X. Où, comme nous l'avons dit, était alors Maucroix
SUR LA FONTAINE. lxix
Nous avons comln d'une voix Qu'il ailoit ramener en l''ianee Ije bon {{oût et l'air de l'érence?
Et maintenant il ne faut pas Quitter la nature d'un pas.
On a pu rcmar(|uct' (|ii'il date d'autrefois (il faut seulement entendre d'un peu plus loin que ce jour-là) son admiration pour le poète comique. Ainsi prévenu en sa faveur, nul doute qu'il ne soit promptement entré avec lui dans une étroite confraternité.
Il n'avait rien fait encore qui le prtt faire aller de pair avec Molière pour la renommée. On lui reconnaissait cependant une belle place déjà dans les lettres, comme l'atteste une lettre que Conrart, ce « père de l'Académie françoise% » lui écrivait le i"' mai 1660. La Fontaine l'avait complimenté sur une ballade qu'il avait faite, et lui avait envoyé quelques-unes des siennes. Conrart le trouva trop indulgent pour sa petite pièce '^: « Comment, disait-il, seroit-elle digne de votre approbation et de celle de M, de Maucroix ? C'est à vous auti^es, Messieurs, à
prétendre de faire aller votre nom jusqu'à la postérité Je
ne me sens pas capable de vous suivre. C'est assez que je vous regarde de loin,,.. Toute la grâce que je vous demande est que vous ne m'oubliiez pas par le chemin, encore que vous m'ayez laissé bien loin derrière vous, 5) On peut faire la part de la modestie ou de la politesse, il restera là encore une preuve que, dès ce temps, la Fontaine était fort en vue, et très-apprécié par les hommes estimés alors bons juges.
Racine, très-jeune encore (il avait dix-huit ans de moins que notre poète), mais trop heureusement doué pour ne pas déjà bien choisir ses modèles, voyait en lui un guide à suivre, à consulter. Cette déférence, mêlée à la familiarité, se montre dans es lettres qu'il lui adressait d'Uzès. La première en date est du II novembre 1661 '. Il l'y fait souvenir d'un temps