IV NOTICE BIOGRAPHIQUE
Mais, quoique le portrait semble ainsi achevé en quelques lignes, et que d'ailleurs les grands écrivains vivent surtout par leurs écrits et dans leurs écrits, on est devenu aujourd'hui curieux des moindres particularités de leur histoire. Si cette curiosité n'est pas sans quelque excès, nous avons cependant le devoir ici d'essayer de la contenter. Elle n'est pas du reste entièrement vaine : une biographie développée des grands écrivains jette sur leurs ouvrages mêmes quelque lumière.
Ainsi pensait sans doute Walckenaer, lorsque, sans craindre que l'on tournât contre lui ce vers de la Fontaine :
Les longs ouvrages me font peur*,
il a donné beaucoup d'étendue à son Histoire de la vie et des ouvrages de Jean de la Fontaine, et y a rassemblé patiemment tant de détails curieux. Seul, nous pourrions nous plaindre que, dans son agréable et savant ouvrage, il ait épuisé à ce point le sujet, puisqu'il ne nous a laissé qu'à glaner derrière lui ; mais nous aimons mieux le remercier d'avoir bien autrement élargi la voie que ne l'avaient fait les précédents biographes. En repassant sur ses traces, nous aurons encore à faire quelques rencontres, qui ne se sont pas offertes à ses investigations; et, sur quelques points, des travaux plus récents et nos propres recherches nous rendront possible ou de le compléter ou de le rectifier.
L'acte de baptême ^ de Jean de la Fontaine, que nous ont conservé les registres de la paroisse Saint-Crépin, à Château- Thierry, atteste qu'il fut levé sur les fonts, le 8 juillet de l'an i6'2i, qui fut probablement le jour même ou le lendemain de sa naissance. Dans sa ville natale, au pied de la montagne que couronnait le vieux château fort, dont les ruines restent imposantes, la maison où le charmant poète entra dans la vie* est toujours là, assez respectée par le temps, un peu moins, nous le regrettons, par la main des hommes. Entre cour et jardin, avec ses deux ailes, sa tourelle, en partie détruite aujourd'hui, et son petit jardin, c'était une assez élégante habita-