‹ Notice des émaux, bijoux et objets divers exposés dans les galeries du Musée du LouvreChapitre 37 sur 125 · MARTIN DIDIER · texte numérisé non relu

MARTIN DIDIER

41 V. — La Vierge. — Plaque en émaux de couleurs sur fond noir, quelques détails dorés. — Hauteur, 0,290; largeur, 0,235.

Elle est agenouillée sur les nuau;os , ses mains sont jointes . son visafie oxprimc la douleur. La robe est violette , le manteau recouvrant la tète csl bleu, les manches sont Jaunes. Une auréole d'or rayonnante, qui entourait la tête, est effacée. Le contre-émail est incolore.'— Collection Réveil, no 258. ,i

41 S. — Diane surprise au bain par Actéon. — Plaque en grisaille sur fond noir ; les feuillages sont entaillés de vert et le cerf de couleur naturelle. — Hauteur, 0,155; largeur, 0,300,

La déesse, se baignant dans un bassin avec deux nymphes , est distinguée de ses compagnes par un petit diadème et un collier doré ; elle est vue de dos et assise; les nymphes sont debout. Vers la droite, Actéon, représenté sous le costume d'archer, porte une lance d'une main et de l'autre soutient un cor, qu'il fait résonner; un chien lévrier est auprès de lui. Vers la gauche on voit le cerf qu'ils poursuivent. Des arbres alignés en avenue indiquent une entrée de forêt. Le bassin où se baigne Diane est entouré, sur trois côtés , d'une margelle régulière , et dans le coin de gauche est placé un terme de Priape, disposé en fontaine jaillissante. Dans le fond . une plaine et des collines [i). Le contre-émail est incolore. — Collection Durand, no 69/2535.)

catalogue) qui, acheté à la vente par M. Soumesson au prix de 2,310 fr., a trouvé son refuge dans le cabinet de M. Louis Fould. Cette attribution est assez juste, mais ce n'est pas un de ses meilleurs ouvrages, collection visconti. Petit médaillon rond. Diamètre, 0,160. Un concert dans un bois. Un jeune bomnie joue de la lyre, une femme l'accompagne sur la guitare. L'effet est délicieux, les attitudes sont charmantes, l'ensemb'e rappelle Prudbon. colleclion Soltikoflf, ancien n" 724 de la collection Debruge, attribué à tort à Jean Pénicaud le troisième. Cet émail me paraît un des bons ouvrages de Martin Didier.

(1) Martin Didier a traité plusieurs fois le même sujet, eollection Gilbert neconibe. Un charmant coffret orné de cinq plaques; celle du couvercle, la plus importante et la plus soignée, est signée M. D. avec un I dans le D. Sur la margelle du bassin, dans lequel se baignent Diane et deux nymphes ; la figure en gaine jette l'eau par la bouche, L'émailleur a peint les armes de la personne qui commanda ou à laquelle étaient destinés ces émaux. Neuf hermines dans un écu. Hauteur de la grande plaque, 0,075; largeur, 0,143. Les autres, même

419. — Le triomphe de Galatée. — Plaque en grisaille sur fond noir, avec emploi d'émaux verts pour les feuillages; détails dorés. — Hauteur, 0,155^ largeur, 0,300.

Un satyre et un centaure marins soulèvent Galatée au-dessus des flots, le centaure la tient embrassée, tandis que le satyre saisit un de ses pied^ et enveloppe sa jambe gauche dans un enroulement de sa queue de poisson. A droite, un jeune triton est représenté sortante demi des flots et sonnant de la conque ; prés de lui est une tète de monstre marin. A gauche, une néréide portant une palme verte. Des rayons d'or percenlles nuages. Le contre-émail est incolore. — (Collection Durand, n» 69/2536.)

4!90. — VÉNUS SUR SON CHAR traîné sur les nues par deux colombes. — Assiette en grisaille rehaussée d'or sur fond noir, les chairs colorées. — Diamètre, 0,200.

La déesse tient une flèche de la main droite et étend le bras gauche vers l'Amour, qui vole dans les airs. Tare tendu, prêt à lancer un trait. Le fond est pointillé d'or, la vignette dorée. Le rebord est orné de masques de femmes en tons de chair, et de tètes de lions alternant avec des paquets de fruits et reliés par des enroulements. Le revers est décoré au centre du signe du Sagittaire, sur fond noir pointillé d'or, dans un cadre de feuilles d'eau enveloppé d'un lourd cartouche en grisaille. Une couronne de feuillages et de fruits en grisaille termine le décor.— (Collection Durand . no 49/2430.)

4î^l. PhAÉTON CONDUISANT LE CHAR DU SOLEIL.

— Plaque en grisaille sur fond noir, les chairs colorées, détails dorés. — Haut., 0,087; larg., 0,150.

Phaéton est représenté assis sur son char, portant de la main droite une baguette dorée, et de la main gauche tenant les rênes des quatre chevaux qui l'entraînent sur les nuages. Une image dorée du soleil est placée à l'arrière du char, remarquable par deux figures nues et en tons de chair, qui sont allongées en dessous en forme de supports. Jupiter, placé en arrière sur des nuages, indique du geste à Phaéton la liberté qu'illui donne de fournir sa course dangereuse. Le contre-émail est incolore. — (Collection Durand, no 53/-2509.)

499. — Le TRIOMPHE DE Galatèe , d'après Raphaël. — Coupe en grisaille sur fond noir, les chairs légèrement colorées par places. — Diam., 0,205.

Galatée est traînée sur les eaux par deux dauphins qu'elle dirige. Le

ANONYME. 28o

Tent soulève sa chevelure et sa draperie. A ses pieds l'Amour, étendu, arrête un des dauphins. A gauche, un triton vigoureux lient une nymphe embrassée; à droite et en arrière, deux jeunes tritons sonnent de la conque. Deux amours dans les airs , Parc tendu, couronnent la composition. Une Tignelle d'or l'encadre. Le revers est orné dune arabesque d'or sur fond woir. — (Collection Révoil, n» 279.)

Ml

C'est toujours avec hésitation que j'introduis un nouvel émailleur dans la liste déjà longue des artistes de Limoges. Avant de m'y décider, je me suis demandé si les lettres M*In'étaient pas une nouvelle variante de la signature de Martin Didier, déjà si variée. J'ai cherché dans les traits caractéristiques des ouvrages marqués des deux manières ce qui les rapprochait, ce qui les distinguait aussi, et je suis resté convaincu qu'on ne pouvait attribuer les deux signatures au même émailleur.

Sa manière. Contours fermes et spirituels, vivement accusés et comme tracés à la plume, parce qu'ils sont enlevés à la pointe dans l'émail avant la cuisson; modelé doux; toutes les figures se détachant sur un fond gris foncé traversé de hachures noires. Je ne connais qu'un émail portant cette signature, et cela est insuffisant pour caractériser la manière de peindre d'un émailleur.

499 bis. — Enseigne. — Combat de cavaliers. — Plaque ronde en grisaille sur fond noir. — Diamètre, 0,051.

Deux hommes à longs cheveux luttent à terre; un cavalier, qui tient une bannière déployée, est assis à contre-sens sur un cheval lancé au galop au travers de la mêlée. Il a la tèle dénudée, ainsi qu'un homme placé sur la droite, cl qui combat armé d'une massue et dun bouclier. On lit au revers, sur , aa "» un émail translucide rougeâtre, la signature ainsi tracée ^^1 * 1 * ^"" fait au Louvre par 31. Frédéric Lagrenée. juge au ^ ^ A tribunal de la Seine. M, L., N°<5.5.

ANOINYME.

Un artiste du talent de Martin Didier devait avoir des imitateurs, et il en eut. L'auteur du coffret que je vais dé- ,«rire me semble avoir cherché ses effets doux et sombres,

et avoir employé comme lui les tons verts pour le feuillage et le terrain (1).

4^3 à 4^*5'. — Jeux d'enfants. — Coffret composé de cinq plaques en grisaille sur fond noir, les chairs et les cheveux colorés, avec emploi d'émaux verts pour les terrains et feuillages, détails dorés.

ft23. Sur b plaque du couvercle. —Hauteur, 0,60 ; longueur, 0,i75. — Deux enfants (celui de gauche est remarquable par une ceinture qui Hotte en banderole, et l'autre par le petit moulin qu'il lient à la main) font balancer une corde sur laquelle est assis un troisième enfant; les cordes sont attachées à deux branches d'arbres; un quatrième enfant, couché sur le gazon, au premier plan, est vu de dos. — 424. Sur la plaque antérieure. — Hauteur, 0.065; longueur, 0.206. — Deux enfants montés sur des chèvres sont armés de petites lances et de boucliers, et se dirigent l'un sur l'autre. Deux autres sont placés derrièreeux vers les extrémités, 4'elui de droite jouant de la flûte, celui de gauche frappant sur un tambour ; un cinquième, assis sur le gazon et vu de dos. occupe le milieu de la scène. — 425. Sur la plaque opposée.— Hauteur, 0 060; longueur, 0,195. — Deux enfants, montés sur des bâtons terminés par des tètes de chevaux, s'avancent l'un sur l'autre en croisant des lances dont le fer est remplacé par de petits pavillons tournant en sens contraires. Un troisième enfant, couché sur le gazon, semble le juge du camp. — 426. Sur la plaque latérale droite.— Hauteur, 0,062 ; longueur, 0,063. — Deux enfants et une chèvre. L'un d'eux porte une corbeille sur la tète. — 427. Sur la plaque latérale gauche. — Hauteur, 0.062 ; longueur, 0,062. — Trois enfants luttant et jouant ensemble. —(Collection Durand, n» 54/2.512.)

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