CCXV II
tiire et nii^nio duiia de» einpIoiH iiiipurtaiitfi. > Une lettre infiérre au Jour^ nul des Débats, du lo iiuveinlirc i8r8, coiifirinc ce* parole» (ilvincs d'cR- (itiit! pour rarriiTc-pctit-lils du poi-tc, <>t imus «m dit un peu plu8 long Kiir lui : • M. du la Kontaiiic- est ]>arveiiu à l'Afjc de fti unK. Su jeûneuse et les iiioiiicuts de loisir (pie lui laissait un cuiploi Jaii« In (iiiunee furent coiisiieréti à une élude approtondie <le riiistoirir et <le la littérature. LcK événements de la Révolution l'ayant jirivé de son emploi et d'une ]>artie
de son patrimoine, il vit retiré Il ite rési){ne, dans le silence, à toutOR
les privations et eherche à se contenter dos débris d'une fortune qui ne fut jamais (pi<- tiés-modiquc. » Le même journal, à la date du u!> aoiU l8a4, complète ainsi ces renseif;nements : « Il était (t/uiinil il mourut) le seul rejeton du Itonliomme. S'il n'avait pus son ^énie, il avait hérité du moins de son originalité <'t de sa modestie. M. de lu Fontaine habitait ordinairement Paris. Aveugle et infirme, il est venu, peu de temps avant sa mort, dans sa ville natale', comme sim[)le voyageur, et sans se faire connaître. Il s'était logé dans une auberge, avec une domestique; et ce n'est qu'en recevant les billets de faire part que les habitants ont su qu'ils l'avaient possédé parmi eux. M. Trihert, ])résident honoraire, et M. Poan (le Sapincourt avaient été chargés j)ar M. Héricart de Thury, son parent, de veiller à ses besoins. » L'auberge où l'on donne à entendre qu'il mourut était sans doute celle de la Sirène, dans le faubourg de Marne. Il se pourrait qu'il y fût descendu; mais l'acte de son décès* nous apprend qu'il est mort, le i6 aoilt 1824» dans la maison du sieur Plu, entrepreneur de biUiments. Cette maison existe encore au faubourg de Marne.
Walckenaer dit (p. 637 de l'édition de 1824, à la note déjà citée) avoir appris, au moment où l'on allait tirer la dernière feuille, que le roi Louis XVllI avait accordé une pension de quinze cents francs à Hugues- Charles. Lu date de l'ordonnance royale serait, dit-on, le 23 novembre 1823. Nous ne l'avons pas trouvée au Bulletin des lois.
Le dernier héritier mâle du nom de la Fontaine n'avait pas été marié.
1. C'est-à-dire à Château-Thierry, dans la ville natale de sa famille paternelle. Nous avons vu qu'il était né à Pamiers.
2. Voici cet acte, extrait des registres de la paroisse de Saint-Crépin :
« L'an mil huit cent vingt-quatre, le 17 août, huit heures du matin, en la mairie et par devant nous, Louis Vol, maire et officier de l'état civil de la ville de Château-Thierry, arrondissement et canton dudit lieu, département de l'Aisne,
« Sont comparus MM. Jean-Baptiste-Louis de Sapincourt, âgé de 53 ans, receveur des hospices civils de cette ville, et Etienne-Charles Tribert, président honoraire du tribunal, âgé de 64 ans, demeurant tous deux à Château-Thierry, lesquels nous ont déclaré que M. Hugues-Charles de la Fontaine, né à Palmiers [sic), le douze juillet mil sept cent cinquante-sept, fils de M. Charles-Louis de la Fontaine, écuyer, avocat en ])arlement de Paris, et de dame Marie-Antoinette Lemercier, tous deux décédés, ledit Hugues-Charles de la Fontaine, demeurant à Château-Thierr}', est décédé le jour d'hier, à cinq heures et demie du soir, maison du sieur Plu fils, entrepreneur de bâtiments, faubourg de Marne. Et ont les deux témoins signé avec nous le présent acte, après que lecture leur en a été faite,
« Tribert, Poim de Sapincourt^ Fol. »
ccxvni NOTICE SUR LA FONTAINE.
Ses soeurs, que nous avons nommées ci-dessus, avaient été, après la mort de Charles-Louis, leur père, recueillies, à Château-Thierry, par leurs tantes, qui les présentèrent à Mesdames, filles de Louis XV, lorsque ces princesses, se rendant aux eaux de Plombières, en 1762, passèrent par Château-Thierry. La jeune Marie-Françoise-Claire, âgée de sej)t ans, récita devant Mesdames une petite fable en vers, le Lierre et le Chine, qui faisait une transparente allusion à leur besoin de protection, et que précédaient ces vers :
Jean s'en alla comme il était venu.
Mangeant son fonds avec son revenu.
C'était mon bisaïeul de célèbre mémoire.
Son fils a fait de même, aussi son petit-fils.
Jamais au monde ils n'ont acquis
Que de l'estime et de la gloire.
Touchées de la grâce de l'enfant, qui n'avait pour héritage qu'un nom illustre. Mesdames, au retour de Plombières, l'emmenèrent à Versailles, et la présentèrent au Koi. Elles la placèrent, pour son éducation, à l'abbaye de Fontevrault. On la destinait à l'état religieux ; elle préféra le mariage. Elle épousa Charles-Etienne-Marie Marin, comte de Marson, garde du corps du Roi. Ses bienfaitrices lui assurèrent une pension de douze cents francs, qui lui fut exactement payée jusqu'au temps de la Révolution. A cette dernière époque, Mme de Marson vivait obscurément à Versailles, avec son fils et sa fille. Une lettre qu'elle avait reçue d'un parent émigré la fit traduire devant un comité révolutionnaire de cette ville. Elle j' comparut accompagnée de ses enfants. Le président dit au jeune de Marson : « Qu'est-ce qu'on t'apprend? » — « .1 être bon, >■ répondit l'enfant. Un homme du peuple s'écria : « Grâce pour la petite-fille de la Fontaine, qui élève si bien ses enfants! » La cause de Mme de Marson était gagnée; on la renvoya chez elle. Quoique cette générosité du comité de Versailles puisse faire penser au mot de la seconde Philippique de Cicéron sur Antoine, qui ne l'avait pas tué à Brindes : benejicium latronunt, il est touchant de voir que devant un peuple en révolution, comme à la cour des Rois, la gloire de la Fontaine protégea sa postérité.
Le roi Louis XVIII accorda, en 1818, une pension de quinze cents francs au fils de Mme de Marson, affligé d'une maladie nerveuse, depuis la scène, dit-on, du comité révolutionnaire, et réduit à une grande pauvreté. Que c'ait été tantât nonchalance héréditaire, tantôt malheur des circonstances, il y a peu de familles que la fortune ait moins favorisées que celle des descendants du grand poëte.
Marie-Claire, la seconde fille de Charles-Louis de la Fontaine, épousa, à Château-Thierry, Pierre-Louis Despotz, ancien magistrat. Elle mourut veuve, le i3 novembre 1820, à Château-Thierry *, sans laisser de postérité,
I . Extrait des registres de la paroisse de Sainl-Crépin : « Ce jour d'hui treize novembre mil huit cent vingt, trois heures de relevée, par devant nous maire de la ville de Château-Thierry, faisant les fonctions d'officier public de l'état civil, sont comparus sieur Jean Poan de Sai)incourt, receveur des hospices civils, âgé de 49 ^ns, et François- Claude Bcrthault, arpenteur, âgé de Sa ans, tous deux demeurant à Cliâ-
APPENDICE. r.cxix
el institua pour itun légataire universrl un ntcinhrc ilu lu t'amillc- Héricart «jue Walckcnacr nomme Louis-CI>ri»toi>lic-AnM<! Héricart tic 'i'hury.
^uas uvuns vu <|uu son frère vécut encore près de quatre ans aprèi elle.