L. DE SANDRART
Ce nom a du rapport avec celui d'une famille bien connue de l'Allemagne lilléraire. aussi a-t-on revendiqué cet émailleur de l'aiilre côié du Rhin. Nous sommes assez riches en ce genre pour nous montrer faciles, surtout lorsqu'il s'agit, non pas d'nn vëriiable émailleur, mais d'un artiste q\ii s'est essayé dans l'émaillerie de Limoges. L'émail qui porte son nom est conservé dans la Kunstkammer de Berlin, et témoigne de l'inexpérience de l'émailleur en même temps que de l'habileié du peintre. Sa manière esl française. Cela dit, je n'insislerai pas, et je laisserai parler le savant connaisseur D' F. Kugler, qui a décrit cet émail comme il suit : La Naissance du Christ, grisaille traitée dans les errements des anciens émaux de Limoges^ comjipsition dans le style Ihéâlral de l'ancienne peinture française^ signe L. de Sandrart, pinxit 1710.
PIERRE i>OUAILHEl\.
U appartient à cette famille d'émailleurs dont Limoges a ( omplé plusieurs membres dans l'histoire de sa décadence, mais il eut la singulière chance d'être cité seul, à l'exclusion des Léonard, des Pénicaud et de toute la brillanlô pléiade limousine, dans une histoire des arts qui était très bien faite pour son temps, et qui est encore une autorité. P'Agincourt étudia la marche des arts du haut du Vatican.
PIERRE NOLAILHER. 3io
point de vue cxcollcul, à la condilion d'en changer de temps à outre pour corriger certaines aberrations de perspective et modifier le regard exclusif. A Rome, les émaux ne sont rien; ils ne prennent pas rang dans les créations de l'art. Quelques rares productions des derniers émailleurs de Limoges, entrées au Vatican on ne sait par quelle porte, ne sont pas faites pour soutenir dignement les prétentions légitimes de ce genre de peinture. C'est parmi ces rebuts que l'illustre auteur de V Histoire de l'eut par les monuments eut la malheureuse idée de choisir un Pierre Nouailhcr et d'en faire le représentant et le répondant de deux siècles d'efforts ingc'uieux et de vogue générale (1;.
Pierre Nouailher a suivi les errements de sa famille sans s'élever au-dessus de sa médiocrité. Il ne semble pas avoir cherché autre chose dans rémailh-rie qu'un gagne-pain qu'il n'obtenait qu'en appliquant sou art aux objets usuels et ordinaires de la vie privée. Outre une foule d'ustensiles (2), il a exécuté quelques plaques auxquelles il est bien dlIFicile d'assigner un caractère particulier.
Sa manière. Insipidité du dessin, carnations faiblement colorées au moyen d'un pointillé qui pouvait être plus habile. Vêlemenis violets, verts et bleus, d'un émail vif de ton et assez pur, mais souvent criard; rehauts d'or qui suivent les plis des vi'tements en points monotones. Les grisailles se détachent sur un noir bleuâtre qui prend un ton d'ardoise; des ornements en forme de rinceaux, aux extrémités rosées, les entourent en imitant le même genre d'ornement adopté par l'orfèvrerie.
11 signait ses émaux uniformément du chiffre 'Tlfi etau revers il marquait son nom, ses litres et son adresse à Limoges. Il ajoula à l'une de ses signatures la désignation «le Kouailher l'aisné (3), qui fait supposer que Jean-Baptiste
(1) L'n (les plus anciens èinnux, ci en même temps tics plus -bcaïur '/u'on puisse citer, est un suint Jcan-Dapii.ytc. On lit au vcrcrs : P. younillicr, cntaillcur à L/viio^-^cv. Histoire de l'Art, tome II, p. 142, pi. CLXVIII, fig. 6.
(2) c;oIlertIon (.iernieau. Une plaque de chandelier au centre de aquelle est ligurée une déposition de croix d'un effet ;sscz piquant ;
autour, une bordure de rinceauv en relief; au revers, on lit: P. Noualher. Largeur, 0,155. La bobèche et la partie inférieure sont détruites.
(3) L'Adoration des bergers, en émaux de couleur sur fond bleu : es bords sont décorés de rinceaux de feuillages et d'ornements en relief d'émail blanc, pointillés de noir. Le revers est émaillé de bleu
ISouailher était son frère cadet. Il datait rarement ses ouvrages; l'un d'eux est marqué de l'année 1717.
-169. — La Vierge et l'Enfant-Jésus. — Plaque en émaux de couleurs rehaussés d'or sur fond noir, les coins sont remplis par des ornements d'émail en relief. — Hauteur, 0,130; largeur, 1,097.
La Vierge lient rEnfant-Jésus sur ses genoux; elle est vêtue d'une robe bleu clair, d'un manteau d'azur ; sa tète, ceinte d'une auréole d'or, est à demi couverte d'un voile blanc qui retombe sur son bras droit. Une auréole d'or entoure de même la télé de l'enfant, qui tient dans la main droite une fleur. Sur le contre-émail incolore, on lit : P. Nouailher, cmailleur, à Limoges. — (Collection Durand^ n^ H8/-2634.)
463. — Saint Charles Borromée. — Plaque en émaux de couleurs sur fond noir; les coins sont ornés d'émaux blancs en relief, pointillés de noir et relevés d'or. — Hauteur, 0,130; largeur, 0,100.
Le saint évèque est représenté de profil, les mains jointes elen prières. 11 officie, debout, vêtu d'un surplis blanc cl d'un camail violet. Sonbonnel, de même couleur, est posé devant lui sur l'autel que recouvre un tapis verl. A côté est un missel ouvert, et au-dessus s'élève une croix d'or supportant l'image du Christ peinte en émaux couleur de chair. Une auréole d'or entoure la tête du saint, ,et sur le côté droit du médaillon, on lit écrit en lettres d'or : S. Charles Boromée. Le contre-émail est incolore, mais on v a peint en émail noir : P. Nouailher, émailleur à Limoges. — (Collection Durand, n» 108/2633.)
464. — La Vierge et l'Enfant-Jésus, d'après Le Brun. — Plaque de bénitier en émaux de couleurs sur fond noir, détails dorés, avec encadrement d'émaux blancs en léger relief. — Hauteur, 0,210; largeur,
La Vierge est assise sur une chaise dont on voit sur la gauche paraître le dossie/; elle tient i'Etifanl-Jésus sur ses genoux; un oiseau est placé ;ui milieu de fruits dans une corbeille posée sur une table. Sur le couronnement de la plaque, le Saint-Esprit plane sous la forme d'une co-
foncé et porte , en lettres d'or, cette signature : P. Nouailher Laynù tvialUiciir. Largeur, 0,176. La hauteur ne peut être déterminée , la plaque étant rompue par le bas. Il est également difficile de découvrir si cette plaque a servi à un bénitier ou à un chandelier.
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if)nihe. au centre d'une auréole rayonnnnle. Le conlrc-email es^l Mou.— Collection Durand, n" 87/2559.
465. — Le REPOS EN Egypte. — Soucoupe àanses, en grisaille sur fond noir, avec emploi de paillons, détails dorés. — Diamètre, 0,135.
La Vierge, assise au pied d"un arbre, allaite PEnfanl-Jésus quelle lient sur ses genoux. Saint Joseph se tient à peu de dislance. On voit à gauche, en arrière. Tâne qui broute. Sur le bord, trois paysages en camaïeu allernenl avec des ornements dorés, dont le centre e.sl occupé par un oiseau multicolore sur paillon. Sur le revers, rosaces en paillons et ornemenlfi dorés. Sur le contre-émail, paysage en grisaille rehaussé d'or. On y lit le monogramme PN. en lettres noires. — Collection Durand, m 4i/2i69.