‹ Notice des émaux, bijoux et objets divers exposés dans les galeries du Musée du LouvreChapitre 30 sur 125 · La LAPIDATION DES VIEILLARDS · texte numérisé non relu

La LAPIDATION DES VIEILLARDS

Assiette en émaux de couleurs rehaussés d'or sur fond hleu. — Diamètre, 0,195.

Les deux vieillards, placés dos à dos et à genoux, occupent le centre de la composition. Ils sont nus jusqu'à la ceinture et'couverts de blessures saignantes. Deux hommes sont debout près d'eux, l'un vu de face el l'autre de dos, tous deux ayant des pierres en l'une el l'autre main, el prêts à les en frapper. Un troisième, vers la gauche, soulève au-dessus de sa tète une pierre plus forte. A droite, un vieillard en costume sacerdotal, assiste au supplice. Le monogramme PR. en lettres d'or, se trouve entre les pieds du personnage de gauche. La vignette, le rebord et le revers sont semblables à ceux du n» aOI. — (Collection Durand, n» 18/2427.)

309. — Le mois de Janvier, d'après Etienne de Laune. — Assiette en grisadle rehaussée d'or sur fond noir, les chairs colorées. — Diamètre, 0,200.

Un homme, la tête couverte, et une femme, sont assis dans une chambre prés du feu, devant une table ronde ; ils sont servis par deux personnes, dont une verse à boire et l'autre apporte un plat. Deux chiens sont à leurs pieds, et un chat sous le fauteuil du maître. La porte ouverte laisse apercevoir un homme agenouillé devant le feu de la cuisine, el par les fenêtres on découvre la campagne. On voit au haut de la conjposition le signe du Verseau sur fond d or, au bas le nom du mois, el à droite, sur le manteau de la cheminée, le monogramme P. R. Le rebord est orné de mascarons qui alternent avec des vases, el reliés par des sirènes en arabesques. Le reven est décoré de masques el de termes alternés, rattachés par des enroulements et disposés en rosace. Deux frises concentriques, l'une en légers traits d'or, el l'autre en grisaille et or, complètent le décor. — 'Ancienne collection, n» 48.)

30^. — Le mois de Février, d'après Etienne

de Laune. — Assiette en grisaille rehaussée d'or sur fond noir, les chairs colorées. — Diamètre, 0,200.

Un vieillard assis se chauflfe au feu d'une cheminée; une femme debout, ayant une quenouille à la ceinture, s'en approche. Derrière eux un serviteur apporte du bois posé sur son épaule. Un chien, un coq et une poule sont sur le premier plan ; par la porte ouverte on voit la campagne et un homme coupant un arbre. On remarque au haut de la composition le signe des Poissons, le nom du mois dans le bas, et vers la droite le monogramme P. R. Le rebord et le revers sont semblables à ceux du no 307. — (Ancienne collection, n° 47.)

S09. — Le mois de Mars , d'après Etienne de Laune. — Assiette en grisaille rehaussée d'or sur fond noir, les chairs colorées. — Diamètre, 0,200.

Un homme coupe du bois, une femme près de lui porte un fagot sur son épaule, une autre femme vers le fond en soutient un sur sa tète. Quelques moutons paissent ; des arbres et des fabriques remplissent le fond du paysage. On voit au haut de la composition le signe du Bélier sur fond d'or, au bas le nom du mois, et un peu à droite le monogramme P. R. Le rebordel le revers sont semblables à ceux du no 307. — (Ancienne collection, n» 49.')

3tO. — Le mois d'Avril, d'après Etienne de Laune. — Assiette en grisaille rehaussée d'or sur fond noir, les chairs colorées. — Diamètre, 0,200.

Un berger, la tête couverte, est assis dans un pré, tenant à la main une houlette ; près de lui , une femme à genoux tresse une torsade des fleurs qu'une autre femme inclinée prend dans un panier; un chien est à leurs pieds. Le paysage est égayé par des groupes de figures et d'animaux placés au second plan: un pâtre' joue de la cornemuse en gardant un troupeau, une femme trait une vache, et dans le fond un chasseur anime du cor deux lévriers. On voit au haut de la composition le signe du Taureau sur fond d'or ; au bas, prés d'un panier, le nom du mois ; à droite, le monogramme PR. Le rebord et le revers sont semblables à ceux du n» 307.

— (Ancienne collection, n» 50.)

31t. — Le mois de Juillet, d'après Etienne de LMune. — Assiette en grisaille rehaussée d'or sur fond noir, les chairs colorées. — Diamètre, 0,200.

Un homme fauche un pré, un autre aiguise sa faux ; trois enfants se baignent dans une rivière, et, plus loin, un homme conduit un cheval traînant une voiture de foin. On voit dans le haut de la composition le signe du Lion sur fond d'or, au bas le nom du mois, à gauche le monogramme PR. Le rebord et le revers sont semblables à ceux du no 307.

— (Ancienne collection, no 43.)

PIERHE n.VYMOND. 225

31 !9. — Le mois d'Août, d'après Êtknnc de Laune. — Assiette en grisaille rehaussée d'or sur fond noir, les chairs colorées. — Diamètre, 0,200.

La moisson, l'ii homme coupe, avec une faucille à dents, du ble qu il lient à poignée ; un auli e, en arrière^ lie des gerbes ; deux hommes, en partie cachV-s, prennent part aux travaux : un quatrième, dans le fond, conduit un cheval qui traîne une voiture chargée. On voit dans le haut de la composition le signe de la Vierge sur fond d'or, et au bas le nom du mois près duquel est le monogramme PR. Le rebord et le revers sont rjcmblables à ceux du n« 307.— Ancienne collection, no 46.)

313. — Le mois de Septembre, d'après Etienne de Laune. — Assiette en grisaille rehaussée d'or sur fond noir, les chairs colorées. — Diamètre, 0,200.

Un homme ensemence un champ labouré, et l'on voit un poulet et deux pigeons qu' mangent le grain dans les sillons ; une femme est assise an arrière et à gauche près d'un sac ; plus loin, à droite, un homme conduit deux boeufs qui traînent une charrue. Le fond du paysage est orne de fabriques et de ruines. On voit au haut de la composition le signe du Scorpion sur fond d'or, au bas le nom du mois. Le rebord et le revers iont semblables à ceux du n» 307. — Ancienne collection, n" .52.)

314. — Le MOIS de Novembre, d'après Etienne de Laune. — Assiette en grisaille rehaussée d'or sur fond noir, les chairs colorées. — Diamètre, 0,200.

La glandéc. Un homme occupe le milieu de la composition, tenant de la main gauche un long épieu, et de la droite un trait qu'il est prêt à lancer dans les chênes. Non loin, sous les arbres, est uii nombreux troupeau de porcs. Vers la droite et en arrière, une femme broie du chanvre ; et dans le fond un pâtre est assis qui dort près de ses moutons. On voit dans le haut le signe du Sagittaire sur fond d'or; au bas. un peu à droite, le nom du mois, et plus à droite le monogramme PU. Le rebord et le revers sont semblables à ceux du n» 307. — (Ancienne collection, n» 45.)

31d. — Le mois de Décembre, d'après Etienne de Laune. — Assiette en grisaille rehaussée d'or sur fond noir, les chairs colorées. — Diamètre, 0,200.

Un homme égorge un porc qu'il tient renversé sur la paille, tandis qu'une femme agenouillée en recueille le sang dans un poêlon. Près d'eux sont le couperet, un vase, et dans la bouche de l'homme le couteau. A gauche, en arrière, un autre homme grille deux porcs, dont les têtes sortent des flammes ; à droite, un de ces animaux, éventré, est appendu à la muraille d'une maison. On voit au haut de la composition le signe du Capricorne, au bas le nom du mois, à droite le monogramme

PR. Le rebord cl le revers sont semblables à ceux du n» 307. — L\ncieniie collection, m M.)

316* — Le mois de Juillet. — Assiette en grisaille sur fond noir , les chairs colorées, quelques détails dorés. — Diamètre, 0,200.

Un homme fauche un pré; un aulre est assis dansles herbes, vidant une i^ourde ; un troisième, placé en arrière, fouette un cheval qui semble traîner avec peine une charrette chargée de foin. Des arbres et des fabriques remplissent le fond. Le rebord est semblable à celui de l'assiette n» 347. et les mêmes armoiries sont peintes entre deux têtes de chimère. Le revers est orné, au centre, d'une têle de guerrier casqué, sur le même fond, dans le même cadre, et entourée des ornements semblables à ceux du revers n» 317. Dans un médaillon de la frise on trouve le monogramme PR.— (Collection Durand, n» 19/2431.)

319^. — Le mois de Décembre, d'après Etienne de Laune. — Assiette en grisaille sur fond noir, les chairs colorées, quelques détails dorés. — Diamètre, 0,200.

Un homme tient renversé sous son genou un porc qu'il vient d'égorger avec un coutelas qu'il a en main. Unefemme, genou en terre, recueille dans un poêlon le sang qui s'échappe de la blessure ; un homme, placé vers la gauche et ayant un fagot sur ^n épaule, regarde la scène. Fond d'architecture et de paysage. Le rebord est orné de quatre groupes de chimères accouplées qui relient des ornements au centre desquels est placé, dans le bas de l'assiette, un écu armorié qui est d'azur au chevron d'or, accompagné d'un agneau d'argent en pointe, au chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d'or. Ce sont les armes des Séguier, et la date 1566 (jui accompagne quelques assiettes de ce même service témoigne qu'il fut exécuté pour le présidentPierre l. Le revers estornéau centre d'une tête de femme posée de profil ; elle est légèrement colorée en ton de chair, et se détache sur un fond pointillé d'or ; elle est encadrée par un rang de fortes ovcs. qu'entoure une ornementation de fruits, de cartouches et de téies de chérubin. Une vignette dorée et une frise en grisaille complètent et terminent le décor. Dans un médaillon de la frise, on trouve le monogramme PR. — (Collection Durand, n" 19/2429.)

31 S. — Abraham et Melchisédech. — Aiguière en grisaille sur fond noir , détails et inscriptions dorés. — Hauteur, 0,300 ; diamètre, 0,100.

» Après la défaite de Kador Lahomer et des rois qui étaient avec lui, - Abraham ramena tout le bien qu'ils avaient pris, Lot son frère, ses « biens, les femmes et le peuple. Et le roi de Sodome s'en alla au-devant « de lui, et Melchisédech aussi, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin ■ et le bénit en disant : Béni soit Abraham. » — Tel est le sujet de la composition principale qui orne le corps de l'aiguière. Melchisédech y estrepré-

<cnlc en costume sacerdotal, présentant despainsà Abraham, dont la tète est casquée et le corps revéïu d'une armure ; le roi de Sodomc est auprès de lui, Lot en arrière. Un arbre sépare un groupe de trois hommes et une femme qui sont près de Melchisédech, apportant de grands vases qui rappellent le vin dont parle la Genèse. Derrière les personnages est un fond de paysage où l'on distingue une troupe armée à demi cachée

Ear la figure de Melchisédech. Un chien est prés des pieds d'Abraham. les étoiles dorées sont répandues sur le fond du ciel, et l'inscriplion suivante est placée au-dessus de la tète du sacrificateur : Genèse XllII. La partie supérieure est décorée d'arabesques qui viennent se relier a un mufle d'animal à cornes ; des satyres sonnant de la trompette sont placés à droite et à gauche, et au-dessous de l'un une chèvre, au-dessous de l'autre un animal grotesque. Le goulot et le pied sont décorés de feuillages ; l'anse est ornée d'un décor rouge et or sur fond d'émail blanc; le bec orné d'une arabesque dorée. Sur la base du pied, quatre lèle>i d'ange ailées sont disposées sur des ornements d'où pendent des paquets de fruits. Le contre-émail est noir, parsemé de fleurettes d'or.— (Collection Durand, U" 1V-**6.)

319. — Abraham et Melchisédech. — Vase en grisaille sur fond noir, quelques délails dorés. — Hauteur, C,235; diamètre, 0,125.

Le sujet est le même que celui de l'aiguière n» 318, mais la composition présente quelques variantes ; les personnages principaux sont dans la même pose et le costume est le même, mais une figure d'homme portant un vase a été supprimée dans le groupe qui suit Melchisédech ; deux Mgures de jeunes gens y ont été ajoutées, marchant en arrière de la femme, l'un portant des deux mains une amphore , l'autre élevant en l'air uu plat où sont posés des pains. Le groupe, placé en arrière, d'Abraham, du roi de Sodomc et de Loth , présente, avec les mêmes personnages, des costumes différents et d'autres attitudes. Une femme et un enfant ont été supprimés , un mulet ajouté . la foule du peuple est moins nombreuse. Le fond du paysage offre également des variantes , et l'on remarque uu corps de troupes, en outre de celui que nous avons décrit et qui a été déplacé. Le chien placé près d'Abraham a été supprimé. La partie supérieure est décorée d'un motif principal figurant Silène étendu et s'appuyant sur une outre, et un satyre lui présentant un bassin rempli de fruits. Des feuillages ornent le goulot et le pied. Un rang d'oves forme un. cercle au-dessous de la composition principale. Un rang d'oves décore également la base du pied. Le contre-émail est noir, parsemé de fleurs d'or. — (Collection Durand, n» 21/2440.)

390 et 3^91. — RuTH et Booz. — La mort d'Absalon. — Deux chandeliers en grisaUle sur fond noir, les chairs colorées, quelquesdélailsdorés. Ils sont composés d'une hobèche entièrement refaite, d'une partie en renflement, d'un fût et d'une hase évasée et circulaire sur laquelle sont disposées les peintures principales. — Hauteur, 0,340; diamètre, 0,200.

320. Ruth est représentée sortant d'un champ de blé et tenant dans-

ses bras une gerbe ; Booz est à quelque dislance, vers la gauche, assis sur un tertre de gazon et vu de dos ; il interroge un moissonneur qui occupe le milieu de la composition , agenouillé , tenant une faucille d'une main et de l'autre désignant Ruth à son maître. Derrière celui-ci est un second moissonneur occupé à couper les épis, et un troisième à droite . plus près de Ruth , courbé sur une gerbe. D'autres gerbes et des vases, dont un est renversé, sont posés entre Booz et les moissonneurs. Cette composition est séparée, par des arbres, d'une autre scène qui remplit le côté opposé : on y voit un berger assis et gardant un troupeau de moutons, des maisons dans le fond , et , à la porte principale , Ruth et Booz vus dans l'éloignement. Un rang d'oves entoure la base. Sur le renflement sont peints Neptune et Amphilrite portés sur les flots par deux chevaux marins , et suivis d'un triton qui tient en chaque main des branches de feuillages. Cette scène est un fragment d'une composition circulaire gravée et comprise dans l'oeuvre d'Androuet Ducerceau. Le fût est décoré de masques coiffés de draperies , de guirlandes et de paquets de fruits rattachés à des anneaux. Dans deux petits médaillons, placés à l'opposite l'un de l'autre, on trouve le monogramme PR et la date 1364. — ( Collection Durand . 110.51/2506.)

321. La mort d'Absalon. On le voit suspendu par les cheveux à une branche d'arbre, et son cheval en liberté ; derrière est représenté Joab , armé de pied en cap et monté sur un cheval lancé au galop , une lance en la main droite ; en arrière de Joab est une troupe de six cavaliers .armés comme lui , les premiers portant des boucliers. Des arbres et des maisons remplissent les fonds de paysage. Un rang d'oves entoure la base. Sur le renflement , Amphilrite est représentée portée sur les flots par un triton qui sonne de la conque ; prés d'eux est un jeune triton ailé , dans la même action ; une tête de monstre marin sort des flots. Ce fragment fait partie de la composition circulaire gravée par Androuet Ducerceau, Le fut est décoré comme celui du chandelier qui précède . et dans les places qui correspondent on trouve le monogramme PR et la date 1564.

— Collection Durand , no 51/25070

39!9. — Le triomphe de Diane. — Chasse au Cerf. — Chasse aux Ours. — Aiguière en grisaille sur fond noir, les chairs colorées ^ quelques delails dorés.

— Hauteur, 0,265 ; diamètre, 0,100. — La composition du Triomphe a été gravée par Androuet Ducerceau, et les Chasses par Virgilius Solis.

Diane, caractérisée par son croissant, son arc et son carquois, assise sur un char traîné par deux couples de cerfs , triomphe de Vénus et de l'Amour, que l'on voit assis à l'arrière du char, dans l'attitude de captifs; les mains de Vénus sont liées, et un bras de l'Amour est attaché à la jambe de sa mère. Près de chaque couple de cerfs est placée une nymphe , la première tenant une couronne , la seconde armée d'une pique ; une autre nymphe suit le char en sonnant du cor, et deux génies ailés le précèdent en sonnant de la trompette. La composition disposée au-dessous est divisée en deux scènes de chasse : d'un côté , un enfant est représenté fuyant devant deux chiens et poursuivi par deux chasseurs qui ont la lance en arrêt ; de l'autre côté , un ours se défend contre deux chiens et mord le fer de la lance d'un chasseur qui l'attaque ; un autre chasseur est prêt à le percer, et un chien posé en arrière. Entre les arbres on voit un ours qui s'éloigne, et vers la droite un ourson qui grimpe au long dun tronc.

Le goulot est orne d'arabosques dorées, et le pied de guirlandes de fruits peints en grisaille. De légers ornements, noir et or, décorent l'anse émaillee de blanc ; on y lit. renfermée dans un médaillon ovale , la date 1554 , Iracée en lettres noires. Le contre-émail noir est parsemé de fleurettes dorées.— Collection Durand, n» 15/2420.)

393. — 1" Adam et Eve ; 2° Salomon adorant LES FAUX dieux; 3° Sisara misa mort par Jahel,

d'après Lucas de Leyde ; i^ Virgile suspendu a la fenêtre d'une dame romaine [Idem) ; 5^ Samson et Dalila (Idem) ; 6° Aristote servant de monture a UNE COURTISANE (Idcm). — Salière de forme hexagone en grisaille sur fond noir, très légèrement teintée de tons rosés, quelques détails et les inscriptions dorés. — Hauteur, 0,070; diamètre, 0,080.

1° Adam . debout , détache une pomme de l'arbre autour duquel es-t enroulé le serpent à tète humaine , qui s'abaisse vers Eve à demi couchée à terre , et lui présente un fruit qu'elle prend de la main droite. 2° Le roi Salomon est à genoux devant une colonne dont le chapiteau supporte une idole que montre du doigt une femme placée derrière lui. On lit dans le haut : SALOMON, et sur le piédestal de la colonne , le monogramme PR. 3» Sisara est vu de dos , étendu prés d'un arbre ; Jahel tient de la main droite un marteau , et de la gauche un clou déjà enfoncé dans la tète de Sisara. On lit sur le côté : SISERO. 4° Virgile est assis , les bras croisés , dans un grand panier qui est suspendu par deux cordons à une fenêtre sur laquelle deux jeunes femmes sont appuyées. Plusieurs spectateurs sont groupés vers la droite , à l'angle de la maison. On lit dans le haut : VIRGILE. 5" Samson est assis à terre . à demi couché sur les genoux de Dalila , qui d'une main tient des ciseaux et de l'autre une mèche des eheveux de Samson; on aperçoit les Philistins dans le fond. 6° Aristote est représenté marchant sur les mains et sur les genoux; une jeune femme, à cheval sur son dos , tient de la main gauche un cordon passé dans la bouche du philosophe et agite en l'air un fouet. — La cavité supérieure , destinée à recevoir le sel, est décorée d'un profil d'homme casqué qu'entoure une frise formée par des cornes d'abondance alternant avec des vases remplis de fruits. La face inférieure est décorée d'un profil de femme entouré de guirlandes de fruits rattachées à des anneaux. — (Collection Révoil, no 454.)

394. — I^ Hercule étouffant Antée; 2** combattant Cerrère; 3*^ ENLEVANT DÉJANIRE ; 4^ PORTANT

LE CIEL ; 5° Mort du centaure Nessus ; 6*^ Mort d'Hercule. — Salière de forme hexagone, en grisaille tur fond noir, très légèrement teintée de tons rosés ^

détails et inscriptions dorés. — Hauteur ^ 0^070; diamètre f 0,080.

\° Hercule lient Anlée embrassé dans une vïgotïreuse étreinte et le soulève de terre. On lit dans le haut : ERCVLES ANTE. 2" Hercule est prêt à frapper Cerbère de sa massue. On lit dans le haut : SERBERE GVANE et Ton voit le monogramme PR tracé en lettres noires. 3o Hercule est vu de dos , soulevant Déjanire , dont un des bras est posé sur son épaule ; il lient de la main droite, par une mèche de cheveux, Acheloiis qui est représenté avec un visage humain sur un corps de taureau. On lit dans le haut : ERCVLES. PRIN. DIANIRA. -4" Hercule soutient sur ses épaules le globe céleste; en outre, il est figuré dans le fond combattant l'hydre. 5» Au premier plan est Nessus , renversé et percé d'une flèche ; dans le fond , Hercule et Déjanire. 6° Hercule est représenté couché et entouré de flammes. La partie supérieure , destinée à recevoir le sel , est décorée d'une tête de femme vue de profil et de guirlandes qui sont alternativement rattachées à des têtes d'animaux et à des anneaux. La partie inférieure , ayant exactement la même disposition , offre le même décor, à l'exception de la tête qui est celle d'un homme cauronné de lauriers. — (Collection Révoii , n» 155.)

3195. VÉNUS ET LES AMOURS. DiDOX RECE- VANT Énée , d'après Raphaël. — Salière en grisaille sur fond noir, détails dorés. — Hauteur, 0,084; diamètre, 0,105. — Ces deux compositiofis font partie des sujets de l'Enéide, qui sont réunis en une même planche gravée d'après Raphaël par M arc- Antoine. (Bartsch, tome xiv, n^ 352.)

Vénus est représentée assise sur un char qui est attelé de quatre colombes ; l'Amour, debout devant sa mère, est porté par un nuage posé au-dessus des colombes. Un jeune enfant est à demi couché sur la partie la plus élevée du char. Un amour ouvre la marche, un autre précède le char, un troisième le pousse par derrière. Sur la partie opposée de la salière on voit Didon marchant à côté d'Enée; Achale et une femme les accompagnent. L'éraailleur a revêtu Enée du costume du XYI» siècle, en conservant aux trois autres personnages l'habillement antique. La cavité de la salière est décorée d'une tête d'homme vue de profil et coifTée du bonnet phrygien, et autour, des arcs et des flèches peints en grisaille sont reliés par des arabesques dorées. Le revers est noir.— (Collection Durand. no 49/2499.)

396. — Triomphe de Neptune. — Couvercle de coupe, grisaille sur fond noir, détails et ornements dorés. — Diamètre, 0,185.

Les motifs principaux sont tirés d'une composition gravée par Ducerceau , et la reproduction de celle qui décore une salière portant

PIERKE RAYMOND. 22^

le no 351, avec quelques variâmes et l'addition d'un triton ailé qui souffle dans une longue trompette marine. L'intérieur du couvercle . décoré d'une rosace centrale, est orné sur les bords d'enlacements mêlés à des ornements arabesques. Deux tètes surmontées d'un croissant sont posées sur les détails des enroulements ; une guirlande de feuillages et de fruits termine le décor en grisaille, et une vignette dorée borde le couvercle.— Collection Durand, n^ ;U/-2456.)

399. — Le triomphe de Diane. — Couvercle de coupe, grisaille sur fond noir, les chairs colorées, détails dorés. — Diamèirey 0,192. — Celte composition a été gravée par Ducerceau.

Le groupe principal est la reproduction de celui précédemment décrit n-^ 322 , avec quelques variantes , telles qu'un bandeau sur les yeux de l'Amour, un lien passant des mains de Diane au bras de Vénus, un chien placé en bas du char, une nymphe tenant un rameau dans la main gauche prés de la déesse, une autre' derrière le premier couple de cerfs ; enfin, un carquois et un ^tc posés à terre , en arrière des génies sonnant de la trompette. La nymphe sonnant du cor derrière le char a été supprimée ; mais neuf figures ont été ajoutées. La première est une nymphe élevant dans les airs, en signe de triomphe, l'arc et le carquois de l'Amour places en trophée à l'extrémité d'une lance ; elle est suivie d'une autre nymphe qui, d'une main, lient en laisse deux grands lévriers, et de l'autre traîne à sa suite les trois Grâces représentées avec des ailes et nues, les mains liées par des cordons qui passent de l'une à l'autre. Deux nymphes ouvrent la marche, l'une portant une lance que surmonte un' trophée de chasse, l'autre armée d'un arc et d'un carquois, et derrière celle-ci deux autres; celle du fond portant au bout d'une lance des bois de cerf formant trophée, et la plus en avant prête à frapper un des chiens qu'elle tient accouplés ; un cor est à terre en avant d'elle. Au-dessous du char on lit en lettres noires le monogramme P. R. Le revers est orné de quatre médaillons de forme ovale où sont disposées des figures alternativement d'homme et de femme, se détachant en grisaille, et tons de chairs, sur l'émail noir pointillé dor. Des arabesques dorées et une couronne de feuillages en grisaille complètent lorncmcntation.— Collection Durand, n- 4960.)

3S^S. — Jésus lavant les pieds des apôtres.

— Plaque en émaux de couleurs rehaussés d'or, détails dorés. — Hauteur, 0,201 ; largeur, 0,169.

Jésus-Chrisl, agenouillé, tient entre ses mains le pied droit de saint Pierre, qui est assis devant lui. L'apôtre a les mains jointes et son pied gauche plongé dans un bassin rempli d'eau. Saint Jean, placé en arriére de son maître, tient de la main droite une aiguière, et de l'autre un linge posé sur son épaule. Les autres apôtres, au nombre de neuf, sont groupés dans le fond et dans des altitudes diverses. Tous ont la tète surmontée d'un nimbe d'or ; celle du Christ se détache sur une auréole dorée. Le bassin est placé dans une sorte de rigole régulière remplie d'eau, circonscrite entre le gradin sur lequel est agenouillé le Christ et le banc aui sert de siège <à saint Pierre. Le contre-émail est incolore.— (Collection urand. no 67/2532.)

399. — La Visitation. — Plaque en émaux de couleurs rehaussés d'or. — Hauteur ^ 0,225; largeur, 0,287.

Élisabelh est représentée debout, recevant Marie devant la porte de sa maison. Les deux saintes, uniformément vêtues d'une longue robe et d'un manteau, ont la tète enveloppée d'un voile blanc et surmontée d'une auréole d'or. Une servante est sur le seuil de la maison d'Elisabeth, et une autre debout derrière la vierge Marie. Le fond est rempli par des constructions, un mur et une porte en arcade, et l'on aperçoit au delà, sur une colline, un petit moulin à vent dont lesailes se font remarquer par leur forme carrée ; le ciel est parsemé d'étoiles d'or. Les couleurs employées pour les vêlements sont le bleu d'azur et union violacé très fortement rehaussés d'or. Le contre-émail est incolore. — (Colleclion Durand, no 70/2537.)

330« — La Nativité de saint Jean-Baptiste.

— Plaque en émaux de couleurs rehaussés d'or. — Haut., 0,225; larg . , 0 ,2S1 .

Elisabeth est représentée couchée dans un lil, de la forme de ceux qui étaient en usage au XVI^ siècle ; la tête, couverte d'un voile blanc, est entourée d'une auréole; une femme approche d'elle l'enfant qui vient de naître, une autre à gauche lui présente une lasse. Zacharie est assis sur un escabeau, au pied du lit, et une femme agenouillée au premier plan prépare un berceau. Une grande cheminée occupe la droite; le feu brille, et un bassin est placé en avant. Une fenêtre s'ouvre au fond dans une arcade dont les parois forment un banc de chaque côté. Les couleurs employées pour les étoffes sont le bleu d'azur, le brun jaune et un ton violacé. Toutes les couleurs sont rehaussées d'or. La couverture du lil est bleue et parsemée de fleurettes dorées. Le contre-émail est incolore.

— (Collection Durand, no 70/2538.)

331* — Baptême DE J*ésus-Christ. — Plaque en

émaux de couleurs rehaussés d'or , détails dorés. — Hauteur j0,2iô; largeur, 0,240.

Jésus-Christ , debout dans le Jourdain, reçoit le baptême de Jean-Baptiste, agenouillé sur une berge élevée occupant la gauche. Dieu le père, la tête ceinte d'une tiare et portant en la main gauche un globe surmonté d'une croix . domine la composition , se détachant sur un fond d'or et

Forlé par des nuages d'où s'échappent des rayons ; au-dessous de lui, Esprit-Saint est Ireprésenté sous la forme d'une colombe planant audessus de Jésus-Christ et se détachant sur un fond d'or, dont les rayons viennent s'unir à ceux qui entourent la tête de Jésus ; un ange placé sur le rivage de droite porte le manteau de Noire-Seigneur ; des arbres occupent les deux côtés du fond, et sur les gazons sont placés quelques animaux. Le contre-émail est incolore.— (Collection Durand, no 74/2539.)

à 349* — La Passion [douze scènes de la),

d'après Albert Durer , et les quatre Évaxgélistes.

— Douze plaques rectangulaires et quatre circulaires en émaux de couleurs rehausses d'or, détails dorés, réunies dans un même cadre que décorent les chiffres, armes et insignes du connétable Anne de Montmorency , provenant delà chapelle du château d'Êcouen. — Hauteur, 0,180; largeur, 0,l^o; les médaillons circulaires : diamètre, 0,140; l'ensemble du cadre : hauteur, 0,890; largeur, 1,400.

332. En commenranl par le raiij; inférieur : Jésus célébrant la Pâque avec ses disciples.— Jésus el douze disciples entourent une table recouverte d'une nappe blanche, et au milieu de laquelle on voit l'agneau pascal. Saint Jean est représenté endormi sur les genoux de Jésus, qui repose un bras sur son épaule el bénit de la main droite. Quatre de* disciples sont vu= de dos el sont assis sur des bancs décorés de sculptures. On reconnaît Judas à la bourse qu'il lient de la main gauche ; il est en avant vers le milieu, vêtu d'une robe bleue; derrière lui est une aiguière posée sur le pavé , qui est formé de comparliments en damier. On aperçoit dans le fond le ciel étoile d'or, à travers trois arcades que soutiennent des colonnetles accouplées. Une auréole dorée entoure la léte du Christ. — 333. Jésus au Jardin des Oliviers. — Il est agenouillé , les pieds nus , les mains jointes : dans l'angle droit supérieur, nn ange plane dans les airs, portant de la main droite un calice. Au premier plan, dans le bas, sont représentés endormis Pierre, ayani une épée sous le bras, oi les deux tils de Zébédée ; dans le fond, à droite, sont assis el dormant également d'autres disciples; plus loin et à gauche, on voit Judas portant une bourse, guidant des soldats armés qui franchissent la porte du jardin. Le fond est rempli par un rocher sur lequel se détache la figure de Jésus, par des arbres et la barrière du jardin , au-dessus de laquelle on aperçoit une colline verte et le ciel étoile d'or. Une auréole dorée entoure la tète du Christ, el des cercles d'or se dessinent en nimbe au-dessus des lèles de Pierre et des fils de Zébédée.— 334. Le Baiser de Jurfas.— Jésus occupe le milieu de la composition ; il est debout et vu de profil ; Judas appuie la main droite sur son épaule el l'embrasse ; plusieurs soldats armés de lances sont en arrière; on en remarque un qui, placé derrière Jésus , est prêt à le frapper d'une courroie qu'il tient des deux mains et rejetée en arrière au-dessus de son casque ; dans le coin de droite est Simon-Pierre , qui brandit une épée el lient renversé sous son genou Malchus, qui lui oppose une lanterne à l'aide de laquelle il cherche à protéger son visage. On voit dans le fond, vers la droite, les disciples s'enfuyanl el un soldai arrèlanl l'un d'eux par son manteau, el à gauche une guérite et des soldais ; la barrière du jardin laissant apercevoir une colline et le cielèioilé d'or. La tèle du Christ est nimbée d'un cercle d'or. — 335. Jésus conduit chez Caïphe. — A droite est Caïphe , assis sur un siège élevé de deux marches ; à gauche, Jésus conduit par des soldats armés de piques ; dan? le fond, les Anciens el les Scribes ; au premier plan, dans l'angle droit, un vieillard debout ; un chien blanc est couche sur le sol en avant de Jésus ; deux arcades se dessinent sur le mur du fond el laissent voir le ciel de couleur d'azur. La tête du Christ est surmontée d'un cercle d'or.

— 336 ou première du second rang. Jésus frappé de verges.— Jésue.

attaché à une colonne, occupe le centre de la composition ; il n'a d'autre vêtement qu'un linge qui cache le milieu du corps, et de la tête aux pieds sa peau est diaprée de meurtrissures sanglantes ; son manteau est à terre étendu à ses pieds; deux hommes sont prêts à le frapper : l'un placé à droite et vu de dos est armé de verges, l'autre à gauche tient un fouet à lanières ; quatre personnages, debout dans le fond, figurent les Scribes ou les Anciens d'Israël. Le fond est rempli par des détails d'architecture intérieure.— 337. Jc'sMS couronné d'cpines.—U est représenté debout, vers la droite, sur une estrade de quatre marches, le corps diapré de meurtrissures sanglantes, comme dans la composition précédente, la tète couronnée d'épines, tenant de la main gauche un roseau. Un Juif, debout à droite, le présente au peuple en soulevant le manteau qui couvre les épaules de Jésus et que relevé du côté opposé un serviteur placé en arrière du Christ ; à gauche et dans le fond, sont groupés des vieillards et des soldats armés de lances, qui se dét.ichent sur un fond d'architecture laissant apercevoir un coin du ciel étoile. La tête du Christ est entourée d'une auréole dorée, son manteau attaché par une agrafe ; au-dessus de lui est un baldaquin à rideaux, et au-dessous un arc pratiqué dans l'estrade et garni de barreaux croisés figure une voûte. — 338. Jésus devant Pilate. — Le moment représenté est celui où Pilate, prenant de l'eau, lave ses mains devant le peuple et dit: u Je suis innocent du sang de ce juste, vous y penserez. » Il est assis à gauche sur un trône élevé, et un serviteur, qui d'une main lui tient un bassin, de l'autre verse l'eau d'une aiguière. Jésus, debout, vêtu d'une longue robe, couronné d'épines, est escorté par des soldats armés de piques et conduit par un jeune homme vêtu d'une courte tunique et vu de dos ; dans le tond sont quatre personnages debout figurant les Scribes et les Anciens. Ils se détachent sur un fond d'architecture ; on voit le ciel étoile d'or dans le coin de droite, audessus de la tète des soldats ; un petit chien blanc est couché au pied du trône de Pilate.— 339. Jésus portant sa croix.— Il est représenté renversé .sous le poids de la croix et s'appuyant de la main gauche sur une pierre du chemin. Un soldat placé à droite s'apprête à le frapper d'une petite massue ; un jeune homme, que nous avons décrit dans la composition précédente, placé à gauche et vu de dos, le frappe d'une pique; deux soldats armés sont en arrière. A droite et à un plan un peu plus éloigné, on voit saint Jean, la vierge Marie, près d'elle une sainte femme et d'autres en arrière, dont on ne voit que les têtes au-dessous de la voûte d'une porte de ville. Dans le fond, sur la hauteur du Golgotha , deux potences se dessinent sur le ciel étoile d'or; des soldats les entourent, d'autres s'y dirigent armés de piques, l'un d'eux portant une échelle. La tète du Christ est couronnée d'épines et entourée d'une auréole dont la dorure est effacée.— 340 ou première du rang supérieur. Jésus crucifié. — Il est représenté sur une croix en potence, couronné d'épines et le sein percé d'une blessure saignante. Marie-Madeleine embrasse le pied de la croix ; à gauche est la vierge Marie, debout et dans l'attitude de la prière; à droite fapôlre saint Jean portant un livre de la main gauche; on voit Jérusalem dans le fond. Des nuages, sur lesquels se détachent six têtes d'ange ailées , forment une guirlande dans le haut , en arrière de la croix ; au-dessus de la tête du Christ est une inscription avec ces mots : INRI ; une auréole dont l'or est effacé entoure la tête du Christ; un nimbe plein surmonte la tête de la vierge Marie et un cercle d'or celle de saint Jean. — 341. Jésus mis au tombeau. — Nicodèmc et Joseph d'Arimalhie déposent le corps dans le sépulcre. La Vierge est placée en arriére, et près d'elle saint Jean, Marie mère de Jacques , et la mère des fils de Zébédée. Marie-Madeleine, agenouillée, tient un vase de parfums ; un vase semblable est posé sur le bord du sépulcre et un autre à terre en avant, près de la couronne d'épines ; dans le fond à gauche est une grotte recouverte de verdure, et à droite les monuments de la ville. — 342. La Résurrection de N. 5.— Jésus est debout, les pieds posant sur ?on sépulcre, à demi couvert d'un manteau, portant une petite croix à

bannière et se détachant en entier sur des rayons dorés; deux soldats sont couchés en avant au premier plan ; l'un d eux est endormi, l'autre se réveille et se soulève à laide de sa hallebarde ; un autre soldat, dans le fond à droite, est représenté dornianl, et un quatrième à gauche s'enfuit épouvanté. Des arbustes garnissent le fond de deux côtés , et le ciel de couleur d'azur est étoile d'or.— 3fi3. L'Ascension deN. S.— Les apôtres sont réunis sur le sommet d'une montagne qu'ils entourent. La vierge Marie est debout vers la gauche, vêtue d'un long manteau dont un pli recouvre sa tète, et tient les mains jointes. Deux apôtres agenouillés sont posés au premier plan, au milieu, et vus de dos ; les autres sont debout, et il en est plusieurs dont on ne voit que la tète s'élevanl au-dessus de la montagne qui les cache. Tous sont dans l'attitude de la prière et ont les yeux élevés. Le ciel est entrouvert, et au-dessus des nuages on voit les pieds et le bas des vêtements de ÎV. S. se détachant sur un fond pointillé d'or. La tête de la Vierge est surmontée d'un nimbe d'or.— S^i^i, l<^r médaillon. Saint Jean révangéliste — Il est assis, vu de profil, regardant à gauche, au pied d'un arbre, sur un rivage au bord de la mer, et écrit sur un livre posé sur ses genoux ; un aigle est prés de lui en arrière. Dans le coin de gauche est un fond de paysage, et au-dessus, des nues enir'ouvertes laissent apercevoir celte inscription : lESlS. Un nimbe d'or surmonte la tête de l'évangéliste ; un nimbe semblable entoure celle de l'aigle, qui tient dans son bec les ustensiles de l'écrivain, son encrier et son grattoir. —345, 2c médaillon. Saint Luc l'évangéliste. — Il est représenté de profil, assis sur un siège et devant un pupitre qui supporte un livre qu'il feuillette d'une main, en même temps qu'il écrit de l'autre sur un livre posé sur son genou. Le bœuf est couché derrière le siège, qui le cache à demi ; dans le fond à gauche est un dressoir garni de bouteilles et de vases: au milieu, les murs de la chambre percés de deux fenêtres cintrées garnies de carreaux en losanges ; vers la droite, une ouverture laissant apercevoir la campagne et le ciel. La tête est coiffée d'un bonnet et surmontée d'un nimbe doré. —346. 3e. Saint Marc l'évangéliste. — Représenté de profil, regardant à droite, assis sur une chaise devant une table sur laquelle est posé un pupitre qui soutient le papier sur lequel il écrit; un flambeau allumé est près du pupitre; le lion est couché derrière le siège ; deux livres sont posés sur le sol formé de carreaux en damiers ; une aiguière et une bouteille sont placées sur un bahut qui occupe le coin de gauche en arrière. Le fond d'architecture est percé ù.^ trois fenêtres qui laissent voir le ciel ; une draperie bleue à fleurons d'or est suspendue vers le centre. La tête du saint, découverte et chauve, est entourée d'une auréole et surmontée d'un nimbe. — 347, 4e. Saint Matthieu l'èvangéliste- II est représenté de profil, regardant à gauche, assis sur un bahut, prés d'une table en hémicycle qui supporte un pupitre. Le saint touche de la main droite un grand livre posé sur le pupitre et a la gauche appuyée sur un livre plus petit qui est placé près de lui sur le banc. L'ange, placé en arrière de la table, s'appuie sur le pupitre et semble aider le saint à tourner les feuillets du livre. Les détails des parois de la chambre remplissent le fond à gauche et une ouverture laisse apercevoir v"rs la droite la campagne, les ni'^numenls d'une ville et le ciel La tète du saint est coifl'ée d'un bonnet et surmontée d'un nimbe d'or: un nimbe dont l'or est elTacé entoure la tête de l'ange. — Les douze plaques sont disposées sur trois rang.5 de quatre ; les médaillons circulaires placés aux extrémités du premier rang et du troisième, les deux extrémités du second rang étant occupées par des panneaux. Sur celui de gauche sont sculptées les armes de» Montmorency : l'écu, portant d'or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d'azur, couronné d'une couronne ducale, entouré du collier de l'ordre de Saint-Michel. Dans le panneau de droite, les armes réunies de Montmorency et de Savoie entourées de la cordelière. Les plaques , les médaillons et les panneaux d'armoiries sont séparés entre eux par des moulures dont le centre est découpé en branches de feuillages à jour; les lignes verticales coupent à angle droit les horizontales, et sur Tinter-

section sont placés des médaillons circulaires ; cinq portent en relief un alérion d'azur sur fond d'or, et cinq également en relief un chiflfre dore sur fond rouge, qui est composé des lettres A D et M. Aux extrémités des lignes qu'occupent ces médaillons circulaires . sont posés des ovales de couleur rouge supportant l'épée du connétable; dans le haut et le bas, des cartouches unis ; des moulures qui se terminent par un rang de godrons encadrent tout l'ensemble. — (Ancienne collection, nos 13 à 38.)

Ces émaux, composés avec une certaine liberté d'après les gravures en bois d'Albert Durer, en ont reproduit jusqu'au travail; ils ont le ton et l'apparence de quelques-uns des émaux de Pierre Raymond, et par analogie ils peuvent lui être attribués. Ce même aspect de gravures coloriées se retrouve dans une suite de seize sujets de la Passion , que possède le Musée de Cluny sous les nos i047 à i062. Ceux-là n'ont rien d'allemand dans la composition, rien de très précis dans le dessin; ils sont tout à fait français, bien que celle imitation du travail de la gravure leur donne quelque chose de sec et de gothique. — Hauteur, 0,215; largeur, 0,160.

34S. — Un Massier. — Plaque en émaux de couleurs sur fond noir; détails dorés. — Hauteur, 0,234; largeur, 0,174.

Il est debout, tient de la main droite une masse et de l'autre un gani ; son manteau bleu fleurdelisé est garni de martre ; la toque est ornée d'une plume blanche. Cet émail a subi une restauration. — ( Collection Révoil, no 273.)

L'usage des petits tableaux votifs, sur lesquels le donateur se faisait représentera genoux aux pieds de son patron, avait passé, comme je l'ai dit, des émaux en basse taille, ouvrage d'orfèvrerie , aux émaux peints. Nous avons recueilli plusieurs portraits de ce genre, et les noms qu'ils portent sont venus grossir à tort la liste des émailleurs de Limoges. Il importe d'éviter ces erreurs.

Musée de Cluny, no 1043. — Plaque déforme ovale, émail en couleur rehaussé d'or. Suzanne surprise par les vieillards. Le donateur est représenté à genoux à droite de la composition, et au-dessous cette inscription: Sur une autre plaque, avec la même date, et à côté de la répétition du même sujet, le portrait de sa femme. On a pensé que maistre Jehan Guenin pouvait bien être l'émailleur lui-même, et qu'il avait signé son nom autant pour marquer son travail que pour désigner sa personne; mais le saint Jean qui l'accompagne, à titre de patron, et le portrait de la femme, lèvent toute incertitude. Jean Guenin est un dévot personnage qui n'a rien de commun avec l'émaillerie. Par le travail comme par la composition, ces deux plaques ressemblent, trait pour trait, à une assiette (1) dans le fond de laquelle Pierre

(1) Musée du l.ou\Te, n" 302.

AA /fHAN 1 gVENIN Ij'g-l!

ANONYME. 235

Raymond a placé le même sujet, émaillc dans le même ton et signé de son chiffre. C'est donc très probablement une œuvre de l'atelier de cet émailleur, mais une œuvre, à la vérité, des plus médiocres (1).

A>OIVYME.

JeanPénicaud le troisième '2), Léonard Limosin ;3;, Pierre Courtois (4), Jean de Court (o), et d'autres, ont tenté d'associer le repoussé du cuivre à leur travail d'émaillerie. Le résultat ne semble pas avoir répondu à leur attente. Ils ont abandonné ce genre de travail, et nous ignorons auquel de ces artistes il conviendrait d'attribuer les deux médaillons

(1) M. Didier Petit, dans un cas pareil, n'a pas eu la même hésitation. Il a fait d'fitienne Mersier résolument un émailleur. Il a été jeté dans cette erreur par un petit émail cintré par le haut, qu'il décrit sous le n° 112, et que j'ai retrouvé dans la colleclioii ira Czartoryska. Un gentilhomme, en costume de la fin du XVI ^ siècle, est à genoux aux pieds d'un saint Paul qui a quatre fois sa taille. On lit sur une banderole cette inscription tracée en rouge: SAXCTE PxVVLK ORA PRO ME TIENE MERSIER. C'est une peinture d'émail indécise et médiocre. La pointe fait les frais de tout le travail ; elle accuse les contours et charbonne les yeux. Hauteur, 0,130 ; largeur, 0,077. Cet émail appartenait antérieurement à M. Quédeville. M. Labarte attribue un médaillon signé E., de la collection Debruge, à ce même Etienne Mersier, viaitrc de l'école de Limoi^cs de la fin dit A77"= siècle ou du commencement du Xf'II^. Je crois que c'est une erreur. — collection c^eriiiean. Un coffre orné de dix plaques émaillées, représentant des apôtres, et d'une onzième qui décore le couvercle, sur laquelle Pierre Raymond a peint en émaux de couleurs, dans la manière des plaques décrites sous les numéros 332 à 347 , la Vision de saint François. Ces émaux sont attribués à Etienne Mersier , parce qu'on trouve, au bas de la plaque principale, le chiffre suivant : mais ce chiffre, que j'ai rencontré dans l'intérieur d'une boîte à portrait, en association avec des S barrés et en regard du portrait d'un jeune seigneur de la cour, appartenait sans doute à la personne pour laquelle ce coffret fut exécuté. Hauteur, 0,265 ; longueur, 0,365.

(2) Il a exécuté quelques pièces dans ce genre.

(3) Voyez les deux têtes de chérubins dans le cadre du portrait d'Anne de Montmorency (Musée du Louvre, n°' 252 et 253).

{Il) Les émaux du château de Madrid que je cite page 25/j, note 2. (5) Je décris un bouclier repoussé sous le n" 414.

que je vais décrire, remarquables uniquement par ce mode particulier d'exécution, et par le caractère des têtes, dont le type italien vient sans doute des peintures ou miniatures qui ont servi de modèles.

349. — Pompée. — Plaque circulaire en cuivre repoussé, émaillée sur reliefs; mélange de grisailh et de tons de coloration de chairs, quelques détails et inscriptions dorés. — Diamètre, 0,174.

La figure en buste est posée de profil, regardant à gauche; la tète est couronnée de lauriers ; une agrafe attache le manteau sur l'épaule. On lit celte inscription en lettres dorées : M. POMPEIVS. Le contre-émail est fort épais et de couleur violacée. — (Collection Durand, n" 65/2529.)

350. — Julie, fei\ime de Pompée. — Plaque circulaire en cuivre repoussé, émaillée sur reliefs; mélange de grisaille et de tons de coloration de chairs, quelques détails et inscriptions dorés. — Diamètre, 0,174.

La figure en buste est posée de profil, regardant à droite ; un petit diadème orne la chevelure. L'inscription en lettres dorées est celle-ci : IVLL4. CAESAR. FILIA. POMPEI. V. Le contre-émail est fort épais et de couleur violacée. — (Collection Durand, n» 65/2530.)

AIVO>YME.

On remarque dans les œuvres signées de Pierre Raymond de si notables différences, et dans des émaux qu'il n'a pas signés de si évidentes ressemblances avec sa manière, qu'il est bien permis de supposer que les artistes qui l'aidaient, venant à le quitter, cherchaient à débiter leurs productions comnie provenant encore de l'atelier qu'ils avaient déserté. A cette origine trompeuse appartiennent des émaux très remarquables (1), que je classe à leur rang; mais il est

(1) Collection Albert Decombe* Un couvercle de coupe, de forme très élevée. Les premiers récits de la Genèse. Dans la scène du travail, Eve couchée est rendue à merveille. Grisailles teintées, ton argentin ; les contours fins et délicats; les ombres rendues par un pointillé exécuté avec esprit à la pointe ; le ciel pointillé en or. Diamètre, 0,177.

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