‹ Notice de quelques inscriptions grecques observées dans diverses collectionsChapitre 2 sur 6 · XL · texte numérisé non relu

XL

La dernière inscription que je relève dans la collection

(1) Corpus Jnscriptionum Graeearum, nP 7262; cfr. Bévue Àrckéol,, i'* série, 2« année, 2« partie, p. 484.

publique de Rennes est gravée sur le fameux vase qui, disaiton, avait renfermé les cendres de îa reine Artémise, veuve de Mausole. Il se trouva des savants pour soutenir sérieusement cette thèse au sein de l'Académie Celtique (1). L'inscription se compose de deux parties, Tune gravée en relief sur le côté du vase :

APTEMI2IA02 BASIAlSIlAi: 2310102

l'autre en creux, sur la base :

TOY eANATOY BEBAIOTEPON OYAEN.

M. André a retracé (â) l'iiistoriqne de cet objet de fantaisie dans un intéressant article que tons mes confrères connaissent, et auquel je ne saurais mieux faire que de renvoyer les |ier* sonnes désireuses d'information, f Je n'ai qu'une observation ^ faire, la veuve de Mausole

^ s'appelait 'ApTEoicia (gcn. 'AprEjutrio;), nom qu'il ne faut pas con-

fondre avec celui de la déesse ''ApTEaiç (gén. !\pT*'uLi5oç; dorique, 'Ap-rauuTO;}. La formc 'ApTcULimSoç, OU, SI l'ou veut, son nominatif !\pT£tjLi(r.c, n'a jamais existé que dans l'imagination d'un mystîGcateur agréablement lettré.

I J'ajoute aussi, et simplement pour tirer de l'onbli le nom

i d'un des prédécesseurs de M. le docteur Aussant dans la

r cliai^ de directeur des Musées de la ville, j'ajoute que le

prétendu vase cinéraire d'Artémise figure snr un inventaire (3) dressé le 20 prairial de l'an IX et signé : Q^Êéru. consertaUur

du Masèe.

§ XII. [Fig. 10.) M. Rouault, conservateur de la collection géok^iqae de ce

0) Mimoirti et rAemdèmiM Cellifme, tome T, p. 27€. (2> Mêmairtt de te Soc. Ardk, dPiUê-ti-ritaimê^ tome TI, p. M; cfr. Catmimjme ftaîsomir tfn Jfiuêe «Tjlrcft. éê Jleniiot, «« 739. it\ Àrckictê it^jMrfemeiif «les, S T, liasse il.

même établissement, a rassemblé uq certain nombre de pierres gravées dont quelques-unes sont intéressantes au point de vue iconographique. Je n'en ai remarqué qu'une seule à légende grecque. C'est une intaille en jaspe sur laquelle est gravée une ligne de caractères rétrogrades, dans le sens du grand axe de la pierre. L'empreinte de ce cachet se lit très- nettement :

*AKCM

Je doute que ces sigles soient des initiales de noms propres, bien que le groupe <&A fasse songer à l'abréviation habituelle de ^Xa^ioç (Flavius). Nous avons vraisemblablement sous les yeux une sentence philosophique, ou une courte prière chrétienne, sorte de pieux mémento dont le propriétaire du chaton avait seul le secret, pour cause de prudence. Je l'interprète ainsi : 9(u)X(a(j(je), K(upte) 2(wTgp), (x(s), « protège-moi, Seigneur Sauveur! » J'ignore si une pareille sentence se trouve réellement écrite quelque part sous forme explicite, et tant que ne sera pas mis en lumière un texte antique pouvant s'ajuster ^ ces cinq lettres, l'interprétation de ces dernières restera arbitrairement livrée aux expédients de la divination hypothétique. On sait que dans les premiers âges du christianisme, les Gdèles, pour se soustraire aux railleries et aux persécutions de leurs ennemis, se virent obligés de voiler leurs croyances sous des symboles qui leur servaient de signe de ralliement, et dont quelques-uns sont devenus obscurs pour nous. Le plus célèbre d'entre eux est le groupe des lettres f, X, 0, Y, 2, qui forme en quelque sorte le compendium de la foi chrétienne, 'l(7i(jou(;), X(ptoToç), e(eou) T(toç), Sfwnip) « Jésus, Christ, Fils de Dieu, Sauveur ». La signification de ces sigles ayant sans doute fini par être devinée ou divulguée, on symbolisa luimême le mot fortuitement formé par la réunion des cinq lettres, 'Ix^ç, qui fut dès lors remplacé par l'image du Poisson.

Teb sool les spécimens d'épigrapbte grec^iœ qae j'ai pa recneillir JDsqu'ii présent eo Bretagne; si d'antres veaaieot à n'être signalés, je les réunirais vcrfontiers daus une NqUih tapplémentaire.

Ea voici maioieDant quelques-uns que j'ai Dotés dans mes excsnioos archéol(^ique5 en dehors de celte province.

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