinages, les plaisanteries attiques, le persuasif attrait, charmant et facile. Nous ne plaçons p.is la Fontaine, comme le voudrait l'ordre des temps, parmi les modernes, mais, pour les agréments de son esprit, au rang des anciens. Ne nous en crois-tu pas, lecteur? Ouvre le livre. Qu'en pensestu? C'est Anacréon qui se joue. C'est Horace, soit libre de soucis, soit ayant une flamme au coeur, qui chante sur cette lyre. C'est Térence, lorsqu'il fait, dans ses comédies, la peinture vivante des mœurs et du caractère des hommes. La douceur et l'élégance de Virgile respirent dans ce petit ouvrage*. Oh! quand les favoris de Mercure* égaleront-ils jamais l'éloquence de ses personnages à quatre pattes?

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