Mouzon est un chef-lieu de canton des Ardennes
XLii NOTICE BIOGRAPHIQUE
de l'année même où l'on dit que fut écrit le récit de Tallemant : l'épître et le récit, en tout cas, paraissent concorder. La scabreuse anecdote semble aussi confirmée par la Fontaine dans son Élégie à l'Amour : « Amour, que t'ai-je fait ? » dans laquelle il se souvient d'une certaine Phyllis, belle, mais légère, qui, un jour, ne lui résistait que bien faiblement :
On me vint interrompre au plus beau de mon conte. Iris entre, et depuis je n'ai pu retrouver L'occasion d'un bien tout près de m'arriver.
On reconnaît sans peine quelle était cette fâcheuse Iris.
Que d'étranges confidences la Fontaine fait à sa femme dans les lettres de son voyage en Limousin ! Tantôt il s'est trouvé, dans le carrosse, avec une comtesse poitevine assez jeune et spirituelle, et qui venait de plaider en séparation avec son mari ; il était donc fort disposé à la cajoler, « si la beauté s'y fût rencontrée; mais sans elle rien ne me touche.... Je vous défie de me faire trouver un grain de sel dans une personne à qui elle manque * : » défi original, s'adressant à sa femme. Tantôt il a su qu'à Poitiers il y a nombre de belles : « J'eus quelque regret de n'y point passer; vous en pourriez aisément deviner la cause ^. » Ou bien c'est une plaisanterie, qui accuse encore plus sa légèreté, sur la jolie fille de l'hôte de la petite ville de Bellac^
Voilà une franchise naïve. Mais des naïvetés de la Fontaine, ce n'est peut-être pas la plus involontaire, ni certainement la plus innocente. Comme nous aurions cependant peu de goût à trop prêcher contre un pécheur à qui l'on a toujours trouvé un air si candide, nous sommes bien aise qu'il nous en ait épargné la peine, en se chargeant lui-même du sermon. Il a reconnu humblement ses torts dans le conte des Aveux indiscrets, oh un certain Damon, qu'il nomme « un pauvre sire, » se rend coupable de la même imprudence :
Imprudence est un terme
Foible à mou sens, pour exprimer ceci.
Le noeud d'hymen doit être respecté,