‹ Notice des émaux, bijoux et objets divers exposés dans les galeries du Musée du LouvreChapitre 51 sur 125 · ÉMAILLERIE DE BIJOUTERIE · texte numérisé non relu

ÉMAILLERIE DE BIJOUTERIE

45^9. — L'Amour ET Psyché. — Plaque de miroir en émaux de couleurs, avec emploi de 2)aillons et rehauts d'or. — Hauteur, 0,083; largeur, 0,060.

L'Amour enfant, debout, est près des genoux de Psyché, que l'on voit de prolil assise sur un terlrc de gazon, dans une verte campagne. Autour de la composition est une bande d'émail noir formant encadrement, ell« est décorée de ileurons en paillons de couleurs et d'un oiseau multicolore en paillons placé dans le liaut. Le ciel bleu est traversé de faisceaux de rayons dorés. Le contre-émail est incolore. — (Collection Bévoil, u» 205.)

îî. POUCET.

Nous ne savons rien de cet émailleur, si ce n'est qu'il travaillait dans les premières années du XYII^ siècle, et jusqu'en 1623 au moins (1).

Sa manière est dure, l'aspect de ses émaux est sombre et triste. Grisailles et émaux de couleur font l'effet de ce» gravures en manière noire qu'on exécutait en Hollande à la fin du XVIIe siècle. Cela lient à des denii-leintes monotones, obtenues par un frotlis d'émail blanc sur fond noir, qui semble un travail de pointillé; à des contours lourds enlevés à la pointe, à une absence complète de goût et au manque de talent.

Il a signé un portrait en buste de saint Ignace de Loyola de cette manière : TT) (2). On voit (3), à droite

d'un saint Pierre il OTLCCt .agenouillé et aux piedg

(1) Ignace de Loyola n'a été placé au rang des saints par Grégoire XV qu'en l'année 1622, et Henri Poncet le représente avec ud« auréole. Voyez la note suivante.

(2) collection A. i.e Carpentier. S. Ignace de Loyola, portrait à rai-jambes, vu de trois quarts, en émaux de couleur. Hauteur, 0,125; largeur, 0,097. La signature est au revers sur TémaJl incolore.

(3) rollcclion .^.l.c carpeiîtier. Saint Pierre ii genoux, entendant le chant du coq; il est tourné vers la gauclie ; au bas, à droite, le monogramme. Grisaille, revers incolore. Hauteur, 0,137 ; largeur, 0,105.

des douze Césars à cheval (1), ce monogranirae T p Tp enfin, on lit les lettres H P f . au fond d'une coupe -TT -i . qu'il a peinte en grisailles (2).

Émaux de bijouterie, miniatures peintes sur émail.

La décadence des émaux de Limoges marchait grand train, et de même qu'au XV^ siècle les orfèvres , impuissants à régénérer eux - mêmes leur émaillerie , avaient appelé les peintres à leur secours, de même aussi, au XVIIe siècle, les orfèvres se substituèrent aux peintres, pour faire sortir cet art de sa voie routinière. Disons en peu de mots en quoi consiste cette modification empruntée au XVïe siècle.

Les émaux peints de Limoges sont produits par des couchessuperposées de pâtes d'émail coloré, dans lesquelles le fondant entre dans une proportion de 93 p. °/o. Léonard Limosin eut l'idée de prendre pour fond l'émail blanc, et de peindre sur cette couche unie avec des émaux plus fortement colorés et offrant, par une moindre proportion de fondant (7o p. t'/o),une plus grande fusion dans les nuances, moins d'épaisseur et une touche plus légère. La peinture en émail se transformait ainsi en peinture sur émail, et ce nouveau genre était propre au portrait en miniature. L'émailleur du roi en tira un admirable parti pour rendre plus finement quelques têtes au milieu de ses grandes compositions (3). Quand il voulut l'appliquer en grand, au contraire , il n'obtint que les couleurs ternes et criardes

(1) J'ai vu dans le commerce douze plaques sur lesquelles Henri Poucet a représenté, en grisailles, les douze Césars à cheval. Il n'y a rien à dire de la tournure de ces empereurs, qui est grotesque, et du dessin, qui est ridicule; mais je devais citer cette suite dont les originaux, peinîs à l'huile par quelque artiste allemand, se rencontrent dans les collections, et qui est assez bien traitée sous le rapport do l'émail. Le chiffre de l'artiste se voit au bas h droite. Hauteur, 0,180 ; largeur, 0,130.

(2) Coupe peinte en grisailles. Dans l'intérieur, des nymphes qui se baignent; à l'extérieur, des Heurs sur paillon et des rinceaux d'or, le tout se détachant sur fond noir. Le pied est refait. Cette coupe faisait partie des objets d'art de M. d'Arjuzon, dont la collection a été dispersée, en vente publique, le 3 mars 1852.

(3) J'en parle plus haut, page 188.

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