LU NOTICE BIOGRAPHIQUE
sa femme, une ferme de Damart, près de la Ferté-Milon. Jacques Jannart fut d'un grand secours à son neveu, au milieu des difficultés de son administration ; sa bourse lui fut souvent ouverte, et la Fontaine reconnaît dans ses lettres les obligations qu'il a à sa bonté. Mais cette bonté ne put suffire à mettre assez d'ordre dans une gestion qui, même en de meilleures mains, eût encore été difficile. Le mauvais tour que prenaient les affaires de la Fontaine est attesté par cette séparation de biens, dont nous avons parlé*, entre sa femme et lui, et qui suivit d'assez près' la mort de son père. Le gouffre une fois ouvert, la négligence du poète le creusa de plus en plus. Voici qu'un jour ses pénates même déménagent, comme ceux de Jean lapin, trop occupé de ses promenades parmi le thym et la rosée. Sa maison natale de la rue des Cordeliers, que la postérité reconnaissante a voulu rendre à sa mémoire, fut vendue le 2 juin 1676, à Antoine Pintrel *. Le prix de onze mille livres seivit à payer des dettes contractées envers le même Pintrel et envers Jannart. Dans l'acte de vente, Claude de la Fontaine , « ecclésiastique , demeurant à Nogent-1' Artaud, 5) est mentionné ; il n'y est pas question de la sœur dont la Fontaine parle dans ses lettres, comme mariée à M, de Villemontée. Il y a plus encore : dans les affaires de la succession de Charles de la Fontaine, ses fils Jean et Claude sont seuls nommés; et, quand les scellés, mis après la mort de leur père, vont être levés, Jean de la Fontaine, se présentant comme héritier, demande qu'on attende son frère Claude, alors absent; mais il n'est point parlé de leur sœur. N'est-il pas vraisemblable que Mme de Villemontée, dont l'acte de baptême d'ailleurs n'a pas été trouvé sur les registres de Château-Thierry, était tout simplement cette demi-sœur, Anne de