SUSANNE DE COURT
Jehan de Court était valet de chambre et peintre ordinaire du roi en JS74, et c'était cerlaineincnt un peintre de talent puisqu'il succédait à Fr. Clouet. Son fils Charles de Court lui succéda à son tour en 1384 ou 1389 (2). Les documents, à cette date, et les écrivains contemporains écrivent toujours de Court; or nous trouvons sur de grandes pièces d'émail les lettres j. D. C. (3) que je traduis par Jean de Court, et que j'attribue non pas au peintre du roi, Jean de Court, mais à un émailleur de peu de talent, îippartenant à la même famille, qui était probablement le père, et qui fut certainement le maître de Susanne de Court. Lui elellen'ont rien de commun avec les Courtois et Jean de Court dit Vigier.
Sa manière est celle de Jean de Court, avec plus d'afféterie et moins de variété. Les figures do face bc ressemblent toutes, et celles de profil ont une forme particulière qui permettrait de les inscrire dans un as de carreau (4). Une certaine mignardise, une grâce affectée, se lient à un colo-
(1) collection soltikoff. Deux coupes d'argent ornées de filigranes et décorées de fleurs d'un large dessin ; au milieu, un médail'on : dans l'un un cerf, dans l'autre un pélican. — Diamètre, 0,155. Il est inutile de citer d'autres productions de ce genre.
(2) La Renaissance des Arls à la cour de FrflHcc, tome I* •■, page 2'2'i.
(3) Musée du i^ouvre, n° l\il\.
(4) C'est l'exagération et la caricature des beautés à la mode dont Germain Pilon avait si gracieusement rendu l'idéal. Pour comprendre la vérité de cette comparaison, on examinera le bas-relief du saint Paul prêchant à Athènes dans la chaire à prêcher provenant de!< Grands-Augustins, et qui est placée dans le Musée de la Renaissance, salle de Jean Goujon.