‹ Notice biographique sur RabelaisChapitre 44 sur 59 · On trouvera ces quatre pièces dans les l'oésies · texte numérisé non relu

On trouvera ces quatre pièces dans les l'oésies

2. Vers de M^^^ de Seudéry à M"'" de Platbuhson^ en lui envoyant pour ses étrennes un déshabillé de ro'^es à fond d'or et d'argent.

Vous dont l'esprit charmant et les grâces divines....

M^^ Conrart, t. XI, p. 83, in-f».

3. Wagenseil, De Sacri Romani imperii libéra civitate Noriberyensi. Altdorf, 1687, in-4°, pp. kb2 et suiv., k6k, etc. Ce Wagenseil fut pensionné par Colbert. Clément, Histoire de Colbert, p. 189.

dément^ à l'allemande^ ce petit épisode de la vie parisienne à cette époque'; du reste, en position d être bien informé, car, pendant son séjour à Paris (1665 16G6j, il fut en relation avec Chapelain et avec M"" de Scudéry elle-même. Il raconte dans sa chronique qu'il lui rendit visite, et que, longtemps avant que le père Bouhours posât sa fameuse question : c Si un Allemand peut avoir de l'esprit, » elle lui demanda si l'allemand était véritablement une langue, ce dont elle était tentée de douter en entendant le rude jargon des gardes suisses et des suisses d'hôtels. Il l'étonna en affirmant que non-seulement l'allemand était une langue, mais que cette langue possédait des écrivains et même des poètes. Il ajouta — et cet argument dut la convaincre — que l'on avait traduit la Clélie en allemand : « Votre incomparable Clélie, IMademoiselle, n'a rien perdu chez nous de sa forme gracieuse en passant par la plume aussi noble qu'habile de Johann Wilhelm von Stubenberg. » Ceci paraît chai'mer notre demoiselle, qui raconte à son interlocuteur comment elle a trouvé en Italie un traduttore traditore. « Un de mes romans, lui dit-elle, n'a pas eu la chance de tomber entre les mains d'un pareil interprète. J'avais dit qu'un roi d'Assyrie, assiégeant Babylone avec

1. Voici, par exemple, comment le di^ne Nurembergeois travestit le mot de la fin de la Réponse des Filoux :

Un amant qui craint les voleurs N'est point digne d'amour.

deux cent mille hommes^ pour animer ses soldats, leur avait promis le pillage : puis se ravisant, la ville prise, avait donné en place à chacun quatre montres, c'est-à-dire quatre mois de solde*. Le traducteur me fit dire que le roi ordonna de distribuer à chacun quatre montres de poche ^, ce qui était l'absurdité même. »

Nous nous sommes laissé aller au plaisir d'entendre une conversation de M"^ de Scudéry. Revenons à l'histoire, ou plutôt à la légende des voleurs. De nos jours, le conteur allemand Hoffmann, empruntant à Wagenseil la donnée du présent fait par les prétendus voleurs, et y mêlant, sans se soucier des anachronismes, l'histoire de la Brinvilliers et de la Voisin, la chambre des poisons, la Reynie et d'Argenson, composa du tout une nouvelle véritablement fantastique, en ce sens que la fantaisie seule y avait rapproché les faits et les personnes, mais à laquelle la création originale de l'orfèvre Cardillac valut en France une popularité attestée par le remaniement du spirituel Henri de Latouche', et par le succès du mélodrame de Cardillac, l'un des premiers rôles où se révéla le talent de l'acteur Frédéric Lemaître*.

Il ne faut pas confondre, comme on l'a fait sou-

Page 1