‹ Notice biographique sur RabelaisChapitre 45 sur 59 · Olivier Brusson, Paris, 1823, in · texte numérisé non relu

Olivier Brusson, Paris, 1823, in

k. Cardillac ou le Quartier du Marais, par MM. Antony Béraud et Léopold, représenté le 25 mai 1824, au théâtre de 1 Ambigu-Comique. Paris, Bezou, 1824, in-S'-.

vent, cette fiction poétique, cette visite toute courtoise des prétendus filous de 1665, avec l'aventure beaucoup plus prosaïque qui arriva vingt-six ans après à M"'^ de Scudéry, et qu'elle raconte ainsi dans une lettre à l'abbé Boisot : « Je ne sais, Monsieur, si je vous ai mandé que, durant un mois, des voleurs ont voulu me voler. Ils se servoient d'une vieille masure à monter sur le toit de ma maison. Ils firent par trois fois des trous à mon grenier et dans la chambre de mes laquais, et il m'a fallu avoir garnison toutes les nuits pendant vingt-quatre jours, parce qu'il m'a fallu ce temps-là pour faire abattre ma vieille masure. De sorte qu'ayant dit un jour que je ne savois pourquoi les voleurs me cherchoient, puisque je n'avois qu'un peu d'esprit droit et le cœur de même, un de mes amis, M. Bosquillon, m'envoya le lendemain un madrigal que je vous envoie \ »

Le père Niceron, parlant des faveurs dont M"^ de Scudéry fut l'objet de la part de hauts personnages, s'exprime ainsi : « Le prince de Paderborn, évêque de Munster, la régala de sa médaille et de ses ouvrages. La reine de Suède, Christine, l'honora de ses caresses, de son portrait, d'un brevet de pension, et souvent même de ses lettres. » Passe pour le brevet de pension, quoique nous n'en rencontrions pas d'autres traces', mais pour

1. Lettres des 13 janvier et 7 mars 169L On trouvera le madrigal dans les Poésies. iM"^ de Maintenon disait aussi dans une lettre datée de Saint-Cyr, le 31 mai (1691^ : « Il est étrange que des voleurs aient pensé à elle, a

2 Au lieu de ce brevet, nous trouvons à la fin d'une lettre

le reste, tous ces régals et ces caresses des grands laissaient à Scarron le droit de dire :

Siècle méconnoissant, le dirai-je à ta honte? On admire Sapho, tout le monde en fait compte, Mais, ô siècle, à l'estime, aux admirations Pourquoi n'ajouter pas de bonnes pensions, Du bien pour soutenir une illustre naissance. Et pour ne laisser pas le reproche à la France, Que l'illustre Sapho qui lui fit tant d'honneur Ne manqua point d'estime et manqua de bonheur ' ?

Ménage se taisait l'écho du même vœu, lorsque, à propos des largesses distribuées aux savants par Goibert au nom de Louis XIV, il ne craignait pas de reprocher à ce ministre d'aller chercher au fond des pays les plus éloignés les objets de ces faveurs, et d'omettre sciemment celle qu'il avait sous la main et que lui désignaient à haute voix et la cour et la ville ^

Dès l'époque de son retour à Paris après la Fronde (1G53), Mazarin lui donnait des gratifica-

de Ménage à Huet, Paris, 18 janvier 1662 : « Mii« de Scudéry a reçu de la reine de Suède une boëte de diamants de 1000 écus. » De son côté, M™" de Sévigné écrivait à Ménage en 1661 : « Je suis fort aise que la reine de Suède ait fait de si bons présens à M"e de Scudéry. »

1. Epître chagrine, déjà citée.. Œuvres de Scarron, 1786, t. VII, p. 162.

2. Is tamen eximiam et praesentem et prseterit unam Scuderida, et prudens prœterit atque sciens... Praeteritam stupet aula omnis ; Lutecia clamât.

Scuderia in largUionibus regiis praeterila. Dans : Menagii Poemata, 1680, p. 110.

tions annuelles'. Il lui laissa dans son testament une pension viagère de mille livres ^ Le duc de Mazarin ayant cessé de l'acquitter en avril 1690, fut condamné le 30 septembre 1692, par arrêt du Grand Conseil, à payer à M"^ de Scudéry trois mille livres pour les arrérages et les intérêts de la pension ^

Enfm le roi lui-même tint à se ranger parmi tant d'illustres bienfaiteurs. Il faut ici laisser la parole à M"'^ de Sévigné. « Vous savez, écrit-elle au comte et à la comtesse de Guitaut, comme le roi a donné deux mille livres de pension à M"* de Scudéry. C'est par un billet de M""" de Maintenon qu'elle apprit cette bonne nouvelle. Elle fut remercier Sa Majesté un jour d'appartement; elle fut reçue en toute perfection ; c'est une affaire que de recevoir cette merveilleuse muse. Le roi lui parla et l'embrassa pour l'empêclier d'embrasser ses genoux. Toute cette petite conversation fut d'une justesse admirable; M™*" de Maintenon était l'interprète. Tout le Parnasse est en émotion pour remercier le héros et l'héroïne \ »

Page 1