‹ Notice biographique sur La FontaineChapitre 36 sur 153 · En date du 26 mars i · texte numérisé non relu

En date du 26 mars i

2. Dans des actes de 1676, l'un du 2 janvier, l'autre du 9 novembre, Marie Héricart est dite sépare'e de sou mari « quant aux biens. »

SUR LA FONTAINE. xli

évidemment pour être la sienne*. Que cependant ils aient ëté autrement sépan's, on peut le dire, pourvu qu'on ne prenne pas l'expression à la rigueur. D'Olivet nous paraît avoir exactement di'lini celte vie à part : « Il s'éloignoit de sa femme le plus souvent et |)Our le plus longtemps (pi'il pouvoit, mais sans aigreur et sans bruit. Quand il se voyoit poussé à bout, il prenoit doucement le parti de s'en venir seul à Paris, et il y passoit les années entières, ne retournant chez lui que pour vendre quelque portion de son bien *. » Il ne serait pas juste de parler de rupture, quand l'union avait toujours été si relâchée; nous disons toujours, car ce sont les premiers temps du mariage dont Tallemant nous donne l'idée que voici : « Sa femme dit qu'il rêve tellement qu'il est quelquefois trois semaines sans croire être marié *. »

Il ne lui cachait pas ses infidélités. Tallemant, avec des licences d'expression familières à sa plume, en raconte une qu'elle surprit, à peine à temps, et pour laquelle son mari ne lui donna d'autre satisfaction que de lui faire une grande révérence et de sortir. La galante était certaine abbesse, retirée à Château-Thierry, et que la Fontaine avait logée. On croit bien reconnaître l'abbesse bénédictine,

Très-révërente mère en Dieu, Qui révérente n'êtes guère,

de l'épître écrite en 1657, alors que les Espagnols de la garnison de Rocroi ravageaient nos provinces du Nord*. Elle est adressée A. M. D. C. A. D. M. (à Mme de Coucy^, abbesse de Mouzon) . Le poëte lui explique comment, n'ayant d'autre passe-port que celui d'Amour, il n'ose aller la trouver dans son séjour de Mouzon*, qui sent un peu trop la poudre. Nous ne saurions dire si la trop complète hospitalité racontée dans les Historiettes précéda ou suivit cette épître, qui est

1 . Elle est dans ses OEuvres sous ce titre : « Epitaphe d'un paresseux. »

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