Clélie, t. I", p
2. Voy. la Journée des Madrigaux, p. 17, 51, Ik; le Louis d''or, par Isarn, et la lettre de M"e de Scudéry à celte occasion.
On faisait au Raincy de longues promenades en tête à tête avec Trasile (Isarn) ; on recevait des cachets et des épitres galantes du généreux Théodamas (Conrart)*; que dis-je, on passait un automne tout entier à sa maison d'Athis-Mons, et il y avait un commerce réglé de coquetterie entre les fauvettes du bois de Carisatis et celles du bois de Saplio. La plaisanterie s'exerçait sur les amours de Conrart, comme elle allait bientôt le faire sur ceux de Pellisson.
Conrart, sage comme un Galon, A pourtant au cœur, ce dit-on.
Un petit endroit attendri Lande riri.
Qui croirait que le sage Théodamas était un tigre de jalousie? C'est pourtant ce qu'atteste Ménage qui n'osait faire à Sapho certain présent de peur de paraître empiéter sur les privilèges de
1. Sur le cachet donné à Sapho par Théodamas, il y eut tout un déluge de madrigaux passablement ridicules. Sapho termine le sien par ces vers ;
On ne peut se défendre De vous donner son cœur ou de le laisser prendre.
Théodamas insiste :
Je suivrai la leçon qu'Amour me vient apprendre, Donnez-moi votre cœur sans me le laisser prendre.
Sapho réplique à son tour :
Vous êtes un cruel vainqueur De vouloir qu'on porte son cœur Jusque dans votre chambre, etc.
[Journée des Madrigaux, p. 39 et s.
son rival'. Plus hardi vis-à-vis de Cotin, il se posait contre lui en galant chevalier de la Vierge du Marais, moins compromettant, il est vrai, par la passion que par le ridicule ^
C'est évidemment au milieu de ces plaisanteries de société qui suivirent la publication du premier volume de Clélie, telles que la Journée des Madrigaux, la Carte et la Gazefte de Tendre^, au milieu de ces coquetteries à droite et à gauche, destinées peut-être à cacher un sentiment plus sérieux, qu'il faut placer le fameux quatrain :
Enfin, Acanthe, il faut se rendre.
Votre esprit a charmé le mien, Je vous fais citoyen de Tendre, Mais de grâce n'en dites rien\