‹ Notice de quelques inscriptions grecques observées dans diverses collectionsChapitre 1 sur 6 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

Les colleclions publiques ou privées renferment un grand nombre de pelils monumenls anliques qui, faute d'une publicité suffisante, sont généralement peu connus et restent ainsi sans emploi pour le progrès des études archéologiques. On peut citer tel ou tel Musée dont le catalogue est encore à faire; le recueil des Répertoires archéologiques départementaux (1), publié sous les auspices du Ministère de l'Instruction Publique, avance lentement, malgré les facilités et les encouragements offerts par l'État. Quant a l'inventaire des antiquités de toute sorte disséminées entre les mains des particuliers, il se passera sans doute du temps avant que Ton songe k le dresser; et cependant il y a là une lacune considérable, mais bien moins difficile à remplir qu'on ne le supposerait au premier abord.

(1) La colleclion de ces Répertoires se compose aujourd'hui de six volumes : en 1865 parut celui du Tarn, par M. Grozes; en 1868, celui de l'Yoeue, par M. Quanlin; en 1871, celui de TAube, par M. d'Arbois de Jubainville; en 1872, celui de l'Oise, par M. Emm. Woillez, et celui de la Seine-Inférieure, par M. Tabbé Cochet; en 1873, celui du Morbihan, par M. Rosenzweig. Un septième est sous presse. On y trouve non-seulement le signalement sommaire des antiquités existant dans chaque localité, mais aussi l'indication des collections particulières avec les noms de leurs propriétaires.

€'est en songeant à Timporlance de ce desideratum que je viens ébaucher un court spécimen de ce qui pourrait être tenté dans ce sens, et signaler aux personnes qui s*y intéresseraient quelques menus échantillons d'épigraphie grecque apportés par des amateurs, ou autrement envoyés en Bretagne.

Celui de ces monuments qui mérite d'être cilé en première ligne, plus encore a cause de sa rareté que de la matière précieuse dont il est formé, consiste en une mince lame d'or sur laquelle on lit le mot AIKAIâD, et qui Tait partie du cabinet de M. Danjou de la Garenne, ^ Rennes (1). Le lieu où elle a été découverte est inconnu; et tout ce que Ton en sait, c'est qu'elle a été acquise dans le Midi de la France-, mais cela ne suffît pas pour en conclure qu'elle provient de quelqu'une des colonies grecques de notre, littoral méditerranéen, Marseille, Nice, Amibes, auxquelles on doit un notable contingent de textes lapidaires épigraphiques. Cette lame, dont les bords sont fortement ébréchés, a une longueur de 238 millimètres, et sa largeur, qui est de 19 millimètres dans la partie médiane, va en diminuant jusqu'aux extrémités, où elle n'est plus que de 13 millimètres. Elle pèse 6 grammes 30. Â chaque extrémité est percé un trou rond d'environ 2 millimètres de diamètre. Les lettres dont l'inscription est composée sont des majuscules de la forme classique ordinaire; elles ont de 12 h 14 millimètres de hauteur; les seules particula-

(1) Cet objet a figuré, avec d'autres pièces de la belle collection de M. Danjou, à l'Eiposilion universelle de Paris, en 1867. II est inscrit, sous le n» 877, à la page 65 du Catalogue Général de l'Exposition {Histoire du travail et monuments historiques ^ gr. in-13, Paris,. Dentu).

rites paléographiques qu'elles présentent consistent dans la brisure en forme de chevron qu'affecte la traverse des alpha, et dans le type carré auquel appartient le si^ma. Ces détails ne sont pas indifférents, car ils autorisent à faire remonter Tâge de l'inscription jusqu'au siècle qui a précédé l'ère chrétienne.

L'exécution graphique sur métal se fait soit par le procédé de la gravure, soit, par celui du pointillé. Dans le premier cas, le burin suit d'une manière continue le tracé des lettres; dans le deuxième, la configuration de chaque lettre est indiquée par une série de points plus ou moins espacés, dont chacun est produit par la percussion d'un poinçon. Quand il s'agit d'une lame mince, pour éviter qu'elle ne soit transpercée d'outre en outre par l'instrument, on a soin d'employer un poinçon à pointe arrondie et émoussée, de manière k façonner le travail au repoussé. C'est ce qui a eu lieu pour la lame que je décris ici*, chaque coup de poinçon a laissé l'empreinte régulière d'un cercle de 1 millimètre et demi de diamètre. Il est probable que les deux petites ouvertures pratiquées aux extrémités ont été obtenues au moyen du même poinçon, frappé avec plus de force, comme un emporte-pièce. La lame, ou plutôt la feuille d'or, est du reste tellement mince qu'elle s'est rompue en deux parties d'inégale grandeur, entre les deux premières lettres de Tinscription.

Il est visible que ce bijou est un ornement de coiffure féminine, qui se portait sur la partie antérieure de la tête, et qui était maintenu en place au moyen d'un fil ou d'un cordonnet engagé dans les trous des extrémités et noué derrière la tête. Il se peut toutefois que les trous servaient au passage de deux grandes épingles qui s'enfonçaient dans la chevelure, et procuraient ainsi la fixtté désirable au bandeau frontal.

Je m'abstiens k dessein d'employer le mot diadème^ quoique l'usage moderne soit d'appeler ainsi ce genre de coiffure imité

de rantiquilé. On sait, en effet, que pour les Grecs le atà^YiiAoc était un bandeau coronal porté comme insigne de la royauté. Quant au mot ors^ovoç, il était réservé aux couronnes de feuillage on de fleurs, les unes décernées aux vainqueurs des jeux, les autres portées par les prêtres, les magistrats dans certaines cérémonies, tandis que le terme féminin ote^pcévy) semble, d'après les textes (1), avoir été préféré pour désigner une parure de tête à Tusage des femmes. Le bandeau lui-même, considéré sans ses accessoires et sans les cordons de ligature, était plus particulièrement appelé TEXafxc&v, c'esl-^-dire soutien (2), sous-entendu, de chevelure.

Le mot A1KAIA2, qui se lit sur la bandelette du cabinet de M. Danjou, est le génitif de Tadjectif féminin Sucaia, signifiant « vertueuse, juste ^ » il est manifestement employé ici comme nom de la personne a qui appartenait ce bijou. C'est donc comme s'il y avait (^ -niç) Aixaiaç (arejpavYj), (parure) de Dicœa.

Le nom propre Aixata appartient a la catégorie des vocables qualificatifs 'AyoiOti, Sàvôri, Ilptinf), i^ikfi, XpriffTTi, etc., que Ton peut comparer à ceux de la nomenclature latine, Jusla et Justina, Prima, Rufa, Maxima, Blanda, Clara, Hilara, Severa, Rustica. Sans être inusité, ce nom, tout comme la forme masculine Aixaioç, est rare dans les listes onomastiques. 11 y a donc intérêt à recueillir les quelques exemples qui nous en sont parve-

(1) Au sujet de cette distinction entre le stéphanos et la Stéphane, on peut citer le passage où Athénée {Deipn,, Y) dit en parlant d'une statue de Junon : TO Oft TTJç *'Hpa; aYoXjxa <rrecpavav ~et;^s ypucniv; mais, quand il s'agit de celle de Bacchus, crscpavov lywv -/pucouv; cfr. Hesychius : crecpavr), opouç ê;o)(^t) xai eTSo; irepixecpàXaiaç t$o*/^a; l'/^ou<nf|ç xal xoœjaoç YovaixeTo;. Cfr. Photius : ffrecpavY), ■jrpoxoajjLYjixa ^vatxeTov.

(2) Flavius Josépbe, parlant du tzitz, ou lame d'or que le grand-prétre des Juirs portait sur le front, et sur laquelle était gravé le nom de l'Éternel, dit : TEXa(jLb>v V €<rri ypu<j€Oç, ^ç tepoT; *f^é.]x.\LaLfSi tou ôeou ttjv irpo(nr)Ywpiav ETOTETULYjuivoç 'eoTi. (Âfitiq, jud., III; cfr. Exod. XXVIII, 36.)

DÛS, el qui se rapporlent tous a des localiléâ ioniennes, ainsi que nous allons le voir.

Un Dikaios, fils du dieu Poséidon , passait pour avoir fondé la colonie de Dikaia, alias Dikaiopolis, sur la côte de Tbrace, près d'Abdère.

Hérodote cite un Athénien du même nom, contenaporain de Xerxès (lib. VIII, 65).

Dans le Corpus Inscriptionum Graecarum^ je trouve d'abord un Dikaios, mentionné dans une inscription de TAttique (n** 198), puis un autre Dikaios dont le nom est gravé sur une chalcédoine provenant de Smyrne (n^ 7312), et ensuite une Dikaia, originaire d'Ampbissa en Locride, mentionnée dans une inscription de Delpbes (n" 1707). Le dernier exemple que je rencontre, et, je me bâte de le dire, celui qui me parait le plus digne d'attention, est également tiré du même recueil épigrapbique-, c'est une lame d'or découverte à Itbaque, et portant précisément la même inscription que la bandelette de M. Danjou.

Quand on songe à la rareté de ce genre de bijoux antiques, et aussi h la rareté du nom Aixaia, une pareille coïncidence est tellement extraordinaire qu'on peut se demander si l'on n'a pas affaire ^ un seul et même objet faisant, en apparence, double emploi. Dans l'ignorance où je suis de ce qu'est devenu le petit monument qui fait Tobjet du n® 8576^ du Corpus^ je ne me permets pas de trancher la question^ je me contente de la poser, dans Tespoir que ces lignes pourront tomber sous les yeux de quelque lecteur en mesure de produire l'information désirée. Voici, du reste, les données fournies par le Corpus, au tome IV, fasc. I :

N^ 8576^. — Tn lamina diadematis aurea; Ifhacae interfodiendum reperit Guilerii quidam; misil Forchhammer :

AIKAIS {sic).

Il faut toutefois noter que cette inscription offre une légère

variante avec celle de M. Danjou; mais Franz, Tëditeur de cette partie du Corpus, semble croire que la copie qui lui a été communiquée par Forchhammer renferme une faute de transcription, car il la fait suivre de la leçon restituée, Aixai(a)ç. Si, comme cela est infiniment probable, il y a identité entre la bandelette de M. Danjou et celle du Corpus^ ce n'est plus d'une restitution qu'il s'agit, mais d'une correction strictement obligatoire.

Dans les articles suivants, l'éditeur nous fait connaître deux autres bandelettes en or avec inscription-, l'une (n® 8577) porte le nom I2IA0TH, et l'autre (n^ 8578) le nom TIMO BGA, en deux lignes. Je cite ces deux exemples, parce que, contrairement à celui qui nous occupe, ils présentent dans la forme du nominatif le nom de la personne propriétaire.

Le cabinet de France possède quelques stéphanés en or diversement façonnées et ornées-, une seule consiste en une lame unie comme celle de M. Danjou, mais elle ne porte aucune inscription. Elle provient d'Athènes (1). M. Chabouillet, le savant rédacteur du catalogue de cet établissement, fait au sujet de ces parures une observation qu'il me parait utile de reproduire ici : « Ces bandeaux, dit-il, se trouvent dans les tombeaux grecs-, on les plaçait sur le front des morts. »

Si telle a été la destination finale de la Stéphane de Dicaea, l'âge de cet objet, conjecturé d'après des considérations paléographiques, devient une donnée applicable aux recherches à faire sur l'époque où la pratique de l'inhumation fut substituée ^ celle de l'incinération chez les Grecs.

J'ajouterai cependant une réflexion : on sait que les temples étaient remplis d'objets précieux provenant de donations ou d'offrandes votives aux divinités-, ces offrandes étaient souvent

(1) Catalogue des camées et des bijoux du cabinet des Médailles^ p. 396, n"» 2668.

marquées au nom de la personne qui les avait consacrées, afin que le gardien du trésor du temple sût comment les distinguer les unes des autres. C'est h cet usage qu'Apulée fait allusion lorsqu'il représente Psyché se rendant au temple de Junon, où ses yeux sont frappés par la richesse des offrandes : Videt dona speeiosa et laminas auro ïiteratas^ ramis arborum poslibusque sufflxas; quae cum graiia facli^ nomen Deae cui fuerant dicala testabantur (i).

J'avertis mon lecteur que, dans ce passage, j'ai cru devoir substituer le mot laminas à lacinias que portent les éditions que j'ai pu consulter. La leçon adoptée jusqu'ici me parait difficile à mettre en rapport avec le complément auro literatas^ sans forcer le sens. La correction que je propose se recommande par sa simplicité et par sa grande vraisemblance.

§ IL (Fig. 2, 2>>'' et 2*«^)

Le petit Musée de Saint-Malo (2) possède une anse d'amphore en terre grisâtre, qui porte une estampille imprimée en relief dans un encadrement rectangulaire, et qui provient de l'antique Âgrigente, en Sicile. Ce débris de poterie offre toutes les particularités caractéristiques qui permettent aujour-

(1) Métam., lib. YI, p. 422, éd. 1537.

(2) La coUeclion archéologique de cet établissement n'est encore qu'à l'état le pins rudimentaire. Outre quelques menus objets en bronze ou en terre cuite trouvés à Corseul, j'y ai remarqué deux morceaui de sculpture en marbre blanc; le premier est un fragment d'orteil ayant appartenu i une statue de dimensions colossales; le deuxième est un bas-relief exécuté sur une plaque dont la forme convexe me fait supposer qu'il a servi de revêlement à une colonne ou à une base cylindrique de statue. On y voit un vieillard assis sur un siège et tendant la main à un guerrier casqué, derrière lequel un Jeune garçon tient un cheval par la bride; Hector et Priam?

d'hui de reconnaître les produits de la fabrication rbodienne, depuis la publication des Inscriptions Céramiques de Grèce (Archives des Missions scientifiques et littéraires^ i87l), par M. Albert Dumont (1). Il m'est agréable de déclarer ici que je dois en grande partie h la lecture de cet excellent travail les notions qui m'étaient nécessaires pour la rédaction du présent article.

L'inscription dont je m'occupe et dont un archéologue distingué, M. Jouaust, avoué k Saint-Malo, a eu l'obligeance de me communiquer un bon fac-similé, se lit encore assez facilement de la manière suivante :

EHIÂPISTO AAMOY AAAIOY

— lia 'Apt(rro8a[ji.ou, (sous-eutcndu |ji.r,vo(;) AaXtou, ce qui sc traduit ainsi : « sous Aristodamos, au mois de Dalios. » —

Si courte que soit cette légende, composée de trois mots seulement, si humble que soit le débris de poterie qui nous l'a conservée, il y a la cependant de quoi intéresser quiconque n'est pas absolument étranger ou indifférent aux choses de l'antiquité*, l'inscription, conçue dans le dialecte dorien, n'est autre chose qu'un timbre officiel de la république rhodienne,

(1) On sait combien sont communes en Occident les poteries fines de terre rouge lustrée, dite samienne ; aussi est-ce avec étonnement que Ton constate combien peu il en a été signalé en Grèce ; dans Touvrage cité , l'auteur n'est parvenu à en rassembler que treize échantillons, malgré toutes ses recherches (p. 390). Un fait que Je crois utile de noter, c'est que sur ce nombre il en est quatre qui ont incontestablement dû être fabriqués dans les grands ateliers céramiques de Tarragone ; ce sont ceux qui portent les estampilles

ANNr N^ïï^^» L TETTI' ^^ ANTIOC ^^^^^ tigalure des lettres V et E), et que Je retrouve respectivement sous les n^^^ (4970), 26, 342, 456 et 541 du Corpus Inscriptionum Latinarum, tome II (consacré à l'épigraphie de l'Espagne).

mentionnant le nom d'un magistrat éponyme, Âristodamos, et le nom d'un mois du calendrier rhodien^ on sait, par des textes épigraphiques, que la prérogative de Téponymat était conférée au prêtre du Soleil (1).

Aristodamos était déjh connu non-seulement par un timbre qui parait en tous points identique h celui de Saint-Malo, et qui fut recueilli k Alexandrie d'Egypte par Stoddart, mais aussi par des estampilles analogues, où le nom du mois est remplacé par l'un des suivants : 0£(r|jio<pop(ou, I{xiv6{ou, 'YaxivOiou. Il en existe, en outre, d'autres où le nom d'Arislodamos n'est point précédé de la préposition hà, ni suivi d un nom de mois (2).

La longueur inégale des jambages de la lettre pi et la forme brisée de la traverse des alpha sont à noter comme signes d'archaïsme; aussi je crois que noire anse d'amphore appartient à la tin du iv® siècle avant l'ère chrétienne, tout comme l'estampille de Kleukratès que M. Dumont reporte à la bonne époque macédonienne (3).

Pour avoir été élevé à la dignité suprême et mis h la tête d'un Etat aussi important que Rhodes l'était h cette époque, Aristodamos devait être un personnage considérable, quoiqu'il n'ait point laissé de traces dans l'histoire ; son nom échappe désormais à l'oubli, grâce k un de ces chétifs débris de terre cuite qui ont du moins le mérite de suppléer parfois à l'insuffisance des textes classiques, voire même au silence des documents épigraphiques en pierre ou en métal. J'ai en vain interrogé dans le Corpus les inscriptions de Rhodes, ainsi que

(1) Revue Archéologique ^ 1866, tome XIII, p. 154; cfr. Foucart, Inscriptions inédites de Rhodes, n°* 6 et 7.

(2) A. DumoDt, Inscr. céram. de Grèce, p. 84, n*** 58 et 59.

(3) Reçue Archéologique y 1869, tome XX, p. 361.

les légendes monëtaires de cette tie, publiées par Sfionnet. Le nom d'Aristodamos n*y figure pas,

C*est également à Taide des estampilles amphoriques qu'on est parvenu ^ reconstituer le calendrier rhodien^ qui nous serait inconnu sans ces petits monuments. On possède m^n^ tenant avec certitude la liste des douze noms de mois, quoique Ton ne soit pas encore parvenu k en déterminer ta concordance chronologique. Ainsi Stoddart, à qui Ton doit les premières éludes sur ces matières, croit que Dalios correspond à notre mois d'avril, tandis que Franz (1) songe plutôt k novembre, et que Benseler, dans la nouvelle édition du « Dictionnaire des noms propres grecs, » de Pape, penche pour septembre. Quoi qu'il en soit, c'est en ce mois que devaient se célébrer les fêtes d'Apollon Délien, car SaXioç est la forme dorique pour St^Xioç, telle qu'on la trouve dans divers auteurs, Pindare, Sophocle, Euripide, et notamment dans ce vers de Théocrile :

~H ^à vlv at Motdat xai ô SàXio<y i^iYaireuv 'A7roXXo)v.

C'est ainsi que deux autres mois rhodiens, ^[jLivôtoç et KaoveToç, empruntent leurs noms aux fêtes d'Apollon Sminlhée et d'Apollon Karnéen. Le culte de ce dieu solaire avait dans l'ile une importance exceptionnelle-, sans parler de la statue colossale en bronze (2) qui avait été érigée en son honneur, k l'entrée du port, sous le vocable de 'AXtoç (3) (forme dorique

(1) Corpus Inscriptionum Graecarum, t. III, p. 5 et 677.

(2) Hygin., Fab„ 233; Festas, s. v.; Plin., Hist, Nat,, XXXIV, 18; Strab., XIII.

(3) Foucart, Insc, inéd. de i^Ue de Rhodes^ n»» 15, 16; cfr. n^ 10.

pour HXtoç), il suffit de rappeler ses divers appellatrfs topiques : nuôtoç (i), Kapvetoç (2), ''OXioç (3), forme rhodienne de Tépithèle plus usitée d'aulre part ''OuXioç, Aofjxtoç (4), TeX^tvioç (S), 2(jLtv. ôeuç (6), 'Epuôipioç (7), comparable au nom du dieu Robigus, ou de Rubigo (8), chez les Romains. Â cette liste, Télude de notre timbre amphorique permet d'ajouter Tépiibète AaXioç el de porter k neuf au moins le nombre des fêles célébrëes dans l'ile en l'honneur d'Apollon, sous un surnom ou sous un autre.

M. A. Dumont a établi que les amphores commerciales étaient exclusivement fabriquées à Rhodes, h Cnide et h Thasos, chacun de ces centres céramiques se conformant ^ un type qui lui appartenait en propre et ne pouvait être confondu avec aucun autre. Celui de Rhodes, qui seul intéresse mon sujet, nous est connu par trois amphores complètes, dont l'une est au musée d'Athènes-, nous sommes en mesure de reconstituer sur ce modèle la forme de l'amphore dont il ne subsiste plus que l'anse conservée k Saint- Malo-, k cet effet, je reproduis {fig, 2^'») la figure gravée h la page 13 du recueil des Inscriptions céramiques de Grèce,

D'après les rares spécimens d'amphores rhodiennes qui nous sont parvenues dans un état complet de conservation, il paraît que chaque anse avait son timbre-, le vase portait donc deux marques différentes, renfermant invariablement, à elles deux, trois éléments, savoir : un nom d'homme précédé de la

(1) Foucart, Insc. inéd. de Vîh de Rhodes, n» 65.

(2) Ibid,, no 62.

(3) Ibid., n» 62.

(i) Macrob., Saturn,, I, 17.

(5) Diod.. V, 55.

(6) Slrab., Xm, I, 42.

<7) Ibid., XIII, I, 61.

(8) Ovid., Fast,, IV; cfr. Varr. et Fest., v» Robigalia.

préposition hA^ un nom d*homme sans celle préposition, el un nom de mois; les trois éléments sont disposés, deux d'une part, un de Tautre, suivant les diverses combinaisons pos* sibles, par exemple, les- deux noms propres sur le même timbre, ou Tun d'eux seulement accompagné d'un nom de mois-, quelquefois le nom de l'éponyme est précédé du titre Ufitaç, prêtre.

Maintenant, que conclure de là? Si j'étais appelé à émettre une opinion, voici comment j'essaierais d'expliquer la présence simultanée de ces trois éléments diversement répartis, mais liés entre eux par une certaine dépendance.

La préposition hà étant l'annonce d'une date éponymique, il est clair que le timbre où elle se montre est officiel; mais je ne crois pas que ce signe d'authenticité servit à indiquer l'année de la récolte du vin ou de l'huile que devait renfermer l'amphore, car l'estampille étant imprimée pendant que l'argile était encore molle, c'est-a- dire avant la cuisson du vase, on ne pouvait à ce moment déterminer ni prévoir l'usage qui serait fait de ce dernier. Il est plus raisonnable de supposer que le timbre légal avait pour effet de cerliner avec garantie la capacité des amphores, ainsi que cela se pratique de nos jours encore pour nos vases titrés. En restant dans cet ordre d'idées, je crois volontiers que la fabrication des amphores commerciales était conduite de telle façon que la vérification en était faite mensuellement par un magistrat qui apposait, comme marque de contrôle, son propre nom et celui du mois. Rien, du reste, n'empêche de supposer que la durée des fonctions de ce magistrat était mensuelle, ainsi que cela avait lieu pour d'autres fonctionnaires dans une foule d'États de la Grèce. L'absence singulière de toute marque de fabrique, c'est-h-dire d'estampille de potier, s'expliquerait en admettant que l'État avait le monopole de la fabrication de cette catégorie d'amphores destinées 'a la circulation et k un usage public;

comme flans le cas de la fabrication monétaire, il y avait à sauvegarder des inlérêls considérables, élevés k la hauteur d'une question de crédit public, et l'on comprend parfailement que l'exploitation de certains terrains céramiques fût entre les mains du gouvernement, comme l'exploitation des mines de métaux précieux ou des carrières de marbre. J'imagine même que le fisc devait y trouver son compte. S'il m'était permis de pousser plus loin la comparaison, je dirais que le sceau et le contre- sceau amphoriques se complètent réciproquement comme les deux faces de ces pièces de monnaie qui d'un côté présentent l'attribut de l'État, et de l'autre le nom du magistrat monétaire.

Pour terminer ce sujet et pour me justifier de l'avoir développé peut-être trop longuement, je reproduis une réflexion de M. Dumont : « On croit trop facilement qu'un timbre sur « amphore perd une partie de son intérêt parce qu'il porte le ff nom d'un éponyme déjk connu. L'introduction qu'on vient « de lire prouve, je crois, bien au contraire, qu'il est utile de « recueillir sur difiTérents points du monde ancien des sceaux a portant une inscription identique et même provenant du a même moule (1). » C'est à cet appel que j'ai essayé de répondre.

A la même occasion, je lui signalerai encore une anse amphorique publiée par Comarmond dans la Description des anliqxiilés et des objets d'art du Musée de Lyon, p. 112, n® 734, comme provenant d'Olbiapol, sur le Borysthène-, Teslampille a été lue ainsi : EnmPAT0A<[>ANEY2;AAM0Y; il est évident que cette lecture doit être corrigée de la manière suivante : EIII nPAT04>ANEY2 AAAIOY; nous voyons reparaître le nom du mois Dalios, k la suite du nom d'un autre magistrat éponyme, Pratophanès. (Voir fig. 2^*^)

(1) Inscr, céram, de Grèce^ p. 48.

Le nom propre Aïoç qui y est gravé ne se rencontre pas souvent dans la nomenclature-, il est donné par Homère (1) k un des fils de Priam, et a été porté par le père d'Hésiode. On le trouve aussi dans les inscriptions n®' 300 et 1690 du Corpus, ainsi que sur deux anses rhodiennes timbrées (2). Au propre, il signifie « Divin. »

L'inscription du cachet de Vannes peut s'expliquer d'une autre manière; en effet, Aïoç est le génitif de Zsuç. Cet emploi d'un nom de divinité, si étrange qu'il paraisse, n'est pas sans exemple; on lit bien ËPMOY, génitif de "E^y-tiÇy sur deux timbres amphoriques de Cnide (3), et HAPÀIIIS, au nominatif^ sur une estampille rbodienne (4). Un helléniste allemand a fait tout un chapitre sur les noms de divinités devenus noms d'hommes (5).

§ IV. {Fig. 4.)

On montre aussi aux visiteurs du Musée de Vannes un vase en terre noire grossière, sur le pied duquel une inscription a été tracée à la pointe après la cuisson : Alkame^. Ce graffito doit être l'œuvre facétieuse d'une main moderne; en effet, outre que les caractères imitent maladroitement l'écriture cursive, il est facile de voir qu'après la lettre A le graveur a involontairement tracé une espèce de / latin, et qu'il s'est ensuite repris pour figurer un lambda. Le epsilon, fautivement pour un êlay ressemble à notre e, et le œi final a la forme d'un zêta.

(1) lUad., XXIV, V. 85.

(2) A. Duniont, Inscr, cet, de Grèce ^ p. 91, n® 107.

(3) Ibid., p. 313, nos 94 et 95.

(4) /6tVi., p. 108, n» 236.

(5) Keil, Spécimen Onomatologi Graeci, 1840, p. 1-34.

§ V. {Fig. S el 5»»«.)

Dans une des vitrines du Musée de Rennes est exposé un beau cylix ilalo-grcc à peintures rouges sur fond noir, provenant de la collection Campana et inscrit au n^ 143 du Catalogue Raisonné (1), dont nous sommes redevables k M. le conseiller André. Mon savant confrère et ami a reconnu dans cet objet une coupe honorifique destinée à être donnée en prix au vainqueur dans les jeux publics. En effet, on voit au fond de Tintérieur un médaillon où est représenté un éphèbe complètement nu et courant k droite. La télé est couverte d'un casque à cimier et h court panache (Xo<po;), rabattu sur le visage et percé de deux ouvertures pour les yeux, ce qui lui avait fait donner, dès les âges héroïques, Tépilhète w^Xom?. La main droite lient une épée courte (^'(poç), la pointe basse, et le bras gauche présente en avant le bouclier dont il eçt armé. L'attitude, très-mouvementée, indique une vive attaque. Une légende circulaire, en caractères archaïques (2), entoure complètement celle figure

HO HAIS KAA02 — ô Traïç xotXoç! « le bel enfant! » ou bien « le brave garçon! » —

Il faut faire attention à une particularité qui peut aisément

(1) Ce catalogue est inséré dans les tomes IV et YI, 1866-1868, des Mémoires de la Société Archéologique d*Ule-et-Vilaine, Il en a été fait un tirage à part. M. Chabouillet et M. Douet d'Arcq en ont favorablement rendu compte dans la Revue des Sociétés savantes, 4» série, tome X, p. 36& et p. 374.

(â) Je ne puis indiquer ici tous les ouvrages à consulter sur cette question. Je me borne à renvoyer aux planches de fac-similé qui accompagnent le Corpus Inscriptionum Graecarum , t. IV, ainsi qu-aux Études sur Vorigine et la formation de V alphabet grec publiées par M. F. Lenormant dans

la fiev. Àrch., 1867-1868, tomes XVI et XVII.

échapper ao premier coop d*(eil ; Tartisle a disposé l'inscriptioD, non pas de manière à ce qae le Iccleor fasse passer sons ses yeox soccessÎTement toutes les lettres par one rotation complète, mais de manière à ce qu'il se reprenne a deai fois, en snirant deux ares de cercle. Ton derrière la figore, Fantre par devant. La première partie se lit en caractères rétrogrades, de droite à ganche, a partir de la nuqoe da personnage, XIAIIOH ; la deuxième partie, en caractères directs, de gandie ii droite à partir do front, KAAO^. Celte disposition mixte montre qulk l'origine les caractères al|)iiabetiques pouvaient être placés indifféremment dans n'importe quelle direction; plus tard, leur orientation fut fixée ligne k ligne, comme dans l'altemance de l'écriture buslrophède (1); à une époque encore plus récente, on finit par adopter une orientation uniforme et générale, soit dans un sens, soit dans l'autre.

Remarquez l'emploi de la lettre H longtemps conservée comme signe de l'aspiration dans les alphabets attiqne et éolo-dorien, et remplacée plus tard par l'indice de l'esprit rude ' sur la lettre frappée d'aspiration. Le cylix de Rennes nous offre un bon spécimen de la formule connue 6 zadz xoXoç, dont on trouve d'autres exemples avec un commentaire dans la préface de Franz (Corpus Inscr. Grarc.) (S]. On aurait tort de croire que cette formule appartient exclusivement a la céramique de l'Italie méridionale; H. Âlb. Dumont l'a copiée au Musée de la Société Archéologique d'Athènes, sur un alaba^trum découvert en Attique (3).

(1) Telle est en français la transcription régaliérc do mot grec ^ouorpooTi^v, diaprés l'analogie de formation des mots Aristobnle, bubon, Bocépbale, bucolique, bocrane. bn^osse, Bopalos, boplève, bupreste, Buzjgès, etc.

(2) Voyez notamment au tome lY la pi. I, n^ 7397; pi. Y, n» S076k; pi. X , n<> 8i»9 ; cfr. de Witte, Catalog, Durand et Calolof . Magnoneouri.

(3) Betue critique dTBisU tt de Uitér,^ 1873, t» semest., p. 245-253;

A l'extérieur de noire cylîx esl peint un éphèbe nu, le genou gauche à terre; il tend en avant une coupe qu'il tient de la main droite et vers laquelle il dirige ses regards. Le même sujet est reproduit sur le côté diamétralement opposé, avec cette seule différence que l'éphèbe tourne la tète en arrière, et qu'en outre une courte inscription est peinte un peu au-dessus de ses épaules, KAAOI, exclamation qui semble correspondre idéologiquement k l'adjectif italien bravo^ dont nous avons fait un terme expressif d'applaudissement. L'attitude du personnage n'a rien de bachique-, le geste est celui d'un paleslrite vainqueur, montrant avec allégresse le prix qu'il vient de remporter. Or, cette coupe n'est autre que la représentation exacte du spécimen céramique lui-même sur lequel elle est peinte, et dont la destination se trouve ainsi expliquée d'une njanière irrécusable. Les amphores panathénaïques n'étaient pas les seuls prix offerts aux vainqueurs-, il y avait d'autres récompenses d'une importance moindre. Une démonstration intéressante de cette proposition est mise en évidence par les peintures d'une amphore panathénaïque de Camiros, appartenant & M. le commandant Oppermann (1). On y voit, entre autres ornements, deux colonnes doriques surmontées d'un grand vase sans anses, du genre de ceux qu'on appelait xaSoç; l'inscription qui l'accompagne en fait connaître la destination, KAA02 TOI KYBI2TEIT0I, c'est-h-dire « prix du cadus pour le saltimbanque. » De même que ce cadus, le cylix de Rennes devait être un prix secondaire ou spécial, par opposition à l'amphore panathénaïque, que j'assimilerais volontiers au grand prix de nos concours modernes.

compte rcnda de Touvrage Die VasensammJungen des Museo nazionale zu Neapelf par Heydemann.

(1) Reme Arch,, 1871-1872, tome XXII, page 151.

§ VI. (F.-ff. 6)

Je n'ai pas U m'occuper ici des ÎDScriptions gnostiqiirs qui formenl une suite nombreuse et intéressante dans les collections archéologiques du Musée de Rennes; malgré l'emploi des caractères grecs, elles appartiennent plutôt, par leur teneur, it l'antiquité orientale ou égyptienne. Elles sont, du reste, décritcs dans le Catalogue Raisonné avec un soin et une érudition qui ne bissent rien h désirer. Quant aux gommes épigrapliiques grecques (dans le sens absolu de ce mot), elles rentrent dans le cadre de cette Notice.

La première est une inlaille sur cornaline {Calalog., n" 108); le graveur y a figuré une femme nue, debout, vue de dos en trois quaris; elle tient les bras ^ demi-levés ^ hauteur des épaules, et les coudes arrondis, h la manière d'une personne cherchant h s'attirer ou b prendre une pose gracieuse. Cette ligure est accompagnée de l'inscription ArA6H, en caractères rétrogrades sur deux lignes horizontales, les deux premiers b droite dans le champ, les deux suivants h gauche, sur le même même alignement, et le dernier en dessous, ^ l'exergue.

La traverse des alpha est b brisure chevronnée. e.\ 1A

Ce chaton de bague a évidemment servi de sceau k cacheter. J'avais d'ahord songé 'a y voir une Vénus, avec le nom de la personne propriétaire du cachet; mais j'incline maintenant a regarder cet objet comme ayant appartenu b quelque riche isane, nommée Agathe, qui aura imaginé d'y faire mettre mm avec son propre portrait en pied, comme symbole parent de sa profession pour les besoins de sa corresponi galante. Il est en effet diOicile d'admettre qu'une femme

de condition ingénue ait fait usage d'un semblable cachet; le nom Agathe y sans la mention de Gliation ou de mariage, indique une affranchie ou une fille d'affranchi. Il est assez rare, du reste; j'en trouve un exemple dans une inscription de TAtlique {Corpus, n*» 82!) : ArAeH[| IHNÛNOi; || ANTIOXHS ('VvTioxlç?) « Agathe, tille de Zenon, d'Anlioche. »

Le cabinet de France a acquis en 1856 un caroé^e antique sur sardonyx, ainsi décrit par M. Chabouillet dans le catalogue de la splendide collection confiée à sa garde (n® 3495} : t Laïs nue, accroupie, sortant du bain; elle tient des deux mains la tunique dont elle va s'envelopper. Devant elle, k ses pieds, un vase sur lequel on lit en grec le nom de la célèbre courtisane, AAIC. Ce mot est gravé en creux. » Le graveur de notre intaille s'est vraisemblablement inspiré de ce sujet, qui a dû être souvent reproduit par les artistes grecs.

§ VIL {Fig. 7.)

Un camée sur onyx-nicolo [Cat. du Musée de Rennes , n^ 109) porte l'inscriplion en caractères directs

errïxi GYreNi

— luTux(s)t, 'EuY£vi(6)l c'est-à-dire « aie bonne chance, Eugénios! » —

Cette gemme, montée en bague, a été sans doute offerte en cadeau à Eugénios par un de ses amis, comme expression de souhaits de bonheur, à l'occasion d'une fête ou d'un départ. On peut la comparer k celles que Franz a publiées dans le Corpus : n* 7329*^, eiTYXI EYAUPI, « sois heureux, Evagrios! ■ — n^ 7329*", eïTYXI err€Nï ZHCAIC, « k toi, Eugénios, prospérité et longue vie !» — n* 7340, Gn YXI || CIAIKIA II ZHCAIC, « vive Cilicia en félicité! »

§ YIII. ÇFig. 8.)

Le mot eS a bien ! » (?) est gravé en caractères rétrogrades, YB, devant un grylïe sur jaspe rouge décrit de la manière suivante dans le Catalogue Raisonné^ n® 110 : « Singe, la baguette a la main, monté sur le dos d'un hippocampe fantastique. Le poitrail du prétendu cheval est formé par une tête d'homme barbu, son ventre par une tête de femme et sa queue par un dauphin. » Je doute que les lettres €T représentent ici les initiales du nom du propriétaire ou du graveur, parce qu'une telle abréviation, insuffisante pour désigner Eudoros plutôt qn' Etikléidès ou Euménès^ ne pouvait évidemment pas remplir le but que se serait proposé son auteur. Je ne sais non plus si ces leltres doivent être considérées comme des signes de numération exprimant le nombre 405. 11 est à remarquer qu'elles figurent sur diverses monnaies grecques, par exemple, sur des drachmes qu'on altribue à Eva, ville d'Arcadie^ sur des monnaies ptolémaïqucs qu'on suppose frappées dans la cité des Ëvespérides en Cyrénaïque^ enfin> sur un grand nombre de pièces macédoniennes. Mais je n'ose tirer aucune conséquence d'un pareil rapprochement.

§ IX. {Fig. 9.)

Sur une cornaline rectangulaire (Calai. ^ vl^ 113), une inscription est gravée en relief dana le sens naturel, le long d'un des grands côtés de l'encadrement.

GCOKPATHG

Le sujet représente un personnage chauve, debout, couvert d'un vêtement long. Je ne sais si vraiment l'artiste a voulu

désigner nominativemenl le philosophe, ou signer de son propre nom Tceuvre où il figurait son illustre homonyme. Le style des lettres est trop soigné pour être attribué k une époque de décadence. Par contre, certains détails me feraient douter de Tancienneté de ce petit bijou ; la draperie du vèie* ment n'a rien d^antique, et le soi-disant philosophe semble plutôt porter un habit monacal. D'ailleurs, la forme rectangulaire de ce chaton (10 millim. sur 15 millim.) n'est guère conforme k l'usage des anciens, qui préféraient la forme légèrement elliptique. Quoi qu'il en soit, le nom Scoxpar^c se lit sur trois autres gemmes citées, d'après Dubois, par Glarac, dans son Catalogue des Artistes (p. 201) (1). Sur deux de ces pierres, Yoméga a la forme û, et sur la troisième, la forme o>, comme sur la gemme de Rennes.

SX.

Une cornaline renaissance {Calai. ^ n"* 449) porte une in< scription gravée en creux qui se lit ainsi :

TOYS. MEN.

eE0T2. 0OBOY.

TEAOS. OPA. MA

KPOY. BIOY.

L'âge récent de cet objet me dispense d'en faire un commentaire^ je n'en parle que pour mémoire, ainsi que du suivant.

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