‹ Notice biographique sur RabelaisChapitre 27 sur 59 · Lettre à Bussy, du 29 avril · texte numérisé non relu

Lettre à Bussy, du 29 avril

2. Voy. dans la Correspondance la lettre de Scudéry à l'abbesse de Malnoue.

3. Tallemant dit à ce sujet: i II (Scudéry) vint ici, il y a un an (ceci était écrit en 1658], mais sa sœur lui déclara qu'il n'y avoit qu'un lit dans la maison, et il s'en retourna. »

fendait encore devant l'abbé de Marolles; en vain elle affectait d'être en colère contre Furetière qui, dans sa Nouvelle allégorique, de cette même année 16,58, avait imprimé « qu'elle avoit fait les romans que son frère s'attribuoit; » en vain, jusqu'en 1728, l'auteur de la nouvelle édition du Dictionnaire de Richelet , exprimait-il encore des doutes à cet égard. Huet ne faisait que proclamer une vérité déjà connue, lorsque, en tête de sa Lettre àSegrais sur V origine des romans (1GT0), alors que Zaide et la Princesse de Clbves n'avaient pas encore paru, il rendait à M''^ de Scudéry cet éclatant hommage : « On ne vit pas sans étonnement les romans qu'une fille autant illustre par sa modestie que par son mérite avoit mis au jour sous un nom emprunté, se privant si généreusement de la gloire qui lui étoit due, et ne cherchant sa récompense que dans sa vertu, comme si, lorsqu'elle travailloit ainsi à la gloire de" notre nation, elle eût voulu épargner cette honte à notre sexe; mais enfin le temps lui a rendu la justice qu'elle s'étoit refusée, et nous avons appris que VJllustre Bassa, le Grand Cyrus et la Clélie, sont les ouvrages de M"® de Scudéry. »

On peut dire que les années qui suivirent la séparation de M"^ de Scudéry d'avec son frère marquèrent l'apogée du succès de ses romans et peutêtre aussi de ses Samedis, bien que quelques écrivains représentent ceux-ci comme ayant déjà perdu de leur éclat. II y a ici une distinction à

faire. Ce qui paraît vrai, c'est que, à mesure que les réunions de la vieille rue du Temple s'éloignaient par la date de celles de l'hôtel de Rambouillet, l'élément aristocratique y diminuait d'autant, et la distance entre la rue Saint-Thomas du Louvre et le Marais se laissait mieux apercevoir. La Calprenède, jaloux du succès de la Clélie, prononçait ce terrible mot : « Pour moi, je ne vais point chercher mes héros dans la rue Quincampoix. » Il y avait bien encore quelques grands personnages qui formaient le lien entre les deux réunions : Montausier et sa femme, la marquise de Sablé, M™^ de Rohan- Montbazon', « dont l'amitié hautement déclarée donnait au modeste salon de la vieille rue du Temple et à la; société un peu mêlée qui s'y rassemblait de la considération et même un certain éclat ^ » L'auteur des llistorietles^ en 1658, disait des Samedis : « Il y avoit autrefois des personnes de qualité, comme M"° d'Arpa-

1. Marie-ÉIéonore de Rohan-Montbazon, abbesse de la Trinité de Gaen, puis de Malnoue, connue dans la société précieuse sous les noms d'Octavie, de Méléagire, la Grande Vestale dans C/e7<e, fut une des femmes les plus distinguées de cette époque qui en comptait un si grand nombre. Elle unissait à la piété et aux qualités solides que Pellisson a fait ressortir dans une belle épitaphe (voyez-la à la fin du III" vol. de ses Lettres historiques), l'enjouement et les grâces de l'esprit et du corps. Huet, dans sa jeunesse, a tracé d'elle un portrait renfermant ce passage singulier quand on songe qu'il s'applique à une abbesse et qu'il émane d'un futur évêque : « N'ayant jamais vu votre gorge, je n'en puis parler ; mais si votre sévérité et votre modestie vouloient me permettre de dire le jugement que j'en fais sur les apparences, je jurerois qu'il n'y a rien déplus accompli. »

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