‹ Notice biographique sur La FontaineChapitre 153 sur 153 · PORTRAIT PEINT PAR HYACINTHE RIGAVD · texte numérisé non relu

PORTRAIT PEINT PAR HYACINTHE RIGAVD

C'est le portrait le plus connu, celui qui a été gravé par Edelinck pour les Hommes illustres de Perrault, par Ficquet et par tant d'autres, celui qui se trouve reproduit dans presque toutes les éditions des OEuvres de la Fontaine.

M. Paul Lacroix [Nouvelles œuvres inédites...^ p. 23o) dit, mais comme une simple conjecture, qu'il a di\ faire partie de la collection des portraits des académiciens, qui était dans le local de l'Académie française, au Louvre. Il ajoute, ce que nous croyons incontestable : « On trouve assez souvent dans le commerce d'anciens portraits à l'huile; ce sont, en général, des copies, avec variantes, du portrait original de Hyacinthe Rigaud, lequel a servi de type à la plupart des portraits gravés. »

La peinture que possède M. Héricart de Thury, et qu'avec sa permission le regretté M. Sandoz a gravé pour VAlbum de la présente édition, est celle de Rigaud*. On peut se demander si c'est le portrait original, ou une ancienne répétition. Si l'original cependant est quelque part, il y a grande vraisemblance que c'est chez les héritiers des Héricart et des Jannart. Nous ne trouvons pas une objection dans ce fait qu'aux dix-septième et dix-huitième siècles la famille Coustard, comme nous le disons un peu plus bas, possédait un semblable portrait. Il est très-probable que Rigaud en avait fait deux : l'un pour M. Coustard, l'autre pour le poète luimême. C'est celui-ci qui serait aujourd'hui au château de Thury. Non-seulement la célébrité de cette belle peinture, mais l'authenticité, dont, plus que toute autre, elle offre des garanties, devait fixer le choix des éditeurs de la Collection des Grands écrivains delà France, lorsqu'ils ont eu à décider lequel des divers portraits de la Fontaine serait rej)roduit par la gravure.

On pourrait, il est vrai, avoir quelques doutes sur l'exacte ressemblance, lorsqu'on se rappelle ce que la tradition nous apprend de la phj'sionomie

I. M. Paul Lacroix s'est trompé en supposant qu'elle est de Mignard.

ccxxiv NOTICE SUR LA FONTAINE.

du Bonhomme, et ce que d'Olivet dit de l'estamjje des Hommes illustres, (|ui, selon lui, « le flatte un peu. » Rigaud idéalisait et ennoblissait volontiers. Mais, l'impression d'un portrait flatté, la gravure d'Edelinck la donne surtout, et plus que la peinture qui appartient à M. Héricart de Thury.

Des notes de Mariette, toujours bien renseigné, nous disent, dans son Ahecedario, que l'original de ce portrait avait été commandé à Rigaud, avec les portraits de Santcul et de Despréaux, par M. Coustard, contrôleur général de la grande Chancellerie, et par son fils, conseiller au parlement de Paris; et qu'en i^So cet original, qui était d'une grande beauté, se trouvait encore cher, ce dernier. Si l'on admet cette commande faite par les Coustard, il faut renoncer à un renseignement que donne, sans en faire connaître la source, une notice de VArtiste [\" mars 1870, p. 287), où il est dit : « Je lis que Rigaud fit ce portrait gratis par la haute estime qu'il avait pour M. de la Fontaine. » Le rédacteur de r Artiste parait indiquer, comme date du portrait, l'année 1690. La Fontaine avait alors soixante-neuf ans. Ce nous semble à peu près l'âge qu'on peut lui donner dans cette peinture. Il ne pouvait être beaucoup moins vieux, quand il a été peint par Rigaud, qui, né en lôSg, n'est venu à Paris qu\;n 1G81.

Une répétition de la peinture de Rigaud a passé en 1876, à l'Hôtel des Ventes, dans la collection Marcille. Elle était de forme ovale. Elle paraissait assez ordinaire.

Nous avons aussi rencontré cette mention, qu'à la vente Ménar», en 1781, un portrait en buste de la Fontaine, par Rigaud, dessin aux trois crayons sur papier gris, fut vendu 3oo livres.

M. le marquis de Biencourt possède deux portraits de la Fontaine : l'un à Paris, l'autre au chûteau d'Azay-le-Rideau. Ils paraissent être des répétitions de la peinture de Rigaud.

Il nous reste peu de chose à ajouter sur les portraits de la Fontaine.

M. Depping (voyez ci-dessus, à la page clxxi de la Notice biographique^ pense qu'il a existé une petite peinture représentant ce poète dans le jardin de l'hôtel d'Hervart, et qu'elle appartenait à la marquise de Gouvernet. On ne sait ce qu'elle est devenue. Etait-elle de Mignard, qui avait fait les portraits de toute la famille d'Hervart?

Dans la Chambre du sublime, donnée, en 167.5, au duc du Maine par Mme de Thianges, la figure de la Fontaine était une de celles que l'on avait représentées en cire. Il ne s'est conservé de ce petit Panthéon que le souvenir.

Ce qui ne nous est pas connu par ouï-dire seulement, c'est le Parnasse français, dont l'idée rappelle un peu celle de la Chambre du sublime^ et que fit exécuter en bronze Titon du Tillet. Il fut terminé en 17 18. La Fontaine est un des poètes représentés; mais nous ne croyons pas que, pour son iconographie, cette figure ait beaucoup d'intérêt, n'ayant pas été exécutée du vivant du poète, ni avec une recherche très-exacte de la ressemblance.

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