‹ Notice biographique sur La FontaineChapitre 46 sur 153 · I. Voyez ci-dessus, p. xl · texte numérisé non relu

I. Voyez ci-dessus, p. xl

a. Voyez un extrait de l'acte de vente aux Pièces justificatives de V Histoire de la vie.... de la Fontaine.^ par Walckenaer, tome II, p. 299-301. Nous avons eu nous-même cet acte sous les yeux à Château-Thierry. Depuis la vente, on trouve Mlle de la Fontaine domiciliée sur la paroisse du château; elle paraît avoir été logée, non, comme on l'a dit, au château même, mais dans une maison de la rue du Château, que ses petites-filles habitaient encore au siècle suivant.

SUR LA FONTAINE. liti

Joiiy, oncoro mineure (|uan(l Françoise Pidoux, sa mère, épousa en secondes noces Charles de la Fontaine'?

Qnel(|ue8 mots n'ont pas été de trop peut-être sur la famille de la Fontaine, quoi(|u*elle ne fasse pas grande (igure dans son histoire. Nous ne la connaissons guère que par les papiers d'affaires, et lui-mcnic, dans ses lettres, ne nous la montre, excejjtion faite de sa femme et de l'oncle Jannart, qu'à l'occasion des prosaïques difficultés contre lesquelles il se débattait avec ])lus d'ennui que d'activé sollicitude.

Cette incurie, dans l'administration de sa fortune, signifiaitelle qu'il n'y entendit rien ? i\ous ne le pensons pas. Ses quelques lettres à Jannart ne donnent pas, il s'en faut, cette idée d'une incapacité, qui ne serait pas cependant très-étonnante

I. Voyez ci-dessus, p. x. — Nous ne savons si la de-couverte de quelque acte drmentira notre conjecture. Nous ne la donnons pas pour très-importante-, elle est du moins nouvelle. — M. le vicomte Héricart de Thury a mis sous nos yeux une lettre autographe inc'dite, signée De la Fontaine., et commençant par les mots: « Ma chère sœur. » La suscription est : « A Mademoiselle de la Fontaine, à Château-Thierry ». Il n'y a pas d'autre date que « Ce mardi au soir. » Ce qu'elle a de plus remarquable, c'est cette phrase: « Mes respects à ma chère mère. » Si l'on admet, comme c'est, depuis longtemps, une tradition dans la famille Héricart de Thury, que la lettre a été écrite par notre poëte, si l'on veut en même temps que la suscription ne puisse s'appliquer qu'à une sœur consanguine de la Fontaine, cette sœur, n'étant plus alors un enfant, n'aurait pas été d'un iîge très-différent de celui de son frère, et il deviendrait plus inexplicable que son acte de baptême ne se trouve pas dans les registres où la suite des actes de baptême n'a pas de lacunes dans les années auxquelles on peut penser. 11 y aurait à remarquer aussi qu'il faudrait que la mère de la Fontaine eût vécu bien après i634 (voyez ci-dessus, p. ix), puisque la Fontaine voyageant seul, au temps de la lettre, avait certainement beaucoup plus de treize ans. La suscription, sans doute, ne fournit aucune preuve. Il n'y aurait rien eu d'insolite à donner à Anne de Jouy le nom du mari de sa mère, qui l'avait comme adoptée; mais nous croyons la lettre écrite par un la Fontaine qui n'est pas le nôtre. Nous faisons suivre la transcription que nous en donnons, aux Pièces justificatives., n° v, de quelques remarques dans le sens qui vient d'être indiqué.

Liv NOTICE BIOGRAPHIQUE

chez un poète, même décoré du titre d'avocat. Il y paraît assez fort sur le grimoire des procureurs et des notaires. M. Paul Lacroix a publié * un contrat qu'il déclare avoir été écrit tout entier de la main de la Fontaine, et par conséquent, pense-t-il, rédigé par lui-même. C'est un accord sous seing privé, en date du lo mars 1659, entre Jacques Jannart, dont il était le fondé de pouvoir, et un vigneron demeurant au village de Chierry^. Nul besoin même d'aller chercher là les preuves de son incontestable sapience. Jusque dans son épître de 1662 Ju duc de Bouillon, il a très-doctement mêlé la langue du greffe à celle du Parnasse. Il ne péchait donc point par ignorance des affaires, bien plus insouciant qu'inhabile, et en sachant assez pour se ruiner en fort bon style de praticien. Fréron dit que, voulant faire servir à quelque chose ses voyages annuels à Château-Thierry, «il vendait à chaque voyage quelque portion de son bien, qui se trouva entièrement dissipé ; » il ajoute : « il ne passa jamais de bail de maison, et il ne renouvela jamais celui d'une ferme * » : ce qui est assurément inexact. Mais il est certain qu'il vit de bonne heure sa petite fortune fondre, fragments par fragments, dans ses mains. Il serait, peut-être malaisé, même aux experts dans le débrouillement des comptes et contrats, de reconstituer complètement l'histoire de cette ruine progressive, à l'aide des lettres de la Fontaine à Jannart et des pièces, nombreuses aujourd'hui encore, qui sont conservées dans les études de Château-Thierry. Nous en avons vu quelques-unes, plus ou moins respectées par le temps et difficiles à déchiffrer. Si nous étions hors d'état d'en tirer grand parti, il nous en est du moins resté l'impression que la Fontaine a été forcé de donner bien du temps à des règlements d'intérêts, grands ou petits, et que la prose signée par lui chez les notaires, si l'on pouvait la retrouver toute, formerait sans doute un plus gros volume que celui de ses poésies, sans avoir le même agrément. Ce que, dans tout

I . Nouvelles œuvres inédites de Jean de la Fontaine (Paris, Lemerre, 1869, in-S»), p. 92 et 93.

a. Dans l'arrondissement et le canton de Château-Thierry, à deux kilomètres de cette ville.

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