‹ Notice biographique sur La FontaineChapitre 78 sur 153 · OEuvres de J. Racine, tome IV, p. i38-i · texte numérisé non relu

OEuvres de J. Racine, tome IV, p. i38-i

SUR LA FONTAINE. cm

sa paraphrase sacrée. Elle n'a j)as besoin d'ôtre comparée à colle (le Racine pour paraître (aihic. C'est à se demander si elle ne serait [nis l'œuvre de quelqu'un des Messieurs de Port- Royal, qu'il se serait contenté de signer, après l'avoir un peu retouchée. Ou bien, en remplissant la pieuse tâche, il rêvait à (pieUjue autre chose, de beaucoup moins édifiant peut-être.

Des trois tomes, le jiremier seul est intitulé Recueil de poésies chrétiennes et diverses^ les deux autres simplement Recueil de poésies diverses. Dans tous également, le titre est suivi des mots : par M. de la Fontaine. Ils contiennent des pièces de Corneille, de Racine, de Boileau et de plusieurs autres poètes, ])ar exemple de l'ami Maucroix.

11 semblerait que les bons solitaires avaient conçu quelque espoir d'attirer définitivement à eux un homme dont le talent leur aurait fait honneur, et dont l'âme, mobile comme un roseau, leur semblait promettre de ne j)as résister beaucoup au soufile de la grâce. On les voit faire effort pour l'engager de plus en plus dans leurs liens. Son nom prêté à leur Recueil et quelques stro])hes d'un psaume, c'était peu. Deux ans après, ils obtinrent de lui davantage. Ils lui firent écrire un petit poème, qu'il tira d'une lettre de saint Jérôme, traduite par Arnauld d'Andilly*. Ce poème, de la Captivité de saint Malc^ fut publié chez Barbin, en 1673. Avec une familiarité d'expression peut-être un peu profane, mais non sans connaissance du vrai caractère de la Fontaine, l'historien moderne de Port- Royal a nommé le pieux ouvrage du ])oëte un pensum ^. On ne peut pas contredire la remarque malicieuse, que lui faire célébrer la virginité et la chasteté, c'était lui imposer une pénitence : elle était appropriée à ses fautes. De cette contrepartie de ses contes, la plus singulière palinodie qu'on lui ait jamais fait chanter, il se tira avec une bonhomie pleine de bonne volonté. L'attrait n'y était pas; mais il fut irréprochable dans la pureté de son récit, n'appuyant point, comme on aurait pu craindre qu'il n'en eût quelque envie, sur la tentation

1. Dans la Vie des Pères des déserts (i647-i65a), et réimprimée dans les OEuvres diverses d Arnauld d'Andilly^ in-folio, Paris, 1675, tome II, p. 188-195.

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