Histoire de l'Académie, p. 3a5 et
SUR r.A FONTAINE. xxiii
sont not^s de sa main, à clniqiie page; et j'ai pris garde que la plupart de ses notes c'toieiit des maximes de morale ou de politi(|uc, qu'il a semées dans ses fables. »
Ce que nous venons de dire d'une étude un peu différée des auteurs grecs et latins, proijablement s'ap|)liquerait mal aux auteurs italiens que nous avons entendu la Fontaine nommer à côté d'eux. La lecture d'Arioste et de Boccace doit avoir été un des premiers aliments de son esprit, et du temps même oii a commencé son commerce familier avec nos vieux poètes et nos romanciers.
A ce même temps-là nous placerions déjà son goût pour ce maître François, qu'il a eu soin, comme nous l'avons noté, de ne pas omettre dans sa lettre à Saint-Evremond. Ce fut un goût passionné, durable aussi; car il était loin d'être jeune, quand il le témoignait, à ce que l'on rapporte, par le plus étrange propos, où il faut faire une part égale à la naïveté et à la malice : toutes deux, on n'y a pas toujours assez pris garde, allaient chez lui si volontiers ensemble. Le génie de Rabelais a souvent été loué avec enthousiasme, jamais à la façon de la Fontaine, si les anecdotes de d'Olivet et de Brossette ont quelque vérité. « Peu de jours avant sa dernière maladie, raconte celui-ci', [la Fontaine,] étant à dîner chez M. de Sillery, évêque de Soissons, comme le discours tomba sur le goût de ce siècle : « Vous trouverez encore parmi nous, « dit-il de tout son sérieux, une infinité de gens qui estiment « plus saint Augustin que Rabelais. » Si ce n'est pas là une version déiigurée, et moins piquante, moins fine, de l'historiette que nous allons emprunter à d'Olivet, faudrait-il donc supposer que, par deux fois, le rêveur, entraîné par nous ne savons quelle bizarre association d'idées, serait tombé dans le même puits, ouvert aussi bien sous les pas des poètes que sous ceux des astrologues ? La récidive paraîtrait bien étonnante. Dans le récit de d'Olivet, la scène se passe chez Boileau Despréaux, où se trouvaient son frère le docteur Jacques Boileau, Racine, Valincourt; c'est de celui-ci que d'Olivet
I. Dans une note sur un passage de la lettre de Boileau à Maucroix, du 27 avril lôgS : voyez les OEuvres de M. Boileau Despréaux (2 vol. in-4*, Genève, 1716), tome II, p. Sij, Remarque i.