‹ Notice des dessins de la collection His de la SalleChapitre 28 sur 124 · Le Massacre des Innocents · texte numérisé non relu

Le Massacre des Innocents

Au milieu de la composition, Hérode, le sceptre en main, assis sur un trôn3 élevé, orné de pilastres et de Las-reliefs; un soldat nu, agenouillé auprès du trône, levant son poignard sur un enfant qu'il tient étendu à terre. A droite, la mère accourant et suppliant Hérode ; un enfant nu, debout entre la mère et le bourreau, et un groupe de trois femmes dont deux portent leur enfant dans les bras. A gauche, un guerrier debout, revêtu d'une armure richement ornée; derrière lui, un soldat saisissant par les cheveux une femme qui s'enfuit emportant son enfant; puis un personnage près du trône. Au premier plan, un petit enfant, en pleurs, assis à terre.

A la plume, lavô de bistre, sur vélin. — II. 0,290. — L. 0,310. Collection Révil.

L'ancienne attribution de ce dessin à Matteo di Giovanni, attribution que d'ailleurs M. de la Salle ne lui conserva pas longtemps, était due à F. Hio. Dans le second chapitre, consacré à l'École de Sienne, l'auteur de Y Art chrétien, après avoir parlé du Massacre des Innocents de Mattço di Giovanni, au musée de Naplcs, et cil imérant les nombreuses répétitions c;ue Matteo avait faites de son sujet de prédilection, ajoutait en note : a Aucune de ces « reproductions ne peut se comparer au dessin original qui se trouve a à Paiis, entre les mains d'un amateur plein de goût et qui fut « acheté par lui dans une vente publique, comme l'ouvrage d'un « grand maître » (t. 1, p. 107). — Rio considérait donc, à tort, la dessin de la collection de la Salle comme un projet du tableau di Musée de Naples, provenant d'une église de Formello, et dont la gravure est annexée au troisième volume des Lettere Sanesi du P, délia Valle. Il est facile de se convaincre que les deux compo-

ÉCOLES D'ITALIE ET D'ESPAGNE

sitions diffèrent absolument par l'arrangement du sujet et par le caractère des personnages. En dernier lieu c'est à l'école de Mantegna qu'on a attribué, avec plus de vraisemblance, le Massacre des Innocents, sans en désigner cependant l'auteur. Le Louvre possède un dessin exécuté à la sanguine et à la pierre noire (n> 220 de la Notice de M. F. Reiset) d'après l'un des deux tableaux d'Ercole Roberti, conservés à la galerie de Dresde, et la ressemblance de leurs figures avec celles du Massacre des Innocents de la collection de la Salle, nous a induit, après bien des recberches, à attribuer ce dessin au maître ferrarais.

Deux peintres du nom d'Ercole Grandi travaillaient simultanément à Ferrare, à la fin du xve siècle. Leurs ouvrages ont été confondus par Vasari qui les a attribués à un seul et môme Ercolc, imitateur de Lorenzo Costa. Les actes authentiques concernant chacun de ces peintres, et reconstituant leurs biographies, ont été publiés pour la première fois en 1864 par M. L. N. Cittadella, dans les Notizie relative a Ferrara.

Ercole di Giulio Cesarc Grandi, contemporain de Lorenzo Costa, et probablement élève de Franccsco Cossa, fut employé, de 1492 à 1499, par les ducs de Ferrare; c'est à ce peintre que l'on doit restituer le Saint Sébastien de l'église San Paolo de Ferrare, la Nativité de la galerie de cette même ville, le Saint Georges de la galerie Corsini, à Rome, portant les initiales E. G., et le petit tableau de la Manne, chez lord Dudley, à Londres.

Plusieurs des dix-huit peintures décrites par Laderchi dans le catalogue de la galerie Costabili (Ferrare, 1833) ont été acquises par des amateurs anglais. Sir Henry Layard possède aujourd'hui la Madone entre saint Dominique et une sainte (n°83 du catalogue Costabili), les Israélites dans le désert, les Israélites recueillant la manne (n03 75 et 77). Quant au Saint François d'Assise et au Saint Michel (nos 79 et 80), ils étaient échus à feu A. Barkcr; le Meurtre cVAbel ( n° 74), qui appartient à M. G. Morelli de Bergame, provient également de la même galerie. MM. Crowe et Cavalcasellc {Story of painting in North Italy, vol. I, p. 552) attribuent encore à Ercole di Giulio Cesarc Grandi le Saint Dominique de la National Gallery, catalogué au nom de Marco Zoppo, et l'Annonciation de la galerie de Dresde (n° 18), portée à l'actif de l'école florentine. Ferrare, Padoue et Rome possèdent aussi quelques ouvrages du maître.

Ercole Roberti Grandi, fils d'Antonio, peintre et batteur d'or

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