Les Hommes illustres, tome I, p
3. Elle porte, par erreur, le millésime de 1646. Une réimpression en fut publiée chez Billaine (1667).
SUIl LA FONTAINE. lxxxvii
qu'il lui fût venu aucune inquiétude de conscience; mais il avait vu une autre route à suivre; il est certain même qu'il avait commence des lors à s'y engager.
Cette route paraissait toute voisine : elle était réellement très-différente et bien meilleure. C'est elle qui l'a conduit à une gloire impérissable. Elle ne défendait pas, comme l'autre, à l'honnête pudeur d'approcher; et de plus elle appartenait à un art bien supérieur. Sans être fermée aux grâces négligées, elle était ouverte à une poésie plus riche, où brilleraient les couleurs les plus variées de l'imagination. La pensée que la Fontaine avait conçue était celle de son ample comédie à cent actes divers^. Un privilège lui fut donné pour ses Fables, le 6 juin 1G67. Il devait donc y travailler dès le temps où furent imprimés ses piemiers contes, peut-être même plus tôt. Les six premiers livres des Fables^ furent publiés en 1668; l'achevé d'imprimer est du 3i mars.
Mais avant d'aller au delà de cette époque décisive dans la vie littéraire de notre poète, revenons un peu en arrière; car, en nous arrêtant sur les oeuvres des années qui ont suivi son voyage avec Jannart, nous avons différé de dire quels faits de sa vie, en dehors de ces publications, ont, à notre connaissance, rempli les mêmes années.
Nous avions laissé la Fontaine de retour à Château-Thierry, puis bientôt à Paris, où la duchesse de Bouillon, nous a-t-on dit, l'avait ramené. De quelque manière qu'il y fût revenu, ce fut là certainement, non en Champagne, qu'il fit les plus longs séjours, de 1664 à 1668 : le soin de l'impression de ses ouvrages, dont nous avons donné les dates, y exigeait sa présence. Il y était le i4 juillet 1664, lorsqu'il prêta serment comme gentilhomme servant de la duchesse douairière d Orléans. Son brevet, signé de cette princesse, est daté du 8 juillet précédent.
Il n'y avait pas à confondre ici la veuve de Gaston avec cette plus jeune Madame du même temps, cette Henriette d'Angleterre, que la Fontaine avait chantée dans une de ses