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SUR LA FONTAINE. lxxxi
plaire à la (luchesse do liodilloii ■< inspira, dit-on. » C'est laisser moins <le piiso an\ objections. Comme cependant, d'autre part, il donne vingt-deux ans à la duchesse, quand la Fontaine lui fut présenté, il semble pei-niettre à qui voudra de croire que les contes dont elle fut l'inspiratrice peuvent être les premiers. Or on ne peut admettre les vingt-deux ans de la duchesse de Bouillon, qui, falli1t-il la croire m-e en iG/jG, nous mèneraient jusqu'en 1GG8. Il y avait longtemps que la Fontaine lui avait été présenté, longtemps aussi que Joconde et un autre conte, celui du Mari trompé, hallu et content^ avaient été publiés. Ils furent composés bien peu après le retour de Limoges, sinon avant; car si le petit in-douze' qui contient les deux nouvelles, avec la traduction de la Matrone d' Éphèse, par Saint-Evremond, porte le millésime de i6G5, l'achevé d'imprimer est du 10 décembre 1664; et le privilège fut donné beaucoup plus tôt, le 14 janvier de la même année. La publication suivit de près l'achevé d'imprimer; en effet, dès le 26 janvier i665, le Journal des Savants en rendit compte^ et put faire l'histoire de la querelle qu'un des deux contes, celui de Joconde^ avait soulevée sur le Parnasse.
Cette querelle est célèbre. M. de Bouillon, secrétaire du cabinet de feu M, le duc d'Orléans (Gaston), avait, avant la Fontaine, imité en vers la nouvelle de l'Arioste dont Joconde est le héros. Son imitation fut imprimée en i663, l'année qui suivit sa mort. Brossette dit que ce fut parce que la Fontaine trouva le conte « fort mal bâti » qu'il le mit en vers à sa fantaisie et à sa manière*. Serait-ce donc ainsi, et comme par hasard, qu'il aurait pris goût aux Contes? Lorsqu'il fit paraître celui-ci, on se disputa beaucoup sur la préférence à donner à la plus ancienne ou à la plus récente des deux imitations du conteur italien, et il se fit des gageures considérables. On a nommé le chevalier de Saint-Gilles comme ayant
1. Nouvelles en vers tirées de Boccace et de VArioste^ par 31. D. L. F,, Paris, Claude Barbin, i665.