Cousin, La Société française, t. II, p
jon * et M"'^ de Saint-Ange; mais l'une s'est mise en religion, et l'autre la voit bien encore, mais c'est plutôt un autre jour que le Samedi. » On pourrait encore citer les Duplessis-Guénégaud, les Saint-Aignan, les comtesses de Rieux et de Maure, ]\jiie ^Q Vandy, et plus tard, la duchesse de Saint- Simon ^
Sans doute les noms des habitués ordinaires du Samedi, Chapelain, Conrart, Pellisson, Ménage, Sarazin, Doneville, Tsarn, etc., ceux de M™"' Cornuel, Aragonnais, de leurs filles ou belles-filles, de ]y[iies Boquet et Robinean, etc., n'ont pas le même parfum aristocratique; mais il faut se rappeler que, dans cette société du dix-septième siècle, l'esprit était aussi une dignité, et que les réunions de M'^® de Scudéry, en devenant plus bourgeoises, n'avaient pas cessé d'être littéraires. « On y voyait, dit M. Marcou, et ces jeunes filles qui aimaient
1. Jacqueline, fille du duc d'Arpajon et petite-fille du maréchal de Thémines. Tallemant ajoute en note : « Quand m\e d'Arpajon se fit carmélite (elle prit l'habit le 7 juillet 1655), M"" Sapho s'avisa de lui écrire une grande lettre, pour l'en retirer, qui n'eût peut-être pas persuadé unejeune fille, et celle-là avoit trente ans : car elle ne lui parloit que des divertissements qu'elle perdoit. La reine alla ce jour-là aux carmélites ; les religieuses vouloient lui montrer cette lettre, et, en effet, sans Moissy qui y prêchoit ce jour-là, elles l'eussent fait. Car Sapho avoit grand tort d'écrire comme cela en une religion où l'on ne reçoit point de lettres que les supérieures ne les ayent lues. » Cette affaire fit grand bruit, et la lettre de M'i* de Scudéry, souvent mentionnée, s'est dérobée à toutes nos recherches.
2. Ce devait être Diane-Henriette de Budos , première femme de Claude de Saint Simon, père de l'auteur des Mémoires.
Descartes et le chantaient^ et celles qui^ par leur beauté, vengeaient le Samedi des épigrammes de Furetière, et d'autres qui les justifiaient trop; et la noblesse provinciale ou parisienne, d'épée ou de robe; et les présidentes, les avocats, les beaux esprits, les abbés, même les évêques; et tous ces contingents de la Normandie, de la Provence et du Languedoc, recrues que l'admiration ou l'amitié avaient faites à M"^ de Scudéry, quand elle habitait le Havre ou Marseille; à Pellisson, quand il était à Toulouse ou à Castres *. » Car, il faut bien le reconnaître avec les mauvais plaisants, Pellisson était le Prince, V Apollon des Samedis, et il avait été proclamé tel par Sapho elle-même.
Furetière avait dit spirituellement : « La Vierge du Marais s'est bornée à créer un monde (le Pays de Tendre), laissant à d'autres le soin de le peupler. » Et, dans une lettre sans date, mais qui doit se rapporter aux années 1654-1655, il ajoutait : « Le P. B. et moi ne vous parlons jamais de ce que vous ne voulez jamais entendre. Nous disons même dans le monde que nous avons en vous une illustre amie, mais, dans le fond de l'âme, nous sommes vos très-humbles et trèsobéissans amans. » On sait déjà que Furetière ne fut pas toujours aussi tendre envers '< l'illustre amie ; » mais ce langage, et plus encore les innombrables madrigaux recueillis par Conrart, Pellisson et autres nous montrent sur quel ton étaient avec