‹ Notice biographique sur RabelaisChapitre 26 sur 59 · iMiUer, Pierre Taisand, etc., p · texte numérisé non relu

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questions qui tiennent à la condition des femmes dans le monde sont traitées d'une manière à la fois piquante et judicieuse. Quel est le rang que la civilisation moderne donne à la femme^ et que doit faire la femme pour avoir et pour garder ce rang? Voilà^ en vérité^ le sujet de la Clélie \ »

Au surplus, le moment approchait où M"* de Scudéry, déjà à demi émancipée par le succès des derniers romans dans lesquels l'opinion lui attribuait une part de plus en plus large, allait plus complètement encore s'affranchir de la tutelle parfois gênante de son frère, et avoir son intérieur, son ménage, sa société, son individualité civile et littéraire.

Georges, compromis, comme nous l'avons vu, dans la cause du prince de Condé, avait quitté Paris à la fin de l'année 1654, et s'était retiré à Graville, près du Havre ^ « Là, dit Tallemant, une demoiselle romanesque , qui ^louroit d'envie de travailler à un roman, croyant que c'étoit lui qui les faisoit, l'épousa. » Cette demoiselle était Marie-Madeleine du Montcel de Marti n-Vast, femme d'esprit, comme le prouvent ses lettres éparses

1. Saint-Marc Girardin, Cours delittérature dramatique, 1861, t. III, p. 3.

2. Comme il règne quelque obscurité sur cette époque de la vie de Scudéry, nous citerons ici, d'après le Manuscrit provenant de Sainte-Beuve déjà signalé par nous, les lettres de Chapelain, à lui adressées, des H février et 12 juin 1659, « à Pirou, en Normandie; » des 25 août et 16 novembre 1660, «à Paris. » Il est pour la première fois question de M™^ de Scudéry (Mlle de Martin-Vast) dans la lettre du 12 juin 1659.

dans la correspondance de Bussy-Rabiitin, d'une beauté médiocre, à en croire ce passage de l'une d'elles, si bien applicable à sa belle-sœur : « Voilà un des privilèges de nous autres dames pas belles, et il faut avouer que c'est peut-être le seul; nous disons en tendresse tout ce qui nous plaît sans que cela scandalise \ » Époux et père de famille sans devenir plus riche ni beaucoup plus sage, Scudéry fit quelques tentatives pour renouer avec sa sœur une communauté dont il s'était bien trouvé; mais celle-ci, sans nier les obligations qu'elle lui avait dans le passé ', sans rester indifférente pour l'avenir aux intérêts ni à la réputation de son frère, persista résolument ^ à maintenir son indépendance jusqu'à la mort de ce frère, arrivée le 14 mai 1667.

Quoique Georges, dans la préface d'Alaric (1 654) se fût fait honneur sans façon du succès de 1'//lustre Bassa et du Grand Cyrus, quoiqu'il eût mis encore son nom aux derniers volumes (ÏAlmahide ou l'Esclave Reine ( 1 658;, depuis longtemps, nous l'avons vu, dans le cercle des amis intimes, et même dans le monde littéraire, on avait soupçonné, puis désigné celle qu'on regardait comme le véritable auteur. En vain W^^ de Scudéry s'en dé-

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